NEVERS  (Nièvre)
Arrondissement de Nevers - Canton de Nevers
Région Bourgogne- Franche-Comté.
 Population : 34.485 Neversois en 2014.

 

 

Chapelle Sainte-Marie,

ou Chapelle de la Visitation de la Sainte Vierge,

du XVII° siècle.

 

 

C'est en 1620 que fut fondée la chapelle de la Visitation, construite entre 1639 et 1641.

Sa première pierre avait été posée par Louise-Marie de Gonzague,

duchesse de Nevers, et future reine de Pologne.

Les Visitandines y vénéraient le coeur de leur fondatrice : Sainte Jeanne de Chantal.

 

Le couvent des visitandines de Nevers est la septième fondation de l'ordre de la Visitation Sainte-Marie créé en 1610 à Annecy par François de Sales et Jeanne de Chantal. Cet établissement est l'œuvre de Vincent Bouzitat, bourgeois de Nevers, dont les deux filles désiraient se consacrer à Dieu. Il reçut l'aide de Monsieur de Château-Renaud, baron de Langes, et l'assentiment du duc Charles de Gonzague et de l'évêque Eustache du Lys. Le 13 juillet 1620, les échevins de Nevers autorisaient les visitandines à s'établir rue Saint-Martin, dans trois maisons achetées à cet effet, un grand jardin s'étendant jusqu'aux remparts de la ville.

 

La chapelle, avant 1970.

Cette façade, à deux étages, est une des plus baroques de France,

tant dans sa composition générale que dans sa surabondante ornementation.

 

Un perron à double volée permet d'accéder au portail unique, fort décoré et surmonté d'un petit fronton cintré, où se dressent 4 colonnes cannelées à chapiteaux composites qui forment une saillie : elles supportent un entablement dont la frise est chargée de cartouches et de têtes d'angelots.

 

La chapelle en juin 2017.

 

Des baies cintrées sont percées dans les entrecolonnements, cependant que, dans la travée centrale, une fenêtre géminée, établie à un niveau plus élevée que ses voisines et, comme elles, amortie par le cintre d'un fronton, occupe l'emplacement de la frise interrompue.

 

Une statue de la Vierge est placée dans la niche centrale, coiffée d'un double fronton.

 

Deux colonnes cannelées à chapiteaux composites flanquent cette niche et supportent les éléments d'un fronton brisé au centre duquel apparaît une sorte de tympan arrondi, en haut relief, la figure du Père éternel. L'ensemble de la composition est accosté de deux cariatides et de deux volutes ainsi que de trois pots à feu, juchés au départ du pignon.

 

L'intérieur de la chapelle forme un vaisseau unique, flanqué de deux petites chapelles.

Un retable d'autel occupe tout le fond du choeur à chevet carré,

sculpté par Claude Collignon et Michel Voullemin.

La peinture du XVII° siècle représente la Visitation et est attribuée au peintre Remy Vuibert.

 

Désaffectée par la Révolution qui supprima le couvent, la chapelle fut occupée, à partir de 1806, par les religieuses de la Charité et de l'Instruction chrétienne. A nouveau désaffectée, depuis la loi de séparation, elle abrite actuellement des expositions temporaires.

 

De ce monastère, il ne reste aujourd'hui que la chapelle et un poème spirituel et satirique écrit en 1734 par Jean-Baptiste Gresset, Ver-Vert, ou les Voyages du perroquet de la Visitation de Nevers. Les religieuses sont désormais installées dans le monastère de la Visitation à Nevers.

 

Ver-Vert ou les Voyages du perroquet de la Visitation de Nevers

est un poème écrit par Jean-Baptiste Gresset en 1734.

 

Né à Amiens en 1709 d'une famille de bonne bourgeoisie, Gresset fait ses études chez les jésuites et entre dans leur ordre à seize ans. Il est envoyé au collège Louis-le-Grand pour y professer, et décrit dans une épître en vers, La Chartreuse (1734), la vie qu'il menait à cette époque. Mais c'est surtout à une sorte de conte poétique, publié la même année, qu'il doit son succès. Ce poème, Vert-Vert, histoire d'un perroquet de Nevers, est difficile à classer parce que d'une conception très originale pour son siècle.

 

¬ Vert-Vert, Fleury François Richard

(1804, musée des beaux-arts de Lyon)

 

Si la domestication existe depuis fort longtemps, l’attachement des hommes pour les animaux, sentiment qui nous paraît naturel aujourd’hui, n’a pas toujours existé. On estime que c’est au XVIII° siècle qu’émerge chez les élites un attachement profond pour les animaux. Á cette époque, la figure de l’animal devient un sujet d’étude important et un thème à la mode, comme l’illustre le poème Vert-vert, écrit en 1734 par le jésuite Jean-Baptiste-Louis Gresset. Cette histoire, dont le héros éponyme est un perroquet, est révélatrice de l’intérêt que suscitent les animaux domestiques au XVIII° siècle.

 

Vert-Vert raconte l’histoire humoristique d’un perroquet recueilli dans un couvent de Nevers. Élevé par les sœurs visitandines, Vert-Vert, « perroquet dévot » parle effectivement un langage chrétien. Demandé par les religieuses nantaises de la congrégation, il est confié à un batelier de la Loire. Naturellement, il apprend sur le bateau le vocabulaire des matelots et des femmes légères. Arrivé à destination, le perroquet jure comme un marinier. Les religieuses nantaises, épouvantées, le renvoient à Nevers où l'on a le plus grand mal à lui faire réapprendre le latin, mais où il finit ses jours entouré de sollicitude, au point d'ailleurs qu'il meurt d'indigestion.

 

Composé par Jean-Baptiste Gresset sous la forme de quatre chants en décasyllabes, le poème est présenté lors de sa première édition en 1734 comme un "poème héroï-comique" sous le titre Vairvert ou les Voyages du perroquet de la Visitation de Nevers. Il devient "poème héroïque" lors des éditions suivantes, les voyages se singularisant, le perroquet n'étant plus que de Nevers et son nom prenant la graphie Ver-Vert puis Vert-Vert.

 

L'histoire de Vert-Vert connaît un succès donnant lieu à une postérité importante dans les domaines de la littérature, du théâtre et de la peinture jusqu'au milieu XIX° siècle.


Les dernières éditions connues sont celles de 1924 et 1945, respectivement illustrées par François-Maurice Roganeau et Jean Trubert. Un extrait du poème est publié dans le tome II de la nouvelle Anthologie de la poésie française (2000) de la Pléiade.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Photo intérieur / http://www.web-croqueur.fr/chapelle-sainte-marie-de-nevers-2/

https://bibulyon.hypotheses.org/1539
http://www.universalis.fr/encyclopedie/

Dictionnaire des églises de France, Tome IIA

Bourgogne-Nivernais-Lyonnais, Editions Robert Laffont, 1973

"Nevers, cheminement piéton", 32 pages, Ville d'Art et d'Histoire, Nevers

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 16 juin 2017

 

 

 

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50660 - Lingreville