LISORS  (Eure)
Arrondissement des Andelys - Canton de Fleury-sur-Andelle.
Région : Normandie
 Population : 350 Lisorciens en 2016.

 

D'une superficie de 1.075 hectares, et d'une altitude de 62 à 178 mètres,

le village est traversé par le ruisseau le Fouillebroc, un affluent de la Lieure.

 

Vue aérienne du bourg avant 1970.

Mortemer, par sa géographie, est le cœur mystique de l’immense forêt domaniale de Lyons,

qui s’étend sur 10.700 hectares jouxtant le Vexin normand.

 

 

Ancienne abbaye cistercienne d'hommes de Mortemer,

des XII°, XIII°, XVI° et XVIII° siècles.
 

 

Mortemer vient du latin "Mortuum Mare", signifiant "Mer Morte".

La mer morte évoquait alors ce vallon marécageux que les moines,

dès leur installation entreprirent d'assécher en créant les étangs situés à l'arrière.

 

Vues aériennes avant 1970 : l'abbaye et les étangs.

 

En 1134, à la demande d'Henri 1er Beauclerc (fils de Guillaume le Conquérant), duc de Normandie et roi d'Angleterre, des moines bénédictins acceptent de venir s'installer dans le vallon de Mortemer. La construction de l'abbaye débute avec l'aide des donations royales. Trois années plus tard, l'abbaye est reçue dans l'Ordre de Cîteaux, ce qui lui permet d'être la première abbaye cistercienne de Normandie.

 

Le corps de logis, du XVII° siècle.

 

Le rez-de-chaussée était constitué de plusieurs petites pièces en enfilade accolées au transept de l’église.

Ce dernier et le premier étage constituent le musée où nous sont contées l’histoire de l’abbaye et ses légendes.

 

Richard Coeur de Lion, Philippe Auguste et Henri 1er d'Angleterre furent parmi ses hôtes les plus illustres. Toutefois, son temps de plus forte prospérité est le XV° siècle : elle accueille alors plus de deux cents moines. L'abbaye possède une grande partie de la région en fermes, terres, immobilier, et des hôtels aux Andelys et à Rouen.

 

 

Façade côté colombier.

Cette bâtisse conventuelle de style classique, est restée en parfait état.

 

Au début du XVI° siècle, l'abbaye subit le régime de la commende : les abbés commendataires sont souvent des laïcs ayant pour charge de prélever les bénéfices des abbayes. Faute de revenus, Mortemer commence à décliner. Cependant, en 1680, constatant les dégradations importantes, le Parlement intervient pour restaurer Mortemer. L'église est sommairement réparée, les ailes Sud et Ouest sont refaites sur les vestiges médiévaux et un nouveau cloître est bâti, mais les moyens manquent et la communauté diminue.

 

Façade côté cloître.

 

Vers 1790, ils ne sont plus que quatre moines à vivre dans ce qui ressemble déjà à des ruines. La Révolution Française met alors un terme à la vie monacale. En 1792, les autorités révolutionnaires vendent Mortemer à un fermier. Dès lors, les pierres de l'église sont en grande partie démontées et l'aile Ouest détruite. Les salles du rez-de-chaussée sont converties en celliers, écuries et étables. L'aile Ouest qui avait été refaite au XVII° siècle, est divisée en plusieurs pièces : salle à manger, salon, chambres.

 

Soubassement du corps de logis : un petit musée a été installé.

 

 

La première pièce du musée présente différents outils d'époque sur les thèmes de l'agriculture,

la vigne, et autres outils que les moines devaient utiliser quotidiennement.

 

Mathilde, la dame blanche.

La légende raconte que le fantôme de Mathilde hanterait l'abbaye sous la forme d'une dame blanche,

et que lorsqu'elle est aperçue avec des gants blancs, un mariage ou une naissance aura lieu dans l'année à venir,

mais lorsqu'elle est gantée de noir, la personne l'apercevant trouverait la mort dans l'année.

 

Mathilde, fille du roi d'Angleterre Henri 1er Beauclerc, fut mariée de force à l'âge de 7 ans à l'empereur Allemand Henri V. Après la mort de son mari, elle vécu une vie dissolue, ce qui déplut fortement à son père qui ordonna sa mise en captivité. Mathilde fut alors cloîtrée dans une chambre de l'abbaye, située au sous sol, durant 5 longues années. Après sa remise en liberté, elle se remaria et donna naissance au futur roi d'Angleterre Henri II.

 

A l'intérieur de l'Abbaye de Mortemer se trouve un lavabo du XII° siècle où les moines se lavaient le visage,

les mains et les pieds avant d'aller prendre leur repas.

La légende la plus connue de l’abbaye est celle de Mathilde, impératrice d’Allemagne et bienfaitrice de l’abbaye,

qui, dit-on, vient hanter depuis sa mort à Rouen, les ruines de Mortemer et autrefois les pensées des moines.

 

Henri II Plantagenêt (1133-1189), roi d'Angleterre, duc de Normandie, d'Aquitaine et de Gascogne,

comte d'Anjou et du Maine, et de Poitou.

(Le gisant a été créé en 2004 pour le spectacle "Aliénor, la mémoire d'Henri".

C'est une création libre inspirée par le véritable gisant du roi qui se trouve à l'abbaye de Fontevrault).

 

 

La Garrache (dérivé du mot Garou)  est en quelque sorte un loup garou femelle, transformée ainsi

pour un temps plus ou moins long, selon la gravité d'un crime commis sous son apparence humaine.

Lorsqu'une Garrache est blessée, elle meure ou retrouve son apparence humaine.

 

En 1884, La Garrache, une femme-louve apparue à Roger Saborreau, un métayer parti chasser dans la forêt qui entoure le domaine de l'abbaye de Mortemer. Il s'enfuit sous le coup de la panique, puis se rendit à nouveau sur les lieux le lendemain. C'est là qu'il découvrit le corps sans vie de son épouse. La légende dit qu'elle errerait depuis sous l'apparence d'une Garrache durant les nuits de pleine lune.

 

 

L’une des légendes, le chat goublin de Mortemer, est liée à la déchéance de l’abbaye.
L’histoire raconte comment un trésor est caché au cœur de l’abbaye de Mortemer, qui pourrait

ou aurait pu la sauver de la ruine, mais que nul n’a trouvé jusqu’à lors.

 

Le cellier.

 

Corps de logis : le rez-de-chaussée.

 

La cuisine de l'abbé.

 

 

 En très mauvais état, l’aile du XII° siècle a disparu, et a été reconstruite au XVII° siècle.

Elle est actuellement meublée et accueille des expositions et salons.

 

 

Maquette reconstituant l'abbaye.

 

 

Salon avec objets de culte de diverses époques.

 

 

 

La plus grande pièce présentant différents meubles et objets liturgiques.

 

Ruines de l'église abbatiale.

 

Ruines de la nef, des transepts et du choeur. Emplacement du cloître, avant 1970.

 

Bras Nord du transept, la grande rosace et la nef.

 

L'église abbatiale, située au nord du cloître, mesurait 87 mètres de long et 26 mètres de large,

42,30m au niveau des transepts, dans sa plus grande largeur

et avait été érigée en plusieurs étapes qui sont plus ou moins connues.

 

▪ La nef composée d'un vaisseau central et de deux bas-côtés sur huit travées, ainsi qu'une partie du transept ont été construites vers 1154 - 1163 sous l'abbatiat d'Étienne.

▪ Le chœur avait sept chapelles rayonnantes desservies par un déambulatoire en style gothique datables des abbatiats de Richard et de Guillaume (1174-1205). L'ensemble était construit avec des matériaux de qualité médiocre : silex noyé dans du mortier avec parement en pierre de Vernon. Le toit était couvert de tuiles, et le clocher en bois recouvert de plomb. Le sol était couvert de pavés de carreaux de céramique.

 

Le cloître du XVIII° siècle.

 

 

Le cloître et au-dessus, le dortoir des moines.

 

Le cloître est réduit à sa galerie nord en brique et calcaire d'époque tardive, XVIII° siècle. Les trois galeries sont construites sous l'abbé Étienne et n'ont laissé comme seule trace qu'un corbeau sur la façade de l'aile des moines. Il mesure 39 m de côté avec des galeries de 5 m de large environ.

 

Depuis l'accueil-billetterie, vue sur les vestiges de l'église abbatiale et le cloître.

 

Les bâtiments conventuels.

 

 

Le cellier, à l'extrémité Sud, était peut-être originellement une salle de travail de l'abbaye.

Il est voûté en plein-cintre.

 

Dans cette aile, se trouvaient : l'armarium et la sacristie, la salle capitulaire.

 

Le bâtiment des moines et à l'étage, le dortoir des moines.

 

Le dortoir, situé dans le prolongement du transept Sud de l'église et également ruiné, ne conserve qu'une petite salle voûtée, la sacristie et son mur Ouest. La salle capitulaire se situait au même niveau que la sacristie et on remarque encore ses trois baies. Au-dessus se trouvait le grand dortoir.

 

Le colombier, du XVIII° siècle.

 

Ruines de l'église abbatiale, le logis abbatial et le colombier.

 

Le pigeonnier servait à nourrir les nombreux visiteurs qui étaient reçus autrefois à Mortemer.

 

Le Père Abbé dirigeait l'Abbaye mais était également juge de paix. Il rendait la justice pour des petits larcins. En conséquence, il eut droit au bandeau de justice qui est encore visible aujourd'hui (pierres ressortant et qui font le tour du pigeonnier). La sentence rendue, le prisonnier était enfermé à l'intérieur pour y accomplir sa peine.

 

La charpente en bois de châtaignier.

 

Les murs de l'enceinte.

 

 

 

Depuis les étangs, vue sur le mur d'enceinte, l'abbaye, et la ferme.

 

 

Les étangs.

Pour les passionnés, un parcours de pêche exclusivement à la mouche,

dans les plans d'eau de l'Abbaye de Mortemer, a été créé.

Un petit train rustique qui longe la pièce d'eau,

permet de découvrir de nombreux oiseaux qui se reproduisent en liberté.

 

Le parcours de pêche à la mouche est constitué de : 3 plans d'eau et 1 ruisseau. Population de saumons de fontaines, truites arc-en-ciel et Fario, poissons trophées, carpes, pêche à vue. (Possibilité d'initiation aux techniques de pêche à la mouche pour les débutants).

 

La fontaine Sainte Catherine.

 

Cette fontaine, située sur les bords du Fouillebroc, fait l'objet d'un pèlerinage populaire de filles à marier.

 

Des régions proches ou lointaines, les jeunes filles à marier venaient et viennent encore à la fontaine,

elles y jettent une épingle à cheveux ou une pièce, afin de trouver un mari dans l'année.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.abbaye-de-mortemer.fr/
"Trésors religieux de Haute-Normandie", Christophe Lefébure

de 124 pages, Editions Ouest-France, 2015

Dépliant 16 pages "Abbaye Mortemer, partie historique"

Véronique François-Carpentier, 2002

Dictionnaire des églises de France "Normandie"

Volume IVb, éditions Robert Laffont, 1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 12 mai 2019

 

 

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