SAINT PIERRE-DE-QUIBERON

Arrondissement de Lorient - Canton de Quiberon
Région Bretagne
 Population : 2101 Saint-Pierrois en 2014.

 

D'une superficie de 754 hectares et d'une altitude de 0 à 26 mètres,

la ville est située sur la partie nord de la presqu'île de Quiberon.

 

Séparé de Quiberon dès 1653 à la suite d'un démembrement de la paroisse,

Saint-Pierre-Quiberon devient une commune à part entière en 1856,

sous le nom de Saint-Pierre, et prend son nom actuel en 1962.

 

Penthièvre est le village situé le plus au nord de Saint-Pierre-Quiberon. Il est limité au nord par la forêt domaniale de Quiberon (située sur la commune de Plouharnel), à l’est par la baie de Quiberon, à l’ouest par l’océan, et au sud par le village de Kerhostin.

 

 

Le fort de Penthièvre

 

 

C’est à Penthièvre que se situe l’isthme qui forme l’entrée de la presqu’île de Quiberon.

En son endroit le plus étroit, l’isthme ne mesure que 22 mètres.

Au sud de l’isthme, côté océan, se situe le fort de Penthièvre.

 

Le fort de Penthièvre commande l'entrée de la presqu'île.

Le premier édifice fortifié est construit

par le duc de Penthièvre, alors gouverneur de Bretagne, après le raid anglais de 1746.

 

En 1748, afin de se prémunir contre une attaque anglaise dont l'objectif était la destruction de Lorient (base de la compagnie française des Indes, rivale de la compagnie anglaise installée à Londres), le duc de Penthièvre, amiral de France et gouverneur de Bretagne, ordonne de fortifier la palisse (ancien nom du promontoire où se trouve le fort actuel). Sur les projets de M. de Marolles, ingénieur du roi, sont effectués la construction de la « redoute » de Quiberon et le terrassement en forme de saillant de trois mètres de hauteur, comportant un logement pour trente hommes et un magasin à poudre. On a appelé la redoute fort de Penthièvre du nom de son fondateur.

 

Le fort actuel a été édifié au XIX° siècle sur les fondations de l'ancien.

Depuis 1969, le fort est placé sous la responsabilité du 3° régiment d'infanterie de marine

stationné à Vannes. Il sert maintenant de centre d'instruction et d'initiation commando.

 

▪ Le fort évolua avec le temps et prit sa forme définitive à la Vauban entre 1841 et 1845. Le 20 juillet 1795, sa reprise par les Républicains marque la fin de l'expédition de Quiberon, tentative de débarquement des royalistes en Bretagne.

 

▪ Pendant la dernière guerre, les Allemands l'incluent dans le Mur de l'Atlantique. Le fort accueille une garnison et y interne les résistants faits prisonniers. A la Libération, on retrouve un véritable charnier, comptant 59 maquisards bretons morts sous la torture. Ceci explique la présence de la Croix de Lorraine, érigée en leur mémoire

 

Durant la guerre de 1914-1918, il sert de logement aux prisonniers allemands.

Désaffecté en 1933, il fait partie du Mur de l’Alantique durant la seconde guerre mondiale.

 

Intégré au dispositif du Mur de l’Atlantique, le fort Penthièvre se trouvait dans le périmètre de la poche de Lorient (Morbihan) tenue par la Wehrmacht jusqu’au 7 mai 1945, date de la signature de la capitulation de l’Allemagne nazie à Reims (Marne) et de la reddition à Etel (Morbihan) des troupes allemandes commandées par le général Fahrmbacher. Ce fort où siégeait un tribunal militaire allemand spécial, a servi jusqu’à cette date de lieu de détention et d’exécutions. Soixante dix patriotes y ont été fusillés après condamnation à mort ou exécutés sans jugement.

 

Les martyrs du fort de Penthièvre.

 

Chaque année, le 13 juillet, une cérémonie commémorative se déroule au pied du monument

et une messe est célébrée dans les douves du fort

près de la galerie où les corps des résistants exécutés ont été retrouvés.

 

L’entrée de la galerie, la plaque commémorative sur lesquelles sont gravées les noms

des fusillés-exécutés des 13 et 26 mai 1944 et du 13 juillet 1944 et les panneaux d’information.

La croix érigée au fond de la galerie souterraine transformée en crypte.

 

Sur une plaque de marbre blanc érigée près de l’entrée de la galerie

où fut découvert le charnier, sont gravés les noms, prénoms,

âges de ces cinquante patriotes classés par commune d’origine :
« À la mémoire des cinquante patriotes des Forces française de l’intérieur martyrisés

et lâchement assassinés par les Allemands le 13 juillet 1944

et découverts dans cette fosse le 16 mai 1945".

 

Une salle de torture avait été aménagée dans le fort Penthièvre où les détenus subissaient les sévices du lieutenant SS Sülling : la pendaison par les pieds, les coups de bâton, le supplice de la baignoire et l’arrachage des ongles. Cet officier géorgien, appartenant à une « unité de l’Est » formée de volontaires armés par la Werhmachtt, a été accusé en 1945 d’avoir assassiné cinq détenus dont deux ont été brûlés vifs après avoir été arrosés d’essence.

 

Le monument commémoratif du Fort de Penthièvre
« Aux martyrs du fort Penthièvre, les Français reconnaissants - Résistance de 1944 »
Le 11 juillet 1948, un monument a été inauguré devant le fort Penthièvre.

Conçu par Raymond Cornon, architecte des monuments historiques,

il est constitué d’un obélisque en pierres de granit taillées par le carrier A. Bertrand,

surmonté d’une Croix de Lorraine. Au pied de cet obélisque sont posées trois dalles.

 

Le 16 mai 1945, neuf jours après la reddition de la poche de Lorient, cinquante cadavres en état de décomposition avancée furent exhumés par des prisonniers de guerre allemands en présence du docteur Dorso, médecin légiste, et du médecin capitaine Wolfrom. Les corps étaient entassés les mains liées par des fils de fer dans le dos ou sur la tête.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

A.D. départementale du Morbihan, 1526 W 229, 41 J 46 et 47

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de la crypte

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite et photos, Chantal Guyon, 16 avril 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville