COUTURE-SUR-LOIR  (Loir-et-Cher)
Arrondissement de Vendôme - Canton de Montoire-sur-le-Loir.
Région Centre Val-de-Loire
 Population : 413 Couturois en 2015.

 

D'une superficie de 1.230 hectares, et d'une altitude de 54 à 136 mètres,

le village est traversé par les rivières le Loir et la Braye.

 

 

Manoir de la Possonnière,

maison natale de Pierre Ronsard.

 

 

Le Manoir de la Possonnière tient son appellation du mot “Posson” (Poinçon, mesure de capacité).

Sorte de futaille qui servait à mesurer le vin nouveau, puis dès le XVI° siècle tous les liquides.

 

Vue aérienne avant 1970.

Les Ronsard, sergents-fieffés (gardes-chasses) des comtes de Vendôme,

sont présents dans ces lieux dès le XIV° siècle.

De cette époque subsistent les traces d'un château troglodytique : caves, pigeonnier et peut-être le porche.

 

La cour du manoir était autrefois protégée par une enceinte.

L'entrée d'origine du site était située à l'emplacement de la grande grille mise en place au XIX° siècle.

(Photo de droite, entrée actuelle du manoir).

 

Le manoir fut édifié par Olivier de Ronsard, mort en 1493, et reconstruit au goût du jour, par son fils Louis, qui fit de nombreux séjours en Italie dans les premières années du XVI° siècle. Le poète, Pierre de Ronsard, son fils (1524-1585), serait né dans l'édifice dont on devine les vestiges derrière le manoir, au-dessus des caves.

 

Le corps de logis.

 

La façade sud est ornée d'inscriptions en latin et en français,

d'inspiration tout à la fois religieuse et profane, dans le goût du moment.

 

La façade sud du logis principal, à droite on aperçoit l'amorce des caves.

 

Au centre, une jolie tourelle abrite un escalier à vis.
Belles fenêtres à meneaux, surmontées en partie d'inscriptions.

 

Les fenêtres du 1° étage portent les inscriptions: DNE (domine) CONSERVA ME (Seigneur conserve moi) ;

et la réponse de Dieu : RESPICE FINEM AVANT PARTIR (pense à ta fin avant de mourir).

Une inscription révélant cette fois les attaches chrétiennes de Loÿs de Ronsard.
Le buste de Loÿs de Ronsard au dessus de la porte de la tourelle d'escalier.

 

Loys de Ronsard, père du "Prince des poètes", à son retour des guerres d'Italie en 1515, agrémenta la bâtisse de sculptures et devises inspirées de l'architecture italienne. Il en fit ainsi une des premières demeures Renaissance de France.

 

Les lucarnes ouvragées de la toiture datent du XIX° siècle : elles n'existaient pas au XVI° siècle.

Un passage donne accès à la cour et à la façade sud.

 

Façade côté jardin.

 

 

La façade nord a été largement restaurée.

A sa gauche, la porte ogivale est le vestige d'un édifice du XIV° siècle.

Les ouvertures (porte, fenêtres et lucarnes) et les décors de la façade nord du bâtiment

n'existaient pas à l'époque de Ronsard :

encore un rajout du XIX° siècle. Au XVI° siècle, il faut donc imaginer un mur pratiquement aveugle.

 

Dans cette petite pièce devenue bibliothèque au XIX° siècle sont accrochées au mur

des reproductions de la Possonnière permettant de comprendre :

 

▪ Création de nouvelles ouvertures au XIX° siècle sur la façade sud (les quatre petites lucarnes du toit, les deux fenêtres du rez-de-chaussée et de l'étage, et à droite, la tourelle d'escalier).

▪ Présence de l'ancien mur d'enceinte et de la chapelle seigneuriale (chapelle Sainte Croix fondée en 1536 par Loys, père du poète) détruits au XIX° siècle.

▪ Représentation du bâtiment à deux étages, aujourd'hui disparu, situé devant l'ancien pigeonnier troglodytique.

 

La cheminée est une copie de celle se trouvant à l'étage de la construction détruite au XIX° siècle

Au haut du jambage à droite, se trouve la signature de Loys Ronsard et le blason orné des trois ross.

L'inscription sur le manteau signifie "Ni trop, ni trop peu" c'est-à-dire pas d'excès, modération en toutes choses...

 

 

La bibliothèque du XIX° siècle et ses boiseries.

 

La grande salle du manoir est pourvue d'une remarquable cheminée installée vers 1515,

ornée notamment de ronces ardentes, armes parlantes des Ronsard, et des armoiries de la famille.

 

Dans le style de la première Renaissance, cette cheminée fut restaurée au XIX° siècle.

 

Ces peintures murales, représentant des blasons de la famille, étaient cachées par de la toile de jute jusqu'en 2004 et ont été restaurées en 2005. A gauche le blason de Loÿs de Ronsard. Au-dessus de porte, peintures murales, représentant des blasons de la famille. Les blasons sont encadrés par une couronne feuillagée et enrubannée.

 

Le reste du décor, parquets, carrelages, boiseries, vitreries, volets intérieurs, plafonds datent du XIX° siècle.

 

Au début du XVII° siècle, le fils aîné de Louis II de Ronsard, Jean, étant décédé sans enfant, sa soeur Françoise, épouse de Louis Legay, seigneur de la Graudière, près du Lude dans la Sarthe, prend possession de la seigneurie. Ensuite le manoir passe, par mariage des filles à diverses familles et vers le milieu du XX° siècle, à François Hallopeau qui fut à l'origine d'une seconde campagne de restauration, et son fils François, ouvrit le domaine à la visite en 1987.

 

 

Escalier d'accès à l'étage, où se trouve une exposition retraçant la vie de pierre Ronsard.

 

A la fin de l'année 2000, la Communauté de communes du Pays de Ronsard (19 communes) achète la Possonnière et le site devient public. En 2017, la collectivité, après fusion, est devenue la Communauté de communes Vallée Loir et Braye. Puis en janvier 2017, une nouvelle fusion donne naissance à la Communauté d'Agglomération Territoire Vendômois (66 communes), qui poursuit les différents travaux projetés.

 

 

Coin lecture permettant de découvrir les poèmes et oeuvres du poète.

 

Pierre de Ronsard, chef de file du groupe de la Pléiade, y passa les douze premières années de sa vie, répondant déjà à l'appel des Muses. Il y contractera un amour très fort de son Vendômois, qu'il exprimera dans ses poèmes ; il envisagera même d'installer son tombeau à l'Ile verte, proche de Couture.


Cependant dès l'âge de 12 ans il quitte le manoir de son père et devient page du dauphin François (fils aîné de François 1er). Il sera ensuite le page de Charles, duc d'Orléans, 3° fils du roi, puis de sa fille Madeleine, future reine d'Ecosse grâce à son mariage avec Jacques V Stuart. Il séjournera alors quelque temps dans ce pays. Par la suite il s'établira à Paris.

 

Le jardin.

 

 "Mignonne, allons voir si la rose, Qui ce matin avoit desclose"…

Des générations entières ont appris ce poème de Pierre Ronsard.

Écrit en 1545, il évoque que la jeunesse passe comme les fleurs…

 

Façade nord, des dépendances (l'ancienne basse-cour).

 

Le manoir domine le village de Couture-sur-Loir.

 

Les jardins de la Possonnière, ont été créés en 2003.

Plus de 200 variétés de roses anciennes et modernes ont été plantées, ainsi qu'un jardin potager.
 

Les communs troglodytiques et les caves.

 

Ils mêlent intimement les styles gothique et Renaissance,

avec des inscriptions françaises et latines ornant les différentes façades.

 

A droite, les caves sont en partie creusées dans la roche à laquelle s'adosse la structure.
Au dessus, l'amorce d'un bois : ce qu'il reste de la forêt de Gâtine chantée par Ronsard.

 

A l'entrée de chaque cave, une inscription mentionne son usage. Sept caves sont ainsi identifiées.

 

Intérieur de la maison jouxtant le porche donnant accès à la basse-cour.

Il sert aujourd'hui de salle d'expositions et de renseignements.

 

La buanderie Belle et la Vina Barbara.

C'est la cave à vins (peut-être des vins barbares, c'est-à-dire étrangers au site).

Ancienne galerie d'arcades, il ne reste aujourd'hui que le pan de mur orné d'une colonne à chapiteau à volutes

 (droite de la buanderie) ainsi que deux demi-colonnes de chaque côté de la cave à vin.

 

Cette pièce était utilisée pour faire la lessive. Transformée en écurie au XVIII° siècle,

la partie la plus importante (derrière le mur du fond) n'est pas accessible au public.

 

Cui des videto (Vois à qui tu donnes). L'inscription laisse présager un lieu d'accueil.

A l'intérieur, une ancienne cheminée réchauffait les lieux et dégageait des odeurs de cuisine...

Un puits se trouve juste en face (aujourd'hui bouché).

Cet endroit offrait probablement le gîte et le couvert aux pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

 

Sustine et abstine (Soutiens-toi et abstient-toi).

C'est une cuisine dont la façade sculptée présente un nouveau monogramme de Loys en grec (en haut au centre).

Des motifs Renaissance (coupe enflammée, corne d'abondance) l'encadrent.

Vulcano et diligentiae. (A Vulcain et la diligence).

Sur la façade quatre chaudrons ; cette petite cave devait servir à entreposer divers ustensiles dont,

pourquoi pas les chaudrons pour cuire la nourriture.

 

A l'intérieur de cette cave se trouve tout ce qu'il faut pour cuisiner : au fond un imposant four à pain.

 

 

Sur la droite, un potager (réchaud pour la potée) accompagné de la sentence, et un four à sucreries.

(Les inscriptions mentionnées en latin ne datent pas du XVI° siècle, mais elles seraient du XIX° siècle).

 

 

Tibi soli gloria (A toi seul la gloire : extrait de l'Epître de saint Paul aux Romains).

Une tour quadrangulaire semi hors oeuvre abrite un escalier en vis

qui donnait accès aux anciens bâtiments disparus : la construction sur la partie gauche de la terrasse :

l'étage du petit bâtiment qui se trouvait devant le pigeonnier.

 

 

Anciennes caves.

 

Le pigeonnier, probablement de la fin du XIV° siècle, troglodytique, aux boulins creusés dans le tuffeau.

C'est un des rares exemples de la région. Il est impossible de savoir s'il supportait une toiture.

On sait que des pigeonniers à ciel ouvert ont existé, mais ce système a été abandonné au XIV° siècle.

 

Les pigeons étaient élevés pour la chair mais surtout pour la colombine (fumier très convoité en l'absence d'engrais). Des différents types de pigeonniers (à pied, fuye, à volets) le troglodytique est assez rare. Le nombre de boulins que possédait le pigeonnier était calculé en fonction de la superficie terrienne du propriétaire (1 boulin pour un 1/2 hectare). Le pigeonnier primitif de la Possonnière avait une hauteur de 5,50 m une base circulaire de 3 m et possédait environ 250 boulins d'une section de 22 cm et de 24 cm de profondeur. On accédait à ce pigeonnier par un couloir creusé dans le tuffeau de 1,80 m de longueur et de 1,60 m de hauteur.

 

Pierre de Ronsard.

 

Pierre de Ronsard, est né le 10 septembre 1524 à Couture et décède en décembre 1585. Il est le fils cadet de Louis de Ronsard (chevalier qui accompagna les enfants de François 1er lors de leur captivité en Espagne en qualité de maître d’hôtel) et de Jeanne Chaudrier.

 

Il a étudié au collège de Navarre à Paris en 1533 et devint page auprès du dauphin, François, puis de son frère Charles, duc d’Orléans. Quand Madeleine de France épousa le roi Jacques V d'Écosse, en 1537, Ronsard fut attaché au service du roi et passa trois années en Grande-Bretagne. En 1539, il retourna en France et entra à l’Écurie royale.

Portrait posthume de Ronsard par l'École de Blois

(vers 1620), représenté de façon anachronique  Þ

 

Son adolescence, imprégnée de philosophie et de culture antique, se voit frustrée de la carrière des armes. Le jeune homme se consacre alors à la poésie. Odes et élégies reflètent à merveille tout l'amour qu'il porte à son pays.

 

Poète de cour, conseiller des derniers Valois, Ronsard est doté de prieurés (Croixval, Saint Gilles), lieux de paix qui lui offrent, au sein des paysages qu'il aime, asile et inspiration quand l'atmosphère de la cour devient trop pesante...

 

L'odeur des mots"

 

Ronsard fut baptisé dans l'église de Couture. Lors du trajet du château au village, la bonne femme qui portait l'enfant le laissa choir accidentellement sur l'herbe d'un pré. Une demoiselle chargée d'un vase empli d'eau de rose et de plantes aromatiques, dans son empressement à le relever, versa sur sa tête une partie de cette eau de senteur, ce qui fut regardé comme "un présage des bonnes odeurs dont les fleurs de ses doctes écrits devaient remplir la France. (Claude Binet).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www2.culture.gouv.fr/
Dépliant 4 volets "Guide du visiteur", remis à l'accueil

"Les hauts lieux de la littérature en France",

Jean-Claude Clébert, Editions Bordas, 1990

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 9 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville