PONT-AUDEMER  (Eure)

Région Normandie.

Arrondissement de Bernay - Canton de Pont-Audemer.
 Population : 10.676 Pontaudemériens en 2015.

 

D'une superficie de 1.466 hectares, et d'une altitude de 2 à 126 mètres,

la ville est traversée par de nombreux petits cours d'eau qui relient la Risle à ce que l'on appelait

la rivière Echaudes, en souvenir des bateaux plats qui, pendant des siècles,

ont favorisé le commerce et la prospérité de la population.

Cette navigation fluviale lui a valu le surnom de "Venise Normande".

 

 

Eglise Saint Ouen
 

 

De style composite mêlant : roman, gothique et Renaissance.

Ce vaste édifice cruciforme est composé d'une longue nef flanquée de chapelles, d'un transept et d'un choeur.

L’église fut construite sur pilotis à air.

 

Sans doute, Pont-Audemer, évangélisé depuis plusieurs siècles, avait-il eu déjà de nombreux lieux de culte. Le 5 août 1492, le futur roi Louis XII visite la construction de l’église Saint-Ouen. En 1774, l’un des pères de la République, vainqueur de Valmy en 1792, Dumouriez, y épousait sa petite cousine Marie Marguerite de Broissy.

 

Vues aériennes avant 1970 : la ville et l'église Saint Ouen.

 

Pont-Audemer doit son origine (VII° ou VIII° siècle) et son nom à un leude franc, Audomar, Odomer ou Omer, qui y fit jeter un pont auprès duquel vinrent se fixer artisans et marchands. La ville appartint, aux XI° et XII° siècles, aux comtes de Meulan, puis revint à la couronne. Philippe Auguste lui accorda une charte communale.

 

La façade Ouest offre une belle ornementation d'arcs bandés, accolades, clochetons à statuettes

où se multiplient les motifs Renaissance.

 

L’imposante église Saint-Ouen de Pont-Audemer, bien que demeurée inachevée, s’inscrit au premier rang des monuments de l’architecture flamboyante normande. Le maître maçon Michel Gohier, responsable de l’oeuvre en 1488, est remplacé en 1505 par Guillaume Morin et Thomas Theroulde.

 

Le choeur roman du XI° siècle, a été conservé et, au XIII° siècle,

il fut couvert d'une voûte d'ogives et fermé d'un simple mur à l'Est.

 

Le buffet d’orgue du XVII° siècle avec sa tribune ornée de panneaux sculptés du XVI° siècle.

Cet instrument dont l’origine remonte sans doute à la Renaissance,

fut entièrement restauré entre 1996 et 2000 dans les ateliers de Michel Giroud à Grenoble.

 

La nouvelle nef avec ses bas-côtés et les chapelles latérales fut élevée de 1505 à 1515

par Rolland le Roux, architecte rouennais.

 

Des difficultés financières firent suspendre les travaux de façon provisoire en 1524 : la nef qui n’avait pas encore atteint la hauteur projetée fut couverte d’une voûte en bois et raccordée à l’ancien chœur ; de fait, les travaux ne furent ensuite jamais repris.

 

 

La nef est à huit travées à collatéraux  flanqués de chapelles. Roland Le Roux entreprit,

entre 1520 et 1545, la construction d'une large et haute nef d'une exubérante richesse.

 

Les piliers d'une grande légèreté n'apparaissent que comme un faisceau de tores montant directement jusqu'aux corniches. Les gorges et les écoinçons des grandes arcades en tiers-point sont enrichies d'une décoration abondante fortement influencée par la Renaissance, ainsi que le triforium d'une grande ampleur aux baies jumelées à deux meneaux comprises sous un encadrement flamboyant en tiers-point. Faute de ressources, les voûtes d'ogives ne furent pas exécutées.

 

Les fonts baptismaux sont ornés de statuettes dans des niches à conques, du XVI° siècle.

 

 

En complément du mobilier, deux albâtres anglais : Saint Georges et la Trinité, du XV° siècle.

 

 

Les murs latéraux du choeur et le gros oeuvre du transept remontent à la fin du XI° siècle.

 

 

Les cinq chapelles de la nef au Sud furent édifiées de 1506 à 1516.

 

 

L'église renferme une Sainte Catherine et un Saint évêque, en pierre, du XV° siècle.

 

On voit encore des chapiteaux de type très archaïque, l'un figurant un combat de guerriers.

 

 

 

La plus belle parure de l'église reste l'extraordinaire série de vitraux des chapelles,

illustrant la légende de Saint Ouen, scènes de la vie de Saint Jean-Baptiste, de Mauxe Heurtault (1535),

l'Annonciation et de nombreuses représentations de vies de saints (entre 1490 et 1556),

les miracles eucharistiques avec la procession des confrères de la Charité, vitrail de la Rédemption (1556).

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Le choeur à une travée et chevet plat.

 

Au lieu de terminer l’œuvre commencée, la Renaissance décora et modifia les lignes du transept roman.

On lui doit le décor sur le grand mur, autour du Christ monumental ; mais aussi les colonnes romanes coupées

et les murs creusés pour dégager la vue vers le maître-autel, alors tout au fond.

 

Après la guerre de 1939-1945, pour adapter l’édifice à la liturgie, un autel provisoire en bois fut placé

à la croisée du transept roman ; il fut ensuite remplacé par l’autel de pierre blanche,

dessiné par M. Merlet et consacré par Monseigneur Caillot le 28 Mars 1965.

 

 

Les vitraux modernes datent de 1949 et sont l'oeuvre du maître verrier Max Ingrand.

 

Placées dans les chapelles latérales, les quatorze verrières anciennes de l’église, présentent une grande diversité du fait de leur chronologie, de leurs sujets et de leur facture. Elles ont fait trois fois au XIX° siècle l’objet de notices détaillées (Delphine Philippe-Lemaître en 1853, Amand Montier en 1895, Louis Régnier en 1899) et Jean Lafond leur a consacré une part substantielle de son inventaire des vitraux de l’arrondissement publié en 1969 dans les Nouvelles de l’Eure.

 

La ville et son patrimoine.

 

 

La ville a conservé des rues à maisons à pans de bois qui constituent de belles promenades dans la cité,

qui fut sinistrée à 40 % pendant la dernière guerre.

 

Très bel hôtel particulier et un bras sur la rivière Risle.

 Dès le XVIII° siècle des ouvriers anglais et leurs familles sont venus s’installer à Pont-Audemer pour y apporter

des techniques nouvelles sur le tannage des cuirs, pourtant spécialité de la ville depuis le Moyen-âge.

 

Dans cette cité, la corporation des tanneurs était particulièrement puissante au XVIII° siècle, et l'origine des tanneries remonte au XI° siècle. Florissante jusqu'au XIX° siècle, elles sont aujourd'hui remplacées par des établissements de fabrication de papiers et de cartonnages.

 

 

Très belle demeure à colombages et damiers de pierres de différentes couleurs.

 

L’anglais Eliott a introduit la fonte malléable pour la bouclerie, l’anglais Bayle après avoir construit des voies de chemin de fer y a créé une papeterie, Thierry Hermès, le fondateur de la maison Hermès de Paris, est venu de Prusse pour s’y installer et apprendre le métier de sellier. Ces étrangers avaient en commun la pratique d’une religion réformée : protestantisme et anglicanisme. Une grande solidarité existait entre eux qu’ont su mettre à profit les Pontaudemériens. Cet esprit d’ouverture, comme culture d’entreprise, a permis à la ville au cours des siècles de maintenir une prospérité presque constante.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.tourisme-pontaudemer-rislenormande.com/
Dictionnaire des églises de France "Normandie"

Volume IVb, Editions Robert Laffont, 1968

Panneaux explicatifs présentés près de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 13 mai 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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