AVESNES-SUR-HELPE   (Nord)

Région des Hauts-de-France

Arrondissement et canton d'Avesnes-sur-Helpe
 Population : 4.654 Avesnois en 2016.

 

D'une superficie de 224 hectares, et d'une altitude de 143 à 188 mètres,

la ville est traversée part la rivière l'Helpe majeure.
 

Etymologie : proviendrait de l'ancienne appellation Avesne "pâturage" issu du germanique avisna/afisna.
Jusqu'à 1962, le nom officiel était simplement Avesnes.

 

Vestiges des remparts et la collégiale Saint Nicolas, avant 1970.

Les fortifications, érigées au XI° siècle furent élargies aux XIII°, XVI° siècles (bastion de la Reine),

puis au XVII° siècle par Vauban, qui intégra la place forte, au "Pré carré",

et conçut un réseau moderne d'ouvrages extérieurs (et demi-lune).

 

Fondée autour d'un donjon par Wédric le Barbu au XI° siècle, la ville fut fortifiée à partir du XIII° siècle. Siège d'une seigneurie puissante et renommée, elle compta des membres illustres comme Philippe de Hainaut qui épousa au XIV° siècle Edouard III Plantagenêt, roi d'Angleterre. Par le jeu des mariages, la seigneurie d'Avesnes donna naissance aux ancêtres d'Henri IV, aux princes de Condé et aux ducs de Guise.

 

L'hôtel de ville et la maison des chanoines, adossée aux contreforts de la collégiale.

 

▪ L'hôtel de ville, de style classique, date de 1757, a été construit en pierre bleue de Tournai. Il est précédé d'un perron à double révolution, avec rampe en fer forgé. Le grand salon servait de salle de bal et a conservé la galerie des musiciens.

▪ La maison des chanoines date de la fin du XVII° siècle et est le dernier témoin  des maisons canoniales qui entouraient la collégiale. (Les chanoines sont des prêtres séculiers qui se réunissent pour célébrer l'office divin). C'est aujourd'hui le siège de l'Office de tourisme.

 

 

Collégiale Saint Nicolas
 

 

L'église a été transformée en collégiale par Louis d'Albret, épouse de Charles de Croÿ.

Edifiée au XII° siècle, l'église fut en majeure partie reconstruite en 1535,

dans le style gothique de la dernière période.

 

Vues aériennes avant 1970 : la ville, la Grand'Place et la collégiale, élevée sur une roche au bord de l'Helpe.

Tout en longueur, la place est bordée de demeures, presque toutes du XVIII° siècle.

 

En 1461, le futur Louis XI y revêtit la pourpre après un service funèbre à la mémoire de Charles VII. Seize ans plus tard le même Louis XI, mettant à profit la mort de Charles le Téméraire, ruina la ville ainsi qu'une partie de l'église. Reconstruite à partir de 1483, éprouvée par l'incendie de 1514, l'église fut voûtée en 1533.

 

La façade extérieure en pierre bleue, difficile à travailler, est très dépouillée.

En plan la nef et ses collatéraux forment un quadrilatère sur lequel se greffe le choeur.

Les voûtes des collatéraux sont presque à la même hauteur que celle de la nef,

les murs de refend des chapelles, voûtées sur plan barlong, constituent les contreforts de l'édifice.

 

Jusqu'à la Paix des Pyrénées en 1659, Avesnes était l'une des principales places fortes qui défendaient les Pays-Bas contre les incursions françaises. C'est la raison pour laquelle la ville fut acquise en 1556 par Philippe II d'Espagne et détachée de la Terre d'Avesnes.

 

Haute de 61 m, la tour est du XVI° siècle, carrée et massive.

Elle comporte un dôme, une lanterne et quatre poivrières : le guetteur pouvait ainsi voir à 10 km à la ronde,

soit jusqu'à la frontière française de l'époque.

 

En 1549, la ville mit en place un Carillon de douze cloches. A cet ensemble s'ajoutait des cloches de volée dont la grosse cloche donnée par Charles Quint en 1514 et nommée pour cette raison Charlotte. D'autres timbres furent rajoutés pour arriver en 1791 à 30 cloches. La ville payait alors un carillonneur-organiste.

En 1917 six cloches furent descendues par les Allemands mais restèrent à Avesnes. L'ensemble fut reconstitué sans trop de difficultés en 1923. Mais le 2 Septembre 1944 alors que les troupes américaines entraient en ville, le drapeau français fut hissé au sommet de la tour. Les troupes allemandes restées à proximité lancèrent un obus incendiaire qui détruisit le Beffroi et occasionna la chute de l'instrument. Seule Charlotte en raison de son poids ne fut pas brisée mais seulement fêlée. Le dôme et la toiture ont été rétablis en 1950.

 

La Nef fut construite entre 1520 et 1550.
Elle est sans nul doute un des plus beaux exemples d'église-halle par son unité, sa simplicité et son ampleur.

Le vaisseau central est long d'environ 40 mètres, large de 9 et culmine à une vingtaine de mètres.

 

Cette nef halle a très peu d'équivalent en France. On retrouve en revanche en Belgique des constructions analogues au premier rang desquelles l'église Saint Pierre Saint Paul de Chimay. Les constructions sont exactement contemporaines.

 

Pierre tombale du XVI° siècle.

 

Les déprédations révolutionnaires ont fait disparaître les tombeaux d'Olivier de Bretagne et de Louise d'Albret, le Grand Christ du Tref et les stalles des chanoines. Les évènements de 1944 ont eu raison du jubé du XVI° siècle et des derniers vestiges des lambris des stalles.

 

Chapelle des fonts baptismaux.

 

La nef est flanquée de deux collatéraux atteignant pratiquement la même hauteur

et de deux séries de chapelles latérales dont les murs séparatifs servent à contrebuter les voûtes.

La largeur de l'ensemble atteint 29 mètres en façade.

 

La chaire à prêcher.

 

La chapelle Saint Antoine renferme des pierres tombales

 

La chapelle Notre-Dame des Mouches fait revivre l'histoire d'Avesnes.

L'envahisseur français a été mis en fuite en 1498 par des essaims d'abeilles lancés par la Vierge.

Statue de la Vierge, du XV° siècle, tenant à la main une longue baquette blanche, et statue de Sainte Germaine.

 

Chapelle Sainte-Anne avec retable montrant les premiers signes de l’art Baroque,

à son sommet une statue de Sainte-Anne du XV° siècle - Statue de Saint Louis.

 

La chapelle Saint Nicolas : Saint Jean Baptiste baptisant -

Saint Nicolas apparaissant aux galériens et apaisant la tempête - Saint Sébastien.

 

Ouvert sur la nef par un arc triomphal, le choeur, qui paraît remonter au XIII° siècle,

est divisé en trois travées avec absides à trois pans.

 

Le Choeur est nettement plus ancien que la nef et la tour. Dans son état actuel il comprend une abside demi-hexagonale correspondant à des réfections de 1617. Les trois travées qui suivent remontent à la construction qui existait en 1461 lors de l'investiture de Louis XI. L'une des clés de voûte d'origine a été conservée. Elle montre deux masques grimaçants l'un montrant les dents et l'autre tirant la langue d'une esthétique toute romane.

 

Le Choeur en brique et pierre est la partie la plus ancienne de l'édifice (XIII° siècle).

Il est éclairé par sept verrières hautes et étroites.

 

Le choeur est très légèrement dévié vers la droite par rapport à la nef.

Ici, cette déviation résulte d'une erreur de calcul des architectes qui ont fait la nef.

 

Les lambris sont de style Louis XV.

A l'origine, les colonnes du choeur descendaient jusqu'au sol.

En 1534, elles furent sectionnées pour permettre l'installation des stalles des chanoines.

 

 

La grande chapelle de la Vierge avec ses boiseries exécutées vers 1740 et ses toiles peintes

de Louis Joseph Watteau représentant l’Annonciation, la Visitation et au centre l’Assomption.

 

 

 

D'étroites chapelles latérales voûtées en brique et pierre témoignent de l'organisation paroissiale :

chaque confrérie possédait sa chapelle particulière.

 

La chapelle de tous les Saints nous dévoile l'importance des corporations : à la clef de voûte, la route de Sainte Catherine, patronne des charrons et des étudiants. Au sommet du retable, le Saint Esprit, patron des arbalétriers. En dessous, Saint Roch, que l'on évoqua contre la peste. A la clef de voûte du bas-côté, l'agneau, attribut de Saint Jean Baptiste, patron des arquebusiers. Le tableau représente le Pape Innocent III soulevant la robe de St François d'Assise pour constater les stigmates qu'il porte aux pieds.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.avesnes-sur-helpe.fr/

Dictionnaire des églises de France "Champagne/Artois/Flandres/Picardie/
Volume Vb, Editions Robert Laffont, 1969
Dépliant 4 pages "circuit pédestre de la vieille ville"

O.T. du Coeur de l'Avesnois

Dépliant 4 pages "Collégiale St-Nicolas", disponible à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 29 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville