SAINT-MEEN-LE-GRAND  (Ille-et-Vilaine)

Région Bretagne.

Arrondissement de Rennes - Canton de Montauban-de-Bretagne.
 Population : 4.622 Mévennais en 2016.

 

D'une superficie de 1.821 hectares, et d'une altitude de 79 à 123 mètres,

la ville est située en Pays de Brocéliande,

et traversée par la rivière le Garun, un sous-affluent du fleuve côtier la Vilaine.
 

Etymologie : vient de saint Méen (encore appelé Mewen), moine du VI° siècle.

 

Vues aériennes avant 1970 : la ville, l'ancienne abbaye, la place et l'hôtel de ville.

La cité s’est construite au VI° siècle au croisement de deux voies romaines. Pendant des siècles,

les plus grandes foires et rassemblements commerciaux s’y sont succédés,

faisant de la cité une commune vivante et dynamique.

 

L'hôtel de ville, la place de l'hôtel de ville et la fontaine.

La grande place centrale contenait jusqu'en 1908 une halle qui avait été construite vers 1722.

 

La mairie fut construite en 1933 (pose de la première pierre en août 1930). Elle ne sera inaugurée que le 15 juillet 1934 (en même temps que les bureaux de Poste et Justice de Paix y attenant). Cet hôtel de ville avec son clocheton, inspiré des mairies de Gouda (Pays-Bas) et de Vichy, offre une architecture étonnante. À l'intérieur de la mairie, une plaque gravée rappelle les années d'enfance du barde breton Théodore Botrel (1865-1925) vécues à Saint-Méen, au Parson, chez sa grand-mère Fanchon.

 

 

Ancienne abbaye romane bénédictine Saint Méen
 

 

Cette ancienne abbaye a pour origine un monastère, Saint-Jean-de-Gaël, fondé au VI° siècle

par un moine de Grande-Bretagne, Saint Méen,

dont les vertus et les miracles firent l'objet de pèlerinages très importants.

Sa renommée était telle que Judicaël, roi des Bretons, s'y retira à la fin de la vie.

 

L'église abbatiale Saint Méen.

 

Cette église a été complètement transformée au XVIII° siècle.

Sa nef, appelée autrefois "chapelle du cloître" a été supprimée à cette époque.

 

Entrée de l'église abbatiale et grilles d'accès au cimetière, entourant l'abbatiale.

Façade Est de l'église avec le portail déplacé.

 

L'église, ancienne chapelle abbatiale s'appuie sur les anciens bâtiments conventuels.

Plusieurs fois remaniée à travers les siècles, elle marie différents styles.

 

 

 

La flèche à bulbe date du XVI° siècle.

Le transept est surmonté d'une belle tour carrée qui offre des vestiges intéressants de la construction romane.

Elle présente à la base un mur très archaïque, épaulé de contreforts, qui serait un vestige de la nef primitive.

 

Face ouest de la tour avec traces d'arrachage de l'ancienne nef.

La toiture de la tour a été modifiée au XVII° siècle.

La tour et le choeur remontent au XII° siècle, et le transept est du XIII° siècle.

 

Plusieurs sculptures extérieures, dont quatre gisants en haut relief, sont adossés à un pignon.

 

Modillons romans à têtes humaines.

Sur la façade nord, le collatéral présente des fenêtres en arc brisé ; l'une d'elles est à trois meneaux

se croisant au tympan ; une autre est divisée par trois meneaux et une petite rosace.

 

 

La nef est voûtée en lambris de bois, avec des poutres moulurées, dont le plus grand nombre repose

sur des consoles en pierre chargées d'écussons et de grotesques.

 

Des travaux de restauration effectués en 1992 ont permis de mettre à jour, deux arcades romanes

et une baie en plein cintre. Ce mur roman date de la fin du XI° siècle, début du XII° siècle.

Chaire à prêcher du XIX° siècle.

 

Dans l'enfeu de la nef de l'abbatiale, gisant de Robert de Coëtlogon.

 

Chœur de l'abbatiale, sous la tour.

 

 

Les fresques du XIII° et du XIV° siècles, découvertes dans la sacristie de l'église sous un enduit,

constituent sa principale richesse.

Les peintures relatent la vie de Saint Méen, disciple de l'évêque de Dol, Saint Samson.

(Ces peintures murales ont été restaurées par Serban Angelescu).

 

Découvertes en 1985 : au niveau de la voûte, l'image fabuleuse du violoniste et de la femme qui danse, symbole de la joie paradisiaque. Une tête de lion rescapée d'un décor antérieur (environ 1100) à l'édification de la chapelle a été mise à jour. La conservation de ses couleurs après 700 ans passés sous terre est sidérante.

 

La chapelle Saint-Vincent est l’ancienne salle capitulaire,

Les voûtes d’ogives retombent sur des colonnettes engagées par huit chapiteaux sculptés

encore proche du vocabulaire roman.

 

L’édifice est détruit par les troupes de Charlemagne en 799, puis en 919 lors des invasions normandes. Les moines s’enfuient, emportant avec eux les reliques de saint Méen et de saint Judicaël, et laissant derrière eux leur abbaye une nouvelle fois en ruine... Elle demeura déserte près d’un siècle. Hingueton entreprend au XI° siècle de la reconstruire sur l’emplacement actuel. En 1074, les reliques de saint Méen prennent place dans l’abbatiale et c’est le début des pèlerinages. L’abbaye est florissante durant tout le Moyen Âge. En 1771, l’ancienne nef est démolie.

 

Gisant de saint Méen, pièce rarissime (sans doute le couvercle du tombeau de saint Méen)

est considéré comme le plus vieux gisant du grand Ouest.

 

Après la période révolutionnaire, l’abbatiale devient église paroissiale en 1803. Vers 1850, l’édifice est désorienté pour commodités. D’importants travaux de rénovation sont entrepris dès 1992. Des fouilles permettent de dégager un magnifique mur roman (XII° siècle). Elle est rénovée de 1992 à 1999 (intérieur, charpente et toiture), puis de 2004 à 2008 (cloches et clocher).

 

L'édifice actuel est composé de l'ancien choeur gothique à chevet droit, accosté au Nord d'un collatéral,

désorienté et transformé en nef, et d'un transept.

 

La verrière du transept conserve des vitraux du XIV° siècle.

Les verrières historiées sont posées en deux campagnes successives :

 

▪ Au cours de la première (1884-1885), les verrières supérieures du choeur, sorties de l'atelier du maître verrier tourangeau Lobin. Le parisien Claudius Lavergne clôt les baies du transept. L'atelier angevin de Megnen, Clamens et Bordereau transcrit les verrières de la nef.

▪ La deuxième campagne qui court jusqu'en 1937, voit intervenir l'atelier rennais E. Rault.

 

Tombeau de Saint Méen.

 

La chapelle située au nord abrite le tombeau de saint Méen depuis la démolition de la nef en 1771. Il a été institué patron de la paroisse. Devant lui, au cours des siècles, sont venus s'agenouiller de grandes foules de pèlerins de France et de l'étranger. Saint Méen était imploré pour la guérison de la folie, de la surdité et de la maladie de peau appelée "mal de saint Méen" (sorte de gale).

 

La majeure partie du mobilier est contemporaine de la construction de l'église qui s'achève en 1886.

(Chapelles ou autels latéraux : St Vincent, St Michel, Sainte Anne, Sainte Vierge et St Méen).

 

La chapelle sud présente des vitraux classées en 1919.

Restaurés à partir d'anciens du XIII° siècle, ils évoquent le jugement dernier.

 

Culots sculptés à l'entrée du chœur.

Sous la voûte qui sert de passage à l'entrée, elle conserve des tronçons de colonnes

terminées par de curieuses têtes à langue pendante, à chapiteaux romans.

 

Dans la nef, des lambris bas ont été placés à la fin du XIX° siècle.

 

Deux autels retables des transepts (1893-1894) par la maison Vienne, sont réalisés en marbre blanc,

de même que le maître autel, par le sculpteur nantais Joseph Vallet (1902).

(Le maître autel de la croisée du transept est le seul témoin du mobilier de l'ancienne église).

 

Les bâtiments conventuels.

 

Vues aériennes avant 1970.

 

Les bâtiments conventuels, à l'origine au sud de l'église, sont reconstruits au Nord-Est en 1712.

 

 

L'ancien palais abbatial  actuel date de 1712 et semble être l'œuvre des Lazaristes.

Le linteau d'une des cheminées porte les armes de l'abbé Pierre Cornulier (1602-1639).

L'ancien hôpital fondé en 1649 (hôpital, orphelinat, salle d'asile)

et chapelle bénite le 25 novembre 1852 par le R. P. Etienne, supérieur général des Lazaristes.

 

Un hospice existait à côté de l'abbaye : reconstruit au début du XVII° siècle par l'abbé Pierre Cornulier,

il est tenu à partir de 1649 par les Filles de la Charité.

L'Abbaye possédait jadis un colombier, un auditoire et des droits de haute justice.

 

La chapelle Saint Joseph.

 

L'ancienne chapelle Saint-Joseph est une chapelle moderne élevée vers 1872, de style ogival

et fort élégamment construite ; elle sert aux réunions des congrégations et des catéchismes.

 

Il existe, en effet, à Saint-Méen d'assez nombreuses congrégations : celles du Rosaire, du Saint-Sacrement et des Agonisants, antérieures à 1789 et rétablies en 1814, le Scapulaire, érigée aussi en 1814, et le très-saint et immaculé Coeur de Marie, pour la conversion des pécheurs, établie en 1843 (Pouillé de Rennes).

 

La chapelle Saint Méen.

 

La chapelle Saint-Méen avoisine une fontaine miraculeuse.

 

Cette fontaine était en 1727 considérée comme frairienne, mais ne semble pas avoir été fondée de messes. Menaçant ruine, elle fut démolie en 1811. Un nouveau sanctuaire a été construit en 1835 sur son emplacement ; on y dit alors parfois la messe et l'on s'y rend en procession. A côté se trouve toujours la fontaine sacrée, que fréquentent de nombreux pèlerins depuis des siècles. Rasée en 1811, elle est reconstruite en 1835, puis en 1927.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.pays-stmeenmontauban-tourisme.com/

http://www.infobretagne.com/
http://www.pays-stmeenmontauban-tourisme.com/

Dictionnaire des églises de France "Bretagne"

Volume IVa, Editions Robert Laffont, 1968

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 22 avril 2017

 

 

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