MONTEBOURG  (Manche)
Arrondissement de Cherbourg - Canton de Valognes.

Région Normandie.
 Population : 2.082 Montebourgeois en 2015.

 

D'une superficie de 589 hectares, et d'une altitude de 21 à 116 mètres,

la ville a profondément souffert des bombardements alliés,

et une grande partie de la commune fut reconstruite après la guerre.

 

La ville et l'église paroissiale Saint Jacques, avant 1970.

Montebourg fut construit au pied du Mont Rouyoux (ou Mont Castre), haut de 117 mètres,

et qui conserve quelques vestiges d'un ancien camp romain.

 

Montebourg apparaît dans les sources médiévales en 1042 dans un acte de Guillaume le Conquérant pour l’abbaye Saint-Vigor de Cerisy, dans lequel celui-ci concède des droits dans la forêt de Montebourg. Mais, à cette époque, on n’a pas encore mention d’une communauté d’habitants ni d’une paroisse.

 

 

Ancienne abbaye romane bénédictine

Notre-Dame de l'Etoile

 

 

Une belle légende est à l’origine du nom de l’abbaye :

une étoile tombée du ciel ayant indiqué au moine Roger le lieu de sa fondation,

au temps de Guillaume le Conquérant.

 

Vues aériennes avant 1970 de l'abbaye.

 

Comme d’autres, l'abbaye fut richement dotée par le duché, et connut un développement économique et intellectuel brillant. Puis vint la ruine qui, pour elle, fut définitive. Notre-Dame de l’Etoile va pourtant renaître par la volonté du fondateur des Frères des Ecoles Chrétiennes de la Miséricorde. Aujourd’hui, l’oeuvre des Frères continue sous l’égide des laïcs de l’Association des Amis de l’abbatiale et regroupe un collège, un lycée agricole ainsi qu’un centre de formation pour adultes.

 

Toutes les abbayes étaient protégées par de hautes murailles pour favoriser l'isolement spirituel

et une certaine sécurité contre les divers envahisseurs.

L'abbaye de Montebourg, ainsi que celle de Saint Sauveur-le-Vicomte ont en partie conservé leurs hauts murs.

 

▪ Vers 1060, Roger, moine bénédictin de la Croix-Saint-Leufroy (Eure) érigeait en ce lieu un modeste oratoire à la Vierge Marie. En 1080/1084 l'oratoire est érigé en abbaye. Guillaume de Normandie, roi d'Angleterre s'affirmait dans les glorieuses années de son règne l'insigne et premier bienfaiteur de l'abbaye de Montebourg. Les seigneurs de Reviers, de Néhou et de Vernon aumônèrent de riches domaines le monastère.

 

Ancien pavillon des hôtes, ou ancien parloir.

 

Entrée de l'abbaye, l'ancien pavillon des hôtes et le pigeonnier.

 

 

Dédiée à Sainte Marie, l'abbaye Notre-Dame de l'Etoile fut consacrée en l'an 1152,

par Hughes, archevêque de Rouen, assisté de Richard de Bohon, évêque de Coutances

et de Rotrou, évêque d'Evreux (27), en présence des Abbés et seigneurs de la province.

 

▪ 1193, mort de Roger et premier abbé. Urson, sous-prieur de Jumièges lui succède et il continue la construction du monastère et de l'abbatiale vers les années 1110-1152.

▪ 1157, Incendie et destruction du monastère. Le siège de la paroisse est transféré de l'abbatiale au Moustier Saint Jacques et l'abbé Richard entreprend la reconstruction de l'abbaye.

▪ 1234, Guillaume de Vernon renonce à ses privilèges de patronat pour l'élection de l'abbé.

 

L'ancien logis.

 

Vues avant 1970 de ce bâtiment et de la cour.

 

▪ 1250, Première visite d'Eudes Régnault, archevêque de Rouen. L'abbaye est en pleine ferveur spirituelle et prospérité matérielle et compte 47 moines y compris ceux des prieurés.

▪ 1272, Première charte d'Association avec l'abbaye de Troarn (14), puis celles de Cerisy, de Lessay et de Notre-Dame de Cherbourg, de Saint Michel de Boscherville (76), entre 1272 et 1458.

▪ 1275, Une donation sur Saint Floscel permet l'extension et la finition du mur d'enceinte de 1718 mètres qui depuis cette date entoure les 23 hectares du domaine.

 

 

L'ancien logis et la cour en 2017, occupés par le collège.

 

▪ 1329, Guillaume de Thierville, le 2 septembre consacre l'église Saint Jacques de Montebourg, édifiée par l'initiative et les libéralités de l'abbé Pierre IV Ozenne, natif du dit lieu. Cette date marque l'apogée du rayonnement spirituel, et de la paroisse de l'abbaye, avant les épreuves de la guerre de Cent Ans, où se trouvèrent engagées les abbayes normandes.

 

 

Dans ce bâtiment appelé "le coin des artistes" se trouvait les cuisines, et encore de nos jours.

 

▪ 1356, L'abbaye fortifiée devient le quartier général des troupes Anglo-Navarraises de plus de 2000 archers et chevaliers (Compagnies du duc de Lancaster, de Ph. de Navarre, de Geoffroy d'Harcourt). 1367, par ordre de Ph. de Navarre, démantèlement de l'enceinte fortifiée de l'abbaye.

▪ 1399, Spoliation de biens et prieurés anglais par Richard III et par l'acte de dissolution. 1444, misère extrême du "Païs Costentin" et des abbayes.

 

 

Façade côté cour intérieure, face à l'abbatiale.

 

▪ 1461, 31 décembre, mort de Guillaume de Guérin, dernier abbé régulier. Restaurateur de l'abbatiale et de la discipline monastique perturbée par la guerre de Cent Ans. Par son ordre, le moine Denis Clémence restitue en 1448, l'obituaire de la Communauté, et résume ses traditions mariales dans "la Légende de Notre-Dame de l'Etoile".

 

L'église abbatiale.

 

En 1892, l’évêque de Coutances pose la première pierre de la nouvelle abbatiale qui sera inaugurée en 1898.

L’édifice, installé sur les anciennes fondations,

reproduit tous les caractères des constructions normandes de l’époque romane.

 

L'église abbatiale - Le logis et le pigeonnier.

 

Façade occidentale de l'abbatiale après sa reconstruction.

 

Le tympan du portail de l'église abbatiale.

 

La nef, vue côté cour intérieure de l'ancien logis abbatial.

 

▪ 1464, Abbatiat du cardinal d'Estouteville, 1° abbé commendataire. Il achève l'ornementation de l'église et celle du logis abbatial. Le monastère en cette fin du XV° siècle compte entre 20-25 religieux.

▪ 1492-1538, Abbatiat du bénédictin Guy de Montmirail, fidèle à la règle bénédictine et aux dévotions mariales de l'Ordre. Mort loin de Montebourg, son coeur y fut rapporté sur sa demande et exhumé dans l'abbatiale proche du groupe de l'Annonciation près duquel il avait si fréquemment réuni sa communauté.

 

 

Abside et transept inachevés du sanctuaire.

 

▪ 1562, dimanche 14 juin, saccage de l'abbatiale et de l'abbaye par plus de 2.000 huguenots. Les archives précieuses et la statue de Notre-Dame de l'Etoile sont brûlées. Le constat des déprédations est établi en 1563, à la requête du cardinal de Courtis : appauvrissement de l'abbaye qui doit aliéner plus de 1/3 de ses revenus afin de subvenir aux exigences du Fisc Royal.

 

Façade, côté des jardins, aujourd'hui, transformé en partie, en terrain de sport.

 

▪ 1576, L'abbé Bon de Bröe obtient de Catherine de Médicis protection et soulagement pour son abbaye et la localité. Ce moine abbé fonde le collège de Montebourg.

▪ 1588, Jean-Baptiste de la Salle, ligueur acharné s'oppose violemment à la politique de conciliation de Henri IV. Une diminution notable des membres religieux : environ 10 en 1604, et 4 ou 5 en 1699.

 

Entrée de l'abbatiale.

 

Constitués gardiens du nouveau sanctuaire, les fils de Saint Jean-Baptiste de la Salle, par le voeu du Chapitre Général de 1956, adoptent officiellement dans leur Institut marqué déjà du "Signum Fidei"  le culte de Notre-Dame de l'Etoile, qui par leurs oeuvres s'étend aux diverses contrées du monde.

 

La porte occidentale et la tribune placée au-dessus du portail.

 

▪ XVIII° siècle, les antiques traditions de l'Ordre bénédictin refleurissement par les institutions des deux derniers abbés commendataires qui allouent la  totalité des revenus abbatiaux, à des oeuvres de Piété et de Charité. Francis de Carbonnel de Canisy fonde et dote richement l'hospice de Montebourg. Il institue un fond de rentes pour missions diocésaines et l'éducation de quatre ordinands originaires de la région.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef et la tribune.

 

▪ 1773, Ange-François de Talaru de Chalmazel, évêque de Coutances et dernier abbé. Ses revenus abbatiaux : 20.000 livres servent à entretenir dans son abbaye 15 prêtres âgés ou infirmes, à doter la localité d'ateliers et d'oeuvres charitables. Il meurt en exil à Londres le 20 mars 1798. En 1771, on ne trouve plus que 2 bénédictins : Dom Parisy, chantre, et Dom Jacquelin, dernier prieur.

▪ 1791, mise en adjudication de l'abbaye acquise pour 70.000 livres par Chauveau, Juhel et Delaporte. Elle sera démolie systématiquement entre 1801 et 1818.

 

La chaire à prêcher et son escalier en pierre, du XIX° siècle.

Triptyque reprenant les emblèmes de l'abbatiale.

 

▪ 1844 et XIX° siècle, Mgr Delamarre acquiert les ruines de l'abbaye pour y établir la Congrégation des Frères de la Miséricorde qu'il vient de fonder sur les instances de Mère Marie Madeleine Postel. Les nouveaux religieux remettent en valeur l'antique domaine, reconstruisent l'abbatiale et rétablissent la Dévotion des Bénédictins Montebourgeois à Notre-Dame de l'Etoile.

 

Statues du XIX° siècle : Saint Floxel, Saint Jean Baptiste de la Salle, Marie Madeleine Postel et Saint Gilles, 

 

▪ 1938, Les frères des Ecoles Chrétiennes à la suite de ceux des Frères de la Miséricorde par leurs oeuvres d'Enseignement Général et Agricole, continuent, dans des modalités nouvelles, le rayonnement spirituel et culturel des moines disparus.

 

Depuis la nef, vue sur le choeur.

 

Suite au bombardement de Montebourg, l'atelier parisien Barillet réalise l'ensemble des vitraux de l'abbaye. Il utilise de la dalle de verre, ce qui consiste à enchâsser des pavés de verre de 3 cm d'épaisseur dans une armature de fer et de ciment. Au fil du temps, la rigueur du climat dégrade les verrières. Les amis de l'Abbatiale décident alors de remplacer plus de 200 m² de dalles de verres par des vitraux traditionnels comme à l'origine. L'atelier Pascal Fallon est choisi pour mener à bien ces travaux. Le 1° vitrail est placé en 2005 et les dernières verrières posées en 2010.

 

La chapelle Notre-Dame de l'Etoile.

Statue d'une Vierge à l'enfant, réalisée en 1893, en chêne polychrome,

par les Ateliers Saint Luc de Tournai.

 

Le 1er mai 1960, dans la commémoration du IX° Centenaire de l'abbaye, la statue de Notre-Dame de l'Etoile a été solennellement couronnée par Mgr Guyot, évêque de Coutances et d'Avranches, en présence des évêques, des délégués des Ordres religieux et autres personnalités, de la province de Normandie.

 

Dans le sanctuaire, l'autel face au choeur et l'abside.

 

Grande croix et les chapelles latérales.

 

L'autel de la Vierge.

Un intéressant ensemble de vitraux réalisés récemment par l’atelier Pascal Fallon,

installé dans la Manche, présente d’originales compositions figuratives et symboliques.

 

Pierre tombale du comte Richard de Raviers, fondateur de l'abbaye de Montebourg,

du XII° siècle. (Propriété de la ville de Valognes, confiée en dépôt à l'abbatiale).

 

L'ancien cimetière des moines.

 

L'un des rares cimetières abbatiaux présents dans la Manche.
Les tombes visibles sont celles des frères des écoles chrétiennes
et des abbés qui se sont succédé dans la communauté.

Le parc.

 

Vues aériennes avant 1970 : l'étang et les anciens jardins.

 

Etang servant à l'adduction d'eau nécessaire à l'activité du moulin.

Le moulin fournit, du XII° siècle à la Révolution, la farine nécessaire à l'alimentation des Montebourgeois.

 

Situé dans le cadre magnifique de ancienne abbaye, l’établissement scolaire "La Salle Montebourg" regroupe quatre pôles : le collège d’enseignement général, le lycée agricole, le centre de formations pour adultes, et l'exploitation agricole.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.abbayes-normandes.com/
http://www.lasalle-montebourg.fr/

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 juillet 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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