FROMENTIERES  (Marne)
Arrondissement d'Epernay - Canton de Sézanne-Brie et Champagne.
Région du Grand Est.
 Population : 380 Fromentins en 2015.

 

D'une superficie de 888 hectares, et d'une altitude de 51 mètres,

le village est arrosé par la rivière la Verdonnelle.

 

Le vieux puits, le monument aux morts et la mairie.

 

 

Eglise gothique Sainte Marie Madeleine,

bâtie en majeure partie au XV° siècle.
 

 

La moulure encadrant la porte d'entrée est contemporaine des travaux réalisés au XVI° siècle.

 

En 1819, la flèche du clocher, en mauvais état, est remplacée par une petite toiture à quatre pentes.

(L'ancien clocher en bois était pourvu d'une flèche haute de 20 mètres,

comme cela se retrouve sur un nombre d'églises du XVI° siècle).

 

Les murs de la nef du XIII° siècle sont épaulés d'épais contreforts en moellons de grès

qui laissent supposer que l'on prévoyait à l'origine d'ajouter une voûte d'ogives.

La sacristie Nord présente la particularité d'être voûtée en berceau brisé.

 

Un bas-côté est ensuite créé de chaque côté de la nef. Des arcades sont alors percées dans les murs. On en voit encore parfaitement les profils. Il ne s'agissait pas de vrais bas-côtés, mais de petits espaces latéraux, peu larges, mais permettant cependant de dilater légèrement la nef. Les corbeaux supportant la couverture en appentis sont encore visibles. Ultérieurement, les bas-côtés sont supprimés et les arcades rebouchées.

 

La nef du XIII° siècle semble la partie la plus ancienne de l'église.

 

Au XVIII° siècle, la nef est plafonnée et vers 1750,

on pose également les lambris de chêne qui habillent le choeur.

 

Au début du XVI° siècle, l'ensemble du choeur est reconstruit.

On commence par la partie Est, puis on édifie le transept.

 

Les chapelles du transept.

 

On remarque sur les piles Est de la croisée du transept un changement apporté au départ des nervures d'ogives des deux bras du transept. On a repoussé le départ de la nervure, sans doute pour donner plus de profondeur aux deux bras. Le profil des nervures est d'ailleurs un peu différent de celui des nervures du chevet.

 

Le monumental retable flamand, de la fin du XV° - début du XVI° siècle.

 

Ce chef d'oeuvre relève de l'école allemande de Nuremberg.

Il est signé d'une "main coupée", emblème légendaire d'Anvers.

 Cette main serait selon la légende, celle d'un terrible géant que coupa un héros.

 

Le 6 juin 1715 est installé sur le grand autel anversois et acquis à Châlons par un curé de Fromentières

pour douze pistoles, une faible somme en regard de sa valeur actuelle.

(A la fin du XIX° siècle, le retable est entreposé dans le bras sud du transept lors des travaux exécutés en 1843.

Il sera restauré en 1973 et reprendra sa place connue au XVIII° siècle, au fond du choeur).

 

Au XV° siècle l’exécution d’un retable était une entreprise qui engageait diverses personnes :

 

En premier lieu, le huchier qui confectionne la caisse et l’ébéniste qui réalise la menuiserie décorative ; ensuite, l’imagier taille les reliefs d’après un modèle livré par un peintre ; suivent le polychromeur et le doreur qui étoffe le tout ; ils sont payés davantage que le sculpteur ou le peintre parce qu’ils travaillent la coûteuse feuille d’or ; finalement le peintre livre les panneaux peints des volets.

Au début du XVII° siècle, naît un nouvel élément de décor intérieur d'église : le retable de tuffeau et de marbre qui fera la renommée des architectes lavallois dans tout l'ouest de la France.

 

10 volets peints recto-verso, dont les compositions traitées

ne présentent pas le caractère d'exubérance constaté dans les compartiments sculptés.

Les têtes du Christ et de la Vierge rappellent les tableaux flamands du temps.

(Les quatre tableaux du bas ont "disparu" en 1973).

Le retable fermé : des scènes de la vie de Sainte Anne et de ses filles.

 

Le retable flamand est bâti en bois dur ou chêne sculpté et peint, de style gothique flamboyant ou prismatique.

Deux sentiments l'affrontent :

▪ l'amour en particulier dans la personne de Marie (Mater Dolorosa) aux pieds de son divin fils.

▪ la haine, dans l'attitude grimaçante et forcée des bourreaux.

 

Neuf compartiments sculptés répartis sur trois rangs superposés :

La Nativité, la Circoncision, l'Adoration des Mages, la Flagellation, le Couronnement de l'Epines,

le Portement de croix, la Crucifixion, la descente de croix et la Mise au tombeau.

 

Dix petites niches dont huit relatent des évènements se rapportant à la vie de Jésus :

Adam et Eve commettant le péché, l'expulsion du Paradis, la tentation de Jésus dans le désert,

le repas à Bethanie ou chez Simon le Lépreux, Jésus chasse les marchands du Temple (ou le bon Pasteur),

l'Apparition du Christ à sa Mère, la pêche miraculeuse, la multiplication des pains, le Christ et Saint Thomas,

l'apparition du Christ à un apôtre, deux figurines de prophètes, deux Anges soutiennent un double écusson.

 

Les origines des écoles allemandes.

 

De la Flandre à l'Allemagne, la transition est facile; entre les deux pays se sont établies d'étroites relations artistiques. La fidélité y est grande aux traditions gothiques; longtemps elles se maintiennent, sans qu'on surprenne la préoccupation marquée de l'Antiquité ou de l'Italie; mais dans tous les arts plastiques s'accentue la tendance au réalisme. Elle est visible chez les sculpteurs, dont plusieurs, Adam Krafft, Pierre Vischer, Veit Stoss, qui tous trois ont travaillé à Nuremberg, montrent beaucoup de vérité et de vie : le tombeau de S. Sebald à Nuremberg, que P. Vischer exécuta de 1508 à 1510, est l'oeuvre maîtresse de la sculpture allemande à cette époque. Cependant la peinture devient l'art par excellence.

 

Dès le XIV° siècle, des écoles fleurissent à Prague, à Nuremberg, à Cologne.

 

Le commencement au XVI° siècle vit fleurir les principaux maîtres de l'art allemand. Ce fut alors qu'Albrecht Dürer personnifia dans sa plus grande originalité la peinture en Allemagne pour le pittoresque, et son penchant vers le fantastique : peintre assez fécond pour que toutes les galeries importantes aient pu posséder plusieurs de ses tableaux, coloriste plein de fantaisie dans le jeu de la lumière et des ombres, graveur inventif et d'une rare finesse, Dürer introduisit dans l'école allemande une manière plus franche et plus libre, et exerça sur les pays voisins une grande influence, dont les Italiens.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.cosmovisions.com/

Dépliant 3 volets "Retable de Fromentières", disponible à l'entrée de l'église

Visite et photos, Chantal Guyon, le 7 septembre 2018

 

 

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