REIMS  (Marne)
Arrondissement et canton de Reims.
Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.
 182.592 Rémois en 2012.

 

D'une altitude de 80 à 135 mètres, et d'une superficie de 1.702 hectares,

la ville est traversée par la rivière la Vesle, affluent de l'Aisne.

La ville est surnommée « la cité des sacres » ou « la cité des rois ».

 

 

Ancienne abbaye bénédictine Saint Rémi,

transformée en musée.

 

 

Moins connue que l'abbaye Saint-Denis à Paris, l'abbaye royale de Saint-Rémi à Reims

n'en est pas moins aussi prestigieuse.

Intimement liée à la royauté et fortement attachée à la figure du grand évêque Rémi qui baptisa Clovis,

roi des Francs, l'abbaye connut un développement économique et spirituel remarquable au Moyen Age,

et une renaissance tout aussi importante aux XVII° et XVIII° siècles.

 

L'abbaye Saint Rémi et la basilique, avant 1970.

Le quartier Saint-Rémi s’est développé sur l’emplacement de l’ancien bourg médiéval

implanté autour de l’abbaye et de son église, alors situées en dehors des remparts de la ville.

Après la réunification du bourg à la cité au sein d’une grande enceinte commune,

ses habitants conservèrent leur particularisme !
 

Vestiges de l'ancienne abbaye.

 

Dans la seconde moitié du VIII° siècle, une communauté bénédictine s'installa à Reims

à la demande de l'archevêque Tilpin : l'abbaye Saint Rémi était née.

 

Entre 923 et 925 l’archevêque Seulphe décida de faire construire un petit château

et un rempart autour de l’abbaye pour la protéger.

 

A la fin du IX° siècle, la région de Reims fut la proie des raids de pillage des Vikings qui remontaient

fleuves et rivières sur leurs drakkars. D’ailleurs en 882, l’archevêque Hincmar,

craignant déjà que la riche abbaye Saint-Rémi et son église abbatiale en soient les victimes, fut obligé de faire

transporter la châsse contenant le corps de saint Rémi et la Sainte-Ampoule à Epernay, afin de les mettre à l’abri.

 

L’église Saint Julien fut construite aux XI° ou  XII siècle à l’emplacement présumé

d’un oratoire paléochrétien fondé, selon les textes, par un dénommé Attolus, au V° siècle.

 

Le vaisseau central de l’église médiévale fut détruit au début du XX° siècle pendant la Grande Guerre, après avoir abrité, depuis la Révolution, des maisons qui en avaient modifié l’apparence et percé le sol de caves. Une description datant de 1912 le qualifie d’édifice sobre en forme de croix latine, long de 41 mètres, large de 19 mètres à hauteur du transept et de 15 mètres au niveau de la nef, qui n’était pas voûtée.

 

Abbaye bénédictine Saint Rémi.

 

Cette ancienne abbaye royale des XVII° et XVIII° siècles,

jouxte la basilique Saint Rémi et constitue un très bel ensemble de bâtiments.

Les moines bénédictins de l’Abbaye avaient la garde de la Sainte-Ampoule apportée, selon la légende,

par la colombe du Saint-Esprit à saint Rémi lors du baptême de Clovis en 496.

 

Entrée de l'abbaye.

L'idée de transformer l'ancienne abbaye en musée date des années 1950.

En effet, alors que l'abbaye était un hôpital, les sociétés savantes locales du XIX° siècle

utilisaient déjà comme dépôt lapidaire une partie du cloître.

 

À partir de Louis XIII, les rois au lendemain du sacre, prennent l’habitude de se rendre de la cathédrale à Saint-Rémi en grand cortège militaire dénommé Cavalcade de Saint-Rémi. Ils affirment ainsi leur rôle de défenseurs de l’église.

Au XVIII° siècle, l’abbaye est fortement remaniée. La Révolution chasse les moines. Si l’église est rendue au culte et élevée au rang de basilique en 1896, lors du quatorzième centenaire de l’anniversaire du baptême de Clovis, les anciens bâtiments conventuels sont convertis en hôpital.

 

La façade Louis XVI à fronton de la cour d'honneur est due au talent de l'architecte Louis Duroché.

 

Façades extérieures et toitures des trois bâtiments bordant la grande cour d'entrée,

et le grand escalier en pierre à double révolution avec son perron.

 

Le cloître, l'ancien parloir médiéval, le grand escalier d'honneur et la salle capitulaire du Moyen Âge

évoquent les fastes architecturaux de ce que fut l'abbaye royale de Saint-Rémi,

gardienne de la Sainte Ampoule servant aux sacres des rois de France.

 

Le cloître, accolé à la face nord de la Basilique, a été élevé sur les plans de Jean Bonhomme en 1709.

Des arcs-boutants de la basilique s'imbriquent dans l'une des galeries.

 

La salle capitulaire des XII° et XIII° siècles.

 

Cette salle est l'un des vestiges les mieux conservé de l'état du XII° siècle de l'abbaye. La pièce servait de lien entre le cloître, les salles de l'abbaye et l'entrée de l'église. Le sol ayant été remonté avec le temps, la salle a conservé des parties d'ancien dallage, mais aussi de nombreux chapiteaux sculptés.

 

Le grand escalier - Le réfectoire.

Le superbe escalier date de 1778 et mène à la galerie où se trouve la série des dix tapisseries de Saint Rémi.

Commandées par l'archevêque Robert de Lenoncourt pour la basilique Saint Rémi,

elles furent exécutées de 1523 à 1531.

 

Le grand escalier, élevé en même temps que la façade et intégré dans un large espace de baies vitrées, se trouve dans l'axe du transept de l'église. Il accueille un portrait du roi, copie de Hyacinthe Rigaud, dans un cadre de rampes en fer forgé œuvre du serrurier rémois Revel. Il a été achevé en 1778 par le maître maçon Lecoq.

 

Le musée d’histoire et d’archéologie Saint-Rémi.

 

Ce n'est qu'en août 1978 que la direction des Musées de France et la ville de Reims décident la création officielle d'un musée qui reçoit le statut de musée municipal contrôlé de première catégorie. Parallèlement, dès 1968, la ville de Reims et les monuments historiques entreprennent un vaste programme de restauration de l'abbaye qui se relève lentement des destructions de la Première Guerre mondiale. L'ancienne abbaye royale bénédictine a été classée patrimoine mondial par l'UNESCO en 1991. Étant un élément patrimonial de l'hôpital de Reims, c'est ce dernier qui a signé un bail emphytéotique avec la municipalité.

 

Le musée conserve d'importantes collections relatives

à l'histoire rémoise de la Préhistoire à la Renaissance.

 

▪ La salle des tapisseries qui abrite la somptueuse tenture de la Vie de Saint-Rémi, et de l’archéologie régionale : période préhistorique, gauloise, gallo-romaine, mérovingienne et médiévale (mosaïques, tombeau de Jovin, stèles funéraires, reconstitution de la Maison des Musiciens…).

▪ Une salle d’histoire militaire rappelle que les bâtiments abbatiaux devinrent : l'hôpital militaire de Reims de 1793 à 1814, puis hôpital russe après la chute de Napoléon 1er, l'Hôtel-Dieu en 1827, l'hôpital civil à dater de 1903.

▪ Plusieurs salles du musée, avec une belle série de peintures rémoises du dix-septième siècles dont des œuvres de Jean Hélart, parmi lesquelles un chef-d’œuvre : Le Christ Ressuscité apparaissant à sainte Madeleine, daté de 1679.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.patrimoine-histoire.fr/

http://www2.culture.gouv.fr/

Dictionnaire des églises de France, Champagne, Artois-Flandres_Picardie,

Volume Vb, Editions Robert Laffont, 1969

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 2 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville