VASCOEUIL  (Eure)
Arrondissement des Andelys  - Canton de Romilly-sur-Andelle.
Région : Normandie
 Population : 353 Vascoeuillais en 2016.

 

D'une superficie de 739 hectares, et d'une altitude de 52 à 171 mètres,

le village est traversé par les rivières l'Andelle, le Crevon, et le Héron.

 

Toponymie : proviendrait du premier élément Wasc-, le bas latin vascus « qui est de travers, oblique »,

suivi de la double terminaison -ó-ialo, avec -ialo même élément que -ialon « clairière »

d'où le sens de « clairière de travers, oblique »

 

Vues aériennes avant 1970 : le Bourg et l'église paroissiale Saint Martial, entourée de son enclos,

du  XI° au XVII° siècles. De la construction du XI° siècle ne subsiste que le chevet, remanié ultérieurement.

 

 

Le château de la Forestière,

des XII° et XVI° siècle,

 

 

Le château est devenu un centre d'expositions d'art, avec un musée consacré à l'historien Jules Michelet,

qui y fit de fréquents séjours et où il écrivit une partie de son histoire de France.

 

Vue aérienne avant 1970 : le logis du XV° siècle, le colombier et les dépendances.

 

D'illustres familles ont été propriétaires de Vascoeuil : au Moyen Age, Guillaume et son épouse née d'Estouteville. Les familles Hotot et de Moy, cette dernière apparentée au Roi de France, ont également possédé cette terre.

 

Depuis l'accueil du domaine, cette belle allée nous permet de rejoindre le logis et la cour d'honneur.

 

 

Porte d'accès à la cour d'honneur.

 

Sculpture de Jacotte et Roger Capron "Athéna". L'appareillage du rez-de-chaussée est en grès local.

 

Façade du logis, côté cour d'honneur, et face au colombier.

Les ouvertures des façades ont été réalisées au XVII° siècle.

 

Réaménagé, le logis du XV° siècle comprend un escalier hors d'oeuvre, terminé par un belvédère.

 

Après leur acquisition du domaine en 1964, les actuels propriétaires entreprirent, parallèlement à sa restauration,

d'y créer un Centre d'Art et d'Histoire, inauguré en 1970, par Jacques Duhamel, Ministre des Affaires Culturelles.

 

Exposition Bernard Buffet (13 avril-24 novembre 2019).

 

Pour sa 50° année d'ouverture au public (1970) : Vascoeuil présente une exceptionnelle exposition en hommage

à Bernard BUFFET, l'un des plus grands peintres français du XX ° siècle de renommée internationale,

dont on célèbre en 2019 le 20° anniversaire de son décès (1999).

Cette manifestation est organisée avec la collaboration du Fonds de dotation Bernard Buffet.
Une centaine d’œuvres majeures... sur 50 ans de création (1947-1998) ont été sélectionnées

parmi celles réservées au futur Musée Bernard BUFFET.

 

Au rez-de-chaussée :

 

 

La salle du Puits, dont la toile "les clowns musiciens - la danseuse", 1991.

 

La grande salle.

 

Sculpture de Dali "Hommage à Newton, 1970.

 

Les très belles cheminées XVII° siècle ont été conservées.

 

Au sous-sol :

 

L'escalier à vis, situé dans la tourelle, dessert les différents niveaux.

 

Château de Vascoeuil, 1980.

 

Toiles sélectionnées sur le thème de la corrida, 1967.

 

Au premier étage :

 

 

"Instruments de musique - La danseuse", 1991

 

"Les poires", 1965.

 

Sculpture de Dali "Vénus à la girafe", 1973 - Delphiniums et ombrelles, Buffet, 1965.

 

Au  2ème étage sont rassemblés des documents évoquant l'histoire du château et de Jules Michelet.

 

Bernard Buffet

 

« La peinture, on n’en parle pas, on ne l’analyse pas, on la sent » Bernard Buffet.

 

Bernard Buffet est né le 10 juillet 1928 à Paris et mort le 4 octobre 1999 à Tourtour dans le Var.  Ce peintre expressionniste, a composé aussi bien des personnages que des figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs. Aquarelliste, c'est aussi un peintre de décors de théâtre et un illustrateur.

Enfant de Charles et Blanche Buffet, il est issu d'un milieu cultivé de la petite bourgeoisie, allant à rebours de la légende selon laquelle il vivait dans une extrême pauvreté. Ses deux grands-pères sont militaires, l'un est passionné de dessin, et son père dirige une miroiterie.

 

¬ Bernard Buffet, Autoportrait, 1981, © ADAGP

 

Bernard Buffet a choisi, face à l’abstraction régnante de l’après-guerre, une peinture figurative et réaliste, dont le vrai sujet est l’homme, ses sentiments et son destin tragique. En quête de vérité dans sa peinture, à une époque où les artistes privilégiaient plutôt l’engagement politique ou le discours entre figuration et abstraction, il revient dans ses sujets à la réalité de la vie quotidienne, marquée au sortir de la guerre par la pauvreté, le dénuement et l’angoisse, et des choix de sujets austères, décrivent les organisateurs de l’exposition.

Ses grands thèmes de prédilection sont la mort, la sexualité, l’histoire et il s’inscrit en droite ligne des Grands Maîtres auxquels il ne cessera de rendre hommage et qui se nomment Rembrandt, Delacroix, Courbet et autre Van Gogh pour ne citer que ceux-là… Sa peinture vivante le rapproche de l’expressionnisme et l’académicien Maurice Druon disait de lui qu’il était « le peintre tragique de la condition humaine ».

Le 25 novembre 1973 est inauguré le musée Bernard Buffet, fondé par Kiichiro Okano (1917-1995), à Higashino, commune de Nagaizumi, préfecture de Shizuoka au Japon. En 1988, l’extension du musée est inaugurée. Les cendres du peintre ont été dispersées dans le jardin de ce musée.

 

Au quatrième étage de la tour :

le Cabinet de travail de Jules Michelet, aujourd'hui fidèlement reconstitué.

 

L'escalier d'accès à la tour.

 

Jules Michelet découvre Vascoeuil en 1841, alors qu'il travaillait sur le procès de Jeanne d'Arc à Rouen.

Il fut invité par son élève et futur gendre, Alfred Dumesnil, fils des propriétaires de Vascoeuil.

 

C'est à cet emplacement qu'il écrivit, en complément de son oeuvre d'historien,

La Sorcière, L'oiseau, La Mer...

 

Le musée dédié à Jules Michelet.

 

L'actuel propriétaire a rappelé les séjours de Michelet

et s'est efforcé de les illustrer par un musée inauguré en 1989, à l'entrée de la propriété.

 

 

Le musée consacré à Michelet, le seul existant en France,

a  été installé dans une ancienne dépendance du XVIII° siècle.

 

 

Jules Michelet, d'après un portrait de Thomas Couture -  Buste de Michelet.

 

Le musée présente des portraits et bustes de Michelet, des photos par Nadar, des souvenirs de l'écrivain,

de sa famille et de leurs hôtes, Béranger, Mickiewicz, Edgard Quinet,

des dessins et portraits des peintres qui fréquentèrent le château.

 

Jules Michelet,

 

Né le 21 août 1798 à Paris et mort le 9 février 1874 à Hyères.

Libéral et anticlérical, il est considéré comme étant l'un des grands historiens du XIX° siècle

bien qu'aujourd'hui controversé, notamment pour avoir donné naissance

à travers ses ouvrages historiques à une grande partie du «roman national",

remis en cause par le développement historiographique de la fin du XX° siècle.

 

Jules Michelet est licencié ès lettres à l'âge de 20 ans, puis agrégé trois ans plus tard. Il est nommé professeur d'histoire en 1822 et rédige des manuels scolaires à destination de ses élèves. En 1827, il intègre l'École normale, comme maître de conférence en philosophie et histoire. En 1831, il publie son premier grand ouvrage historique : une ''Introduction à l'histoire universelle''. Il y impose déjà sa patte : celle d'un écrivain romantique, ce qui l'éloigne de la démarche classique de l'historien. Malgré quelques controverses, il poursuit son travail et commence la publication de sa monumentale ''Histoire de France'' en 1833.
 

¬ Statue de Michelet, située dans la grande allée menant au grand logis.

 

Parallèlement, Michelet est nommé à la chaire d'histoire du Collège de France. Ses conférences sont très courues et il y expose fréquemment son anticléricalisme. Ses violentes charges contre l'Église finissent par amener le clergé à faire interdire ses cours. À la fin des années 1840, il commence la publication de son ''Histoire de la Révolution française''. Dans la plupart de ses oeuvres, Jules Michelet reste sur sa ligne d'une histoire idéalisée et romancée. Le dernier tome de son ''Histoire de France'' paraît en 1867 et porte sur le règne de Louis XVI, jusqu'au début de la Révolution française. Il commence la rédaction d'une histoire du XIX° siècle lorsqu'il s'éteint, en 1874.

 

Le jardin des sculptures.

 

Dans le jardin à la française, plus de 50 sculptures originales (bronzes, marbres, mosaïques, céramiques)

dont entre autres, Georges Braque, Jean Cocteau, Jean-Michel Folon, Fernand Léger, Victor Vasarely.

 

(Photo de droite), de Chemiakin "Pierre le Grand', bronze, 1989.

 

Volti "Les trois grâces", 1964.

 

Szekely, "Dragon bisexuel et ses enfants", 2000

 

Volti "Chuchotements", 1985 - Louédin "L'ensorceleur", bronze, 1997.

 

Miroslav Stastny "Fourmi rouge", 2002 - De Pasquer, "Léon", 2018.

 

Le vieux pont enjambant l'Andelle.

 

La cascade et le restaurant.

 

 

Le parc, traversé par le cours de l'Andelle, est orné de sculptures et de mobiles.

 

Le colombier en briques, du XVII° siècle.

 

 

Sculpture de Fanny Ferré "La pause", 2010.

 

Le colombier possède encore sa charpente d'origine et son système d'échelle tournante

permettant d'accéder aux boulins où nichaient les pigeons.

 

La galerie, le colombier et au fond, le grand logis.

 

Henri Mélano, "Belle", mosaïque, 2002 - Salvador Dali "La victoire de la liberté", 1972.

 

Le colombier, la galerie d'expositions complémentaires et la boutique.

 

Fernand Léger, "La Mère et l'enfant", 1970.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Feuillet "guide de visite", remis à l'accueil

"Guide des maisons d'hommes célèbres", Guides Horay, 1995

Panneaux explicatifs présentés sur le site

"Michelet", encyclopédie d'Histoire de France, Editions Bordas

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 mai 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville