ECOUIS  (Eure)
Arrondissement et canton des Andelys.
Région : Normandie
 Population : 822 Escoviens en 2016.

 

D'une superficie de 1.307 hectares, et d'une altitude de 76 à 156 mètres,

le village est situé dans le Vexin Normand.

 

Toponymie : le nom viendrait de l'appellatif germanique skauti « hauteur, pente » ou skot « bosquet ».

 

Vue aérienne du bourg avant 1970 - La mairie, bâtie face à la collégiale.

 

Au XVI° siècle, le bourg est situé sur une voie de communication importante et est très actif :

Il entretient plusieurs foires et un marché.

Son église paroissiale "Saint Aubin" est placée sous le patronage de l'abbaye du Bec-Hellouin.

 

 

Collégiale Notre-Dame de l'Assomption
 

 

Notre-Dame d'Ecouis, collégiale jusqu'à la Révolution

et où plusieurs rois de France s'arrêteront, tels Louis XI et Louis XII.

Parmi ses chanoines, figure Saint Vincent de Paul en 1615.

 

Vues aériennes avant 1970.

 

Le roi Philippe IV, dit Philippe le Bel (1285-1314) a pour ministre des Finances le riche et puissant Enguerrand de Marigny, né à Lyons-la-Forêt. Il a déjà doté son domaine d'Ecouis d'un hôpital, dont un bâtiment existe toujours (actuelle maison de retraite). Afin d'y installer le Collège de douze chanoines qu'il a créé, il décide de remplacer l'église par une collégiale qui sera édifiée en trois ans de 1310 à 1313.

 

Cette église en pierre de taille a été fondée par Enguerrand de Marigny.

 

Après avoir reçu les approbations royales (février 1310), Archiépiscopale (mai 1311) et Papale (Clément V le 1° mai 1311), la collégiale sera consacrée le 9 septembre 1313, en présence du légat du Pape, le cardinal Nicolas de Fréauville et de nombreux dignitaires de l'église.

 

Deux chapelles à chevet plat, longues, étroites et basses sont accolées

aux flancs du vaste choeur terminé par une abside à trois pans.

 

 

L'édifice comprend un vaisseau cruciforme accompagné de deux tours carrées à la façade.

La place autour de l'édifice s'appelle "Place du cloître". Les maisons construites au Nord et à l'Est,

refaites au cours des siècles, servaient de demeures aux chanoines.

 

La fonction de Collégiale explique les proportions spécifiques de l'intérieur :

▪ Un choeur (20m90) plus long que la nef (15m65) et un transept très large (10m40).

▪ Autrefois lambrissée, la voûte (18 m de haut) a été refaite en briques en 1768 alors que le berceau de bois existe toujours dans les deux chapelles latérales.

▪ Des vitraux originaux, seul demeure l'oculus quadrilobé de la chapelle Nord, dite chapelle Saint Jean, qui représente le Christ en Croix entouré de la Vierge et de Saint Jean.

 

 

Le buffet d'orgues occupe le fond de la nef. (Le buffet du positif est vide).

Le grand buffet date du XVII° siècle et signé "Claude de Villers"

 

Fonts baptismaux avec sa large cuve du XVIII° siècle, et au-dessus, statue de Saint Jean Baptiste.

Photo de droite, deux volets d'orgues représentants le roi David et Sainte Cécile lorsqu'ils sont ouverts,

une Annonciation lorsqu'ils sont fermés.

Entre les deux panneaux, accroché à un panneau, un Christ du XVIII° siècle en bois.

 

Chapelle ajoutée à la nef pour l'usage des habitants (1528).

De chaque côté de l'autel, statues de Sainte Anne portant la Vierge Marie, du XIV° siècle, et Saint Nicaise.

 

Au-dessus du confessionnal, une croix du XIII° siècle.

Sur le côté Nord de la nef, un groupe de l'Annonciation formé de deux statues en pierre

reposant chacune sur des socles sculptés : celui de l'Ange Gabriel représente un cep de vigne.

Le socle de la Vierge dont la tête et les mains sont en marbre, représente 3 jeunes têtes d'Anges.

 

 

La chaire à prêcher du XVII° siècle reposant sur un socle présentant les quatre évangélistes par 4 têtes :

l'aigle St Jean, le taureau St Luc, le lion St Marc, l'homme St Matthieu, en bois sculpté.

Dans l'enfeu est placé le gisant en marbre blanc de Jean de Marigny,

archevêque de Rouen, puis de Beauvais, frère d'Enguerrand. Statue de Sainte Marguerite.

Peinture présentant Saint Prix et l'enfant Jésus dans les bras de sa mère.

Porte d'accès à la chapelle Sud, ou chapelle Saint Jean.

 

Entre les deux autels de chaque transept, on pénètre dans les chapelles accolées au choeur.

On accède au choeur par une très belles portes en bois sculpté avec vantaux.

 

Dans le transept Nord, deux autels côte à côte.

Au-dessus de l'un, une peinture du XVIII° siècle représentant la délivrance de Saint Pierre,

et de l'autre, dans une niche, une statue en marbre blanc de la Vierge couronnée.

 

Dans le transept Sud, deux autels côte à côte :

Dans la niche de l'un, Saint Joseph du XIX° siècle, au-dessus de l'autre, peinture de la Nativité du XVIII° siècle.

 

La chapelle Sud, ou chapelle Saint Jean. Statues d'une Sainte femme en pierre et d'un évêque en bois.

Trois quadrilobes proviennent des ateliers Tisserant d'Evreux.

 

Côté Nord, panneaux supérieurs présentant les apôtres, et côté sud, des scènes de la vie de la Vierge.

 

 

Dans le choeur, 36 stalles du Moyen Age datent de la fondation de l'église.

Elles comptent parmi les plus anciennes de France.

 

Dans le fond du choeur, le maître autel, un bloc de pierre posé sur deux têtes de chapiteaux.

Une porte monumentale, celle de l'ancien jubé du XVII° siècle.

La sculpture est composée d'un cordon de feuilles de chêne et le lauriers.

 

L'édifice est complété au Nord du choeur par une construction quadrangulaire renfermant deux salles superposées,

l'inférieure voûtée sur croisée d'ogives ayant servi de salle capitulaire, l'autre de chartrier.

 

Joug et battant remplacés de la cloche n° 3. Statue de Saint Martin.

 

Durant la Révolution, la collégiale subit de graves dommages et destructions. Le tombeau d'Enguerrand de Marigny est détruit, et son trésor pillé. Lieu de réunion de Conseil Municipal, convertie en Temple de la Raison en 1794, elle servira ensuite d'atelier de production de salpêtre et de magasin de fourrage jusqu'en 1797. Rendu au culte elle redevient peu après paroisse d'Ecouis.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France "Normandie"

Volume IVb, Editions Robert Laffont, 1968

Brochure de 16 pages "Notre collégiale fêtera ses 700 ans", 2013

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 mai 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville