REIMS  (Marne)
Arrondissement et canton de Reims
Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.
 182.592 Rémois en 2012.

 

D'une altitude de 80 à 135 mètres, et d'une superficie de 1.702 hectares,

la ville est traversée par la rivière la Vesle, affluent de l'Aisne.

Elle est surnommée « la cité des sacres » ou « la cité des rois ».

 

 

Basilique Saint Rémi

 

 

La basilique porte le nom du saint évêque qui baptisa Clovis à la fin du V° siècle.

De style romano-gothique, longue de 126 mètres,

la basilique est l'une des plus remarquables réalisations de l'art roman dans le Nord de la France.

Elle est inscrite au patrimoine mondial par l'UNESCO depuis 1991.

 

Vues aériennes avant 1970 : L'ancienne abbaye bénédictine St Rémi et la basilique.

 

Façade occidentale et le chevet de la basilique Saint Rémi, avant 1970.

 

Vers 533, Saint Rémi fut inhumé dans une petite chapelle dédiée à Saint Christophe. Peu après, une basilique fut édifiée. Dans la seconde moitié du VIII° siècle, une communauté bénédictine s'installa ici à la demande de l'archevêque Tilpin : l'abbaye Saint Rémi était née. En 852 une nouvelle église est consacrée tandis que les reliques du saint étaient transférées dans une nouvelle châsse.

 

Le chevet a trois étages, épaulé d'immenses arcs-boutants à deux volées, traduit l'espace intérieur,

seulement métamorphosé par l'élévation caractéristique des baies des tribunes.

 

La construction de la basilique actuelle débuta vers 1007, mais le projet de l'abbé Airard, trop grandiose, fut abandonné par son successeur l'abbé Thierry (1035-1044). Ce dernier entreprit la démolition de l'église carolingienne, fit élever les murs et bâtir le choeur au-dessus de la tombe de Saint Rémi. C'est sous la conduite de l'abbé Hérimar que les travaux s'achevèrent par le transept et la couverture charpentée.  Les 1° et 2 octobre 1049, l'église fut consacrée par le pape Léon IX.

 

Chevet de la basilique et les chapelles rayonnantes.

 

Une nouvelle campagne intervint de 1162 à 1181 sous la direction de l'abbé Pierre de Celles. Le porche fut abattu, remplacé par une façade et une double travée gothique, et un nouveau choeur gothique à déambulatoire fut créé. La façade du croisillon droit du transept fut refaite de 1490 à 1515 à l'initiative de Robert de Lenoncourt, abbé de Saint Rémi, puis titulaire de l'évêché.  Enfin, la nef fut couverte par une voûte d'ogives. Des transformations minimes eurent lieu aux XVI° et XVII° siècles.

 

L'élévation de la nef est très austère : murs et appareil irrégulier en forme de demi-colonnes.

Les culées d'arcs-boutants, massives, ont été élevées lors des voûtements de la nef.

 

 

La partie inférieure de la façade garde un souvenir de ses dispositions primitives.

 

La suite ininterrompue des baies souligne, aux deux premiers niveaux, l'aspect "triomphal" du monument. Des pilastres et des colonnes scandent le rythme de la composition. Les deux colonnes qui encadrent le portail central sont surmontées, à l'étage, des statues de Saint Pierre et de Saint Rémi, du XVI° siècle.

 

La façade sud est richement décorée avec son portail sculpté.

 

Le vaisseau central, large, doit son volume au changement du parti initial :

la nef et ses collatéraux primitivement charpentés, ne furent que tardivement voûtés.

On pénètre dans l'édifice par les deux travées couvertes d'une voûte sexpartite

que Pierre de Celles fit construire au début de sa campagne de travaux.

Elles sont contemporaines de la façade et présentent une élévation à quatre niveaux :

arcades, tribunes, triforium et fenêtres hautes.

 

Les douze travées orientales de la nef datent du XI° siècle dans leur gros oeuvre

et permettent d'apercevoir la physionomie du vaisseau à trois niveaux bâti sous l'abbatiat de Thierry.

 

Vitraux du XIX° siècle.

 

Sur les piles, toutes fasciculées et couronnées par des chapiteaux sculptés en stuc à l'exception

de celle qui fait suite aux deux premières travées, sont bandées les grandes arcades à rouleaux nus.

Les baies des tribunes sont cintrées et refendues par deux arcs reposant sur une colonnette centrale.

Au-dessus s'ouvrent les fenêtres en plein cintre qui sans doute n'étaient pas primitivement surmontées d'oculi.

 

Depuis le portail occidental, vue sur le choeur.

Du côté du sanctuaire, les trois dernières travées de la nef servaient de choeur aux moines.

 

Dans la chapelle Nord, Christ en croix du XIV° siècle entre la Vierge et Saint Jean

provenant du calvaire de Sainte Balsamie (vers 1200).

 

Christ de Pitié du XVI° siècle, provenant de l'église paroissiale Saint Hilaire de Reims.

 

Retable des trois baptêmes, attribué à Nicolas Jacques : Saint Sylvestre et Constantin,

Le Christ et Saint Jean Baptiste, et Saint Rémi et Clovis.

Mise au tombeau du Christ, 1531, provenant de l'église de l'ancienne commanderie du Temple,

détruite en 1792) et installée à Saint Rémi en 1803.

 

Le choeur est entouré d'une clôture du XVII° siècle.

 

 

Dans le transept Nord, vantaux de porte du XV° siècle : Annonciation provenant de l'abbaye Saint Rémi.

Rose du XVII° siècle ornée de vitraux de Jacques Simon, maître-verrier rémois.

 

La largeur de la nef avec les bas-côtés est de 28 m (la nef seule, 12,30 m).

 

Le transept est long de 56,60 m et large de 18 m.

 

 

La chapelle des fonts baptismaux.

 

 

Le déambulatoire.

 

La chapelle axiale et les vitraux modernes de Charles Marcq.

 

 

 

 

Derrière l'autel, le tombeau de Saint Rémi, réédifié en 1847.

Les statues des niches proviennent du tombeau antérieur et sont du XVII° siècle.

Elles figurent Saint Rémi, Clovis et les douze pairs qui participèrent au sacre.

 

Le choeur

 

 

Le choeur gothique est à quatre étages.

D'une structure harmonieuse et légère, il est éclairé par des baies qui conservent leurs vitraux du XII° siècle :

ils représentent la Crucifixion, des apôtres, des prophètes et les archevêques de Reims.

 

L'autel face au peuple, et les voûtes de la nef.

 

Bas-côtés, et l'enclos du XVII° siècle.

 

Rose du transept sud.

 

 

Transformée en magasin de fourrage sous la Révolution, la basilique fut restaurée au XIX° siècle. Durant la Première Guerre mondiale, elle est gravement endommagée. Le 1er août 1918, les obus incendient la charpente et les fausses voûtes en bois et plâtre s'effondrent sur toute la longueur de la nef et une partie du transept. Les murs sont transpercés et les dégâts sont aggravés par les intempéries de l'hiver qui voit ensuite s'effondrer les bas-côtés Sud, en avril 1919, tandis que la pluie et la tempête abattent le pignon nord du transept en 1920. Les travaux de restauration prennent quarante années. L'architecte Henri Deneux s'y emploie. Il reconstruit la charpente en éléments de béton armé. La réouverture officielle de la totalité de la basilique a lieu en 1958.

 

Le baptême de Clovis.

 

Le 25 décembre 498 (496 selon certains historiens), Clovis est baptisé à Reims par l'évêque Remi, avec 3000 guerriers francs, dans la religion catholique.

 

Grâce à ce baptême collectif, les Francs prennent l'avantage sur les autres barbares dans la conquête de la Gaule romaine.


Clovis a succédé à l'âge de 15 ans à son père Childéric à la tête des Francs saliens, une tribu germanique établie dans l'empire romain, sur les bords du Rhin inférieur et dans l'actuelle Belgique.

