JOSSELIN (Morbihan)
Arrondissement de Pontivy - Canton de Ploërmel.
Région Bretagne.
 Population : 2.486 Josselinais en 2014.

 

Fondé en 1008 par Guéthenoc, Josselin devient la capitale du vaste comté de Porhoët.

C'est Josselin, le fils de Guéthenoc, qui donna son propre nom à la ville naissante.

 

 

La cité médiévale

 

 

Ville fortifiée au Moyen Age, Josselin avait à sa tête un capitaine,

à la fois gouverneur de la ville et du château.

Son rôle était de commander la garnison, d'organiser la garde des portes

et des murailles et d'assurer le ravitaillement en vivres et munitions.

 

Vues sur la ville, le château du XIV° siècle et le canal de Nantes à Brest, avant 1970.

Les puissantes tours de l'imposant château se reflètent dans l'ancienne Oust.

Propriété des Rohan, l'une des plus anciennes familles de Bretagne,

il est le symbole de la ville.

 

La poterne ou le "Trou au chat", qui s'ouvrait sur les douves.

 

La poterne, à la sortie de la ville close.

Une fontaine dessinée par l'architecte Lafargue et une croix sculptée

remplacent aujourd'hui les anciennes maisons disparues.

 

Vue sur la poterne, depuis l'intérieur de la ville close.

 

La ville était autrefois entourée d'épais remparts. Il n'en reste aujourd'hui que quelques vestiges dont le mur et la poterne, qui était une petite porte dissimulée dans les remparts à un endroit très discret. En cas de siège, les habitants de la ville close pouvaient entrer et sortir sans être vu.

 

Chapelle de la Congrégation.

 

Construite en 1702, par la Congrégation de la Mission,

probablement à la suite du passage des Lazaristes à Josselin,

cette chapelle dépendante de l'évêché de Saint Malo ne fut pas consacrée par l'évêque

qui désapprouvait sa séparation de l'église paroissiale.

 

La communauté de la ville voulut l'acheter en 1730 pour en faire la Maison de ville, mais le projet n'aboutit pas puisque de nouvelles halles et une mairie furent construites en 1759 à côté de la chapelle. Vendue comme bien national à la Révolution, elle devient grenier à grain avant d'être donnée à la commune par son propriétaire en 1805, afin que le culte y soit célébré. Mais cette reconnaissance n'eut pas lieu et la chapelle fut affectée aux réunions publiques et conseils de conscription. Salle de classe pendant l'occupation, elle accueille actuellement des expositions.

 

C'est sur cette place, située près de la chapelle, suivant la tradition orale,

que fut brûlée à la Révolution, la statue miraculeuse de Notre-Dame du Roncier.

Une pieuse Josselinaise sauva du brasier un fragment de la statue,

actuellement conservé dans une châsse à la basilique.

 

L'hôtel de ville, construit en 1904, par l'architecte Lafargue, et la maison du sénéchal,

avec une corniche festonnée. Frontons triangulaires contrés de ses lucarnes.

 

Ce petit hôtel construit en 1689, entièrement en pierre de taille par le Sénéchal du comté de Porhoët sur l'emplacement d'une maison en pan de bois dont on retrouve des traces à l'intérieur du bâtiment.  Elle a reçu tous les sénéchaux de la ville.

 

Les maisons à pans de bois.

 

 

Siège d'une puissante juridiction seigneuriale, Josselin employait un nombre important d'officiers de justice et d'hommes de loi. La ville connut la prospérité jusqu'au XVIII° siècle, grâce au dynamisme de ses artisans et de ses marchands drapiers, chapeliers, tanneurs...

 

 

La qualité de la construction urbaine destinée aux notables et riches marchands,

est le reflet de cette prospérité : Josselin compte 54 maisons en pans de bois.

 

Les façades des maisons en pan-de-bois sont souvent richement sculptées. Ces décors s'observent sur les sablières, entretoises, piédroits et consoles. Quatre thèmes principaux se distinguent :

▪ Religieux : saints, évêques, Vierge, scènes de l'Ancien Testament...

▪ Festif : fous grimaçants, acrobates, gnomes, musiciens...

▪ Végétal et motifs géométriques : feuilles d'acanthe, losanges...

▪ Bestiaire  fantastique : lions, singes, cervidés, bêtes fabuleuses...

 

 

Cette maison datée de 1538 est la plus ancienne de Bretagne.

Les premiers propriétaires sont représentés de chaque côté de la porte.

 

Avant le XIII° siècle, les rues des villes étaient tortueuses, mal éclairées et pleines de déchets jetés par les habitants. Des mesures d'assainissements furent ensuite prises : pavement, rigoles, égouts.

 

La rue était un monde très animé et le théâtre de toutes sortes d'activités. Le commerce se faisant essentiellement à l'extérieur. Les marchands ouvraient l'auvent de leur maison en haut et l'étal en bas où ils exposaient les marchandises. Les enseignes des boutiques représentaient des dessins faciles à comprendre car peu de personnes savaient lire. En général, les commerçants et artisans se regroupaient par quartier : tanneurs, drapiers, cordiers...

 

L'église et le prieuré Saint Martin.

 

Les bâtiments du prieuré s'élevaient à l'ouest de l'église

et comprenaient un manoir avec rabine au-devant, des écuries, des jardins et un colombier.

Une grande métairie avoisinait avec son aire à battre et le four banal.

 

De l'église romane dont on devine le plan,

il ne reste aujourd'hui que le chevet et une partie du transept.

 

 

Josselin II de Porhoët fonda ce prieuré en 1105 et le fit dépendre de l'abbaye bénédictine de Marmoutiers de Tours. Il possédait quantité de terres et revenus, tant à Josselin qu'en de nombreuses paroisses aux alentours, et avait haute, moyenne et basse justice.

 

Le pont de Sainte Croix.

 

Au pied du pont franchissant l'Oust, les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem

avaient construit un hôpital et une chapelle.

 

Le canal de Nantes à Brest, mis en service en 1836, ouvre enfin la Bretagne au commerce et à l'industrie, et l'agriculture se développe. Les marchandises circulent. Le canal devient un lieu animé et de nombreuses activités s'y croisent : éclusiers, pêcheurs, mariniers, monteurs de bateaux, lavandières, meuniers, tanneurs...

 

Le long de l'Oust, se trouvaient des moulins :

Celui du Val d'Oust s'abritait au pied du château,

et celui de Sainte Croix lui donnait la réplique sur l'autre rive.

 

Les moulins sont disparus près des cours d'eau dès la fin du XV° siècle. A cette époque, ils appartiennent au seigneur, seul capable d'assurer un tel investissement. Le meunier doit un loyer au seigneur et les paysans payent une taxe sur le grain "l'émolument". Le meunier est un personnage majeur, respecté, parfois jalousé s'il est fortuné. Il fabrique la farine si précieuse pour les familles : le pain est un aliment essentiel pour se nourrir.

 

Le lavoir, situé au pied du château.

 

A Josselin, le Faubourg Sainte Croix, près de l'Oust, reste longtemps le lieu des artisans, notamment les tanneurs et lavandières. Les drapiers s'installent et le drap de laine y est foulé au moulin de Beaufort. Les cordiers travailleront jusque dans les années 1950.

 

Ancienne maison de la rue des Trente - A l'entrée du jardin du Bois d'Amour,

cette horloge célèbre depuis 2008 le premier millénaire de Josselin.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Circuit de la ville de Josselin", de 4 pages, O.T. de Josselin

Panneaux explicatifs répartis à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 24 février 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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