GAILLON  (Eure)
Arrondissement des Andelys  - Canton de Gaillon.
Région Normandie
 Population : 7.027 Gaillonnais en 2015.

 

D'une superficie de 1.019 hectares, et d'une altitude de 8 à 144 mètres,

la ville est traversée par le ru du Canal, long de 7,4 km

ou ravine du Hazey, affluent de la Seine.

 

Etymologie : le nom provient d'une petite forteresse qui fut bâtie par les Romains sur le flanc de la colline

dominant la vallée pour contenir les futures attaques ; ils la nommèrent Castiliorum, Castilio, puis Gaillon.

Certains historiens donnent une autre version, probablement celte, de la peuplade des Galls qui signifie fort.

 

Vue sur la ville et l'église St Ouen des XIII° et XVIII° siècles, depuis la galerie du château.

Gaillon a connu un passé glorieux lié aux libéralités des cardinaux archevêques de Rouen,

à l'époque de la Renaissance.

 

 

Le château,

ancienne résidence des évêques de Rouen.
 

 

Ce château, entre flamboyant et Renaissance, est considéré comme l'un des premiers châteaux Renaissance.

 

Vues aériennes avant 1970.

Entre 1498 et 1509, le cardinal archevêque de Rouen Georges 1er d'Amboise

métamorphose l'ancienne résidence d'été de ses prédécesseurs en un château grandiose.

 

Dominant la ville actuelle, le château entouré de fossés de plan irrégulier,

reprend probablement les assises de la forteresse médiévale.

 

Gaillon était un château fort, situé à l'entrée de la première des grandes boucles de la Seine. Mentionné dès le XI° siècle, il fut donné par Saint Louis aux d'Estouteville qui, à la fin du XV° siècle, entreprit de grands travaux, avant la construction de l'aile Ouest.

 

A gauche, la chapelle, la galerie Renaissance et la tour de la Sirène.

La chapelle était couronnée de lanternons superposés.

 

Mais c'est surtout à la personnalité de Georges d'Amboise, cardinal et archevêque de Rouen, qui cumulait les pouvoirs de ministre de Louis XII et de légat du Pape (à ce titre, il avait beaucoup voyagé en Italie), que l'on doit les plus importantes campagnes de construction.

 

Georges d'Amboise, cardinal et archevêque de Rouen.

 

Georges d'Amboise, dit le cardinal d'Amboise, est né en 1460 au château de Chaumont-sur-Loire, près d'Amboise et mort le 25 mai 1510 à Lyon, cardinal et archevêque de Rouen à partir de 1498, il fut le principal ministre du roi Louis XII et un mécène français.

Ü Mausolée des cardinaux d'Amboise, œuvre de Roulland Le Roux et Pierre des Aubeaux, chef-d'œuvre de la sculpture du début du XVI° siècle, dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen.

 

Vers 1500, le cardinal Georges d'Amboise est alors archevêque de Rouen, ministre de Louis XII, légat du Pape, Vice Roi du Milanais. Il transpose sur les bords de Seine, au château de Gaillon, sa vision de l'Italie, qu'il a découvert lors de ses missions que lui avait confié le roi de France, Louis XII. Architectes, peintres et sculpteurs venus d'Italie, passés par les bords de Loire ou issus des grands chantiers Rouennais, transforment en quelques années le château médiéval et son domaine en un véritable palais, entouré de jardins.

 

Le pavillon d'entrée.

 

 

Le pavillon d'entrée construit en 1508, est la partie la moins dénaturée.

 

C'est dès 1502, date particulièrement précoce dans l'histoire de la Renaissance française, que Georges d'Amboise fait entreprendre les travaux de son palais, qui vont se poursuivre jusqu'à sa mort, en 1510. Parmi les artistes, on trouve les noms de Guillaume Senault, Colin Biard, Pierre Valence, Pierre Delorme, Pierre Fain, Pacello da Mercogliano, Michel Colombe, les frères Juste, etc...

 

Ce pavillon permet d'accéder dans l'avant-cour.

Les colonnes cannelées, chapiteaux à l'antique et frontons à coquilles des baies des tourelles

marquent la rupture avec le répertoire décoratif médiéval.

 

Les travaux furent poursuivis dans le courant du siècle par le cardinal Georges II d'Amboise, puis les cardinaux de Bourbon. Au XVII° siècle, le fils de Colbert fit ajouter des bâtiments par Jules Hardouin-Mansart et réaménager les jardins par Le Nôtre.

 

 

Le pavillon d'entrée constitue l'accès principal au château depuis le XVI° siècle.

 

Vestige du château médiéval, il a été remodelé en 1509 par Georges d'Amboise, et surmonté de hautes toitures, restituées récemment avec l'épi de faîtage en plomb aux armes du cardinal, incrusté de pilastres de pierre à décor d'arabesques en faible relief, soulignant les travées verticales des fenêtres.

 

A l'intérieur du pavillon d'entrée, sont présentés :

▪ Au 1er étage, une exposition permanente sur l'histoire du château.

▪ Au 2° étage : salle des maquettes

▪ Au 3° étage : la charpente en béton armé.

 

Le château de Gaillon, perspective générale des bâtiments et des jardins et partielle du parc.

(Reproduction d'une gravure à l'eau forte publiée dans Androuet du Cerceau,

le 1er volume des plus excellents bâtiments de France, Paris, 1576).

 

Cette vue permet de découvrir les splendeurs du château : (de la gauche vers la droite) la masse des bâtiments, avec la fontaine en marbre au centre de la cour, un terre-plein gazonné au-delà des fossés, puis le jardin avec ses pavillons et ses galeries, et enfin, en contrebas, un second et plus vaste jardin.

 

Salle des maquettes du 2° étage.

 

▪ A gauche, "le plus beau et le plus superbe lieu qu'il y ait dans toute la France" (Bonaventura Mosti, 1508).

▪ Le château vu au nord-est, reproduction d'un tableau d'Hubert Robert, (1773, Rouen, archevêché, salle des Etats). Le tableau montre après les importants travaux de construction menés par Jacques-Nicolas Colbert et des réparations conduites par ses successeurs. Le 1° plan du tableau est une pure invention : en lieu et place du jardin bas, il créé une scène de genre, avec des lavandières sur les berges d'un lac imaginaire.

▪ Vue d'ensemble de la salle d'exposition.

 

Cheminée et sa plaque de fond, aux armes de l'un des constructeurs.

 

 

▪ Clé de voûte de décor flamboyant provenant certainement du portique au Nord de la chapelle basse, en pierre calcaire de Vernon.

▪ Pilier du portique Nord-Est de la grande maison.

▪ Fragment d'un trumeau de la galerie Nord-Est

▪ Clôture du choeur en bois, de la chapelle haute, qui faisait la séparation entre le nef et le choeur.

▪ Stalles de la chapelle haute, réalisées en1508.

▪ Profil d'applique en marbre blanc de Carrare d'empereur à l'antique.

 

La salle des maquettes, au 2° étage.

 

Au 3° étage, la charpente en béton armé.

 

Le pavillon d'entrée, la porte de Gênes, la tourelle d'Estouteville et les cellules.

Dans les soubassements de l'aile d'Estouteville, subsistent les dernières cellules de la période carcérale

et militaire. Elles ont été occupées jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale.

Leurs murs présentent de nombreux graffitis.

 

La tourelle d'Estouteville.

 

Erigée en 1450, elle porte le nom du Cardinal et archevêque de Rouen,

Guillaume d'Estouteville, et présente les derniers décors gothiques du château.

 

La porte de Gênes.

 

La galerie des Cerfs sépare l'avant-cour de la cour d'honneur.

Elle comportait initialement, en 1503-1504 une galerie ouverte vers le Nord,

surmontée d'un étage et d'un haut toit d'ardoise percée de lucarnes.

 

 

L'élévation nous en est donnée en son centre par la Porte de Gênes, véritable arc de triomphe

à décors de feuillages stylisés, de caissons à rosaces, de corbeilles à l'antique.

 

Les colonnes de la galerie sont ornées d'un décor d'hermines, portées sur des bases encore gothiques.

 

La galerie des Cerfs constituait l'organe essentiel de circulation du château, reliant la Tourelle d'Estouteville à l'Ouest, seul vestige apparent de "l'Ostel Neuf" reconstruit par le cardinal Guillaume d'Estouteville, entre 1458 et 1463, et la "Grand vis" à l'Est, desservant les trois niveaux de la Grand'Maison. (Cette Grand Vis ou grand escalier, ne subsistent plus que des dessins). Surmontée d'un lanternon et d'une figure de St Georges terrassant le dragon, en plomb doré, elle formait l'un des points forts de la composition architecturale.

 

La cour d'honneur.

 

La cour d'honneur avait un pavage de quatre couleurs disposé en étoile.

 

Aujourd'hui, la cour d'honneur présente des façades de la période carcérale et militaire,

mais il faut imaginer cette dernière à la Renaissance pavée de marbre

avec les façades décorées de médaillons présentant des profils d'empereurs romains.

 

La double galerie.

 

 

 

Cette galerie fut remontée en 1985.

Ses bases ont été retrouvées dans le sol de la cour lors de fouilles archéologiques.

Dites, à clefs pendantes, les piliers de la Galerie sont ornés de trophées, de grotesques et de candélabres.

 

La grande maison.

 

Commencée en 1502, elle contenait : les appartements de Georges d'Amboise,

la chapelle à deux niveaux, une galerie ouverte sur le Val de Seine entre la chapelle et la Tour Sirène,

à l'angle Nord-Est de la Grande Maison.

 

L'aménagement pénitencier n'a laissé subsister que la galerie sur le val, transformée en réfectoire

et aujourd'hui rétablie dans ses dispositions primitives, et des éléments des grandes salles du rez-de-chaussée.

 

La chapelle basse.

 

 

La chapelle a une voûte à croisée d'ogives gothiques, à clés et culots finement sculptés.

Elle était entourée d'un déambulatoire extérieur, supportant la chapelle haute établie sur toute la largeur

disponible, pourvue d'un riche décor de vitraux, peintures, stalles et mobilier liturgique.

Sous la galerie, le cellier avec une très belle salle voûtée,

qui servait d'entrepôt pour les fruits et les légumes.

 

Elle était surmontée par une magnifique chapelle haute, entièrement détruite,

qui abritait entre autres un retable d'autel en marbre aujourd'hui au musée du Louvre,

ainsi que 13 statues d'Antoine Juste dont deux subsistent dans l'église de Gaillon.

 

La galerie sur le Val.

 

Loggia à l'italienne qui offre une vue splendide sur la vallée de la Seine.

Elle surplombe les anciens jardins potagers du château.

Dans l'axe, une route qui était à l'origine une allée bordée d'arbres créées par Le Nôtre, jardinier de Louis XIV.

 

 

La galerie, obstruée pendant la période carcérale et militaire

a servi de réfectoire dans le prolongement des cuisines.

 

La tour de la Sirène.

 

Fourneau Pierron-Boutier, Ets. Gentilini et Berthon, Paris, 1950.

 

Installées au rez-de-chaussée de la tour de la Sirène, les cuisines datent de la période carcérale et militaire.

Au 1er étage se trouvait la chambre de l'archevêque dont le toit surmonté d'une sirène en plomb,

a donné son nom à la tour.

 

La cour de l'Orangerie.

 

 

La tour de la Sirène et les bâtiments carcéraux ou militaires.

 

Cette cour, autrefois fermée à l'Est par une galerie reliant la Grand'Maison au Pavillon Colbert,

présentait sur son côté Ouest l'amphithéâtre de l'Orangerie.

 

Le Pavillon Colbert.

 

 

Construit vers 1700 par l'architecte Jules Hardouin Mansart

pour l'archevêque Jacques Nicolas Colbert, second fils du ministre de Louis XIV.

 

Pendant la Révolution, la vente du château au titre des Biens Nationaux conduit au dépeçage par les propriétaires successifs : quelques 3000 éléments sont achetés en 1801 par Alexandre Lenoir pour son "Musée des Monuments Français" et remontés partiellement dans la cour de l'Ecole des Beaux-arts de Paris.

 

Le pavillon s'élève sur les vestiges de l'ancienne orangerie du XV° siècle

qui s'ouvrait au 1er étage sur la terrasse des jardins hauts.

 

Un établissement pénitentiaire est construit à partir de 1812 sur les ruines du château. Accueillant jusqu'à 2400 détenus qui travaillent dans de nombreux ateliers, il est actif jusqu'en 1902, date à laquelle une caserne militaire le remplace.

 

Lors de la guerre 1914-1918, la caserne accueille aussi un Centre d'Instruction des Sous Lieutenants Auxiliaires de l'Infanterie Belge (CISLA). Réquisitionné ensuite à partir de 1938 pour héberger les réfugiés espagnols, il est occupé par les Allemands en juin 1940. A la Libération, il devient un lieu d'internement pour les collaborateurs. Devenu propriété privée, il est acquis par l'Etat après une longue procédure judiciaire en 1975, dans un état de ruine dramatique. Depuis, l'Etat assure et finance les travaux de sauvegarde et de restauration de ce monument qui, grâce aux efforts conjoints de la DRAC Normandie, de la ville de Gaillon et de l'Association pour la Renaissance du château, ouvre ses portes aux visiteurs depuis 2011.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliant 3 volets "guide de visite", remis à l'accueil

Dépliant 3 volets "Château de Gaillon", O.T. Gaillon

Brochure "Château de Gaillon, entre Flamboyant et Renaissance"

Livret d'exposition, Editions de l'Arc, 2008

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 15 avril 2018

 

 

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