CLISSON  (Loire Atlantique)
Arrondissement de Nantes - Canton de Clisson.
Région Pays de la Loire
 Population :  6.883 Clissonnais en 2015.

 

D'une superficie de 1.140 hectares, et d'une altitude de 7 à 71 mètres,

la ville est traversée par les rivières la Sèvre et la Moine.

Etymologie : le nom vient du mot "Clisse" (treillis de branches).

 

Poitevine d'origine, Clisson devient bretonne en 851 par le traité d'Angers entre Charles le Chauve

et Erispoë, roi de Bretagne. Elle ne cesse alors de grandir et de prospérer.

 

 

Le château de Clisson, des XII° et XV° siècles

 

 

Au carrefour des trois provinces : Anjou, Poitou et Bretagne,

Clisson fut tout à la fois forteresse des Marches, le siège de la famille de Clisson

dont le rôle fut déterminant dans tous les conflits qui déchirèrent la province et,

plus tard, le lieu où se réalisèrent les rêves italiens du sculpteur Frédéric Lemot.

 

(1) Cour seigneuriale - (2) Logis nord - (3) Premier donjon - (4) Logis sud - (5) Logis est,

6) Logis porte - (7) Donjon - (8) Châtelé avancé - (9) Tour Saint Louis - (10) Bastion des Ormes,

(11 & 12) Tours canons, (13) Bastion pour demi-lune.

 

Le XIII° siècle a vu naître la partie la plus ancienne du château encore visible.

Au cours des cinq siècles, ce verrou des marches de Bretagne se renforce de nombreux bastions et enceintes.

 

L'enceinte extérieure.

 

 

L'entrée nord.

 

La porte d'entrée principale, située face au nord dans l'extension voulue par le duc François II, présente des caractéristiques gothiques. Elle est couronnée par des créneaux agrémentés de mâchicoulis. À l'origine, un pont-levis à flèche garantissait l'accès à la porte, d'où la présence de deux longues glissières au-dessus de celle-ci. Entre les glissières se trouve aujourd'hui une niche carrée vide qui accueillait, en son temps, les armes de la Bretagne puis celles de la famille d'Avaugour, héritiers bâtards de François II.

 

Le château est édifié sur ordre de Geoffroy Martel dans les années 1058-1060.

Geoffroy Martel (1006-1060) n'a de cesse de conquérir de nombreux territoires de l'ouest

avant de devenir comte d'Anjou à la mort de son père (Foulques III Nerra).

 

 

Construit sur un site naturellement stratégique, au confluent de la Sèvre Nantaise et le la Moine,

le château permet de contrôler un territoire complexe entre Bretagne, Anjou et Poitou.

 

Olivier de Clisson.

 

Olivier V de Clisson, est né le 23 avril 1336 au château de Clisson et mort le 23 avril 1407 au château de Josselin.

C'est un grand seigneur féodal breton, connétable de France, comte de Porhoët, baron de Pontchâteau.

 

Représentant le plus illustre de la famille de Clisson, sa cruauté au combat lui vaut d'être surnommé le Boucher.

Ü Détail du tombeau d'Olivier de Clisson, à Josselin (56).

 

Après s'être opposé à Bertrand du Guesclin, Olivier de Clisson finit par servir sous ses ordres

et lui succéda en tant que connétable de France en 1380.

 

Au XIV° siècle, Olivier III de Clisson incorpore un châtelet servant d'accès à la cour. Ce châtelet est, par la suite, modifié en un gros donjon quadrangulaire. Le château devient le cadre des vies mouvementées d'Olivier IV de Clisson puis d'Olivier V de Clisson. Olivier IV, tout d'abord, présumé coupable d'entente avec les Anglais, est décapité aux Halles de Paris le 2 août 1343, sur ordre du roi de France Philippe VI de Valois. Sa femme, Jeanne de Belleville, se réfugie en Angleterre avec son fils, Olivier V, qui retrouve ses possessions après son alliance avec les Français. Mais ce riche seigneur, devenu connétable en 1380, ne réside que très peu à Clisson, dont le château, dans lequel il est né, est peut-être confié à un châtelain.

