DOUAI   (Nord)

Région des Hauts de France.

Arrondissement et canton de Douai.
 Population : 39.657 Douaisiens en 2016.

 

D'une superficie de 1.693 hectares, et d'une altitude de 16 à 38 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Scarpe, et située dans le Sud de la Flandre romaine (française)

qui s'étend à cheval sur la France et la Belgique actuelle.

 

 

Marceline Desbordes-Valmore
 

 

Marceline Desbordes-Valmore est une des rares femmes poètes dont l’histoire littéraire française

ait gardé la mémoire. On l’a souvent réduite à des plaintes amoureuses et des poèmes pour enfants,

oubliant que son œuvre fait preuve d’une liberté et d’une invention qui ont inspiré Rimbaud et Verlaine.

 

A Douai : maison natale de Marceline Desbordes-Valmore

et sa statue dans le jardin de la bibliothèque municipale.

Portrait de Marceline (Huile sur toile de Martin Drolling, Douai, musée de la Chartreuse).

 

Cette poétesse qui domina la littérature du début du XIX° siècle quitta définitivement Douai en 1798, mais ses biographes insistent sur l'importance de ses racines douaisiennes dans son inspiration : par exemple, les souvenirs de son enfance apparaissent dans "L'Atelier d'un peintre" (1833).

 

"On a si peu de temps à s’aimer sur la terre !
Oh ! qu’il faut se hâter de dépenser son cœur !
"
(Révélation. Marceline Desbordes-Valmore, 1833).

 

La grande poétesse, Marceline Desbordes-Valmore, a été aussi cantatrice. Nombre des ses poésies

ont été mises en musique par les plus grands compositeurs.

Elle a aussi écrit des poésies en picard, dans le parler de Douai, sa ville natale.

 

Sa vie, marquée par l’expérience de l’arrachement, du deuil et de l’errance,

peut se résumer dans ce mot d’intermittence qu’elle emploie dans le titre d’un de ses plus célèbres poèmes,

le Rêve intermittent d’une nuit triste.

 

Marceline est née le 20 juin 1786 à Douai et morte le 23 juillet 1859 à Paris. Elle est la fille de Catherine Lucas et Félix Desbordes, un peintre en armoiries, devenu cabaretier à Douai après avoir été ruiné par la Révolution. Fin 1801, après un séjour à Rochefort et un autre à Bordeaux, la jeune fille de 15 ans et sa mère embarquent pour la Guadeloupe afin de chercher une aide financière chez un cousin aisé, installé là-bas.

Le voyage entrepris, qui devait être un nouveau départ, devient un véritable calvaire : d'une part, la traversée en bateau, qui s'étend sur onze jours, dure plus longtemps que prévu et affaiblit les deux femmes ; d'autre part, une épidémie de fièvre jaune se déclare en Guadeloupe et emporte, en mai 1803, la mère de Marceline. L'aide qui sera apportée par ce parent sera bien maigre.

 

Marceline prend à son retour en France, en 1802, le métier d’actrice qu’elle exerce plutôt avec succès pendant vingt ans. De ses relations amoureuses naissent deux enfants illégitimes, qui vivent peu. Au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, en 1817, elle rencontre Prosper Valmore, qu’elle épouse et dont elle a quatre enfants, Junie, morte à trois semaines, Hippolyte, Hyacinthe (Ondine) et Inès. En 1819, elle fait à Paris la connaissance de Hyacinthe de Latouche qui la conseille dans ses débuts littéraires, et devient son amant. Les échos de cette relation passionnée résonnent dans toute l’œuvre.

Son premier poème connu est une romance. À partir de 1813, elle publie régulièrement dans des "keepsakes" et périodiques, et son premier recueil, Élégies, Marie et Romances, signé du nom de Desbordes, paraît en 1819, avant les Méditations de Lamartine. Il est suivi en 1820 des Veillées des Antilles et des Poésies de Mme Desbordes-Valmore. Plusieurs éditions modifiées et augmentées (1822, 1825, 1830) vont asseoir son renom. Des élégies amoureuses, des romances, des fables, des poèmes de l’enfance y font entendre une voix singulière dans la poésie française.

Elle entretient de nombreux liens avec le monde littéraire et théâtral, mais pâtit de son fréquent éloignement de Paris. Le métier d’acteur de son mari impose des installations en province : à Bordeaux (1823-1827) ; à Lyon (1821-1823, 1827-1832, 1834-1837) où elle assiste aux insurrections des Canuts : elle sera le seul poète à laisser alors de la seconde un bouleversant témoignage.

Victime de la désaffection dont souffrent à partir des années 1840 les poètes, et plus encore les poétesses romantiques, elle trouve difficilement à se faire éditer. Après Les Pleurs, 1833, Pauvres Fleurs, 1839, Bouquets et prières, 1853, elle continue cependant à écrire, malgré une vie assombrie par les soucis matériels et les deuils (elle perd ses filles en 1846 et 1853). Elle meurt en 1859 d’un cancer. Son dernier livre de poèmes, le plus important, ne paraît qu’à titre posthume en 1860, à Genève, sous le titre de Poésies inédites. Elle laisse aussi des récits en prose, dont L’Atelier d’un peintre, et des contes pour enfants. Mais c’est comme poète que l’ont saluée Baudelaire, Mallarmé, Rilke, Aragon, Bonnefoy.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Photo portrait, https://www.bm-douai.fr/
http://www.encyclopedie.picardie.fr/

"Histoire de Douai", Michel Rouche, Edition des Beffrois, 1985

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 22 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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