 

Ü Bas-relief, baptême de Clovis, vers 1600.

 

À peine élu, il entreprend la conquête de la Gaule et entre alors dans un milieu très romanisé et de religion catholique. Sous l'influence de Remi, évêque de Reims, il comprend l'intérêt de se rallier les Gallo-Romains en adoptant leur religion. Sa femme Clotilde, fille du roi des Burgondes et pieuse catholique, le pousse à se convertir.

En 496, à Tolbiac (en allemand, Zülpich), près de Cologne, les Francs repoussent une attaque des Alamans, une tribu germanique à laquelle nous avons emprunté le nom de l'Allemagne.

Selon la légende, c'est au cours de cette bataille difficile que le roi des Francs aurait imploré le secours du Dieu de Clotilde et pris la résolution de se convertir. Il passe à l'acte deux ans plus tard, le jour de Noël.

Grâce à sa conversion au catholicisme, Clovis peut s'enorgueillir du titre très symbolique de «Consul des Romains», conféré par l'empereur de Constantinople, qui dirige en théorie tout l'empire romain depuis que, quelques années plus tôt, en 476, le dernier empereur d'Occident a été déposé par un Ostrogoth.

Son baptême va faciliter la fusion entre les Gallo-Romains et leurs vainqueurs, les Francs. Mais il serait erroné d'y voir la naissance de la France. Celle-ci émergera 500 ans plus tard, comme l'Allemagne, sur les ruines du «Regnum francorum», le royaume des Francs de Clovis et de Charlemagne.

 

Située à côté de la basilique Saint-Remi, statue présentant St Rémi baptisant Clovis.

 

Le baptême de Clovis est en effet l’acte fondateur de l’alliance de la monarchie de droit divin française avec l’Eglise catholique. Jusqu’à la chute de la monarchie, elles seront étroitement liées : un roi n’est roi que s’il est catholique et sacré à Reims avec la Sainte Ampoule ! (pensez à Charles VII courant après son sacre à Reims ou à Henri IV qui doit abjurer le protestantisme pour coiffer la couronne). L’union entre l’état franc (devenu français) et l’Eglise ne se brisera qu’en 1905, après la disparition des rois, par la séparation du Clergé et de l’Etat.

 

Sacre de Charles X, le 29 mai 1825 en la cathédrale de Reims.

 

Charles-Philippe de France comte d'Artois plus connu sous le nom de Charles X,

né le 9 octobre 1757 au château de Versailles et mort le 6 novembre 1836 à Görz en Autriche.

Roi de France et de Navarre de 1824 à 1830.

 

Le sacre de Charles X, François Gérard, 1827, (musée des beaux-arts de Chartres, Eure-et-Loir).

 Le sacre marque le retour d'une cérémonie caractéristique de la logique d'Ancien Régime,

ce qui a pu être perçu comme une volonté d'ignorer les changements de la société française

depuis la Révolution française et l'Empire napoléonien. Ce sacre reprend les phases principales du cérémonial traditionnel comme les sept onctions ou les serments sur les Évangiles. Malgré tout,

on observe certains changements, comme le fait que le roi prête un serment de fidélité à la Charte de 1814

ou encore le fait que les grands princes participent au cérémonial en assistant l'archevêque de Reims.

 

En 1825, invité au sacre de Charles X, Victor Hugo vint visiter ce quartier haut en couleurs ; il y rencontra une jolie gitane, Esmeralda, et Albert Nicart sonneur de cloches bossu de l’église Saint Remi surnommé "Quasimodo" qui lui inspirèrent les personnages de son roman Notre-Dame de Paris.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.patrimoine-histoire.fr/

Sacre de Charles X, Archives Nationales AE-II-3886

Dictionnaire des églises de France, Champagne, Artois-Flandres_Picardie,

Volume Vb, Editions Robert Laffont, 1969

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 2 septembre 2018

 

 

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