NEVERS  (Nièvre)
Arrondissement de Nevers - Canton de Nevers
Région Bourgogne- Franche-Comté.
 Population : 34.485 Neversois en 2014.

 

Longtemps on a voulu croire en Nevers le Noviodunum gaulois dont parle Jules César

dans la guerre des Gaules : rien n'est certain.

En revanche, la Nervinum antique s'est bien développée sur et autour de la butte : quartiers résidentiels et artisanaux sont attestés dès l'époque augustéenne (27 av -14 après J.C.).

 

Avant la construction du pont unique de grès rouge en 1833,

trois ponts successifs appuyés sur les îles enjambaient le fleuve.

Nevers présente une trame urbaine essentiellement alignée le long de la rive droite

de la Loire et de sa rivière affluente, la Nièvre.

 

Avec la création de l'évêché au VI° siècle, la construction de nombreux monastères

repousse les limites de la ville bien au-delà de celles de l'agglomération gallo-romaine.

 

A la fin du X° siècle, une lignée de comtes héréditaires se fixe dans le Nivernais. L'indépendance face au puissant voisin bourguignon se renforce avec la prise du domaine par Landri et ses successeurs.

 

 

La cité ducale

 

 

En 1068, la restauration du prieuré Saint Etienne, alors rattaché à l'ordre clunisien, dote la ville d'une église qui restera un modèle d'architecture romane et contribue à former le quartier oriental de la ville. La cathédrale Saint Cyr et Sainte Julitte témoigne, pour sa part, de l'évolution entre le style roman et les différentes périodes du gothique.

 

L'enceinte médiévale.

 

La ville prend corps en 1194 avec l'édification par le comte Pierre de Courtenay, d'une enceinte qui englobe la ville haute, le bourg Saint Etienne, quelques abbayes et petites paroisses. Peu après, elle acquiert une certaine forme d'indépendance avec un pouvoir communal représenté par les échevins.

 

Porte de Paris, avant 1920 et en 2017.

Construite par la ville entre 1742-1746, la porte célèbre la victoire de Louis XV

à Fontenoy en 1745, et remplace la porte médiévale des Ardilliers.

 

En forme d'arc de triomphe, de facture classique s'inspirant du style Antique, le décor sculpté fut détruit à la Révolution. Il portait les attributs de la justice et les trophées militaires sur deux piliers surmontés de l'écusson  du duc et celui de la ville. Un poème de Voltaire est gravé sur la paroi Est.

 

La porte de Croux, reconstruite dans les dernières années du XIV° siècle.

 

La porte réunit le concept de tour-porche, placée en avant de la muraille afin de mieux défendre la ville, et le concept de tour-maîtresse, symbole de ville accueillant le visiteur ou se dressant contre l'incendie. Son système de défense présente les aménagements traditionnels comme :

▪ les échauguettes d'angles appuyées sur d'épais contreforts et reliées par des mâchicoulis sur consoles ornées d'un trilobe.

▪ un pont-levis à flèches associé à la séparation des accès piétons et charretier,

▪ une avant porte désaxée reliée à la porte principale par un ravelin en terre-plein.

 

La porte Goguin, des XII° et XV° siècles.

Elle marque l'angle de l'enceinte médiévale face au fleuve.

Sa forme actuelle, plutôt insolite pour une tour de fortification élevée au XII° et

réaménagée en 1419, est due à sa transformation en moulin à vent au cours du XVII°

ou XVIII° siècle. Son nom est celui du propriétaire qui l'a vendue en 1906.

 

A partir de 1369, le Comté devient possession de la Maison de Bourgogne qui rejoint plus tard le camp anglais. Ainsi de 1419 à 1435, Nevers est malgré elle sous domination anglaise avec à ses portes les armées de Charles VII. Durant ces temps de guerre, la préoccupation de la ville est de restaurer et moderniser ses fortifications.

 

Entre Saint Martin - Saint Etienne : quelques hôtels particuliers.

 

 

Ancienne dépendance de l'abbaye de Fontmorigny, du XV° siècle.

 

Aujourd'hui située dans le Cher, elle dépendait autrefois du Comté du Nivernais. Dès 1274, les moines de cette abbaye possédaient dans cette rue une grande maison où ils pouvaient se réfugier en cas de danger.

 

Ce bâtiment construit au XV° siècle, avec tourelle d'escalier à vis à l'arrière, s'élève sur des caves voûtées d'ogives. Celles-ci servaient de dépôt des mesures et de lieu de paiement pour les droits de mesure de l'abbaye. Elles pouvaient également recevoir la vendange des vignes que les religieux possédaient dans les environs.

 

Hôtel du XVII° siècle, construit entre "cour et jardin".

Derrière le grand portail s'ouvre une cour d'honneur pavée amenant au logis principal.

De chaque côté se développent les communs. Le grand jardin à la française

s'étend derrière le logis principal. Ce jardin a disparu vers les années 1960.

 

A droite, l'hôtel de la Chasseigne, des XVI° et XVII° siècles.

La famille La Chasseigne, d'origine modeste parvient à occuper

une des plus hautes positions dans l'aristocratie du duché du Nivernais.

Un la Chasseigne fut seigneur de Rosemont, président de la Chambre des Comptes

et grand-maître des Eaux et Forêts.

Il commandait une compagnie de 50 arquebusiers à cheval.

 

Hôtels des Bordes, et Flamen d'Assigny.

 

▪ L'hôtel des Bordes, du XVII° siècle : Vers 1647, Louise d'Anssienville, marquise d'Epoisses, comtesse des Bordes, fait construite cet hôtel entre cour et jardin. Elle l'habite fréquemment jusqu'à sa mort survenue à Nevers en 1704. En octobre 1698, elle en avait fait don à sa nièce, Louise Marie de la Grange d'Arquian, marquise de Béthune. Le 11 septembre 1714, celle-ci y reçoit sa soeur, Marie Casimire, veuve de Jean Sobieski, roi de Pologne, de retour en France. L'hôtel est acheté en 1757, par Antoine Faure, receveur des tailles en l'élection de Nevers. Il est acquis ensuite par la famille Trochereau.

▪ Hôtel Flamen d'Assigny, du XVIII° siècle : symétrie de l'ordonnancement, égalité de hauteur entre le rez-de-chaussée et l'étage, baies cintrées à chambranle légèrement saillante, utilisation du fer forgé pour les garde-corps présentant une délicate ornementation de style rocaille.

 

Hôtel du Vertpré.

Le baron de Vertpré, nouveau propriétaire, ajouta la façade actuelle,

réalisée en 1846, conçue par l'architecte nivernais Villars.

 

Hôtel du XVI° siècle.

 

Cet ancien hôtel est occupé aujourd'hui par la Caisse d'Epargne.

 

L'hôtel de ville, du XIX° siècle, et le monument aux morts 1939-1945.

Il s'élève sur 2 niveaux et est couvert d'une toiture dans le goût italianisant.

La façade est en pierre de taille et rythmée par des baies rectangulaires,

dont les allèges très moulurées reposent sur des consoles à volutes soignées.

Au 2° niveau, les baies sont sommées d'un fronton triangulaire.

 

A partir de 1827, construction d'un nouvel édifice destiné à recevoir la bibliothèque municipale, la Justice de paix et le tribunal de commerce. Achevé en 1834, ce bâtiment dû à l'architecte nivernais Paillard ne devait cesser d'être transformé et agrandi pour se présenter tel qu'il est aujourd'hui au XXI° siècle.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Nevers, cheminement piéton", 32 pages, Ville d'Art et d'Histoire, Nevers

Panneaux explicatifs présentés sur les différents sites

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 16 juin 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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