JOSSELIN (Morbihan)
Arrondissement de Pontivy - Canton de Ploërmel.
Région Bretagne.
 Population : 2.486 Josselinais en 2014.

 

 

 

Le château des ducs de Bretagne

 

 

L’histoire du château de Josselin remonte au début du XI° siècle.
En 1008, Guéthenoc, Vicomte de Porhoët, fils du Comte de Rennes, décide d’édifier

sur ce promontoire rocheux dominant la vallée de l’Oust, un château,

une construction en bois, comme à l'époque. Goscelinus, fils de Guéthenoc,

donne son nom au château et à la localité qui s'installe peu à peu tout autour.

 

Le château et ses tours avant 1970.

 

La poterne et les remparts - Le château le long du canal de Nantes à Brest.

 

Cette façade de schiste renferme de gros blocs de granit noyés dans la masse.

L’édifice, restauré au XIX° siècle, affiche une classe exceptionnelle.
D’un côté, c’est une fière silhouette féodale qui se mire dans l’Oust.

Ses 3 tours hautes de 60 mètres sont reliées par des courtines.

Dans la courtine est percée une rangée de fenêtres à croisée.

Certaines datent de l'époque de construction des tours,

d'autres ont été ouvertes au XIX° siècle, lors de la restauration.

 

En 1370, Olivier de Clisson devient propriétaire de Josselin. Il sera nommé Connétable de France, c'est à dire chef des armées royales, à la mort de Bertrand du Guesclin en 1380. A partir du château existant, Clisson fait édifier une véritable forteresse, dotée d'un donjon et de neuf tours dont quatre subsistent encore aujourd'hui. Au milieu du XIV° siècle, Olivier de Clisson s’installe dans l’édifice avec sa femme, Marguerite de Rohan. L’ambitieux seigneur ajoute un puissant donjon et d’imposantes tours à la forteresse. A partir de cette époque, le château reste propriété de la famille de Rohan.

 

A la pointe sud, là où se situait probablement la "tour du guet",

s'enfonce un souterrain qui descendait jusqu'au guet de la rivière.

Les tours sont de plan circulaire. Au niveau des sous-sols, leurs murs sont épais

d'environ 3,50 m. Leur base est pleine sur une hauteur de plusieurs mètres.

Elles comprennent 4 étages et un sous-sol. Chaque étage est percé de 2 fenêtres.

 

C'est dans cette vaste résidence somptueusement meublée qu'olivier de Clisson meurt en 1407 après une brillante carrière militaire et politique. Il est enterré aux côtés de son épouse Marguerite, à Josselin dans l'église Notre-Dame du Roncier. Après sa mort, le château devient la propriété d'Alain VIII de Rohan, qui a épousé Béatrice, fille d'Olivier de Clisson.

 

 

 

Entrée du château, donnant sur la place Saint Nicolas.

 

La place forte de Josselin a été amenée à jouer un rôle de premier plan dans la guerre de succession de Bretagne, qui constitue l'un des premiers épisodes de la guerre de Cent Ans. Cette lutte pour la possession du duché de Bretagne oppose Jean IV de Montfort soutenu par les Anglais, à Charles de Blois, soutenu par le roi de France, auquel il est apparenté.

 

Entrée du château, Place de la Congrégation.

 

C'est au cours de cette lutte qu'à lieu le fameux combat des Trente relaté par le chroniqueur Froissart. Le 26 mars 1351, Jean de Beaumanoir qui commande pour Charles de Blois, part de Josselin avec 30 chevaliers bretons et français pour aller affronter, à quelques lieues de là, 30 chevaliers Anglo-bretons commandé par l'Anglais Bemborough, capitaine de Ploërmel pour le parti de Montfort, qui pille et rançonne depuis longtemps le pays. A l'issue du combat, vainqueur, Beaumanoir ramènera à Josselin, 18 Anglais prisonniers.

 

La même entrée, côté cour intérieure

 

Vestiges d'une tour arasée.

 

Dans les douves, des lions en pierre provenant d’Italie veillent sur la sérénité de ce jardin.

 

Dépendances et entrée actuelle du château pour les visiteurs.

 

Depuis 1984, dans les anciennes écuries est aménagé un musée où sont exposés des poupées et jouets de la fameuse collection Rohan, aujourd'hui le plus bel ensemble privé de poupées et jouets de France.

 

Avec ses trois tours majestueuses de l'époque féodale dominant la vallée de l'Oust

et sa splendide façade de style gothique flamboyant, du côté de la ville,

le Château offre des témoignages remarquables de l'architecture

du Moyen Age et de la Renaissance.

 

 

 

La tour, dite "tour isolée", était elle-même reliée à deux tours qui se trouvaient

de chaque côté du pont-levis.

 

Intérieur de la tour.

 

 

Le contraste est surprenant avec la façade empreinte de légèreté qui donne sur la cour.

 

Le château de Jean II de Rohan.

 

La façade Renaissance du château, longue de 60 mètres

donne sur la ville et côté cour intérieure.

 

Toute de granite ciselé, la façade est ornée de multiples motifs,

témoignages du gothique flamboyant et de la Renaissance bretonne.

Au rez-de-chaussée, fenêtres et portes sont surmontées

par des arcs en accolade décorés de choux frisés.

 

Vers 1500, l'arrière petit-fils de Clisson, le Vicomte Jean II de Rohan, fait construire un splendide logis accolé à la forteresse existante et fait réaliser une somptueuse façade, témoignage exceptionnel du gothique flamboyant et de la Renaissance bretonne.

 

Des architectes italiens ont vraisemblablement contribué à transformer les balustrades

et les lucarnes en dentelles de pierre.

 

A partir du XVI° siècle, le château n'est plus habité. Au XVII° siècle, lors de la fin des guerres de religion, Henri de Rohan, grand seigneur protestant, se dresse contre le pouvoir royal. Pour le punir, en 1629, le cardinal de Richelieu fait détruire le donjon, trois tours et une partie de l'enceinte.

 

Au-dessus du rez-de-chaussée, d'immenses lucarnes à deux étages sont reliées

entre-elles par une galerie à jour, aux motifs renouvelés de travée en travée.

 

Le style architectural et les sculptures qui s'épanouissent autour de ces fenêtres

constituent un témoignage exceptionnel de la Renaissance bretonne.

 

Délaissé par la famille, le château est réquisitionné par la municipalité au début de la Révolution. Il est rendu à la famille en 1799. Vers 1830, début la restauration, menée par le duc Josselin de Rohan, puis par son fils Alain. Aujourd'hui, le château est toujours habité et entretenu par la famille de Rohan.

 

 

Cette véritable dentelle de granit, possède au centre, la devise des Rohan "A plus".

A gauche, une grille faite de petits losanges, des macles, l'emblème des Rohan.

A droite, emblèmes de la Bretagne.

 

Le petit pont enjambant les douves.

 

La salle à manger et le grand salon, avec sa cheminée édifiée vers 1510.

(Cartes postales avant 1970, photos interdites à l'intérieur du château).

Lors de la visite, on découvre la salle à manger, l'antichambre,

le grand salon et la bibliothèque.

 

Les jardins.

 

Le puits ancien avec armature de fer forgé.

 

Vers 1910, les jardins sont dessinés par un paysagiste renommé, Achille Duchêne.

Entre le jardin à la française devant le château, et le parc à l'anglaise,

on découvre une roseraie aménagée en 2001 par le paysagiste Louis Benech,

avec 160 rosiers appartenant à 40 variétés différentes et de nombreuses plantes vivaces.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliants 4 volets "Guide de visite", remis à l'accueil

"Le château de Josselin", brochure de 36 pages, Editions Ouest-France

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, les 24 février et 15 avril 2017

 

 

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