LAVARDIN  (Loir-et-Cher)
Arrondissement de Vendôme - Canton de Montoire-sur-le-Loir

Région Centre-Val-de-Loire.
 Population : 188 Lavardinois en 2015.

 

D'une superficie de 671 hectares, et d'une altitude de 63 à 146 mètres,

le village est traversé par la rivière le Loir.

Lavardin, capitale de la Chouine, et village classé parmi les plus beaux de France.

 

La chouine est un jeu de cartes répandu dans le Centre-Ouest de la France et tout particulièrement dans la Vallée du Loir. Sa création remonterait, dit-on, au XVI° siècle. C'est à Jacques Proust que l'on doit la création du "championnat du monde". Tout le monde peut jouer, les enfants comme les adultes.

 

Vues aériennes avant 1970 : le village, le château construit sur un promontoire rocheux, et l'église St Genest.

 

 

Eglise romane Saint Genest

 

 

C'était à l'origine un prieuré dépendant de l'abbaye Saint Georges-des-Bois.

Malgré l'archaïsme de son architecture et de ses sculptures, il s'agirait selon une étude,

d'un édifice homogène de la fin du XI° siècle, voire de la première moitié du XII° siècle.

 

Depuis le château médiéval, vue sur l'église Saint Genest.

 

Sur le clocher-porche, deux bas-reliefs, le Christ en gloire,

sans doute l'Ascension du Christ au-dessus de la porte Nord.

Les baies romanes du clocher-porche sont en partie murées.

  La porte de la façade est de style Renaissance. La partie supérieure du clocher

a été endommagée lors du siège du château en 1590, à la fin des Guerres de Religion.

 

Le chevet et les chapelles rayonnantes ont été très restaurées.

 

L'abside et les fenêtres Nord du bas-côté sont richement ornées.

Les murs de la nef sont ornés à l'extérieur de colonnettes et de modillons sculptés.

Répartis sur le pourtour de l'église, des pierres sculptées en remploi et des graffiti.

 

La nef est couverte à l'intérieur, d'une voûte lambrissée.

Elle est à trois travées et flanquée de bas-côtés.

 

 

Tous les piliers de la nef sont ornés. Les piliers du choeur sont plus intéressants par leur archaïsme.

Sur le chapiteau Sud, des quadrupèdes s'affrontent, sur celui du Nord, peut-être Saint Benoît et une Vierge-mère,

différents Saints, dont St Jacques le Mineur, vêtu en pèlerin, du XIV° siècle.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef. Chaire à prêcher XVIII° siècle.

Les grandes arcades en plein cintre reposent sur des piles carrées ornées d'une simple imposte

à décor de rinceaux feuillagés ou d'animaux fantastiques.

 

Les bas-côtés présentent des arcs-diaphragmes reliant les piliers aux murs latéraux.

 

Les peintures peintes.

 

Mises au jour par l'abbé Pitté, les fresques du choeur et des bas cotés ont été réalisées

aux XII°, XIII° et XIV° siècles, celles de la nef sont du XV° siècle,

avant d'être badigeonnées, à la chaux au XVI° siècle, lorsque l'art médiéval a cessé d'être à la mode.

(certaines de ces fresques sont reproduites au Musée des Monuments Français à Paris).

 

 

Les fenêtres du bas-côté Nord sont ornées de fresques.

 

Statues en bois peint du XVIII° siècle, dont une Vierge à l'enfant.

 

 

Extrait de la fresque murale du Jugement Dernier (les Damnés)

 

Ces peintures murales, datées entre le XII° et le XIV° siècle, découvertes en 1913 et restaurées récemment,  représentent notamment un magnifique Christ entre les quatre symboles évangélistes, les scènes du Jugement dernier ou encore les scènes de la Passion.

 

Le choeur ouvre sur ses collatéraux par deux arcades en plein cintre retombant sur d'épaisses colonnes.

 

 

Dans le choeur, au Sud, se trouvent les scènes de la Passion, au Nord, le lavement des pieds,

sur la voûte, des anges musiciens.

Dans l'absidiole sud (du XV° siècle), le Paradis, l'Enfer, le Purgatoire, Saint Christophe, etc...

 

Au Nord du choeur figurent le baptême du Christ et l'arbre de Jessé.

 

Pierres  certainement utilisées en remploi.

 

Depuis le portail occidental, vue sur le choeur et les deux autels latéraux, qui sont du XVIII° siècle.

L'abside est voûtée en cul-de-four. Elle est éclairée par trois fenêtres

et s'ouvre sur la travée droite du choeur par un arc également surbaissé reposant sur des colonnes engagées.

 

Retables du XVIII° siècle.

Les bas-côtés sont éclairés par quatre fenêtres et séparés par des arcs diaphragmes en plein cintre

reposant sur des dosserets peu saillants encastrés dans les murs latéraux ou dans les piliers de la nef.

 

Le choeur, voûté en cul-de-four, est précédé d'une travée droite à deux arcades reposant sur des colonnes rondes

aux curieux chapiteaux massifs, à décor de spirales, entrelacs, félins, visages à peine ébauchés.

(Peut-être s'agit-il de remplois d'éléments de l'église antérieure).

 

Fresques murales du choeur et de l'abside

 

Le Christ en majesté, dans une mandorle, est entouré du tétra morphe

(symboles groupés des quatre évangélistes entourant le Christ en majesté :

l’aigle de saint Jean, le lion de Saint Marc, le taureau de saint Luc,

l’homme ailé de saint Matthieu) ; l’ange est presque totalement effacé

 

Les fresques véritables (peinture à fresco) sont réalisées sur un enduit frais. Le mur est recouvert d'une première couche d'enduit (chaux mêlée de sable), puis d'une couche plus fine fortement dosée en chaux. L'enduit n'étant pas encore sec, l'artiste réalise son  oeuvre le jour même avec des peintures à l'eau (terres et pierres broyées). Il se produit une réaction chimique qui fixe les pigments et assure la solidité de la fresque. Mais souvent, l'artiste ne réalise à fresco que les dessins préparatoires et termine son oeuvre a secco ou à la détrempe avec des peintures à la colle. Les pigments sont constitués de terres naturelles (ocres, terres vertes) qui sont mélangées à des matières organiques telles que la colle de peau, caséine. (Ces peintures sont moins résistantes, se détachent, s'effacent, ce qui rend la lecture des scènes difficiles.

 

 

Le village

 

 

Par la beauté de son site et l'intérêt de son patrimoine architectural,

Lavardin est incontestablement l'un des plus remarquables villages de France.

 

Le village que les romains ont appelés Labricinum Lavarzinum, a connu, en fait, la préhistoire, et la Gaule y forgea ses armes. La chrétienté s'y implanta et laissa deux prieurés, Saint Gildéric, devenu Saint Martin, et Saint Genest, aujourd'hui église paroissiale. Les Mérovingiens ont légué des sarcophages et depuis le X° siècle, des seigneurs se sont succédés au château. Les troupes d'Henri IV en firent une ruine, ainsi que des maisons et des caves fraîches, et des habitations troglodytiques.

 

Le pont gothique a été construit à la fin du XII° siècle ou au début du XIII° siècle.
Long de 56 mètres, il repose sur huit arches dont cinq ont conservé leur forme en tiers-point,

les trois autres plus modernes étant détruites en 1870 par l'armée et reconstruites en plein cintre.

 

Le loir et le lavoir.

Comme beaucoup de pont de cette importance il devait être pourvu d'un poste de péage refuge,

qui devait se trouver au milieu du pont sur l'arche batelière disparue aujourd'hui.

 

Le prieuré Saint Genest, ancien presbytère jusqu'en 1949, est devenu mairie.
Situé en face de l'Eglise Saint-Genest, son origine remonte au XII° siècle.

Long de 11 mètres et large de 5,70 m, aux murs épais de plus d'un mètre, le bâtiment était de style roman.

 

 Mais à la fin du XIII° siècle, le prieuré subit des transformations, deux étages superposés de voûtes d'ogives et d'autres bâtiments aujourd'hui disparus. Au rez-de-chaussée, on remarque des ogives délicates qui ornent le plafond tandis que sur le mur du fond deux fenêtres romanes ont été murées. Au premier étage, la grande salle servant maintenant de salle des fêtes, comprend deux travées voûtées d'ogives. Elle était auparavant divisée par un mur car c'était la résidence du prieur-curé. Depuis que le presbytère est devenu mairie, le mur a été supprimé permettant de retrouver et d'admirer la salle dans son ensemble.

 

La maison gothique ( dite maison Perrault), du XII° siècle.
Au-dessus du perron en pierre la porte d'entrée, en ogive, est accompagnée à l'étage de trois fenêtres

aux gracieuses colonnettes sculptées entre des arcs brisés abritant de belles ouvertures tréflées.
Le comte de Vendôme et seigneur de Lavardin aurait donné  ce logis vers 1365

aux chanoines réguliers de Saint Georges de Vendôme, d'où le caractère religieux de l'édifice.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.lavardin.net/

http://www2.culture.gouv.fr/public/Fiche Mérimée : PA41000038

Dictionnaire des églises de France, "Val-de-Loire, Berry

Volume IIId, Editions Robert Laffont, 1967

Dépliants 3 volets "Eglise St Genest", disponible à l'entrée de l'édifice

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville