REIMS  (Marne)
Arrondissement et canton de Reims
Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.
 182.592 Rémois en 2012.

 

D'une altitude de 80 à 135 mètres, et d'une superficie de 1.702 hectares,

la ville est traversée par la rivière la Vesle, affluent de l'Aisne.

Elle est également surnommée « la cité des sacres » ou « la cité des rois ».

 

 

Le palais du Tau

 

 

Au pied de la cathédrale, le palais du Tau a été pendant quinze siècles la résidence de l'archevêque de Reims.

A partir de 1027, quand s'est établie la tradition du sacre dans la cité,

c'est là aussi que le roi était logé et où il présidait ensuite le festin qui suivait la cérémonie.

Depuis 1991, l'édifice est classé patrimoine mondial par l'UNESCO.

 

La cathédrale et à droite, le palais du Tau, avant 1970.

Le nom de l'édifice résulte de son plan, semblable à la forme de la lettre T, tau en grec ancien.

 

Le palais du Tau s'élève au coeur de la ville antique qui a pris son essor au moment de la conquête romaine, dont elle était un point d'appui. Au début du V° siècle, quand le christianisme devient la religion d'Etat, l'évêque s'y installe, affirmant ainsi sa prééminence spirituelle et son rôle politique.

 

Le palais épiscopal, la chapelle palatine haute et les jardins.

 

L'histoire du palais du Tau est étroitement lié à celle de la cathédrale. Au début du V° siècle, l'évêque fondateur Saint Nicaise réutilise une importante maison romaine qu'un de ses successeurs, Gilles, aurait agrandie à la fin du VI° siècle. Depuis lors, la cathédrale a gardé le même emplacement. Un siècle plus tard, Séulfe (922-925) orne le palais de peintures, puis Gervais (1055-1067) fait placer dans sa cour une statue de cerfs en bronze. Depuis le XII° siècle, l'édifice est connu sous le nom de palais de Tau.

 

Le portail du palais archiépiscopal et l'avant cour.

La cour est située sur le flanc nord de la cathédrale et a gardé sa disposition d'origine.

Un espace ouvert permet l'accès aux communs où se trouve l'accueil des visiteurs.

 

Au XII° siècle, sous l'archevêque Aubry de Humbert est construite la chapelle archiépiscopale qui se greffe sur la façade orientale du palais, sur deux niveaux. Aux XV°-XVI° siècles, l'archevêque Guillaume Briçonnet (1497-1507, puis son successeur Robert de Lenoncourt (1503-1532), font remanier complètement le palais dans le style gothique flamboyant. Au XVII° siècle, le palais est à nouveau transformé, sur les plans de l'architecte Robert de Cotte. Il prend alors son aspect classique : on supprime l'aile transversale (la barre du T), on reconstruit l'aile méridionale, on modifie la façade sur cour en éliminant tous les ornements flamboyants et en la dotant d'un grand escalier à volées courbes. La façade sur les jardins est entièrement reprise.

 

Façade du palais, de style classique, donnant sur le jardin.

 

En 1793, le palais devient bien national et les tribunaux s'y installent. La Bourse de Reims occupe la salle du Tau. 1825, pour le sacre de Charles X, le palais retrouve sa vocation primitive et est hâtivement restauré.

 

Le 19 septembre 1914, le palais s'embrase et tous les combles sont détruits. Consolidé après la guerre, il ne put être restauré qu'après la Seconde Guerre mondiale. La salle du Tau a été alors reconstituée et les autres salles aménagées en vue de leur affectation actuelle : ouvert au public depuis 1972, le palais est devenu un musée qui abrite les sculptures originales de la cathédrale déposées en raison de leur mauvais état de conservation, le trésor de la cathédrale et une grande partie de ses collections de tapisseries.

 

La salle d'introduction.

 

Cette salle présente des objets et des films témoignant du passé du quartier cathédral,

des origines au XX° siècle.

 

Gargouilles crachant du plomb, souvenir de l'incendie de la cathédrale le 19 septembre 1914.

Depuis cette salle, vue sur la salle basse, et le couloir d'accès à cette dernière.

 

La salle basse.

 

Mise à part la chapelle palatiale, cette salle est à ce jour la plus ancienne du palais du Tau.

Rebâtie à la fin du XV° siècle par l'archevêque Guillaume Briçonnet sur d'anciennes fondations gallo-romaines

et carolingiennes dont les arcs sont visibles dans les maçonneries.

 

Le grand mur aveugle présente des traces d'arcades qui datent vraisemblablement du IX° siècle

et se trouvaient alors au niveau du rez-de-chaussée.

Il se trouve aujourd'hui en contrebas, témoignage probable d'utilisation de cette pièce comme cellier.

 

La salle est composée de deux vaisseaux séparés par une ligne de piliers polygonaux.

Les clefs des voûtes d'ogives et certains chapiteaux portent les armoiries de Briçonnet.

Ses vastes dimensions, environ 37 m sur 12 m correspondent à celles de la salle du Festin,

édifiée au-dessus, avec en plus, une aile transversale qui n'a pas été conservée à l'étage.

 

Copies de sculptures originelles :

Saint Rigobert, l'homme à la tête d'Ulysse, la reine de Saba, en pierre Calcaire du XIII° siècle.

 

La chapelle palatine basse.

 

Cette chapelle est accessible par une porte surmontée d'un tympan du XIV° siècle

représentant la Vierge à l'enfant.

Construite au début du XIII° siècle, la chapelle abrite depuis 1919 un dépôt lapidaire

où figurent notamment des fragments du jubé de la cathédrale datant du XV° siècle.

 

Escalier d'accès au 1° étage.

 

La salle du Festin.

 

Avec ses 32 m de longueur, 12 m de largeur et 12 m de haut, c'est la salle qui représente le pouvoir épiscopal,

puisqu'y prenaient place les synodes et conciles.

Mais c'est aussi un espace d'apparat utilisé lors d'un festin qui suit les sacres royaux.

 

La voûte lambrissée repose sur neuf entraits soutenus par une corniche de pierre sculptée d'une frise

ornée de pampres de vignes dans laquelle se cachent des vignerons, animaux, êtres fantastiques.

Les fleurs de lys recouvraient l'ensemble de la pièce jusqu'au faîte du toit.

 

L'archevêque de Reims est le vassal du roi de France. Il se doit donc de loger le roi lorsque celui-ci se rend à Reims. Le roi et sa suite sont hébergés au palais du Tau, durant toute la durée des festivités du sacre. Après la cérémonie qui a lieu dans la cathédrale, le roi dîne dans cette salle de festin. Le roi est toujours assis dos à la cheminée, sur une estrade, entouré de 12 pairs laïcs et ecclésiastiques (grands officiers et vassaux directs de la couronne de France). Les femmes ne participent pas au banquet mais le contemplent depuis une tribune placée dans un angle de la salle.

 

L'état actuel de la salle restitue l'esprit du XV° siècle dans lequel elle a été édifiée à partir de 1498

à la demande de l'archevêque Briçonnet, dont les armoiries figurent sur la cheminée.

Tapisserie "Baptême de Clovis", atelier Jan Le Clerc, d'après l'oeuvre de Charles Poerson, vers 1660.

 

Vers 500, Clovis, chef païen des Francs, se fait baptiser à Reims par l'évêque Remi devenant ainsi le seul roi catholique d'Occident. Mais selon la légende, Clovis aurait été oint d'une huile sainte apportée par une colombe, symbole du saint Esprit. La tapisserie montre une vision du baptême à la mode du XVII° siècle, un baptême par effusion et non par immersion comme c'était le cas à l'époque de Clovis.

 

La légende de la sainte Ampoule deviendra fondatrice du sacre des rois à Reims en mémoire du baptême de Clovis. Les insignes royaux (sceptre, main de justice et couronne) sur le coussin au premier plan sont également anachroniques, ces instruments du pouvoir ne sont apparus qu'au XII° siècle, bien longtemps après le baptême de Clovis.

 

Tapisseries : la demande en mariage - Le mariage - La bataille de Tolbiac (496),

Repos pendant la fuite d'Egypte (Paris, Musée Carnavalet). Création de la tenture :

les cartons peints sont attribués au peintre français Charles Poerson (1609-1667), élève de Simon Vouet.

 

Dès la fin du Moyen Age, cette vaste salle d'honneur permettait de réunir le clergé sous la responsabilité du prélat. Sous l'Ancien  Régime, l'église a la responsabilité exclusive de l'enseignement. En 1548, dans le double contexte de la Renaissance et de la Contre-Réforme catholique, le cardinal Charles de Lorraine fonde une université dont les séances solennelles se tiennent dans cette pièce jusqu'à la Révolution.

 

La chapelle haute.

 

 

L'élévation de la partie supérieure est d'une grande légèreté avec ses lancettes ajourées

et ses contreforts intérieurs évidés par un passage champenois.

 

Un tympan orné d'une Adoration des Mages surmonte la porte de cette chapelle haute consacrée à St Nicolas.

 

Le trésor de la cathédrale :

c'est l'un des plus importants trésor de France.

 

Reliquaire néo-gothique du talisman de Charlemagne, par Froment Meurice, Orfèvre, 1855.

Le nef de Sainte Ursule, début du XVI° siècle.

Dans cette chambre bleue, les vitrines comprennent les vestiges du trésor de Notre-Dame de Reims,

autrefois gardé dans la cathédrale et dont une partie a été envoyée à la fonte à la Révolution.

 

Le reliquaire de la Sainte Ampoule, commandé en 1819 par Mgr de Coucy, archevêque de Reims,

à l'orfèvre parisien Jean Charles Cahier, sur un modèle de Louis Lafitte, dessinateur du roi.

 

Le sacre imminent d'un nouveau monarque rendait en effet indispensable le remplacement de la Sainte Ampoule découverte en 851 dans le tombeau de Saint Rémi et brisée en place publique à l'époque de la Révolution, le 7 octobre 1793, par le député de la Convention nationale Philippe Rühl. La nouvelle Ampoule qui contient les fragments préservés, est en cristal de roche et fermée par une couronne royale agrémentée de pierres précieuses en cabochons. Elle est conservée dans un coffret sur lequel veille la colombe qui aurait miraculeusement apporté le flacon d'huile lors du baptême de Clovis.

 

Dans la chambre rouge est conservé le reliquaire de la Sainte Ampoule et l'ensemble d'orfèvrerie en vermeil

de style néo-classique, commandé à l'orfèvre parisien Jean Charles Cahier pour le sacre de Charles X en 1825.

Sur le coussin, un collier de l'ordre du Saint-Esprit, en or et émail, commandé pour le sacre de Charles X

aux orfèvres Armand Ouizille et Guillaume Lemoine.

 

Fondé par le roi Henri III en 1578, l'ordre du Saint-Esprit était le plus prestigieux de la monarchie française. Au lendemain de son sacre, le roi, nouveau grand maître de l'ordre, présidait lors d'une fastueuse cérémonie à la réception solennelle de nouveaux chevaliers.

 

La salle consacrée au sacre de Charles X.

 

 

La reproduction réduite de la toile de François Gérard (l'original est conservé au château de Versailles)

montre l'hommage des pairs au nouveau roi du couronnement de Charles X en 1825.

Le grand manteau royal de velours hyacinthe (violet), semé de fleurs de lys et doublé d'hermine,

est commandé par Louis XVIII, qui meurt avant de pouvoir être sacré.

 

L'antichambre du roi .

 

Cette pièce, qui  communique  avec la salle dite Charles X, donnait accès au salon et à la chambre du roi qui occupaient l'extrémité de l'aile sur le jardin.

 

Les portraits de Louis XVI en costume de sacre, par Joseph Siffrein Duplessis (1775),

et de Charles Maurice Le Tellier, peint par Mignard (1612-1695).

 

Les collections archéologiques.

 

La grande aile sud présente les sculptures du XIII° siècle

déposées lors des campagnes de restauration de la cathédrale.

 

La  salle du Goliath.

 

 

La salle est dominée par un géant de 5,40 m qui pèse 6 tonnes et qui était auparavant ancré

au-dessus de la grande rosace de la façade, à 40 mètres au-dessus du sol.

 

Goliath, appuyé sur une lance, porte un heaume et un haubert d'écailles métalliques. Les têtes de Saint Jean et du Christ pèlerin l'encadrent. On trouve également, Saint Paul avec l'épée de son martyre, et Saint Jacques. Les deux proviennent de la face sud de la grande tour méridionale regardant le palais.

 

La salle des petites sculptures.

 

Cette salle renferme deux grandes statues d'Abraham et d'Aaron.

Dans les vitrines, un ensemble de têtes provenant des tympans et voussures des portails de la cathédrale.

 

La salle du Cantique des cantiques.

 

Elle doit son nom aux quatre broderies illustrant les versets du livre biblique qui chante l'amour de la bien-aimée.

 

Ces broderies ont été exécutées à l'aiguille vers le milieu de XVII° siècle.

Entre les fenêtres, deux petites tapisseries des Flandres du XV° siècle

montrent Jésus devant Caïphe et la Flagellation.

Deux anges aptères (sans ailes) proviennent des trumeaux intérieurs du portail nord

où ils étaient dissimulés par la menuiserie des tambours des portes.

 

Le salon carré.

 

Ce salon est orné de tapisseries tissées par le licier Daniel Pepersack au XVII° siècle

et représentant des épisodes de la vie du Christ.

 

 

Ces tapisseries ont été commandées en 1633 par l'archevêque Henri de Guise.

Les six pièces restantes sont les seules rescapées d'une importante suite consacrée à la vie du Christ

en partie détruite en 1914.

 

La salle du roi de Juda.

 

Cette grande statue provient de la galerie des Rois, sculptée au XIV° siècle.

Elle dominait la façade principale de la cathédrale. Ce colosse mesure 4,20 m et pèse 5,5 tonnes.

(Photo de gauche), figure d'éclopé ou atlante, de la seconde moitié du XIII° siècle).

Photo de droite, début de la présentation des tapisseries de la tenture de la vie de Notre-Dame.

 

Galerie du couronnement de la Vierge.

 

Le cycle des tapisseries de la tenture de la vie de Notre-Dame se poursuit dans cette galerie.

De chaque côté ont pris place six grands rois

qui garnissaient jadis les tabernacles des contreforts des deux bras du transept.

 

 

Au-dessus de l'escalier monumental réalisé pour sa présentation

se trouve le gâble original du portail central de Notre-Dame.

 

Ce gâble, gravement mutilé par l'incendie de 1914, a été remplacé en 1955 par une copie sculptée par Georges Saupique. Inspiré de l'Apocalypse, ce groupe montre la Vierge trônant sur les nuées, couronnées par son Fils, au milieu du choeur des anges et des séraphins reconnaissables à leurs trois paires d'ailes. La mise en valeur de ces 24 tonnes de pierre donne une idée des prouesses réalisée par les créateurs.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.patrimoine-histoire.fr/

Brochure "Palais du Tau", Editions du Patrimoine, 48 pages

Centre des Monuments Nationaux

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 2 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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