Après 1420, Marguerite de Clisson, fille d'Olivier V et comtesse de Penthièvre, accusée de trahison envers le duc de Bretagne Jean V est dépossédée de ses biens : le château devient propriété du duc de Bretagne et apanage de Richard d'Étampes, le 29 septembre 1420. Les Penthièvre s'enfuient, mais cantonnent tout de même une garnison dans la ville. Pour enfin disposer pleinement de son bien, Richard doit assiéger le château et la ville. La reddition de la ville ne tarde pas, peu avant le 5 octobre 1420.

 

 

La face est du château et la Sèvre Nantaise.

D'abord château en bois élevé sur un éperon rocheux, il devient vite une forteresse imprenable

dans laquelle la famille de Clisson va s'établir dès la deuxième moitié du XI°siècle.

 

Le château est, au XV° siècle intégré dans le système de défense intra-muros de la ville. Au sud, l'enceinte de la ville est constituée des remparts extérieurs du château ; au bord de la rivière, le moulin seigneurial, également fortifié, est séparé du château par l'une des trois portes de la ville, dite porte « Bondonneau ». Après le pont sur la Sèvre, les remparts se poursuivent vers le nord puis, au niveau de la « tour de Cuchaud », remontent les coteaux jusqu'à la porte Saint-Jacques (à l'extrémité nord de la rue des halles). Les remparts continuent vers l'ouest jusqu'à la place du Connétable et descendent vers le sud jusqu'à la tour de la prison du château. Un chemin à travers les bastions mène à la porte « Cabareau », ou « Cahareau ».

 

Les descendants de François II transforment peu à peu le château en résidence plus confortable.

A la fin du XVI° siècle, ils décident toutefois de le fortifier encore pour faire face aux protestants,

lors des guerres de religion.

Un bastion en forme de demi-lune est construit afin de protéger le front sud avec des armes à feu (canons...)

 

Après la chute des seigneurs de Clisson, le château devient la propriété des ducs de Bretagne puis de leurs descendants. Le duc François II de Bretagne transforme le château en véritable forteresse avec l'adjonction d'une seconde enceinte munie de nombreuses tours défensives couvrant la partie ouest, plus exposée.

 

 

Le donjon ou tour maîtresse, édifié au milieu du XIII° au XIV°  pour augmenter la défense sur le front sud.

Il est composé de deux tours et s'élève sur six niveaux.

Au rez-de-chaussée, deux niveaux sont réservés aux soldats.

 

Au centre de la tour, la famille seigneuriale possède trois étages de pièces de vie.

Enfin, le sixième niveau, est aussi un lieu militaire où les soldats peuvent monter la garde.

Ce donjon symbolise le pouvoir du seigneur sur le territoire.

 

Le châtelet, côté cour intérieure.

 

Le bastion des ormes.

 

La porte sud donne sur le fossé sud du château ; elle s'ouvre sur une courtine terrassée. À l'origine,

la porte sud est pourvue d'un pont-levis à bras, la façade étant percée de deux saignées verticales.

 

A la fin du XV° siècle, le duc de Bretagne François II devient propriétaire du château et fait adapter le château aux canons, car au XV° siècle, les armes à feu sont de plus en plus employées lors des guerres de siège.  Après l'extension de la courtine nord et l'élévation d'une porte monumentale, il fait bâtir un bastion dédié aux armes à feu. Deux niveaux de tirs permettent ainsi d'accueillir des canons de différents calibres. Un pont-levis à flèches protège l'entrée de ce bastion.

 

François II, duc de Bretagne

 

Il est né le 23 juin 1435 au château de Clisson et mort le 9 septembre 1488 à Couëron. C'est le 4° enfant et seul fils survivant de Richard d'Étampes, il est comte titulaire d'Étampes et vit à la cour de France lorsqu'il hérite du duché de Bretagne et des comtés de Richemont et de Vertus.

L'ordre de succession au trône de Bretagne avait été modifié par le premier traité de Guérande en 1365 ; pour éviter toute contestation, voire une nouvelle crise de succession, le duc François Ier lui fait épouser sa fille aînée Marguerite, héritière selon la tradition antérieure au traité de Guérande. Il accède au trône en 1458 après la mort de ses cousins François Ier et Pierre II et de son oncle Arthur III, le connétable de Richemont.

 

Ü Gisant de François II, cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes.

 

En conflit avec le roi de France, François II, duc de Bretagne souhaite préserver l'indépendance du duché de Bretagne. Cette guerre franco-bretonne prend fin à la bataille de Saint André-du-Cormier le 28 juillet 1488. Deux mois après cette défaite de l'armée bretonne, François II décède. Le duché passe aux mains de sa fille Anne de Bretagne. Il faut néanmoins attendre 1532 pour que la Bretagne soir rattachée à la France.

 

 

La cour seigneuriale.

 

Le château comprend deux barbacanes dont la première date du XIII° siècle ; la seconde, du XV° siècle, est issue des travaux de fortification engagés par François II. La barbacane primitive est constituée, à l'origine, de deux tours, l'une donnant sur le nord et l'autre flanquant l'entrée. Un petit bâtiment muni d'un escalier marque l'autre côté de cette entrée. Au cours du XIV° siècle, les seigneurs de Clisson construisent un autre bâtiment de forme carrée, à côté de l'escalier, pour renforcer le flanc droit de l'entrée.

Le besoin d'un nouvel ouvrage avancé pour protéger le noyau castral se fait ressentir. C'est dans cette optique que ce bâtiment est construit en 1456. Cette nouvelle barbacane est séparée de l'ancienne par le fossé de l'ancien château. Une arche de pierre suivie d'un pont-levis sont édifiés pour accéder à la barbacane primitive depuis ce bastion. L'ouvrage est plutôt bas et des embrasures permettent d'y glisser les fûts des canons. Dépourvu de toit, il dispose, dans sa partie supérieure, d'un chemin de ronde protégé par un parapet percé de meurtrières. Le bastion porte le nom de « bastion des Ormes », car deux ormes ont poussé dans son enceinte. En 1480, François II décide de la construction d'une nouvelle enceinte qui englobe cette deuxième barbacane.

 

Le logis porte Ouest, ou grand Châtelet.

 

Les deux tours rectangulaires.

 

Le châtelet avancé : cette porte édifiée au début du XIII° siècle est,

à cette époque, la porte d'entrée du château.

Elle se compose de deux tours et d'un passage défensif avec pont, archère, assommoirs, herse et porte.

Au XIV° siècle un étage ainsi qu'un corps de logis adossé à droite du passage

sont édifiés afin de créer des espaces résidentiels.

 

Le logis Est.

 

 

Photo de gauche, le bastion nord

Ce grand logis de type princier est construit à la fin du XIV° siècle.

Composé de deux tours semi-circulaires

 il abrite des espaces de vie dont témoignent encore les différentes portes, baies et cheminées.

 

Ce logis-porte est à la fois défensif et résidentiel et probablement édifié entre le XIII° et le milieu du XIV° siècle. Le passage voûté comporte de nombreux éléments visant à bloquer les ennemis : archères, assommoir, herse, porte. Le sommet est également couronné d'une série de mâchicoulis.

 

Les grandes fenêtres du logis seigneurial.

 

Depuis la terrasse du bastion nord, vue sur l'église Notre-Dame et la ville.

 

Entrée de la deuxième cour.

 

Dans la tour sud-ouest, présentation d'une vidéo racontant la passion de l'artiste sculpteur

François-Frédéric Lemot pour le Moyen Age.

 

La cour seigneuriale.

 

Cette cour symbolise le lieu de pouvoir.

C'est ici que demeurent les seigneurs de Clisson et leur famille probablement dès le XI° siècle.

Au centre, la citerne permet un apport en eau aux habitants du château.

Autour de cette cour, les différents logis sont construits entre le XI° et XV° siècle

 

Sur le puits, une plaque mentionne : "Ici le 8 février 1794, 18 Clissonnais furent massacrés et jetés dans ce puits par la colonne infernale du général Cordelier et exhumés en février 1961 à l'instigation du Souvenir Vendéen (1961-1992)".

 

Le logis nord.

Le logis nord est adossé à la première courtine en pierre, construite au XII° siècle.

Pour éclairer ce logis, de petites fenêtres romanes ont été percées dans les murs.

Il est également relié à la première tour en pierre du château ou premier donjon.

Dans cette tour carrée résidentielle se trouve un escalier en vis.

 

 

 

Intérieur de la petite tour jumelle du donjon.

 

 

Le logis sud.

 

Ce logis est construit au revers d'une courtine, du XII°siècle.

Très remanié, il a perdu son apparence médiévale.

 

 

En 1647, Louis d'Avaugour épouse Louise de Balzac d'Entragues. Il est si jaloux qu'il confine sa belle

dans la forteresse de Clisson nommée parfois : "La prison dorée aux sept ponts levis".

Au XVIII° siècle, le famille Rohan hérite du château de Clisson.

Ne désirant pas vivre dans cette forteresse, les propriétaires vendent les meubles et objets.

 

 En 1793, la guerre de Vendée ravage tout. La forteresse de Clisson n'échappe pas à ces massacres.

Les "Mayençais de Kléber" attaquent et brûlent le château. L'histoire retient que l'incendie dura 1 mois.

Déserté par ses châtelains au milieu du XVIII° siècle,

le château est incendié par les troupes républicaines pendant la guerre de Vendée.

 

La tour Saint Louis : tout comme le châtelet avancé, cette tour est édifiée au début du XIII° siècle sur un rocher.

Uniquement dotée d'archères à sa construction, elle est par la suite adaptée aux canons puis percée de baies.

Tour défensive autant que persuasive, elle permet de contrôler le coté le plus vulnérable du château.

 

En 1807, François Frédéric Lemot, connu entre autre pour la statue équestre de Henri IV,

achète les ruines de Clisson.  En 1847, Gustave Flaubert découvre le château de Clisson.

Il consigne ses sensations dans une œuvre intitulée : Par les champs et les grèves.

 

Les tours à canons.

 

 

 

Dans le contexte très troublé de la guerre franco-bretonne qui oppose François II au roi de France

de 1465 à 1488, deux tours à canons sont élevées.

 

 

 

 

Les tours sont constituées de casemates au sous-sol et de logis aux étages. Les casemates sont des salles

basses où sont utilisées les canons. Les logis, quant à eux, sont les lieux de vie des capitaines.

 

Ces tours d'artillerie sont composées de chemins de ronde percés de mâchicoulis et de canonnières.

Trois nouveaux niveaux de tirs protègent alors ce côté du château.

 

 

Dans le logis Est, ce grand seigneur breton devenu connétable de France en 1380 a voulu symboliser

dans la pierre son ascension sociale et son pouvoir :

grandes ouvertures, salle d'apparat, cheminées à chaque étage, construction d'un cabinet d'aisance,

création de cuisine au revers de la cheminée de la grande salle.

 

En 1962, le château est racheté à la famille Lemot par le conseil général de la Loire-Atlantique qui y mène d'importants travaux de restauration avec l'aide du ministère de la Culture. Les logis des deux tours ouest bénéficient d'une restauration par les compagnons du devoir.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/clisson.htm

Dépliant 10 volets "Promenez-vous dans Clisson et sa vallée", O.T. Clisson

Dépliant 12 volets "Laissez-vous conter Clisson" depuis le pont de la Vallée

Ville et Pays d'Art et d'Histoire, O.T. Clisson

Dépliant 12 pages "Plan de visite", Département de Loire Atlantique, 2017

"C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 28 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville