CLISSON  (Loire Atlantique)
Arrondissement de Nantes - Canton de Clisson.
Région Pays de la Loire
 Population :  6.883 Clissonnais en 2015.

 

D'une superficie de 1.140 hectares, et d'une altitude de 7 à 71 mètres,

la ville est traversée par les rivières la Sèvre et la Moine.

Etymologie : le nom vient du mot "Clisse" (treillis de branches).

 

 

Parc de la Garenne Lemot,

sur les bords de la rivière Sèvre Nantaise

 

 

C'est depuis ce domaine de 13 hectares que Frédéric Lemot, à partir de 1805

et à la demande de ses amis nantais les frères Cacault,

réalisa son projet de sauvegarde du château médiéval et de création d'un paysage italien.

Il fut secondé par son intendant François-Joseph Gautret.

 

Chaque fabrique du parc est inspirée directement de la littérature, d'un épisode de l'antiquité, mais aussi

de l'histoire nationale ou locale, sur le modèle des parcs du XVIII° siècle, comme celui d'Ermenonville.

 

Plan du site : (1) Maison du jardinier - (2) Villa Lemot - (3) Rochers Rousseau et Delille - (4) Grotte d'Héloïse,

(5) Edicule à niche - (6) Tombeau à l'Antique - (7) Bains de Diane - (8) Colonne de Madrid,

(9) Borne militaire et le montoir à l'Antique - (10) Temple de Vesta - (11) Temple de l'Amitié - (12) Château.

 

La maison du Portier - La treille de l'entrée du parc - Bords de la Sèvre Nantaise.

 

Les rochers Rousseau et Delille - Statue d'un sénateur romain

 

▪ Le rocher Rousseau contient le poème de l'Anglais William Shenstone déjà gravé dans la grotte de la fontaine du parc d'Ermenonville.
▪ Le rocher Delille supporte depuis 1815 le vers du poète Jacques Delille, tiré de son ouvrage Les Jardins : « Sa masse indestructible a fatigué le temps ». Cette citation est, elle aussi, déjà présente sur un rocher du parc de Mortefontaine, autre célèbre parc à fabriques du XVIII° siècle situé toujours à proximité de la forêt d'Ermenonville.

 

Gravure de 1815, la Sèvre, le temple de l'Amitié et le château - Temple de l'Amitié en 2018.

Propriété du Conseil Général de Loire-Atlantique, le Temple de l’Amitié, s’inspire des temples grecs.

C'est un temple périptère d’ordre dorique sans base, avec 6 colonnes en façade surmontées d’un fronton.

Lemot simplifie le plan, retenant une cella et 4 colonnes doriques surmontées d’un fronton triangulaire en façade.

 

Ce temple doit son nom à l’amitié qui unit les frères Cacault au sculpteur Lemot, initiateurs et créateurs de l’architecture italianisante de Clisson au début du XIX° siècle. Il est édifié par l’architecte Mathurin Crucy, entre 1812 et 1825, sur les fondations de l’ancienne église paroissiale de St Gilles. Le transept est ajouté après 1844 à l’image des deux bras de croix à l’ancienne église romane.

 

Il est construit dans le but d'accueillir la sépulture de ses amis Cacault. La famille Cacault s’opposant au transfert des cendres de Pierre et François Cacault dans le temple, seuls Frédéric Lemot et certains membres de sa famille y sont enterrés.

 

La grotte d'Héloïse - Tombeau à l'Antique - Borne militaire - Edicule à niche.

À Clisson, l’histoire d’Héloïse et de la grotte est le résultat d’une interprétation personnelle du baron Lemot.

À le croire, la grotte aurait été découverte par hasard en 1805 lors de sa première visite à Clisson.

 

▪ Le tombeau à l'antique est dessiné par Crucy. Sculpté par un tailleur de pierre local, il reprend la forme du tombeau de Jean-Jacques Rousseau sur l'île des Peupliers à Ermenonville. Il comportait l'inscription peinte et in Arcadia Ego aujourd'hui effacée.

▪ La borne milliaire est érigée en 1813. Selon François-Frédéric Lemot, la voie romaine entre Nantes et Poitiers traversait le domaine, ce qui s'est révélé en réalité fantaisiste. Cependant, cette borne se voulait un moyen de rappeler le passage de ce chemin dans le parc, le long de la rivière. De l'autre côté du chemin, un montoir en pierre a été aménagé, sur le modèle des sièges antiques servant aux cavaliers romains à monter sur leur cheval.

▪ L'édicule à l'antique est dessiné aussi par Crucy, prenant la forme d'un oratoire rural, tel un laraire antique. Comportant une niche circulaire d'un côté et une niche en hémicycle de l'autre, il était destiné à recevoir une statue de Cérès. Cette statue est aujourd'hui située dans l'allée centrale. L'édicule est construit en pierres et en briques.

 

La  colonne de Madrid  serait un réemploi d'un élément architectural du château de Madrid.

 

Le château de la Renaissance est construit à Neuilly-sur-Seine (92), par François 1er et détruit à la fin du XVIII° siècle. Aucune trace dans les archives ne permet de confirmer cette hypothèse. Cela constitue néanmoins, là encore, un hommage à l'histoire de France et particulièrement à la période de la Renaissance.

 

Les bains de Diane.

 

C'est un enrochement naturel aménagé en 1815 dans le lit de la rivière qui se veut le lieu de repos de la déesse romaine de la chasse. Pour cela, François-Frédéric Lemot s'est inspiré des rives du lac de Nemi près de Rome, et des Métamorphoses d'Ovide. L'effet sauvage des lieux est renforcé par les bosquets de charmes plantés tout autour.

 

 

Le moulin de Plessard est racheté par François-Frédéric Lemot en 1823 qui le laisse en son état initial,

à cheval sur la rivière. Il est reconstruit dans le style italien entre 1851 et 1854 par son fils

et Paul Méchinaud, architecte local. Le bâtiment est encore agrandi en 1901.

 

Le temple de Vesta, la plus grande fabrique du parc.

 Lemot souhaitait qu'un bassin aménagé derrière le temple permette d'alimenter une cascade passant

sous la fabrique et dévalant jusqu'à la Sèvre, afin d'imiter toujours les jardins de Tivoli.

Ce projet n'est pas mené à bien. Seul subsiste un passage voûté dans le soubassement en pierre.

 

Le temple est dû aux plans de Mathurin Crucy, modifiés par Cleemputte et François-Frédéric Lemot. Construit de l'été 1819 à juillet 1822, c'est une allusion directe au temple de Vesta de Tivoli. Prenant la forme d'un tholos, de plan circulaire donc, elle est composée de dix-huit colonnes à chapiteaux doriques, et non corinthiens comme son modèle italien. Les fûts des colonnes ont été taillés dans un granit local mais les chapiteaux et les bases ont été sculptés à Paris. La cella centrale comporte une porte et trois fenêtres. Elle devait contenir en son centre une statue de marbre qui n'a jamais été réalisée. Par contre, les murs entre les fenêtres comportaient des bustes en plâtre et des statuettes en terre cuite qui ont aujourd'hui disparu.

 

 

La maison du jardinier : réplique des fermes de Toscane et d'Ombrie, c'est la première demeure

d'inspiration italienne de style rustique en Vallée de Clisson.

Les briques cintrées, génoises et piliers qui ornent cette bastide en font un chef d'oeuvre de référence.

 

La villa Lemot est à l'image des grandes demeures italiennes

avec une cour d'honneur fermée par une colonnade en hémicycle.

 

Façade côté cour d'honneur.

 

En surplomb de la Sèvre : un belvédère, une loggia et une galerie,

d'où la vue est imprenable sur le Temple de l'Amitié.

 

Sous le Premier Empire, puis la Restauration, le modèle apporté par Lemot fut repris par de nombreux notables et industriels pour reconstruire leurs demeures et usines. Tout au long de la Sèvre, on retrouve ainsi les baies cintrées, appareillées en brique, les combles ouverts et les tours pigeonniers.

 

Baron François-Frédéric Lemot, dit François Lemot, sculpteur néo-classique.

 

François Lémot est né à Lyon le 4 novembre 1771 et mort à Paris le 6 mai 1827.
Il est inhumé à Clisson, dans le Temple de l'Amitié

qu'il avait fait construire face à la Villa et à la Garenne qui portent son nom.

 

François Frédéric Lemot fit ses études à Besançon où il révéla ses dispositions pour le dessin et l'architecture. Puis, ses parents l'envoient à Paris où il suit les cours de l'Académie royale de peinture et de sculpture, dont il remporte le Grand prix de sculpture en 1790 avec son bas-relief du Jugement de Salomon. Il n'avait que 19 ans. Son couronnement fit sensation et il fut reçu à la Cour par la reine Marie Antoinette, qui l'invita à partir pour Rome en tant que pensionnaire du Roi. Il y restera trois ans, poursuivant ses études et s'imprégnant d'italianisme. On lui doit aussi les deux beaux reliefs en marbre à l'antique, la Renommée et l'Histoire (1798), qui ornent toujours la tribune des orateurs à l'Assemblée Nationale.

En 1807, Lemot est associé à la construction de l'Arc de Triomphe du Carrousel. Celui-ci devait être surmonté par un char triomphal conduit par la Victoire et la Paix (de Lemot) et par la statue de Napoléon (Lemot également) qui est, aujourd'hui, à Malmaison. Sous la Restauration, il reçoit deux importantes commandes, la statue équestre d'Henri IV sur le Pont-Neuf à Paris, et la statue équestre de Louis XIV sur la place Bellecour à Lyon. Sous le Consulat et l'Empire, Lemot et l'architecte Mathurin Crucy, François Cacault, diplomate, sénateur et amateur d'art et son frère Pierre René Cacault, artiste peintre, ont beaucoup oeuvré pour la restauration de Clisson dévastée par la Révolution.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.clissonhistoireetpatrimoine.fr/
https://www.google.fr/
https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/Publication du 25/06/2014

Dépliant 10 volets "Promenez-vous dans Clisson et sa vallée", O.T. Clisson

Dépliant 12 volets "Laissez-vous conter Clisson" depuis le pont de la Vallée

Ville et Pays d'Art et d'Histoire, O.T. Clisson

"C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 28 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville