NEVERS  (Nièvre)
Arrondissement de Nevers - Canton de Nevers
Région Bourgogne- Franche-Comté.
 Population : 34.485 Neversois en 2014.

 

 

Le Palais ducal

 

 

Résidence des comtes, puis des ducs de Nevers, c'est un château des XV° et XVI° siècles.

 

Vues aériennes avant 1970 (Les façades nord et sud).

La façade nord ne possède d'autre décor que les moulures des fenêtres,

la corniche du toit soulignée par un cordon de feuillage

et la porte centrale néo-gothique percée au milieu du XIX° siècle.

 

La Façade sud.

Cette grande façade renaissance entourée de tours polygonales et un immense parc

dont la longue esplanade mène jusqu’aux bords de la Loire.

 

D'inspiration gothique, il présente un avant-goût de la Renaissance :

symétrie et régularité dans la façade, décoration des lucarnes.

Des tours rondes caractéristiques du Moyen âge, entourent un corps de logis

de 53 mètres de longueur pour une largeur de 11 mètres.

 

La tourelle centrale et ses bas-reliefs du XIX° siècle.

Culot orné d'un aigle et du cygne de la maison des Clèves.

 

Dans les trois tourelles se trouvent des escaliers à vis, mais la tourelle axiale est plus travaillée encore. Ajourée de fenêtres à meneaux décorées de bas-reliefs illustrant la légende de saint Hubert et du chevalier Hélias, la tour est recouverte des emblèmes et devises sculptées représentant les familles suzeraines de la Nièvre.

 

Les six lucarnes sous les combles sont données, comme bâties à la fin du XVI° siècle.

Les fenêtres à croisillons sont respectivement encadrées de colonnes

avec ailerons de cariatides, d'atlantes et de pilastres.

 

Après son achat en 1810 par la ville de Nevers et le département de la Nièvre, le château remplit diverses fonctions: mairie, tribunal de justice. Restauré par Pierre Bérégovoy dans les années 1980, le palais renferme aujourd’hui l’hôtel de ville (avec le bureau du maire et la salle des conseils), une partie de l’office de tourisme, des salles d’expositions et de séminaires, une exposition permanente sur l’histoire de la ville et un aquarium de poissons ligériens.

 

Les expositions permanentes et temporaires.

 

 

 

Le sous-sol, aménagé en 1980 permet d'améliorer la circulation au sein  du Palais.

C'est un lieu d'expositions, qui retrace l'histoire de Nevers

et met l'accent sur le lien que la ville entretient avec la Loire, grâce aux aquariums.

La faïence de Nevers est également mise en valeur.

 

Le sous-sol.

 

Anciennes salles du château mises au jour lors de fouilles archéologiques.

 

Le 1° Niveau.

 

Le grand escalier moderne et le hall.

Le mannequin assis, présente l'habillement à l'époque du duc de Gonzague.

 

Peinture présentant le château et les remparts.

 

Reconstitution du château des Comtes de Nevers.

 

Cette maquette réalisée par M. Louis Leiser montre ce qu'aurait pu être le château restauré et fortifié par Pierre de Courtenay en 1190. Sa destruction date de 1827. Cette reconstitution se base sur des relevés de M. Massillon Rouvet de la fin du XIX° siècle.

 

Le caractère ostentatoire du nouveau bâtiment répond à une politique d'affermissement de l'autorité du comte sur celle de la ville. Les deux salles de réception sont au centre du bâtiment, au rez-de-chaussée et à l'étage. Elles sont vastes de 173 m² chacune, avec deux cheminées opposées sur les murs latéraux. Leur décor d'origine était constitué des emblèmes manifestant les titres et lorsqu'il apparaît en public, durant les banquets ou les cérémonies d'allégeance. Il reçoit là ses hôtes avant de les introduire dans son logis, le cas échéant : les invités sont annoncés par le chambellan et le maître d'hôtel règle le ballet des valets servants.

 

Galerie Fernand Chalandre.

 

A l'origine cet espace unique destiné à l'apparat occupait tout l'étage.

C'est au XIX° siècle que 2 pièces distinctes ont été créées.

(Lors de mon passage cette salle était en préparation pour accueillir les votants

aux prochaines élections présidentielles 2017).

 

Les communs sont dans des bâtiments distincts et situés à l'arrière du château et reliés à celui-ci par une galerie. L'écurie abritait 16 chevaux et le Comte avait à son service des gens d'écurie et 4 pages. Il y avait aussi des officiers d'armes. La cuisine était peut-être située dans un autre corps de bâtiment à l'angle sud-ouest du château.

 

La vie de château à Nevers.

 

Jean de Clamecy devient comte de Nevers en 1464. Petit-fils de Philippe 1° le Hardi, élevé à la cour de Bourgogne, son train de vie s'apparente à celui des plus hauts personnages du royaume. De cette expérience bourguignonne, il retient le raffinement de l'environnement des hommes de pouvoir et le rôle de l'art au service de l'autorité politique. Pour ces raisons, il entreprend à Nevers la construction d'un "hostel neuf" pour y vivre et surtout y recevoir : c'est le palais actuel.

 

Si le bâtiment est achevé à sa mort en 1491, la façade qui évoque la Renaissance semble plus tardive. Les Clèves, ses successeurs, élevés au rang de ducs et pairs du royaume en 1538, ont sans doute souhaité parachever l'habillage du château en lui offrant une parure au goût du jour et à la mesure de leur rang. Louis de Gonzague, duc de 1565 à 1595 poursuit l'embellissement. Son fils Charles 1er entreprend en 1609 de donner une esplanade en aménageant une place publique qui ne sera terminée qu'au début du XIX° siècle.

 

En 1659, Charles III de Gonzague vend le duché à Mazarin. Les Mancini en héritent en 1661 et le gardent jusqu'à la Révolution. L'héritier du dernier duc vend le château à la municipalité qui l'occupait depuis 1793, et au département en 1810.

 

 

Un homme

de qualité

vers 1565.

 

¬ Extrait de "A la découverte de l'histoire du costume, de l'Antiquité à la Renaissance.

Editions Roudil, 1998.

 

(a) toque - b) fraise - (c) mahoître - (d) saie ou sayon - (e) casaque,

(f) hauts de chausses - (g) bas - (h) chaussures tailladées.

 

Les deux logis opposés, de part et d'autre des salles centrales, sont composés de plusieurs espaces :

▪ Une grande chambre : c'est un espace d'apparat, lieu de transition entre l'espace public et l'espace privé et accessible depuis la salle.

▪ Une grande robe rectangulaire, à l'extrémité du corps principal qui a son personnel spécialisé.

▪ Un cabinet dans la tour circulaire, lieu de travail pour le comte et son secrétaire.

Garde robe et cabinet sont des étages bas. Les espaces plus confortables, du fait d'une hauteur de plafond moindre, sont plus faciles à chauffer. Ils ont aussi un caractère privé plus marqué. Le seigneur y reçoit ses proches et ses conseillers, ainsi que les personnes à son service comme le médecin, le barbier, le confesseur...

 

Le 1° niveau : actuelle salle des mariages.

 

Seule la salle des mariages a conservé son décor de boiseries néo-gothiques,

alors que le château était transformé en tribunal.

 

Les supports des poutres conservent les écussons

représentants les armes des Comtes de Nevers.

 

Une perspective sur le sous-sol a été créée.

Photo de droite, depuis le sous-sol, vue sur le 1° niveau.

Les cadres de vélos et pédales font référence

à la Société Look Cycles, au technopôle de Nevers-Magny-Cours.

 

2° Niveau : les salles Henriette de Clèves et Mazarin

(Fermées lors de mon passage et ouvertes au public selon disponibilité).

 

3° Niveau : salle du Conseil municipal et le foyer Pierre Bérégovoy.

 

L'étage des combles est situé directement sous la charpente en carène de bateau

qui date sans doute du XV° ou XVI° siècle.

Depuis 1980, le conseil municipal y est installé, précédé du foyer et d'une salle de presse.

 

Les anciens appartements

 

(Ouverts uniquement lors des visites guidées, et fermés lors de mon passage).

 

Les deux escaliers à vis des tourelles latérales dégageaient les quatre niveaux communs aux tours et aux extrémités du corps central où étaient situés les logis du duc et de la duchesse. Ces logis comprenaient leurs chambres ainsi que cabinets de travail, garde robe ou chambres. Les appartements étaient chauffés par des grandes cheminées.

 

Pierre Bérégovoy et la ville de Nevers.

 

 

Né à Déville-lès-Rouen (76) en 1925, Pierre Bérégovoy obtient en 1941 un C.A.P. d'ajusteur et un autre de dessinateur industriel. En 1942, il entre par concours aux chemins de fer et cette même année, il s'engage dans la Résistance et adhère aux jeunesses socialistes. Il rejoint la SFIO en 1946 et sera l'un des fondateurs du PSA puis du PSU. Il gagne ensuite les rangs du nouveau Parti Socialiste.

 

Dès le lendemain de la victoire de François Mitterrand et de la gauche en 1981, il est nommé Secrétaire Général de la Présidence de la République. Il est successivement nommé Ministre des Affaires Sociales dans le gouvernement Mauroy, Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie dans les gouvernements Fabius, puis Rocard, Ministre de l'Economie et des Finances et du Commerce extérieur dans le gouvernement Cresson. Il accède au poste de Premier Ministre en 1992.

 

Parallèlement, il arrive à Nevers en 1982, ville dont il devient maire dès 1983. Il le restera jusqu'au 1° mai 1993, jour de son suicide au bord du canal. Ses obsèques ont lieu quelques jours plus tard à Nevers, où il repose avec son épouse. Sous son impulsion, la ville se modernise et prend dans ses grandes lignes l'aspect que nous connaissons aujourd'hui. Le Palais ducal est réaménagé et de nouveaux équipements sont créés.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Nevers, cheminement piéton", 32 pages, Ville d'Art et d'Histoire, Nevers

Dépliant 3 volets "Le Palais ducal", remis à l'accueil

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 16 juin 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville