LAVARDIN  (Loir-et-Cher)
Arrondissement de Vendôme - Canton de Montoire-sur-le-Loir

Région Centre-Val-de-Loire.
 Population : 188 Lavardinois en 2015.

 

D'une superficie de 671 hectares, et d'une altitude de 63 à 146 mètres,

le village est traversé par la rivière le Loir.

 

 

Château médiéval

 

 

Le château actuel a été construit en plusieurs étapes : le donjon, vers la fin du XI° siècle,

les fortifications et les logis à la fin du XII° siècle, aux XIV° et XV° siècles.


Le château s'élève sur un promontoire rocheux qui se divise en paliers, le dernier s'élevant à 45 mètres au-dessus de la rivière Loir. Il était, de ce fait, organisé en trois parties, correspondant à ces paliers, chacun d'entre eux protégé par une enceinte.

 

Vues aériennes, avant 1970. Construit sur un promontoire, le château domine la Vallée du Loir.

Initialement, siège d'une Seigneurie relevant du comte de Vendôme, le château est devenu ensuite,

par le mariage de Richilde de Lavardin avec Jean I, comte de Vendôme,

la propriété directe des comtes de Vendôme.

 

En 1188, les milices de Montoire et de Lavardin s'unirent aux troupes du roi de France, Philippe-Auguste pour empêcher la prise de la forteresse par Richard Coeur de Lion, celui-ci dut en lever le siège. Vers 1380, Jean VII de Bourbon, comte de Vendôme, reconstruit le château en améliorant le confort et le décor : voûtes du donjon, escalier en vis permettant d'accéder aux étages. Le roi de France Charles VII y résida en 1447, pendant que son armée assiégeait Le Mans. Il y signe avec les Anglais la Trêve de Lavardin. Disgracié par le roi Louis XI, le comte de Vendôme Jean VIII de Bourbon s'installe à demeure dans ce château.

En 1589, pendant les Guerres de Religion, la forteresse tenue par les Ligueurs, est assiégée et prise par le Prince de Conti pour le compte d'Henri IV, roi de France. Le château est alors démantelé. Depuis une cinquantaine d'années le château est l'objet de restaurations partielles.

 

Le châtelet.

 

Le châtelet est composé de deux tours protégeant l'entrée principale,

avec herse de bois, assommoir de la fin du XII° siècle, puis un pont-levis à flèches,

galerie de mâchicoulis, embrasures pour le canon (vers 1400).

 

Façade côté des douves et côté de la basse-cour.

Dans cette basse-cour s'activaient les serviteurs et une garnison réduite.

 

Plan du site.

(P1) Palier du promontoire - (P2) Deuxième palier - (P3) Donjon.

(1) Chatelet - (2) Escalier extérieur - (3) Logis-Tour - (4) Emplacement des cuisines,

(5) Chapelle castrale - (6) Grand logis - (7) Escalier d'apparat - (8) Grand souterrain,

(8) Donjon et chemise - ((9) Ouvrage avancé.

 

Le palier du promontoire (P1 sur le plan).

 

Ce premier palier est l'espace de travail et de vie des serviteurs et des hommes d'armes.

 

Depuis le donjon, vue sur la chapelle et le châtelet, et au fond, le village.

 

Les caves troglodytiques.

 

Entrée probable des cuisines.

 

 

Les cuisines, qui possédaient un grand four, cheminées et caves.

 

 

Entrée du cellier et des souterrains,

vestiges de l'escalier d'accès au deuxième étage.

 

En entrant à gauche, accès inférieur d'un puits utilisable depuis le deuxième palier, deux corps de garde séparés (XV° siècle), grand cellier renforcé d'arcs brisés (fin XII° siècle), recreusé jusqu'à déboucher à l'extérieur, protégé au fond par une embrasure pour arme à feu (XV° siècle). A droite, rampe d'accès (XV° siècle) menant à la partie basse de la chapelle, et au milieu, départ d'escalier menant au logis du deuxième palier.

 

Le deuxième palier  (P2 sur le plan).

 

Le second palier était aménagé en plusieurs logis.

 

 

 

 

 

À l'Est, on trouve le logis (XII°-XIV-XV° siècles) qui est attribué au capitaine-châtelain,

au nord, ce qui pourrait être la crypte de la chapelle castrale (XV°siècle) ; au centre, un grand logis d'apparat bâti dans les dernières années du XV° siècle, à partir d’un logis plus ancien (XII° siècle).

Une salle de garde (fin XV° siècle) est installée sous cet escalier

afin de contrôler le passage dans les galeries souterraines.

 

Voûtes aux armes des Bourbons-Vendôme.

 

Par l'escalier de la chapelle, accès au réseau des souterrains. A l'extrémité du palier : logis-tour (XII°-XV° siècles) attribué au capitaine-châtelain, petit vassal chargé de la garde du château en l'absence du comte (XIII° siècle au XVI° siècle). Il est protégé par un corps de garde (XV° siècle) surveillant également le débouché de l'escalier donnant accès au deuxième palier, tour carrée à archères.

 

 

Voûtes de la chapelle castrale.

L'escalier  d'apparat (vers 1490), permettant l'accès au grand logis.

 

Le donjon rectangulaire de 26 m de haut  (P3 sur le plan),

des XI° et XII° siècles. Il a été fortement remanié aux XIV et XV° siècles.

 

La chemise du donjon est une épaisse muraille du XII° siècle, remaniée au XV° siècle,

avec contrefort du XIV° siècle. Certains murs ont glissé lors du démantèlement, restent vers le sud,

un pan à embrasures du XV° siècle et un autre vers l'est percé d'archères du XIII° siècle.

 

Dans la tour pleine qui flanque le donjon au Sud-Ouest

on a creusé, au XIV° siècle, un cachot obscur seulement accessible par un puits.

Les paliers supérieurs du promontoire sont creusés de plusieurs galeries souterraines,

permettant de circuler dans tout le château et même d'atteindre le fossé du donjon.

 

Depuis le donjon un splendide panorama permet de découvrir le village, l'église, le Loir et le pont.

 

Le donjon est une édification d'un logis-salle (domicilium) par Hervé de Beaugency au XI° siècle. Deux tours d'angle, formant contrefort sont bâties par Bouchard IV à la fin du XII° siècle. La tour sud (dite à tort des oubliettes) renferme une pièce obscure. Des mâchicoulis du XV° siècle couronnent le donjon. La tour nord, massive est dite "tour de guet". A l'est une porte basse du XIV° siècle avec blason (lys et lionceaux) armes de Jean VII.

 

Au rez-de-chaussée du donjon, une salle basse, fenêtre du XII° siècle, arcs formerets,

retombées d'ogives du XIV° siècle, puits. C'était la salle des gardes du donjon.

 

Au premier étage, une cheminée avec blason (trois fleurs de lys) accostée d'anges. Très décorée,

c'est de là que le seigneur rendait justice et distribuait ses ordres diffusés par un conduit dans la muraille.

Ici furent reçus Charles VII et Agnès Sorel "dame de Beauté". Le Roi y promulgua la "trêve de Lavardin".

 

▪ Au deuxième étage : voûtes élégantes, culots sculptés ; ailes, anges, lions, ours, blasons. Sur ce mur Ouest une cheminée simple, de belle allure. Etage réservé à la famille du seigneur.


▪ Au troisième étage : celui des guetteurs ; deux cheminées visibles. Disparu le probable lanternon qui protégeait le débouché de l'escalier. Il faut imaginer au-dessus le chemin de ronde où les hommes d'armes guettaient aux créneaux (parties échancrées ou s'abritaient derrière les merlons (parties pleines).


▪ Escalier du XV° siècle, construit par Jean VII dans l'épaisseur du mur nord. De l'escalier octogonal il en reste de gracieuses colonnettes à feuillages.

 

Habitat néolithique et gaulois à l'ouest du donjon, dans les douves.

 

Le promontoire rocheux qui porte le château est isolé du coteau par un profond vallon (mis en eau ?). il présente trois paliers, largement retaillés et qui portent chacun une enceinte (XII°-XV° siècles). La première enceinte a été doublée au XV° siècle. (fausse-braie).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.lavardin.net/

Dépliant 3 volets "Guide de visite", remis à l'accueil

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville