PLOËRMEL  (Morbihan)
Arrondissement de Vannes - Canton de Ploërmel
Région Bretagne
 Population : 9.516 Ploërmelais en 2014.

 

 

La cité ducale

 

 

La petite ville est une des plus anciennes de la Bretagne intérieure.

Le préfixe "Plou" indique que le site fut évangélisé très tôt par les moines bretons.

Plou Armel veut dire en breton "paroisse d'Armel".

Saint Armel serait arrivé d'Irlande au VI° siècle.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

Au VI° siècle, des colonies bretonnes chassées par les Saxons s'installèrent dans la région. Saint Armel laissa son nom à la cité après avoir converti la bête de Guibourg et fait jaillir une source intarissable. Paroisse rattachée à l'évêché de Saint Malo au IX° siècle, la ville fut honorée jusqu'au XVI° siècle de la présence des Ducs de Bretagne pour sa position stratégique.

 

Les remparts.

 

Les remparts de la ville formaient un fer à cheval.

Ils étaient crénelés, protégés par des douves et flanqués de cinq tours d'angles.

Les six autres tours, accouplées deux à deux, protégeaient les trois portes.

Le dernier siège eut lieu pendant les guerres de la Ligue en 1594.

Les fortifications disparurent petit à petit après les guerres de la Ligue jusqu'au XVIII° siècle.

 

Alors qu'Henri II Plantagenêt s'était emparé de la Bretagne en prétextant les fiançailles de son fils Geoffroy avec la fille de Conan IV, le Comte Eudon du Porhoët, récupéra Ploërmel en 1173 et en transforma les fortifications. Engagée dans la guerre de Cent Ans à travers la Guerre de Succession, elle fut le témoin du fameux combat des Trente, le 26 mars 1351.

 

La tour des Thabors.

 

Cette tour faisait partie des fortifications de la ville

dont la superficie était d'environ deux hectares.

 

Photo de droite, sculpture du XX° siècle, de Claude Le Lehuerne.

 

Au XVI° siècle, la ville entra dans le domaine royal. Les guerres de la Ligue furent à l'origine de la destruction du Couvent des Carmes, reconstruit plus tard. Après la période révolutionnaire marquée par une série d'embuscades, Jean-Marie de La Mennais créa en 1824 l'institution des Frères de l'Instruction Chrétienne.

 

Maison des quatre soldats.

 

 

L'hôtel de Crévy (aujourd'hui café des quatre soldats) aurait appartenu

à la fin du XVII° siècle au châtelain du Crévy qui était sergent féodé de Ploërmel.

 

La maison des Ducs de Bretagne.

 

 

Cet hôtel faisait partie des remparts, servit de résidence, depuis 1182,

à la Duchesse Constance, puis aux Ducs Geoffroy,

Jean I, Jean II, Arthur II, la Duchesse Anne et le duc de Mercoeur.

Ce dernier y fit construire une cheminée qui porte son écusson. Les états de Bretagne

s'y tinrent en 1186, 1240, 1294 et 1309. Il devint en 1879, l'hôtel de l'Ecu de France.

 

Hôtel des Marmousets.

 

 

Bâti en 1586 par Jean Caro. Des cariatides ornent le rez-de-chaussée,

tandis que des personnages de style gothique complètent la façade Renaissance.

 

L'originalité de l'hôtel tient au fait qu'il soit décoré de curieux personnages : un évêque, un fou, deux cariatides, qui servaient de caricature, par dérision, des "Mignons" d'Henri III, ou un défoulement des sculpteurs, ou un hommage aux Amériques...

 

L'ancien hôtel de la Monnaie.

 

Cette demeure, adossée aux remparts de la ville,

aurait été au Moyen Age, l'atelier monétaire des ducs à Ploërmel.

 

Maison Bigarré ou Maison au Croissant, du XVI° siècle.

 

Son nom provient de la famille qui l'acquit : Jean Bigarré, sieur de la Landelle,

greffier à la Cour Royale de Ploërmel.

Le croissant surmontant la belle porte Renaissance reste une énigme.

Le roi d'Angleterre détrôné Jacques II Stuart, y aurait logé en décembre 1690.

 

Chapelle Sainte Marie des Carmes.

 

Sacrée en 1888, la chapelle est aujourd'hui un lieu de spectacles et d'expositions.

 

La chapelle des Carmes, du XVII° siècle, était jadis sous le patronage de Notre-Dame des Sept douleurs. C'est dans cet édifice qu'ont lieu, en mars 1789, les réunions pour l'établissement du cahier de doléances de Ploërmel. La chapelle est rendue aux Ursulines après 1827. En 1932, les Ursulines sont remplacées par les soeurs de Jésus de Kermaria. Les seigneurs de Morfouace y possédaient, semble-t-il, jadis un enfeu.

 

Photo de droite, intérieur de la cour.

 

Passage d'accès dans la cour, et couloir reliant la chapelle aux bâtiments.

 

Statuaire : Jean Marie de La Mennais (1780-1860),

prêtre fondateur des Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel,

et des filles de la Providence de Saint Brieuc.

 

En plus du couvent des Carmes, fondé dès 1273 par le duc Jean Ier, de ceux des Ursulines et des Carmélites, fondés en 1618 et en 1627, Ploërmel renfermait le prieuré et église de Saint-Nicolas, concédé dès 1140 par le duc Conan III aux Bénédictins de Marmoutiers. Ce prieuré, abandonné par les moines au XIV° siècle, devint la résidence d'un chapelain jusqu'à la Révolution, époque à laquelle on acheva de détruire l'église et les bâtiments conventuels, sur l'emplacement desquels est maintenant la Mairie et la place Saint-Nicolas.

 

La maison des Frères de Ploërmel.

 

La Maison-Mère des Frères de l’Instruction Chrétienne se situe au centre ville,

à proximité du lycée «La Mennais». C’est à Ploërmel, que Jean-Marie de La Mennais

et Gabriel Deshayes, fondateurs de l’Institut des frères de l’Instruction Chrétienne,

ont souhaité s’implanter.

 

En 1824, le noviciat des Frères s’installe dans l’ancien couvent des Ursulines à Ploërmel. Jean-Marie de La Mennais y fixe sa résidence jusqu’à sa mort. La maison mère se développe et comptera plus de 400 personnes à la fin du XIX° siècle. Les lois de 1903-1904 dispersent la plupart des congrégations religieuses. Les frères sont expulsés de Ploërmel, le 12 février 1904.

 

Dans la cour de la maison des Frères, l'horloge astronomique construite

de 1850 à 1855, par le Frère Bernardin.

Elle possède 10 cadrans et un système solaire d'un grand intérêt scientifique.

 

Le rachat de la maison en 1909 permet d’y installer l’école Lamennais et de créer une école d’agriculture. Après 1940, celle-ci est transférée à La Touche et les groupes de frères reprennent possession des locaux. La maison mère abrite aujourd’hui une communauté de Frères et des services administratifs de la Province. Les locaux disponibles et l’ensemble de la propriété sont aménagés pour l’accueil.

 

L'hôtel de ville, construit en 1885 - Hôtel Place La Mennais - Monument aux morts.

 

L'arrivée du chemin de fer en 1882 sortit la ville de son isolement et contribua au développement des foires et des commerces. En 1904, les frères furent expulsés par l'armée. Occupée par les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, Ploërmel fut bombardée le 12 juin 1944.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

Dépliants "Ballades à Ploërmel" de 8 volets, O.T. de Ploërmel

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 22 février 2017

 

 

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