SAINTE ANNE D'AURAY (Morbihan)
Arrondissement de Lorient - Canton d'Auray
Région Bretagne
 Population : 2.614 Saintannois en 2014.

 

 

Nécropole militaire nationale

de Sainte Anne d'Auray

 

 

La nécropole militaire de Sainte-Anne d'Auray, située en contrebas

du grand mémorial 1914-1918 regroupe 2.106 sépultures sur une superficie de 17.342 m².

 

Au cours de la Grande Guerre, la Bretagne éloignée de la ligne de front, accueille les réfugiés belges, français et étrangers. Soignés dans des hôpitaux temporaires, implantés dans l'ensemble du Grand Ouest, certains vont succomber à leurs blessures ou de maladies.

 

Entrée de la nécropole nationale.

 

Inhumés dans des cimetières provisoires rattachés à ces structures sanitaires, les dépouilles ont été rassemblées au sein de la nécropole de Sainte Anne d'Auray. Au titre de la Grande Guerre, ce cimetière réunit respectivement en tombes individuelles :

▪ 427 Français dont les corps sont répartis en carrés militaires spécifiques afin de conserver les départements de provenance.

▪ 274 Belges, des combattants Russes et un ouvrier Chinois.

 

 

Un carré spécifique regroupe 1.355 Français, dont 187 en ossuaire, 9 Espagnols, 1 Polonais,

5 Soviétiques décédés durant le second conflit mondial.

L'ossuaire est situé sous un imposant menhir dédié aux morts de toutes les guerres,

offert par Mme Texier-La-Houlle alors députée du Morbihan.

Les corps de 6 militaires français tués durant la guerre d'Indochine y ont également été inhumés.

 

▪ 1960-1961 : regroupement des corps 1939-1945 exhumés des cimetières militaires communaux de Bretagne, du Poitou, des Pays de la Loire.

▪ 1983-1984 : regroupement des corps 1914-1918 exhumés des cimetières militaires communaux de Bretagne, regroupement des corps belges 1914-1918 exhumés en Bretagne, Pays de la Loire, Normandie.

▪ 1988 : regroupement de militaires belges 1914-1918 exhumés en Haute-Garonne et en Hautes-Pyrénées.

 

▪ En 1983, un cimetière d'honneur 1914-1918 y a été créé pour regrouper les corps de militaires belges exhumés en Bretagne, dans les Pays de la Loire et en Normandie.

 

▪ Enfin, un ossuaire de la guerre 1870-1871 rassemble 20 Français. Il honore la mémoire des soldats de l'armée de la Loire, formée à la demande de Gambetta et qui comptait dans ses rangs de nombreux Mobiles originaires de la Bretagne.

 

1870-1871 la guerre franco-allemande

 

Après la chute du Second Empire en septembre 1870, Paris est encerclé. Incarnant la République, Léon Gambetta, réfugié à Tours, souhaite organiser la résistance et la défense nationale. À cet effet, il met en place une force dont la plupart des hommes sont inexpérimentés. Confiée au général Édouard de La Motte-Rouge, l'Armée de la Loire doit, comme l'Armée du Nord et celle de l'Est, converger sur Paris assiégé. Mais à chacun de ses engagements, l'Armée de la Loire ne connaît que des revers. Les pertes humaines sont importantes. Aujourd'hui, au fond de la nécropole, a été érigé un monument-ossuaire. Surmonté d'une statue d'un mobile breton, ce monument renferme, sans distinction, une vingtaine de corps de soldats de l'Armée de la Loire, rappelant ainsi le sacrifice de ces hommes dont beaucoup étaient originaires de Bretagne.

 

À partir du 6 juin 1944.

 

Dès le 6 juin 1944, des membres du Special Air Service (SAS) sont envoyés en Bretagne. L’opération Samwest vise le bois de Duault, dans les Côtes-du-Nord. Cet élan de guérilla entraîne une répression terrible de la part des autorités allemandes. Des fermes sont incendiées, des civils exécutés, des maquis sont attaqués. C’est notamment le cas du maquis de Seilla à Saint-Gilles-du-Méné, où sont fusillés entre autres, une résistante, Odette Tort épouse Leclerc, agent de liaison du maquis de Plouasne, fusillée le 28 juillet 1944 avec d’autres camarades, dont François Serville, SAS parachuté sur la base Samwest à Duault en juin 1944. Les maquis de la Vienne sont aussi présents avec les résistants fusillés par les troupes allemandes le 27 juin 1944 dans la forêt de Saint-Sauvant (Vienne). Au total, au titre de la Seconde Guerre mondiale, 1 355 soldats français dont 188 reposent en ossuaire, et en tombes individuelles : neuf Espagnols fusillés à la caserne du Colombier à Rennes par les troupes d’occupation le 8 juin 1944, un Polonais, des Soviétiques.

 

1939-1945, la Seconde Guerre mondiale.

 

Au terme de quelques jours de campagne, la France vaincue est aux mains de l'armée allemande qui occupe 60 % du territoire national. La Bretagne, où de nombreuses personnes se sont réfugiées, est intégrée à la zone Nord. L’occupant ne rencontre aucune résistance. Pourtant, le 17 juin 1940, la gare de Rennes est bombardée. À la plaine de Baud, c'est l'effroi. Quatre trains sont touchés : un de munitions, un de réfugiés, un de soldats rapatriés d’Afrique du Nord et enfin un de soldats britanniques. On relève près de 2 000 victimes. Aujourd'hui, la plupart d'entre elles, civiles et militaires, sont regroupées au sein de cette nécropole. Le 18 juin, à 21h, gagnant l'Angleterre, l’aviso Vauquois, est secoué par une violente explosion. En quelques minutes, touché par une mine magnétique dérivante lâchée la veille par des avions allemands, ce navire sombre en mer d'Iroise. Onze survivants sont recueillis, le bilan officiel fait état de 135 morts ou disparus. Les corps de certains marins reposent au sein de ce cimetière national. À cette période, la Luftwaffe bombarde sans distinction les colonnes de réfugiés et celles de militaires dans le département de la Vienne. Les victimes sont nombreuses notamment à Vivonne, Lusignan, Poitiers (19-21 juin 1940). Pour beaucoup, les soldats sont issus de troupes coloniales (14e Régiment de tirailleurs sénégalais, 5e régiment de tirailleurs marocain…). Leurs dépouilles ont également été transférées à Sainte-Anne d’Auray. Aux victimes de bombardements, aux marins, s’ajoutent aussi des soldats impliqués dans les combats de 1940. Parmi eux, repose Jean Texier, lieutenant au 129e régiment d'infanterie motorisée. Le 20 mai 1940, cet officier succombe, à la tête de ses hommes, alors qu'il défendait une position sur la route de Pont-sur-Sambre (Nord). Il repose aujourd'hui aux côtés de son frère mort pour la France en 1944.

 

1946-1954, la guerre d’Indochine.

 

Au titre de la guerre d’Indochine, cinq convoyeurs de la compagnie Aigle Azur sont inhumés. Huit personnes sont décédées dans un accident survenu le 16 mars 1953 dans la montagne de Tien-Scha (centre Vietnam), soit cinq militaires et trois Vietnamiens. L’équipage se composait de M. Canetti pilote, M. Ho, radio, M. Decamp mécanicien et de passagers, l’adjudant-chef Lanier et le sergent-major Solviche du 2/4 RTM, le sergent Richard des Transmissions (2e CMT), et deux civils vietnamiens. Créée en 1946, cette compagnie privée assurait, au profit de l'armée française, des transports aériens en Indochine. En 1953, elle exécute des missions de largages sur d'innombrables «DZ » (dropping zones). Mais au cours de cette année, trois DC-3 sont perdus lors d'accidents, survenus en seulement quatre mois. Les restes mortels des cinq militaires ont été réunis dans un même cercueil puis inhumés dans une sépulture collective à Tourane (Annam), puis à Saïgon. En avril 1961, avec l’accord des familles, ils sont rapatriés en France, à Sainte-Anne d’Auray, où ils reposent.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/
Dépliant "La nécropole de Sainte Anne d'Auray, de 3 volets

Service départemental de l’ONAC-VG du Morbihan

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite et photos, Chantal Guyon, 27 avril 2017

 

 

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