NEVERS  (Nièvre)
Arrondissement de Nevers - Canton de Nevers
Région Bourgogne- Franche-Comté.
 Population :34.485 Neversois en 2014.

 

D'une superficie de 1.733 hectares, et d'une altitude de 167 à 238 mètres,

la ville est traversée par le fleuve la Loire.

 

 

Cathédrale Saint Cyr et Sainte Julitte

 

 

La cathédrale des VI°-XVI° siècles présente la particularité de posséder deux chœurs :

l'un roman, à l'ouest, l'autre gothique, à l'est.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

La longueur totale de l'édifice, y compris l'abside occidentale

et la chapelle de la Sainte Vierge, fait 101 mètres.

Une galerie moderne à arcatures tréflées borde le toit de la nef.

 

Les huit verrières de la nef sont toutes différentes notamment par leurs remplages.

Ces derniers appartiennent à la dernière décennie du XV° siècle voire au début

du XVI° siècle. À cette époque, l'architecture se dissimule derrière le décor.

 

Le chevet gothique.

Les arcs-boutants sont à double étage. Ils sont couronnés de pinacles.

L'arc inférieur est vide tandis que l'arc supérieur est garni

d'un remplage de meneaux qui dessinent des arcatures tréflées.

 

À la base des murs du transept, on trouve des contreforts plats

et des baies cintrées bouchées qui datent du XI° siècle pour la partie inférieure

et du XII° siècle pour leur partie supérieure.

 

Le chevet occidental et l'abside romane.

 

Le chevet occidental est renforcé par quatre contreforts relativement modernes. Un cordon billeté fait le tour de l'hémicycle, en encadrant les cintres des fenêtres. Des arcs de décharge sont noyés dans le mur, au-dessous des fenêtres. Les modillons sont du XII° siècle. Ils sont sculptés de volutes et de têtes d'animaux.

 

Le portail nord de l’édifice du XIII° siècle était très décoré, notamment son tympan. Mais ses nombreuses statues ont été détruites pendant les guerres de religion au XVI° siècle. En outre, pendant la Révolution française, le tympan a été martelé. Aujourd'hui, le portail de Saint Christophe ou du Doyenné se compose d'une porte divisée par un pilier central, ouverte sous quatre archivoltes de moulures en retraite qui retombe sur des pilastres. Ils étaient, autrefois garnis de statues, ainsi que le pilier central et les voussures. Le stylobate est soutenu par des arcatures tréflées.

Le portail sud, du XV° siècle, élevé sous l’épiscopat de Pierre de Fontenay, a été restauré au XIX° siècle. Le portail dit "de Loire" est précédé d'un porche. Les sculptures sont d'une grande finesse : des écussons sont suspendus par des rubans et des chaînettes, à des branches de chêne et à des pampres. La porte est séparée en deux baies en anse de panier par un pilier, auquel était adossée une statue.

 

La chapelle des fonts baptismaux.

 

 

La cathédrale romane du XI° siècle.

 

De la cathédrale romane du XI° siècle tournée vers l'occident,

subsistent le transept et l'ensemble : voûte - choeur - crypte.

 

Le chœur roman du XI° siècle, dit de sainte Julitte, est vouté en cul-de-four.

 

L'abside est surélevée de douze marches, précédée d'une travée voûtée en berceau. Ses parois sont décorées d'arcatures cintrées séparées par des colonnes engagées à chapiteaux. Ces derniers sont décorés de feuilles d'eau et de palmettes dans l'hémicycle. En revanche, dans la travée, ils sont composés d'un simple tailloir muni de baguettes sur les angles. Les fenêtres sont cintrées et garnies de colonnettes.

 

La voûte présente une fresque du XII° siècle du Christ en gloire.

("Fresque" vient de l'italien "affresco". C'est une peinture appliquée

alors que l'enduit est encore frais.

Intimement incorporée à son support maçonné, elle peut ainsi traverser les siècles).

 

 

Trois plans superposés selon un axe vertical, symbolisent la victoire de la vie sur la mort.

C'est le lieu où par le Christ, s'opère la jonction du ciel et de la terre.

 

La crypte est divisée en trois nefs de trois travées. Elles sont voûtées d'arêtes, avec des arcs-doubleaux, arrondis à la nef centrale et plats aux collatéraux. Les piliers sont garnis de colonnes engagées à chapiteaux semblables à ceux de la travée de l'abside de Sainte Julitte.

 

 

La crypte accueille la mise au tombeau du Christ (groupe polychrome du XVI° siècle)

qui témoigne une vénération des chrétiens envers la Passion du Christ.

De provenance inconnue elle a été posée dans la crypte en 1832.

Les peintures ont été restaurées dans le courant du XIX° siècle.

 

Alors que la crypte, située sous le choeur roman, rappelle le passage par la mort du Christ (avec ses deux portes, car pour le croyant, la mort n'est pas un cul-de-sac). La fresque située dans la voûte (semblable à la voûte céleste) manifeste la résurrection et la gloire du Christ, victoire sur la mort et promesse de vie éternelle.

 

Les transepts romans.

 

Le transept roman, primitivement couvert en charpente,

a reçu au XIII° siècle des voûtes d'ogives.

La longueur du transept occidental est de 40 m et sa largeur de 13,30 m.

 

Transept roman ouest et nord.

Le croisillon nord a conservé son absidiole romane orientée.

 

Transept roman sud.

Le croisillon sud, a été remplacée par une chapelle située sous la tour.

Les bras du transept sont voûtés sur des membrures rondes et sont séparés du carré

par deux arcades cintrées qui retombent sur de grosses colonnes rondes

qui pourraient dater du X° siècle.

 

Contre le pignon du croisillon, un escalier Renaissance ajouré, du début du XVI° siècle,

dont la cage est surmontée d'une statue de Saint Michel terrassant le dragon.

 

Au nord de l'abside, un passage voûté en berceau est garni d'arcatures cintrées. Il communiquait avec l'ancien évêché. À son bout se trouve maintenant une chapelle du XV° siècle à entraits sculptés de têtes de monstres. Au sud est se trouve une galerie analogue, en grande partie détruite.

 

Le baptistère du VI° siècle.

 

Des fouilles ont mis au jour, sous le choeur gothique, après les bombardements de 1944,

les restes d'un baptistère octogonal de la fin du V° - début VI° siècle.

Cette découverte a permis de certifier

que l'église de Nevers existe depuis plus de quinze siècles.

 

La nef du XIII° siècle.

 

La nef gothique et son chœur prolongent le chœur et le transept romans.

Elle se compose de cinq travées. Ses murs s’élèvent sur trois niveaux : les grandes arcades,

puis le triforium aveugle - le passage bourguignon sous les fenêtres hautes

et enfin, les fenêtres hautes.

 

La largeur de la nef, d'un pilier à l'autre est de 10,75 m. La largeur des bas côtés est de 4,60 m. La largeur totale, en y comprenant la profondeur des chapelles, est de 32,20 m. La hauteur de la nef sous clef est de 22,30 m et celle des bas côtés sous clef de 10,20 m.

 

Les bas-côtés de la nef sont bordés de chapelles du XV° siècle.

Chaque travée du triforium est composée de trois arcades tréflées,

séparées par des colonnettes ornées de chapiteaux.

 

Chaire à prêcher du XIX° siècle.

Grande horloge Renaissance, en partie refaite. Créée en 1528, elle est surmontée

d’un jacquemart : quand l’heure sonne, le chevalier frappe la cloche

et saint Michel frappe le dragon de son épée.

 

1° chapelle bas côté droit à la base de la tour, avec une clé pendante figurant un ange.

Retable en pierre très mutilé, du XV° siècle.

La 4° chapelle est fermée par une clôture en pierre de 1550.

 

 

 

Bas relief sculpté illustrant la vie de saint Jean Baptiste,

dans un très riche décor de paysages.
 

Le choeur gothique.

 

Le choeur est le sanctuaire, le lieu saint.

Il est tourné vers l'orient, c'est-à-dire, vers le soleil levant,

symbole du Christ ressuscité.

 

L'autel au centre est le lieu de la célébration eucharistique où le Christ

donne sa vie pour tous les hommes.

 

Le chœur gothique fut construit au XIV° siècle. Il est composé de quatre travées

et se termine par un rond-point à cinq pans. Les fenêtres hautes ne forment

avec le triforium, qu'un seul ensemble d'une remarquable légèreté.

 

Le chœur est composé de quatre travées d'un style plus moderne que celles de la nef.

 

L'ambon porte le livre de la parole de Dieu pour la proclamation

aux chrétiens rassemblés.

La cathèdre est le siège de l'évêque. (La cathédrale est l'église mère du diocèse).

 

 

La chapelle du Saint-Jugement.

 

Le chevet comprend 7 chapelles rayonnantes.

 

Dans la chapelle de l'Immaculée Conception : une peinture de l'Ange,

et une peinture de la Vierge, datant du XIX° siècle.
La chapelle carrée du bas-côté gauche du choeur

a été refaite entièrement après les bombardements.

 

 

Parmi les chapelles ouvertes dans le chœur, trois sont de plus grandes dimensions.

Toutes sont voûtées sur croisées d'ogives. Elles sont percées de baies gothiques géminées

ouvertes au-dessus d'arcatures tréflées. Les clefs de voute sont sculptées de feuillages.

Les six faisceaux composés de minces colonnettes qui environnent le sanctuaire

portent des arcs brisés aigus. Le déambulatoire est voûté comme le sanctuaire.

 

Gisant de Yolande de Bourgogne, en pierre de Tournai, du XIV° siècle.

 

Comtesse de Nevers, Yolande fut mariée en 1° noces à Jean Tristan, fils de Saint Louis. Elle épousa en 1271 Robert de Dampierre, fils aîné du comte de Flandres. Soupçonnée d'avoir empoisonné son beau-fils, elle aurait été assassinée par son époux. Elle fut inhumée dans le couvent des Cordeliers, ordre qu'elle avait fait venir à Nevers entre 1270 et 1280.

 

A la fin du XVI° siècle, les Cordeliers sont remplacés par les Récollets. En 1879, lors des travaux à l'emplacement de l'ancienne église des Récollets, furent mis à jour les débris de ce tombeau. Restauré, il a été déposé à la cathédrale en 1998.

 

Pietà en calcaire polychrome de la fin du XV° siècle.

Dans le chœur, du côté de l'évangile, une tombe plate, en pierre noire incrustée de marbre

blanc, porte la figure gravée de Maurice de Coulanges, évêque de Nevers, mort en 1394.

 

C'est le thème iconographique de la Vierge douloureuse, tenant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la croix. Ce thème illustre l'évolution des représentations médiévales de la mort du Christ. Du Christ vainqueur de la mort du XIII° siècle, l'iconographie insiste les siècles suivants sur la souffrance comme symbole et modèle de rédemption. Il s'inscrit dans l'art de la fin du Moyen Age en opposition au thème de la Vierge à l'enfant.

 

La chapelle du souvenir, et le monument aux morts.

 

Statue de Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte, du XVI° siècle.

Les sept chapelles sont (du nord au sud) :

la chapelle de la Pentecôte; la chapelle du Baptême du Christ, la chapelle du passage de la mer Rouge, la chapelle de la Création et de l'Église en construction, la chapelle des Mystères Joyeux, la chapelle des Saints Sacrements et la chapelle du souvenir.

 

Les parties inférieures des bas côtés et des chapelles rayonnantes sont de la fin du XIII° siècle ou du début du XIV° siècle. Les parties supérieures sont nettement du XIV° siècle voire des premières années du XV° siècle. En effet, les membrures des voûtes sont plus légères que celles des cinq premières travées ; les chapiteaux et les clefs ornés de feuillages sont plus ramassés en bouquets et sont plus déchiquetés ; les arcs des galeries sont plus élancés. Le chœur est composé de quatre travées d'un style plus moderne que celles de la nef.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Photo du baptistère, (06.05.2011), http://care.huma-num.fr/care/

(Journées Européennes de l'Archéologie)

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 16 juin 2017

 

 

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