VANNES (Morbihan)
Arrondissement de Vannes - Canton de Vannes
Région Bretagne
 Population : 53.036 Vannetais en 2014.

 

D'une superficie de 3.230 hectares et d'une altitude de 0 à 56 mètres, la ville est située en basse-Bretagne,

au nord de l'estuaire de Vannes, où se jettent les rivières de la Marle, du Vincin et de Sené,

et bâtie au fond du golfe du Morbihan.

 

 

Vannes, ville close et fortifiée

 

 

La ville fut fondée par les Romains après leur victoire sur les Vénètes, en 56 avant Jésus Christ.

 

    Vue aérienne sur la ville et le port, avant 1970.

Vannes est bordée au sud par le Golfe du Morbihan, qui signifie petite mer en breton.

Ce bassin de 12 000 ha d’Atlantique est parsemé d’une quarantaine d’îles, certaines habitées comme l’île d’Arz

et l’île aux Moines. Le Golfe est un lieu unique où la terre et la mer se mêlent en paysages changeants.

 

A l'époque de l'expansion romaine, la région est le fief d'une puissante tribu gauloise, les Vénètes. Ce sont des marins intrépides qui s'opposaient aux armées romaines et réussirent à leur résister. En 56 avant J.C. ils attaquent la flotte romaine à l'entrée du golfe du Morbihan et prennent le dessus, mais le vent tombe soudainement. Leur flotte, gréée de lourdes voiles de cuir, est paralysée, tandis que les galères romaines avec leurs rameurs disciplinés, reprennent l'avantage et gagnent la bataille.

 

Les quais le long du canal aménagé sont bordés de belles maisons d'armateurs.

 

Sous l'occupation romaine, durant le 1° siècle, une véritable cité voit le jour, au nord-est de la ville "Darioritum" est créée. C'est la capitale des Vénètes. Des voies de circulation sont construites permettant de faire la jonction avec d'autres cités gallo-romaines. Elle est organisée autour d'un forum et compte une basilique. Avec son port, c'est aussi une cité commerciale florissante.

 

Après la chute de l’empire romain au V° siècle, Venetis remplace Darioritum, la ville antique est abandonnée et devient un faubourg. La ville médiévale se développe peu à peu à l’intérieur des fortifications. C’est à cette époque que Vannes devient un évêché (un des premiers de Bretagne). Entre 1341 et 1364 les guerres de succession ruinent l’économie du duché de Bretagne.

 

Les remparts, des XIV° et XV° siècles.

 

Vannes a conservé environ les 3/4 de ses remparts :

Porte St Vincent, Porte Calmont, ¨porte poterne, les lavoirs, tour du connétable,

mur gallo-romain, porte Prison et Porte Saint Jean.

 

Vue aérienne des remparts et des jardins, avant 1970.

 

Autrefois les bateaux venaient au pied des remparts décharger leur cargaison. Avec l'envasement progressif du golfe, le rythme des marées révélait des vasières de plus en plus étendues sur lesquelles les navires s'échouaient. Ce n'est plus le cas depuis qu'une écluse régule le niveau de l'eau et permet d'arriver à Vannes, quelle que soit la marée.

 

La porte Calmont, édifiée à la fin du XIV° siècle lors de l'extension de l'enceinte vers le Sud.

Défendue par une tour, la porte comporte deux passages, la porte charretière et celle des piétons.

On fermait les portes grâce à des pont-levis à flèches dont on peut voir encore les traces dans les murs.

 

A partir du XV° siècle les ponts à chaînes et à treuil sont remplacés par des pont-levis à flèches. Un contrepoids fixé aux extrémités des flèches de bois facilite le relevé des ponts. Ces flèches s'encastrent dans des rainures aménagées dans le mur au-dessus de l'entrée.

 

La porte de Calmont, des XIV-XV° siècles. Passage de la tour de la Trompette.

 

Les tours sont édifiées en des points stratégiques de la défense du site : à proximité des portes ou entre deux sections de courtines. Elles permettent de voir de loin et sont pourvues d'un dispositif de défense active. Elles possèdent souvent trois niveaux : le premier aménagé de casemates, le second en salle de garde avec une cheminée et le troisième à la surveillance et à la défense.

 

La tour du Connétable et la tour Joliette et les jardins.

 

C'est la plus haute tour de l'enceinte, ajoutée à celle-ci au XV° siècle. C'est à la fois une tour de défense et une tour résidentielle. Son nom lui vient du Connétable Arthur de Richemont qui fut duc de Bretagne de 1457 à 1458. Tout le long des courtines, la partie haute des murs est aménagée avec des mâchicoulis.

 

La tour du Connétable et la tour Joliette à droite.

 

Deux familles se disputent le titre de Duc. Vannes est assiégée plusieurs fois. Jean IV, victorieux, fait construire le château de l’Hermine, et agrandit les fortifications, vers le quartier du port alors en pleine activité. En 1532 François 1er, séjourne à Vannes pour préparer le traité d’union entre la Bretagne et la France. A la fin du XVII° siècle, l’exil des parlementaires Bretons, sur ordre de Louis XIV donne un nouvel essor à la ville. On construit de nombreux hôtels particuliers et la ville s’étend à l’extérieur de l’enceinte. C’est dans la seconde moitié du XIX° siècle que Vannes prend un autre visage.

 

 

La tour Joliette et les jardins.

Les mâchicoulis destinés à laisser tomber des projectiles sont aménagés en surplomb des tours

et des courtines. En Bretagne, les mâchicoulis se caractérisent souvent par une assise sur corbeaux

en forme de pyramide inversée.

 

Statue de Saint Emilion, né à Vannes au XVII° siècle.

 

La porte Saint Vincent du XVII° siècle.

Dans la niche supérieure de la porte, statue de St Vincent-Ferrier, patron de la ville, regardant vers la mer.

Devant la Porte Saint Vincent, les terrasses de café et la proximité immédiate du port de plaisance

donnent une impression de ville littorale.

 

Elevée entre le bastion de Gréguennic à l'Ouest et la tour de la Trompette à l'Est, cette porte de ville restaurée en 1747 possède un décor baroque superposé avec les ordres dorique, ionique et corinthien.  Au-dessus du passage, un bas-relief aux armes de la cité. Les deux lévriers symbolisent le présent que les Vannetais offrirent au roi François 1er, à l'occasion de son passage à Vannes en août 1532.

 

La porte prison.

Construite aux XIII°-XV° siècles, c'était l'entrée principale de la ville.

 

De l'extérieur de l'enceinte on voit les fentes pour les chaînes du pont-levis et le beau feston de mâchicoulis. Elle finit par être transformée en une prison, et pendant la Révolution, on y enferma des prêtres réfractaires et les royalistes, dont l'état major des émigrés capturés à Quiberon.

 

Le château de l'Hermine, du XVIII° siècle.

 

Ce grand bâtiment qui domine les jardins fut construit en 1780 sur les ruines du château médiéval

édifié par Jean IV, duc de Bretagne à la fin du XIV° siècle

 

L'édifice accueille aujourd'hui des expositions.

 

Autrefois la marée venait régulièrement envahir les anciennes douves qui ont peu à peu été comblées

par la vase et les alluvions. Avant de devenir un jardin public,

l'espace ainsi créés au pied des remparts accueillait des jardins et des potagers.

 

La ville close, et ses maisons à pans de bois.

 

La plupart des maisons médiévales comportaient une base en pierre pour la stabilité.

Puis montait ensuite au moins un mur de pierre, souvent deux, pour garantir la solidité de l'édifice.

 

Les murs en pans de bois et torchis représentaient une économie par rapport à la pierre,

surtout en Bretagne où le bois était abondant.

 

Les maisons étaient plus étroites à la base. Les encorbellements successifs, à chaque étage, permettaient de gagner du volume par rapport à la surface au sol, ce qui, dans les ruelles étroites fermait presque l'espace entre les maisons de part et d'autres de la rue. On imagine les qualités techniques exigées par de telles œuvres de charpente !

 

A droite, maison de Vannes et sa femme.

 

Sculpté à l'angle d'une maison à pans de bois du XVI° siècle, ces deux personnages de granit amputés de leurs mains étaient sans doute une ancienne enseigne. Ce couple souriant a été nommé ainsi à la fin du XIX° siècle. Plus haut, sous la toiture une statue en bois de St François d'Assise.

 

Les musées de la Cohue et de l'Archéologie.

 

▪ La Cohue, le musée des Beaux Arts : la Cohue désigne en breton au Moyen Age, un lieu de marché. Ces anciennes halles, édifiées au XIII° siècle, abritaient les marchands installés au R. de C. Avec l'exil des parlementaires bretons de 1675 à 1680, la salle haute devient le siège du parlement. Puis au XIX° siècle, elle est transformée en théâtre municipal. Depuis 1986, elle abrite le Musée des Beaux arts de la ville.

 

▪ Château Gaillard, aujourd'hui musée d'Histoire et d'Archéologie, toute en pierre, fut construit par Jean de Malestroit, évêque de Nantes et chancelier du duc Jean V, dans la première moitié du XV° siècle. L'édifice s'élève sur 4 niveaux, avec des fenêtres à meneaux et une tour d'escalier qui abrite une vis en pierre.

 

 

La préfecture.

 

Inaugurée en 1865, la préfecture est construite à l'emplacement d'un ancien couvent.

Sur le fronton, un bas-relief montre deux personnages importants de l'histoire de la Bretagne :

Nominoë et Alain Barbetorte, ainsi que l'aigle impérial et l'arrivée du chemin de fer à Vannes en 1862.

 

Les lavoirs de la Garenne.

 

Les anciens lavoirs, au bord de la Marle, datent de 1820.

 

Les laveuses ou lavandières s'abritaient sous la galerie couverte pour rincer le linge.

 

Un développement urbain important est engendré par l’arrivée du chemin de fer en 1862 et l’installation de deux régiments d’artillerie après la défaite de 1870. On inaugure aussi à cette époque l’hôtel de ville, la préfecture et le tribunal. De nouvelles voies sont aménagées contournant les remparts. Vannes a peu souffert de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui cette ville valorise ses atouts touristiques grâce une mise en valeur de ses vieux quartiers et à sa proximité du Golfe du Morbihan.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/
http://www.tourisme-vannes.com/
Dépliant "Vannes intra-muros, une ville chargée d'histoire", O.T. Vannes

"Circuit découverte dans le centre ville, 5 siècles de pans de bois"

Les amis de Vannes et O.T. de Vannes

"Guide touristique", 2017, O.T. Vannes

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite et photos, Chantal Guyon, 25 février 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville