LYONS-LA-FORÊT  (Eure)
Arrondissement des Andelys - Canton de Romilly-sur-Andelle.
Région : Normandie
 Population : 729 Lyonsais en 2016.

 

D'une superficie de 2.699 hectares, et d'une altitude de 67 à 178 mètres,

le village est traversé par la rivière la Lieure.

 

Toponymie : le village s'appelait à l'origine Saint-Denis, comme l'église du village

placée sous le vocable de Saint Denis. Lyons était jadis uniquement le nom de la forêt,

comme semblent le montrer les attestations antérieures au XIII° siècle.

 

Vue aérienne, avant 1970.

Le pays de Lyons est occupé depuis la période gallo-romaine.

Des traces d'un théâtre du III° siècle ont été découvertes près de l'église du bourg.

 

La forêt domaniale de Lyons, réserve naturelle de bois et de gibiers a de tous temps attiré ducs de Normandie et rois de France, amateurs de vènerie. Guillaume le Conquérant décida d’y implanter une place défensive. Henri 1er de Beauclerc en fit un château-fort qui fut démantelé à la fin de la guerre de Cent-Ans. Jusqu’à la Révolution française de 1789, Lyons-la-Forêt resta un lieu de résidence et de chasse pour les ducs et les rois.

 

 

Le village, au bourg typiquement normand,

est classé parmi les plus beaux villages de France.
 

 

Au coeur de la forêt, nichée au creux de la vallée de la Lieure,

épargnée par les destructions de la guerre, le village offre un lieu de séjour agréable.

Détruit par un incendie en 1590, il a été largement reconstruit aux XVII° et XVIII° siècles.

 

L'hôtel de ville

 

L’hôtel de ville, ancien siège du bailliage, a conservé sa salle de tribunal avec le mobilier d’époque.

Au sous-sol se trouvaient les cachots. Le rez-de-chaussée est voûté

et le premier étage a conservé sa salle d'audience, dont les murs sont recouverts

d'une tapisserie à décor de fleurs de lys de la fin du XVIII° siècle.

 

Du XVI° au XVIII° siècle, Lyons-la-Forêt joua un rôle de petite capitale administrative, le Duc de Penthièvre (1725-1793), dernier seigneur de Lyons-la-Forêt y fit construire une salle de bailliage qui est intacte. A la Belle-Époque, Lyons-la-Forêt fut redécouvert par des personnalités du monde de l’art en quête de lieux de villégiatures inspirants.

 

La halle, des XV° et XVIII° siècles.

 

Vues aériennes avant 1970.

 

Située au coeur du bourg, cette halle est attestée dès le XIV° siècle.

 

Elle a été restaurée grâce au duc de Penthièvre, petit-fils de Louis XIV et dernier seigneur de Lyons.

Elle abrite encore trois fois par semaine le marché. Le grenier permettait de présenter des expositions.

 

La Grande Rue - La maison natale du poète Isaac de Benserade, des XVII° et XVIII° siècles.

La maison néo-normande où séjourna Maurice Ravel entre 1911 et 1922.

Les maisons de la place, montrent divers types de façades à pans de bois,

l'une à encorbellement, du XVI° siècle, d'autres du XVII° siècle.

 

▪ L'ancien couvent des Cordeliers, du XVII° siècle : en 1624, le roi Louis XIII autorise la fondation de ce couvent. Dès 1793, l'imposant bâtiment abrite des exploitations industrielles et jusqu'en 1850 une fabrique d'indiennes, puis une verrerie. Le cloître et les vestiges de l'ancienne chapelle sont encore visibles.

▪ L'Ancien hôtel de la maréchaussée, des XII°, XVI° et XVIII° siècles : dépendance d'un probable pavillon de chasse de Charles IX au XVI° siècle partiellement réédifiée au XVIII° siècle pour devenir la maréchaussée. La maison  s'appuie sur les vestiges de la porte du Pavillon et des remparts de Lyons.

 

Le poète et dramaturge Isaac de Benserade.

 

Né le 15 octobre 1612 à Lyons-la-Forêt, décédé le 19 octobre 1691 à Gentilly, et inhumé dans l'église St Eustache, dernière demeure de plusieurs académiciens. Il ne reste aucune trace de sa tombe.

Il est issu d'une famille protestante modeste, et abjure à l'âge de huit ans. Il a douze ans quand son père meurt. Benserade se trouve seul et sans fortune. Il néglige ses études mais il connaît l'art de plaire. Il sait se faire aimer des dames de préférence riches et libérales ou influentes. Grâce à une actrice de l'Hôtel de Bourgogne il parvient à faire jouer une de ses tragédies "Cléopâtre". Richelieu le pensionne.

A la mort du Cardinal il obtient la protection de la reine puis celle de Mazarin et enfin celle du roi. Il fait partie du petit cercle qui se réunit chez M. de La Vallière qui l'avait pris en grande amitié. Dans ces réunions où l'étiquette est adoucie, Benserade montre son incontestable supériorité à faire des bouts-rimés, le grand délassement à la mode, pour lequel le roi professe une estime toute particulière.

 

Très apprécié à la cour, fêté dans la société mondaine où ses mots d'esprit, ses galanteries, ses pointes,

ses propos piquants, la finesse de son badinage font merveille : c'est un homme d'esprit.

L'esprit était alors l'une des qualités littéraires les plus appréciées.

 

Isaac de Bensérade détenait à Lyons la charge de maître des Eaux et Forêts. Il fut reçu à l'hôtel de Rambouillet et y déchaîna ses passions, en compagnie de son contemporain Voiture, avec leurs sonnets de Job et Uranie. Membre de l'Académie Française où il soutint la candidature de La Fontaine, auteur de tragédies et de tragi-comédies, il fut admis à la cour de Louis XIII, puis de Louis XIV, pour lesquels il écrivit les livrets de ballets de la cour en travaillant, entres autres, avec Lully (Ballet de la Nuit, Alcidiane, la Raillerie, la Naissance de Vénus).

 

L'ancien couvent des Bénédictines de Saint Charles, transformé en école.

 

Edifié sur les remparts de Lyons, ce bâtiment du XVI° siècle,

était probablement pavillon de chasse de Charles IX. Il devient un couvent de bénédictines de 1706 à 1768.

 

La façade sur la vallée possède de beaux décors du XVI° siècle de pierre,

silex et grès, avec des éléments sculptés.

 

 

Le square des Trois moulins est traversé par la rivière la Lieure.

 

La rue d'Enfer, menant à l'église Saint Denis, et La Huchette.

Cette maison, de type rural des XV°-XVIII° siècles appartint à l'aéronaute Charles Dollfus.

Claude Chabrol en fait dans son  film Madame Bovary (1991), la première maison de son héroïne.

 

L'aéronaute Charles Dollfus

 

Cet aéronaute et historien français,  est né le 31 mars 1893 et mort le 3 juillet 1981, à Paris.

Il est le petit-fils de l'industriel Jean Dollfus et le père de l'astronome Audouin Dollfus.

C'est aussi le frère de Jean Dollfus (1891-1983), géographe, et de Marc-Adrien Dollfus (1896-1978), médecin.

 

 


Ancien conservateur du Musée de l'aéronautique de Meudon,
Conservateur du Musée de l'air (1925-1958).

Professeur d'histoire de l'aéronautique à l'École nationale supérieure de l'aéronautique (1939-1958).

▪ Membre de l'Académie de marine.

 

Charles Dollfus effectue sa première ascension en ballon en 1911. En 1913, il acquiert le brevet de pilote de ballon, et en 1917, il est pris comme engagé spécial bénévole dans la Marine où il sert comme pilote de ballon. En 1918, il obtient son brevet militaire de pilote de dirigeable. En 1919, chargé de créer le Musée de l'Air, le capitaine Auguste Edouard Hirschauer lui demande de bien vouloir s'occuper des collections et de la partie historique du Conservatoire des matériels aéronautiques.

 

De 1936 à 1944, une partie des collections est mise en place dans une grande salle du nouveau Ministère de l'Air, boulevard Victor. Le Musée de l'Air entre petit à petit en possession, grâce à lui, d'un très grand nombre de faïences, estampes, bibelots, mobiliers, qui constituent au fil des années une collection unique au monde. Il se bat afin de trouver un emplacement digne d'accueillir les collections exceptionnelles qu'il arrive à amasser.

 

Il est en même temps un historien aéronautique passionné et créatif : un certain nombre de ses ouvrages figurent en première place de l'histoire de l'aviation. Il pratique tous les sports aériens en pilote ou en passager et est le premier passager français à effectuer la double traversée de l'Atlantique sud à bord du Graf Zeppelin. Il cède en 1978 au Musée de l'Air, sa collection personnelle d'objets aéronautiques, l'une des plus importantes existant au monde.

 

L'église Saint Denis.

 

Vues aériennes, avant 1970.

 

Située à la sortie du bourg, sur la rive droite de la Lieure, c'est un édifice du XII° siècle,

réaménagé aux XV° et XVI° siècles. (Fermé lors de mon passage).

 

 

L'appareillage extérieur est en damier de grès et de silex.

Belle porte latérale avec arc du XII° siècle.

 

La rivière La Lieure.

 

Le pont près de l'église et un ancien lavoir.

 

Les trois moulins.

 

Le square, l'ancien couvent des bénédictines, et l'un des moulins.

 

 

La Lieure longe les anciens moulins et viviers royaux.

Subsistent sur l'un des moulins la trace d'une roue en bois

et sur la margelle enjambant la rivière un mystérieux lion de pierre.

 

Avec les anciens moulins et grâce à leur force motrice,

l'électricité est parvenue dans le village, à la fin du XIX° siècle.

 

A partir du XVII° siècle, les artistes succèdent aux seigneurs et font de Lyons une destination mondaine : Isaac de Benserade, poète à la cour de Louis XIV s’y installe, tout comme plus tard Maurice Ravel. Leurs imposantes demeures aux façades hourdies de briques ou de pans de bois comptent parmi les plus beaux témoignages du patrimoine architectural de Lyons.

▪ A la Gaudinière du XVIII° siècle, demeure du peintre surréaliste André Masson de 1937 à 1941. Il y reçoit André Malraux, André Breton, Aragon ou encore Jean Louis Barrault.

▪ "La Terrasse" : Frederik Arthur Bridgman (1847-1928), célèbre peintre orientaliste américain, s'installe à Lyons vers 1910 où il fait construite une maison. Il repose dans le cimetière de Lyons.

▪ "L'Herbage" : icône du style Art déco, le décorateur Jacques-Emile Ruhlmann (1879-1933) demande à son ami architecte Pierre Patout de lui construire une villa à Lyons, où il aime pêcher à la mouche. Cette maison deviendra le rendez-vous de nombreux artistes.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliant 4 volets "Lyons-la-Forêt", O.T. de Lyons

Guide touristique 2019, Lyons-Andelle, O.T. de Lyons

http://www.lyons-andelle-tourisme.com/

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 mai 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville