ROCHEFORT-EN-TERRE (Morbihan)
Arrondissement de Vannes - Canton de Questembert
Région Bretagne
 Population : 640 Rochefortais en 2014.

 

D'une superficie de 1022 hectares et d'une altitude de 22 à 80 mètres,

la ville est constituée d'un chapelet de maisons anciennes étagées

au flanc d'un éperon rocheux et du paysage pittoresque des landes de Lanvaux.

 

 

Collégiale Notre-Dame de la Tronchaye

 

 

L'église actuelle a été en grande partie construite au XV° siècle :

église paroissiale, elle est érigée en collégiale par le maréchal Jean de Rieux en 1498.

 

L'église Notre-Dame de la Tronchaye a été successivement tréviale, collégiale et paroissiale. Construite sur un terrain en pente, elle semble enfouie par l'exhaussement du cimetière, qui la borde au nord. Sa forme primitive est celle d'une croix latine, avec deux bas côtés.

 

Vues aériennes avant 1970.

L'église, de plan basilical, comprend aujourd'hui une nef avec un bas-côté Nord

et un double bas-côté Sud, un transept et un choeur avec abside,

flanqué de deux absidioles ouvrant sur les croisillons.

 

La tour fortifiée de la croisée du transept date de la chapelle romane construite en 1125.

Au XIX° siècle, le pignon du chevet a été refait et, sur la face occidentale,

un avant-corps a été bâti pour contrebuter les terres et dégager cette façade.

 

La tradition populaire raconte qu'au X° siècle, au moment des invasions normandes, un prêtre cacha dans un tronc d'arbre creux une statue de bois représentant la Vierge et son enfant afin de la soustraire aux pillages. Deux siècles plus tard, une bergère aurait retrouvé cette Vierge à l'enfant dans ce même tronc, à l'endroit où se tient l'église aujourd'hui. Cette histoire lui a même donné son nom, "Notre-Dame de la Tronchaye". En effet, le vocable "Tronchaye" viendrait du mot "tronc". Cette légende explique l'emplacement décentré de l'église par rapport au centre-ville et sur une pente à forte déclivité.

 

Le portail de style gothique.

Bien qu'achevé en 1533, il possède encore les codes de l'architecture gothique

avec ses fenêtres à lancettes trilobées surmontées de tympans à mouchettes et écoinçons.

Grande baie à cinq lancettes trilobées (celle du centre est en accolade)

surmontées de huit mouchettes.

 

En 1498, Jean IV, qui avait reçu une somme importante d'Anne de Bretagne, installa un chapitre de sept chanoines ce qui fit de l'église une collégiale. Ces chanoines avaient pour charge de prier pour l'âme du seigneur de Rochefort. Ce chapitre de chanoines n'existe plus depuis la Révolution mais la collégiale demeure une place importante de la ville jusqu'à nos jours grâce à son sanctuaire dédié à la Vierge, source d'un pèlerinage depuis le XII° siècle. Son fils, Claude Ier, assura l'avenir de la collégiale : il fit refaire la façade nord de l'édifice et sculpter le calvaire toujours en place actuellement.

 

Le clocher carré, est amorti par une couverture d'ardoises,

et s'élève sur le carré du transept.

Baie gothique à trois lancettes en plein cintre sommées
d'un tympan à trois mouchettes et cinq écoinçons.

 

La nef de quatre travées, communique avec les bas-côtés par des arcades en plein cintre

reposant sur de grosses colonnes à chapiteaux sculptés

(c'est la partie la plus ancienne de l'édifice).

Le second bas-côté Sud est relié au reste de la construction par de grandes arcades

en tiers-point dont les moulures pénètrent dans des piliers cylindriques ou polygonaux.

 

Tribune en bois de la fin du XV° siècle avec son décor d'arc en accolade

et ses anges pendants. Elle appartenait jadis au jubé séparant la nef du chœur.

 

Nef en partie romane, remaniée aux XV° et XVI° siècles.

 

Les piliers penchés, sont preuves de glissements de terrain vers le sud, puis vers l’ouest.

Pour éviter que l’église ne s’effondre, des contreforts ont été construits, donnant lieu,

au sud, à un bas-côté supplémentaire parallèle à la nef,

et à l’ouest, à l’allongement de la nef qui a permis la construction d’une tribune.

L'église est couverte d'une charpente lambrissée aux sablières sculptées

portant divers écussons dont ceux des familles Rieux et Rochefort.

 

Chaire à prêcher, et chapiteaux romans sculptés.

 

La statue de Françoise d'Amboise (apparentée en ligne directe aux Rieux-Rochefort),

en bois polychrome, date du XVI° siècle.

 

La collégiale abrite, sans doute depuis le XII° siècle, la statue de Notre Dame-de-la-Tronchaye trouvée dans un arbre par une bergère. Rochefort est devenue depuis ce temps là un lieu de pèlerinage. En 1925, le pape a autorisé de couronner la statue de la Vierge Marie.

 

 

Statue de Notre-Dame de la Tronchaye.

 

Au XVII° siècle siècle, le chœur où officiaient les chanoines est fermé par un retable de pierre. La collégiale est agrandie d'une nouvelle nef au sud pour accueillir les paroissiens. La collégiale est restaurée et accueille deux retables venant de l'ancien couvent de Bodélio en Malansac. En 1802, Rochefort devient paroisse et doyenné.

 

La croisée du transept et le choeur.

Entre 1610 et 1630, la collégiale est dotée de retables, en calcaire.

Table de communion à balustre du XVI° siècle

 

A droite du chœur se trouve un magnifique vitrail,

commandé en 1927 à un verrier d’Angers, Roger Desjardin.

Ce vitrail raconte la légende de la bergère trouvant la statue dans le tronc d’arbre creux.

 

Au milieu du choeur des chanoines se trouvait autrefois la sépulture des seigneurs de Rochefort, qui fut détruite pendant la Révolution. Les anciennes statues de marbre qui ornaient jadis les tombeaux de Claude de Rieux et de son épouse Catherine de Laval, on été retaillées entièrement pour devenir un saint Joseph et une sainte Vierge. Dans l'église, on conserve encore un curieux porte-châsse en bois de 1630. Durant la Révolution, l'église sert de dépôt et de magasin. D'autres travaux sont réalisés au XIX° siècle, notamment l'allongement de la nef à l'Ouest, mais il faut attendre 1924 pour que l'intérieur de l'église prenne son aspect actuel.

 

 

Les stalles en chêne de la Renaissance datent de 1590 et 1592 et portent gravés les noms

des chanoines de l'époque ainsi que des ornements végétaux.

Les miséricordes sont sculptées de têtes humaines et de motifs variés.

Elles sont complétées, en 1629, par deux armoires d'angle.

 

En 1925, Rochefort-en-Terre devient cité mariale, ce qui donne lieu à la commande de deux nouveaux vitraux : en 1926, le vitrail de l’arrière-chœur représentant la Sainte Famille et en 1927, le vitrail de la bergère découvrant la Vierge dans un tronc d’arbre.

 

Chapelle des fonts baptismaux.

 

 

Le maître-autel (collatéral sud), en bois, date du début du XVIII° siècle.

La statue de la Vierge à l'Enfant (occupant la grande niche centrale d'un ensemble

de trois retables meublant tout le transept Sud, en bois polychrome, date du XVIII° siècle.

 

Couloir permettant l'accès à une petite cour-jardin jouxtant la collégiale.

 

En 1610, Exupère de Larlan fait installer un grand retable en pierres polychromes

qui se situe désormais au fond du chœur.

 

L'un des retables séparait le choeur de la nef du début du XVII° siècle jusqu'en 1924 (date où l'abbé Brien décide d'ouvrir la totalité de l'église aux paroissiens) : le retable est alors démonté et remonté sur un mur de l'arrière choeur (la partie centrale du retable présente une grande Trinité).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/
http://www.infobretagne.com/rochefort-en-terre.htm

"Rochefort_enTerre, Petite Cité de caractère"

monographie de Martine Rouellé, Liv'édition, 2011

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite et photos, Chantal Guyon, 23 février 2017

 

 

 

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