DOUAI   (Nord)

Région des Hauts de France.

Arrondissement et canton de Douai.
 Population : 39.657 Douaisiens en 2016.

 

D'une superficie de 1.693 hectares, et d'une altitude de 16 à 38 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Scarpe, et située dans le Sud de la Flandre romaine (française)

qui s'étend à cheval sur la France et la Belgique actuelle.
 

Etymologie : le toponyme n’est connu que par des formes médiévales dont les origines sont obscures.

Il s’agit peut être d’une formation toponymique gauloise ou gallo-romane en -acum, suffixe marquant

la localisation ou la propriété. Le premier élément Do-, Du- doit représenter le nom de personne gaulois Dous.

 

Vue aérienne avant 1970 : la ville, le beffroi et l'hôtel de ville.

Après les sièges de 1710 et 1712, la ville fut presque entièrement reconstruite.

 

Douai, possession du comté de Flandre à partir du XI° siècle, devint au Moyen Age un grand centre de l'industrie drapière et du commerce du blé. Place frontière rattachée tantôt à la France, tantôt à la Flandre, puis à l'Espagne, elle subit de nombreux sièges dont les plus célèbres furent celui de 1479 où Louis XI tenta de s'emparer de la ville, celui de 1667, dirigé par Louis XIV en personne, et celui de 1710, où la ville ne céda qu'après 52 jours de tranchée ouverte. Elle fut reprise par Villars en 1712 et définitivement rattachée à la France par la paix d'Utrecht en 1713.

 

 

Le beffroi, la ville et son patrimoine.
 

 

Exemple type de gothique civil, le beffroi symbolise l'histoire de la cité et de ses libertés communales.

 

Le beffroi, des XIV° - XV° siècles.

 

Sa construction, en grès,  fut décidée en 1380 pour abriter les cloches de la ville et servir de tour de guet.

La tour de 40 m de hauteur, surmontée d'une terrasse en 1410,

est cantonnée de contreforts coiffés de tourelles en poivrière.

 

Incendié en 1471, il fut reconstruit en 1475 contre l'hôtel de ville bâti en 1463, succédant à l'ancienne halle du XII° siècle. La flèche ouverte est sommée d'un lion des Flandres apparu en 1525. Profusion de lucarnes à épis avec dorure. A l'intérieur, un système de deux charpentes indépendantes, l'une et l'autre empêche que les mouvements d'oscillation des cloches n'ébranlent l'édifice.

 

Le carillon, avec 62 cloches qui couvrent cinq octaves chromatiques, haut de 30 m, pesant une tonne,

est l'un des instruments les plus complets d'Europe.

 

Le carillon a sonné les heures gaies ou tristes, les entrées des rois de France, des comtes de Flandre, les processions de Gayant. Mais les cloches qui ont le plus souffert de la Révolution, des sièges et des guerres furent confisquées ou détruites. Les Allemands avaient détruits les cloches pendant la 1° Guerre mondiale. Ce n'est qu'en 1953, après 20 ans de recherches, que les établissements Pascard d'Annecy retrouvèrent les techniques anciennes de fonte qui permirent de fabriquer un nouveau carillon de 47 cloches neuves. Elles furent inaugurées en 1954. Treize nouvelles cloches furent ajoutées en 1974 pour compléter le registre des graves et donner un octave de plus aux aigus.

 

L'hôtel de ville.

 

Vue aérienne avant 1970 : l'hôtel de ville gothique du XV° siècle, et la cour d'honneur.

 

La première mention de Douai remonte à 930 sous le nom de Duacum. La ville se développe autour de la rivière la Scarpe et prospère grâce au commerce des grains et à l’industrie drapière. Au XII° siècle l’organisation politique se met en place : les échevins, représentants de la population, dirigent la ville, ils siègent dans la "halle" (actuel Hôtel de Ville) et font construire le beffroi.

 

 

L'hôtel de ville a été reconstruit à l'identique de 1843 à 1870.

La cour d'honneur est fermée par des grilles en fer forgé.

 

Au XVI° siècle, la ville accueille une université. A partir de 1667, Douai entre dans le Royaume de France. Elle devient une place militaire importante : des casernes sont construites, l'arsenal et la fonderie de canons (actuel jardin de la Fonderie) sont créés. Le Parlement de Flandre, s'installe en 1714 dans l’ancien refuge de l'abbaye de Marchiennes. Les parlementaires font construire des hôtels à la française. Avec les échevins, ils réglementent l'urbanisme et Douai perd ses caractéristiques flamandes.

 

L'entrée d'honneur se fait par un pavillon en saillie du XIX° siècle

qui communique avec la chapelle du XV° siècle.

On éleva entre 1470 et 1475 le bâtiment central (ancienne chapelle, actuel vestibule d'honneur).

Les autres bâtiments, après plusieurs reconstructions dont une au XVIII° siècle, furent rasés,

puis reconstruits et agrandis entre 1840 et 1880, dans le style gothique.

 

Au XIX° siècle, l’activité économique connaît un essor considérable avec la découverte de la houille. La ville développe ainsi ses industries, ses voies de communication et modifie son allure avec le démantèlement des remparts. Les deux guerres mondiales entraînent d’importantes destructions. La fermeture des mines provoque une période économique difficile. La ville se tourne alors vers de nouvelles industries comme Renault ou l’Imprimerie Nationale. Douai est aujourd’hui une capitale judiciaire (Tribunal de grande instance et Cour administrative d’appel), une place militaire et une ville universitaire (Faculté de droit).

 

 

Passage permettant l'accès à la rue de la mairie, et à l'arrière des bâtiments de l'hôtel de ville.

Le bâtiment sur rue, à droite du beffroi fut reconstruit (cellier dit halle aux draps et la salle gothique),

 

La salle des gardes, utilisée de nos jours pour les réunions du Conseil municipal,

de style gothique, reconstruite en 1900.

Le salon blanc conclave, est orné de boiseries du XVIII° siècle et sert de salle de mariages.

 

L'ancien Parlement de Flandre.

 

Lorsque le Parlement de Flandre est transféré de Tournai à Douai en 1714,

il faut trouver un espace assez grand pour loger tous les services.

C'est ainsi que le 2 octobre 1714 le refuge de l'abbaye de Marchiennes (début XVI° siècle)

accueille le parlement de Flandre. Les bâtiments du palais de justice, d'époques différentes,

s'organisent autour d'une cour centrale et forment un quadrilatère irrégulier.

 

L'aile Ouest (vers la Scarpe), à ces emplacements, au milieu du XVI° siècle, les moines reconstruisent le Constantin (entrepôt du XVI° siècle), avec au rez-de-chaussée, un quai couvert de larges arcades gothiques en brique et pierre, ouvertes sur le quai, dont certaines ont, récemment retrouvé leur état d'origine. Cela permet de charger et décharger les grains provenant des terres de l'abbaye. A l'étage, les greniers sont éclairés par une enfilade de fenêtres à meneaux (remaniés ultérieurement). Cette aile abrita les prisons, où séjourna Vidocq.

 

La grande chambre du Parlement :

 

Son aménagement est entrepris en 1762. N.G. Brenet, peintre de l'Académie royale, réalise la décoration : six tableaux allégoriques encadrés de riches boiseries. Au plafond, le blason de fleur de lys entouré du collier du Saint Esprit a été refait sous la Restauration. Les appartements du premier président du parlement sont édifiés à l'emplacement du logis de l'abbé de Marchiennes, bâti au début du XVI° siècle. La façade principale fut reconstruite en 1784 dans un style néoclassique par l'architecte lillois Michel Lequeux.

 

Les fortifications.

 

L'enceinte primitive, très vaste n'est achevée qu'à la fin du XIV° siècle. Jusqu'à son démantèlement, la ville conserve le même aspect, avec ses fortifications et ses portes, ses paroisses que la Révolution réduit à trois, ses places, et le tracé de la plupart de ses rues. Les espaces vides se comblent au XVI° siècle, avec l'installation de l'université et la construction de nombreux collèges, séminaires et couvents. Aux XVII° et XVIII° siècles, avec l'implantation d'établissements militaires, les casernes, l'arsenal et une fonderie de canons en 1669.

 

 

La porte d'Arras, vestige des anciens remparts de la ville, avant 1950 et en 2019.

 

D'abord édifiée en bois, elle fut la première porte réédifiée en maçonnerie. Généralement datée du début du XIV° siècle, elle est constituée d'un châtelet à deux tours rondes en grès flanquant le passage d'entrée. Un corps de bâtiment était autrefois accosté à sa gorge.

 

La porte de Valenciennes, carrée, est flanquée d'une tour à chaque angle.

Les deux passages latéraux ont été percés par l'armée en 1880.

A l'intérieur se trouvent des salles de garde voûtées d'ogives avec de vastes cheminées.

 

Autrefois appelée porte Notre-Dame, cette porte a été construite en grès en 1453. Comme le Palais de Justice, la porte de Valenciennes s'inscrit dans le style gothique pour l'une de ses faces et dans le style classique (XVI° siècle) pour l'autre, très courant à l'époque.

 

La Place d'Armes et l'hôtel du Dauphin.

Centre de la vie urbaine depuis le Moyen Age, la place d'Armes est aujourd'hui aménagée en espace piétonnier.

Très endommagée pendant la 1° Guerre mondiale, elle a été reconstruite en 1918,

et à nouveau détruite par les bombardements de 1944.

 

L'hôtel du Dauphin, actuel Office du tourisme : sa façade de style rocaille est ornée d'un balcon en fer forgé réalisé par Mariette, un maître ferronnier de Cambrai. Construit en 1754, ce bâtiment municipal fut d'abord le tribunal de la Gouvernance, puis devint en 1790-1791 le tribunal du district. Il servit de cadre aux représentations de comédies jusqu'à la construction du théâtre. Les écoles de musique et de dessin s'y installèrent en 1860.

 

Les bords de la rivière la Scarpe, et le Pont de Tournai.

 

Entre la rivière la Scarpe et sa déviation, les nombreux canaux qui passent sous les maisons

et coupent les ruelles forment un quartier pittoresque,

autrefois animé par de très nombreuses tanneries et teintureries.

 

L'ancien hôtel-Dieu, est occupé de nos jours, par la maison des Associations.

 

En 1624, l'hôpital Saint Julien est supprimé et ses biens affectés à la création d'un hôtel-Dieu qui sera fondé en 1628 par les Echevins pour accueillir les indigènes de la ville et des environs. En 1630, ces derniers font venir des religieuses hospitalières de Valenciennes et qui y resteront jusqu'en 1791 après être expulsées en refusant de prêter serment. En 1851, le service intérieur est de nouveau confié à 12 soeurs de Saint Vincent de Paul. Au milieu du XIX° siècle, le service de santé est assuré par un médecin chef et 60 lits sont affectés aux pauvres (30 pour les homme et 30 pour les femmes). Devenu vétuste et inadapté, un  nouvel hôpital est construit et l'hôtel-Dieu sera désaffecté en 1970.

 

Les géants à Douai.

 

M. et Mme Gayant, et le beffroi.

Selon un rythme immuable depuis 1802, le cortège des géants entourés de chars et de groupes folkloriques

redescend les rues de Douai chaque dimanche qui suit le 5 juillet.

Au début du XVI° siècle, Charles Quint décide d'amuser son peuple et organise,

comme en Espagne, des cortèges de géants.

 

Le char de la roue de la Fortune, où la déesse dispense des dons à chacun, obtient toujours beaucoup de succès. Autre pôle d'attraction, le "sot des canonniers" ou "baudel décarroché", vestige caricatural du harnachement des chevaliers du Moyen Age se rendant au tournoi, ce cheval-jupon fait la quête pour les porteurs de géants : Monsieur Gayant (8,50 m de hauteur, 370 kg), six porteurs. Madame Cagenon, (6,25 m, 250 kg), avec six porteurs, Bimbin, (2,40 m, 45 kg), Jacquot (3,40 m et 90kg), Fillio, (3,15 m 70 kg). Chacun des trois enfants est porté par un seul homme. Les porteurs des géants doivent être de bons vivants : en effet, à la fin du cortège, monsieur Gayant refuse de rentrer chez lui avec sa femme et ses enfants. Il entreprend alors la tournée des cafés, qui réalisent probablement leur meilleur chiffre d'affaires ce jour-là. Puis Mme Gayant part à son tour dans les cafés pour ramener de force son mari à la maison, d'où les géants ne ressortiront qu'un an plus tard.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.visitez-douai.fr/

http://www.ville-douai.fr/
"Histoire de Douai", Michel Rouche, Edition des Beffrois, 1985

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 22 août 2019

 

 

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