DORMANS  (Marne)
Arrondissement d'Epernay - Canton de Dormans - Paysages de Champagne.
Région du Grand Est.
 Population : 2.929 Dormanistes en 2015.

 

D'une superficie de 2.258 hectares, et d'une altitude de 62 à 250 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Marne.

 

A l'intérieur d'un parc ombragé d'arbres remarquables, dont des séquoias près du pont chinois,

le château Louis XIII sert aujourd'hui de cadre à des réceptions et à des expositions.

 

Le château a été bâti au XIV° siècle par Jean 1er de Dormans. Suite à  une succession d'illustres propriétaires, il devient la propriété d'une fondation qui en confie l'utilisation aux Pères Salésiens de 1949 à 1985 pour en faire un petit séminaire. Aujourd'hui, il est la propriété de la commune de Dormans.

 

 

Le Mémorial des Batailles de la Marne
 

 

Dénommé initialement "Oeuvre de la Chapelle de la Reconnaissance de la Marne".

 

Au fond du parc du château de 25 hectares, a été élevé à l'emplacement désigné par le Maréchal Foch,

le mémorial des Batailles de la Marne.

 

L'ensemble est composé d'une crypte, d'une grande chapelle, d'un cloître menant à un ossuaire

où reposent les restes de 1.360 soldats de toutes nationalités dont seulement onze ont pu être identifiés.

 

Construit entre 1921 et 1931,

le mémorial, haut de 52 mètres domine la vallée de la Marne et la commune de Dormans.

Il représente le point synthétique des deux Batailles de la Marne.

 

Lors de la première bataille de la Marne, en septembre 1914, Dormans, situé sur cette rivière, se trouve au centre du vaste mouvement de flux et de reflux caractérisant les combats. Quatre ans plus tard, en juillet 1918, lors de la seconde bataille de la Marne, Dormans est en plein coeur de l'affrontement.

 

Vues aériennes avant 1970.

 

Pour réaliser leur ultime offensive, les Allemands se doivent de franchir la Marne. De par sa situation géographique, avec ses passages naturels vers le sud et compte tenu de la ligne de front du moment, Dormans est l'endroit obligé. C'est donc là que trois divisions allemandes, parmi les meilleures, appuyées par environ 700 canons, franchissent la Marne, submergent la division française qui la défend, mais sont ensuite rapidement stoppées, puis refoulées. Pour conserver le souvenir du sacrifice des combattants tombés au cours de ces deux batailles décisives, le site de Dormans s'impose alors naturellement.

 

Depuis la première terrasse du mémorial, vue sur le château.

La table d'orientation, en lave émaillée décrivant le déroulement de la seconde bataille de la Marne,

et à droite de cette dernière, un cadran solaire en marbre, avec la devise

"Aux Vivants la lumière du soleil. Aux morts la lumière de Dieu".

Massif de fleurs avec la description "Rempart contre l'oubli".

 

Le sanctuaire.

 

Le sanctuaire comprend deux étages : la crypte et la chapelle haute.

L'escalier dans l'axe de la chapelle mène à la première terrasse où se trouve la crypte.

 

L'architecture générale de l'édifice est d'inspiration gothique, c'est-à-dire qu'on en retrouve les formes pour la poésie et les références cisterciennes. Toutefois, on a su utiliser les matériaux nouveaux et les employer de manière rationnelle, afin de résoudre, grâce à eux, certains problèmes de statique.

 

La façade principale se termine, au-dessus de la loggia d'entrée de la chapelle supérieure, par un pignon.

 

 Dans le pignon est sculpté un Christ entouré d'anges.

Il est surmonté d'une imposante statue en fer représentant Saint Michel terrassant le Dragon.

 

Le tympan de la crypte est orné de la Croix de Guerre enlacée de la couronne d'épines,

symbole de la gloire obtenue par le sacrifice,

et de feuilles de chêne et de laurier, symbolisant la force et la victoire.

Le monument est surmonté d'une tour carrée, à 117 mètres au-dessus de la Marne,

couronnée d'un chemin de ronde rappelant les remparts de défense du moyen âge.

 

De part et d'autre, deux hauts reliefs représentent Jeanne d'Arc à gauche (symbolisant la victoire)

et Saint Louis, à droite (symbolisant la justice), avec cette devise : "Dieu le veut"...

Les écus sculptés sur les pinacles de chaque côté de la loggia

sont ceux des villes de la région martyrisées lors des deux batailles.

 

La crypte, bénite le 18 juillet 1920.

 

La crypte est construite en pierre de taille provenant des carrières de la

 Meuse et du Nord (Savonnières et Eurville, et Saint Waast).

Ce matériau a été abandonné une fois la crypte achevée du fait du coût élevé,

puis remplacé par des pierres provenant des carrières de Saint Gilles, près de Fismes.

 

Entrée de la crypte.

 

La porte séparant le narthex de la crypte, ainsi que la porte en fer forgé, au pied du choeur de la crypte, comme le lustre (symbolisant 12 tours de la Jérusalem céleste), sont l'oeuvre du maître-ferronnier Subes. Toutes les sculptures sont de Firmin Michelet.

 

Le narthex précédant la crypte est éclairé par un vitrail représentant Saint Michel terrassant le dragon.

Il est représenté sous les traits du fils du maître verrier de Chartres (M. Lorin)

qui a réalisé tous les vitraux du monument.

 

La crypte est voûtée sur de robustes nervures simplement épannelées et dont la courbure commence près du sol.

Ceci produit une grande impression de force et suggère aussi le recueillement

renforcée par la faible luminosité générale (on est enterré sur deux façades).

 

Choeur de la crypte : les anges du Te Deum (à gauche) et du De Profundis (à droite).

 

Gravés en lettre rouges sur les pierres blanches figurent les noms des soldats morts pour la France,

désignés par les épargnés de la guerre reconnaissants

ayant apporté leur aide financière à la construction du Mémorial.

 

Les noms d'écoles, d'institutions, de sociétés, d'amicales et d'unités militaires sont également inscrits

dans ces pierres en remerciement de la générosité de leurs membres épargnés aussi par la guerre.

 

La chapelle supérieure.

 

Les 52 marches menant à l'esplanade et à la partie supérieure du Mémorial.

 

Le tympan de la porte d'entrée représente deux anges déposant un soldat au pied d'une croix,

sculpture qui est expliquée par l'inscription latine "Que les anges te conduisent au paradis".

Il est encadré par deux têtes de poilus : celle de gauche est à l'effigie du maître verrier Lorin,

et l'autre à l'effigie de son fils.

 

La coupole dont la clé culmine à 22 mètres 75 du pavement est décorée de la Croix de Guerre 1914-1918.

 

Statue de Saint Bernard.

 

Les statues sculptées de huit saints qui entourent la nef sont pour six d'entre elles à l'effigie de personnages qui ont eu un rapport très étroit avec la construction du monument : Ste Ménéhould (la duchesse d'Estissac) -Bienheureux Jean de Montmirail (le Maréchal Foch) - Sainte Clotilde (la Reine des Belges, Elisabeth) - Saint Bernard (Albert, 1er Roi de Belgique, décoré de la médaille militaire française) - Saint Rémi (le Cardinal Luçon) - Saint Alpin (Mgr Tissier) - Sainte Geneviève et Sainte Thérèse.

 

Les vitraux de part et d'autre du choeur sont ornés des écussons de chacune des provinces françaises

de la fin de la guerre avec leurs saints patrons.

 

 

Les vitraux latéraux dans le transept représentent les saints patrons des différentes armes :

St Georges, la cavalerie - St Maurice, l'infanterie - Ste Barbe, l'artillerie - St Christophe, l'aviation,

l'étoile de mer, la marine - St Martin, l'intendance - St Luc, les infirmiers militaires,

St Sulpice, les aumôniers militaires, St Victor, les états-majors.

 

Les vitraux rosaces représentent les Vierges des différents fronts de 1914-1917 : Notre-Dame de Liesse (Aisne) - Notre-Dame de la Mer, (Boulogne) - Notre-Dame des Ardents (Arras, Somme) - Notre-Dame de Sion (Lorraine) - Notre-Dame de la Treille (Lille) - Notre-Dame de l'Epine (Châlons).

 

Les quatre colonnes qui reposent sur les assises voûtées de la crypte

soutiennent toute la partie haute de l'édifice.

Les sculptures qui ornent ces colonnes symbolisent quatre des grandes invasions de la France :

451, invasion des Huns. Attila est stoppé sur les champs catalauniques.

732, invasion des Arabes. Stoppée à Poitiers par Charles Martel.

1429, invasion des Anglais. Stoppée à Orléans par Jeanne d'Arc.

1914-1918  : invasion des Allemands. Arrêté à Dormans.

 

 

Le vitrail au-dessus du maître autel représentant le Christ accueillant un soldat

symbolise tous les morts de la Grande Guerre.

Il lui est présenté par Jeanne d'Arc et Saint Michel. De chaque côté, des anges intercèdent en sa faveur.

Dans la partie inférieure à gauche figurent les soldats français en 1914 avec les culottes et les képis rouges.

Dans celle de droite, ce sont les soldats avec leurs nouvelles tenues bleu horizon de 1915.

La croix avec la cocarde représentent toutes les tombes des cimetières militaires de ce conflit.

Le parterre est parsemé d'immortelles, fleurs de l'espérance.

 

Cette même Croix de Guerre stylisée en relief décore chacune des dalles qui recouvre l'ensemble de cette partie du monument. A l'origine, ces dalles devaient être sculptées, mais le budget ne le permettait pas à ce stade de construction et c'est en béton moulé qu'elles ont été fabriquées.

 

La lanterne des morts.

 

Située à l'esplanade et à la partie supérieure du Mémorial,

elle est dotée de deux inscriptions latines à leur mémoire signifiant :

"la lumière luit dans les ténèbres" et "que la lumière éternelle les éclaire".

 

Comme toutes les lanternes des morts, la base est creuse et au sommet ajouré, la lanterne.

Au pied, une fontaine a été ajoutée.

 

L'ossuaire, qui abrite les dépouilles de 1.360 soldats inconnus.

 

La fontaine des morts, l'ossuaire et le cloître.

 

L’espace où l’on pénètre de plain-pied est appelé la chambre funéraire.
L’intérieur est éclairé par trois vitraux ornés de croix blanches,

rappelant les croix des cimetières militaires du front, sur le sol français.

 

A l'intérieur de la chambre funéraire reposent, dans 130 cercueils, les ossements de 1.360 soldats

dont 11 seulement ont pu être identifiés grâce à leurs plaques ou médailles.

La pierre de marbre couvrant la chambre funéraire porte cette inscription latine :

"les os humiliés tressailliront de joie devant le Seigneur"

et est ornée d'une Croix de Guerre sculptée.

Au-dessus de la stèle où est déposé le masque mortuaire du Maréchal Foch,

se trouve la panoplie des drapeaux des pays alliés en 1918 :

l'Angleterre, la Belgique, les Etats-Unis, la France, l'Italie, la Roumanie et la Serbie.

 

Depuis 1993, tous les ans, lors de la commémoration du 11 novembre, une cérémonie officielle se déroule à l'ossuaire, pour le dépôt par un officier supérieur, délégué de l'Elysée, d'une gerbe offerte par le Président de la République en commémoration des morts de la Grande Guerre.

 

Au sein de cette chambre deux urnes sont déposées sur un drapeau tricolore : l'une contient de la terre provenant d'un cimetière d'Italie où sont enterrés des soldats des Forces Françaises Libres tués lors des combats de 1943-1944 (à Monte Cassino), l'autre contient des cendres de déportés rapportées de Dachau en juillet 1948.

 

Le cloître.

 

Avec ses arcades en arc brisé, le cloître relie la chapelle supérieure à l'ossuaire.

 

En médaillon, les effigies des Maréchaux Joffre et Foch, les deux vainqueurs des batailles de la Marne.

 

Gravés dans des plaques murales figurent l'ensemble des corps d'armée engagés dans les deux batailles de la Marne. Pour la seconde bataille de la Marne (juillet 1918), les noms des corps d'armée et des généraux qui les dirigent sont disposés comme ils étaient situés sur le front. Mangin à Villers-Cotterêts, de Goutte et de Mitry à Château-Thierry, Berthelot à Reims et Gouraud dans les Monts de Champagne.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.dormans.fr/
Brochure de 24 pages "Le Mémorial des Batailles de la Marne"

Parc du Château, Dormans

Panneaux explicatifs présentés sur l'ensemble du site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 5 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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