SAINT JACQUES-DES-GUÉRETS  (Loir-et-Cher)
Arrondissement de Vendôme - Canton de Montoire-sur-le-Loir.

Région Centre-Val-de-Loire.
 Population : 88 Jacqueguéretois en 2016.

 

D'une superficie de 181 hectares, et d'une altitude de 60 à 67 mètres,

le village est traversé par la rivière le Loir.

 

Vues aériennes avant 1970.

Située en face de Troo, sur la rive gauche du Loir, l'église Saint Jacques est du XII° siècle.

 

 

Eglise romane Saint Jacques

 

 

L'église est dédiée à Saint Jacques le Majeur, apôtre évangélisateur de l'Espagne.

Le pèlerinage vers Saint Jacques-de-Compostelle, en Galice, a donné une grande importance au XI° siècle au village.

L’église dépendait de l’abbaye Saint-Georges des Bois, dans le Maine-et-Loire.

 

 

Dans le cimetière, face à l'entrée de l'église, une croix de pierre.

Le portail occidental, de la fin du XII° siècle est pratiqué dans un avant-corps couronné

d'une corniche à modillons et d'un haut glacis, entre deux oculi.

Les trois archivoltes en tiers-point, aux tores bordés d'une ligne de fleurettes, retombent sur des colonnettes.

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental, et les deux autels.

Composée d’une nef unique, l'église se termine par une abside semi-circulaire

dont la couverture lambrissée date du XVI° siècle.

 

Fonts baptismaux du XII° siècle. Statues en bois de Saint Augustin et de Saint Jacques.

 

La charpente avec entraits aux abouts et à partie centrale sculptés.

La voûte lambrissée, refaite au XVI° siècle présente les traces d’un décor peint.

L' abside semi-circulaire est éclairée par trois fenêtres en plein cintre.

 

L'arc triomphal en bois du XVII° siècle souligne le passage de la nef au choeur.

 

Les peintures murales.

 

Rare ensemble de 13 compositions de peintures murales du XII° siècle,

plus précisément de la période 1130-1170.

Ensembles encadrés de bordures ornementales à dessins géométriques, en haut et sur les côtés.

En bas, des draperies à plis uniformes retombent près du sol.

Ne subsiste aujourd'hui que le décor sur les parois de l'abside et d'un tiers de la nef.

 

 

Les peintures murales ornent également les espaces entre les fenêtres en plein cintre.

Exécutées à fresque, les décorations des murs de l’édifice sont très riches,

autant dans la diversité des sujets que dans la magnificence des compositions.

 

La Cène : dernier repas pris par le Christ avec ses apôtres. Les personnages assis de chaque côte du Christ

sont ses apôtres. A sa gauche, St Pierre est reconnaissable à sa clé.

A sa droite, St Jean, penché sur sa poitrine. Judas est agenouillé devant le Christ.

 

Dans l'abside semi circulaire voûtée en cul de four, le décor reprend la tradition en représentant

le Christ en gloire et le Christ rédempteur des hommes.

Le Christ en majesté figure dans une mandorle en forme d'amande. Il est entouré du tétra morphe,

(c'est-à-dire des symboles des 4 évangélistes) :
St Marc, le lion - St Luc, le boeuf - St Jean, l'aigle - St Matthieu, l'homme (ou l'ange).

 

Le martyre de Saint Jacques : le roi Hérode Agrippa , avec son manteau noir et les jambes croisées,

donne l'ordre à son serviteur de trancher la tête de l'apôtre Jacques (le vieillard à barbe blanche).

Ce sont les reliques de Saint Jacques qui étaient vénérées à Saint Jacques de Compostelle.

 

 

Statues en bois peint de Saint Jacques et Saint Pierre, du XVI° siècle.

 

Les peintures murales des XII° et XIII° siècles.

 

Ces peintures ont été découvertes en 1890-1891. La variété des scènes, la richesse des coloris

(palette de couleurs exceptionnelle avec l’emploi de lapis-lazuli)

en font un des ensembles majeurs de la vallée du Loir.
L’emploi du lapis-lazuli, seul ou associé à d’autres couleurs, a permis une palette

de bleu, d’émeraude, de vert et de violet mis en valeur par les ocres jaune et rouge.

 

Les peintures les plus significatives sont certainement celle de la Crucifixion et celle du Christ en Majesté

avec les quatre animaux évangéliques visibles dans l’abside.

 

 ▪ Le Christ en majesté, dans une mandorle, accompagné du tétra morphe. Les vêtements aux couleurs variées sont doublés d’étoffes richement brodées de petits motifs.
 ▪ Au registre inférieur, la Cène : le Christ et les apôtres sont rassemblés autour d’une table sur laquelle on distingue pains, poissons, plats, pichets et coupes.
 ▪ La Crucifixion : le Christ est représenté sur une croix pattée, mi-partie émeraude, mi-partie noire, ornée de cabochons ; la Vierge et saint Jean se tiennent de part et d’autre ; dans la partie supérieure, la lune et le soleil se voilent la face tandis que les nuées envahissent le ciel.
 ▪ Au registre inférieur, la Résurrection des morts est accompagnée d’un ange vêtu d’un manteau bleu à l’ample drapé.
 ▪ Dans la partie supérieure, les restes d’une scène du XII° siècle, représentent le Paradis, et saint Pierre qui y fait entrer deux élus.
 ▪ Au niveau inférieur, le Martyre de saint Jacques, grande scène où les trois personnages (le roi Hérode, le bourreau et le martyr) sont comme saisis dans l’instantané du geste fatal. A droite de la tête du Roi apparaît une tête d’ange, élément d’un décor antérieur non dégagé.
 ▪ En haut, le Miracle de saint Nicolas : le saint évêque, à gauche, lance trois pièces d’or au père de trois jeunes filles pour les sauver de la prostitution ; sous une architecture feinte, le père est assis près de ses filles endormies, chacune dans une couverture aux savants enroulements ; à droite, la Vierge accompagne la scène.
 ▪ En dessous, la Résurrection de Lazare : le sarcophage orné de strigiles, au centre, est ouvert par un serviteur et Lazare, assis, est encore entouré de bandelettes ; le Christ, face à lui, tend la main pour l’inviter à reprendre vie ; à droite, les sœurs de Lazare sont étonnées et émerveillées ; à gauche, deux apôtres observent la scène.
 ▪ La Descente du Christ aux Limbes (scène monumentale occupant toute la hauteur du mur) : à droite, le Christ, aux grandioses proportions, en compagnie des anges, fait sortir Adam et Eve des Limbes et leur fait passer la porte du Paradis ; en haut, les patriarches assis côte à côte dans la béatitude céleste ; au centre, les Limbes, lieu d’attente et de souffrance ; en bas, dans l’enfer, les réprouvés sont torturés par des diables et des bêtes au pelage moucheté de brun.
 ▪ Juste après cette scène, il ne reste que deux cavaliers (XIII° siècle). Les trois autres ont été sacrifiés pour dégager la totalité de la scène précédente.
 ▪ Quelques lambeaux évoquent le Golgotha avec, au premier plan, une Pietà et, à l’arrière, la ville de Jérusalem.
 ▪ La Nativité : l’Enfant Jésus dans un couffin tressé, au centre, est veillé par l’âne et le bœuf ; à droite, saint Joseph, debout ; en bas, la Vierge, allongée ; l’étoile et la lampe suspendue accompagnent une architecture feinte isolant la scène.
 ▪ La partie supérieure est occupée par le Massacre des Innocents : soldats saisissant les enfants, femmes effondrées à terre, implorant ou pleurant près de leurs enfants égorgés.
 ▪ Les croix de consécration, réparties régulièrement, sont visibles en de nombreux endroits.

 

Les vagues de restauration entreprises par la commune, avec l’aide de l’État

et du Conseil général du Loir-et-Cher, ont permis de conserver au mieux ces représentations.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Fiche Mérimée : PA00098582/http://www2.culture.gouv.fr/
"Dictionnaire des églises de France", Val-de-Loire, Berry

Volume IIId, Editions Robert Laffont,1967

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 août 2018

 

 

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