DOUAI   (Nord)

Région des Hauts de France.

Arrondissement et canton de Douai.
 Population : 39.657 Douaisiens en 2016.

 

D'une superficie de 1.693 hectares, et d'une altitude de 16 à 38 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Scarpe, et située dans le Sud de la Flandre romaine (française)

qui s'étend à cheval sur la France et la Belgique actuelle.

 

Ce mur, avec des reproductions de tableaux est transformé en panneau indicateur pour nous préciser

qu'il faut prendre cette rue pour nous diriger vers le Musée de la Chartreuse.

 

 

La chartreuse,

réhabilitée en Musée d'art.
 

 

Caractéristique de la Flandre française avec ses façades alliant la pierre et la brique rose,

la chartreuse regroupe des bâtiments construits à des époques différentes.

 

Entrée de la chartreuse et du musée.

 

Formant un angle derrière une tourelle ronde, l'hôtel d'Abancourt, composé de deux ailes, date de 1559.

Ces deux façades de style Renaissance flamande, sont rythmées de fenêtres à meneaux

surmontées de frontons alternativement triangulaires ou cintrés.

 

 

A droite, dominée par la haute tour carrée, se dresse l'aile édifié par les Montmorency en 1608.

En 1620, Jean de Montmorency vend son hôtel à des moines, les Prémontrés de Furnes,

qui le revendent aux Chartreux.

 

Lorsque, en 1659, les chartreux acquirent l'ensemble des bâtiments pour y fonder leur couvent, ils conservèrent les constructions existantes, y ajoutèrent des bâtiments conventuels dont l'architecture suivait les plans imposés par la règle de Saint Bruno : petit cloître, réfectoire, salle capitulaire, grand cloître et, enfin, l'église. Ces bâtiments sont reliés aux constructions antérieures par le logis des hôtes (1690), aux fenêtres à petits carreaux, ses ancrages en forme de fleur de lys rappellent que Douai est devenue française.

 

L'église.

 

 

L'église de style classique a été achevée en 1722.

 

Le petit cloître.

 

Photo de droite, pierre tombale de Jacques de Ligne et Jacqueline de Ligne,

en pierre calcaire, 1528, (Château de Goeulzin).

 

Pierre tombale de Marie Heuchin, en pierre bleue, 1527 (origine inconnue).

A droite, ancienne pompe à bière du XIX° siècle, (bois et métaux).

 

 

Repositoire en pierre de Champagne, du XVI° siècle, construit dans le choeur,

du côté de l'Evangile, servait de réserve eucharistique.

 

Intérieur de l'église.

 

 

Collection de sculptures présentées dans l'église des chartreux,

regroupant des oeuvres allant du XV° au XIX° siècle :

de la délicate Vierge de l'Annonciation de Veit au tragique Enfant prodigue de Rodin.

 

La fondation de Marseille, oeuvre finale pour le grand prix de Rome, en plâtre, (1869),

de Louis Joseph Delètrez (1811-1892)

Le bateau de sauvetage, 1900, en bronze, d'Edouard Houssin (1848-1919).

 

Les collections du Musée.

 

La première salle du musée est consacrée aux primitifs flamands, hollandais et espagnols.

 

Les volets du triptyque de la Manne sont un rare témoin de la peinture hollandaise du XV° siècle.

 

Le couloir consacré à l'histoire de la chartreuse.

 

 

Dans l'ancien réfectoire sont présentés les grands retables du XVI° siècle, provenant des abbayes voisines

 

L'escalier du XVIII° siècle donne accès au premier étage.

 

Cet étage est consacré à la peinture flamande du XVII° siècle, la peinture française, dont un portrait de Louis XIV par Le Brun, puis la peinture néo-classique, romantique ou encore pré-impressionnistes, sans oublier les intéressantes collections italiennes, et de Delft, dont les fameux vases couverts d'Hoppesteyn.

 

Grâce à cette maquette, on peut découvrir l'emplacement des cellules des moines

et le grand cloître, détruits au XIX° siècle.

 

Après avoir nationalisé les biens du Clergé, l'Assemblée Constituante supprime les congrégations régulières en février 1790. Les treize chartreux qui résident au couvent de Douai se retirent dans un autre monastère du Pas-de-Calais. A la Révolution le couvent est transformé en cartoucherie et les 2000 livres de l'ancienne bibliothèque des Chartreux, (ainsi que ceux de nombreuses autres bibliothèques) sont utilisés pour compléter le besoin de papier nécessaire au fonctionnement de la cartoucherie.

 

Pendant l'occupation de l'armée, des transformations sont effectuées  : percement des portes charretières pour pouvoir rentrer le matériel de guerre ; les ouvertures du petit cloître sont obstruées ; une partie des voûtes est détruite ; on passe de l'enduit ; on ajoute des poutrelles métalliques et des cloisons pour loger les officiers et leur famille. En 1874, le grand cloître se transforme en un hangar militaire.

 

Les bâtiments se dégradent par le temps et l'usage : le carrelage de l'église a été défoncé par le poids des véhicules et des canons. En 1861, une partie de la voûte de l'église s'effondre pendant des travaux d'entretien, tuant quatre soldats. Plutôt que de restaurer, on préfère détruire le reste de la voûte.

 

En 1940, la débâcle française chasse l'armée de l'ancien couvent. Les Allemands vont s'y installer à leur tour. En juillet 1944, ils y entreposent du matériel de l'Organisation Todt... qui est la cible d'un bombardement allié le 11 août 1944. Par chance, les dégâts ne sont pas trop importants : toiture et fenêtres soufflées ; mur de clôture sur la rue détruit. Néanmoins, en 1951, quand l'armée cède les bâtiments à la ville de Douai pour qu'elle y transfère son musée, ceux-ci tombent quasiment en ruine.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.visitez-douai.fr/

http://www.ville-douai.fr/
http://www.museedelachartreuse.fr/

"Histoire de Douai", Michel Rouche, Edition des Beffrois, 1985

"Le couvent des Chartreux", brochure éditée par le musée

Panneaux explicatifs présentés à travers le musée

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 22 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville