ROUGEMONT  (Doubs)

Région Bourgogne-Franche-Comté.

Arrondissement de Besançon - Canton de Baume-les-Dames
 Population : 1.168  Rubrimontains en 2016.

 

D'une superficie de 1.833 hectares, et d'une altitude de 245 à 305 mètres,

le village est bordé par la rivière le Drigeon,

et situé à la limite du Doubs et de la Haute-Saône, dans la vallée de l’Ognon.

Il est labellisé "Petite cité de caractère".

 

La commune de Rougemont est, depuis 1973 constituée du bourg de Rougemont

auquel se sont associés les trois villages voisins de Chazemot , Montferney et Morchamps.

 

 

La nécropole  Française
 

 

En une surface de 1,4 hectare, la nécropole a accueilli les corps de 2.169 combattants français

de la Seconde Guerre mondiale :

153 sont inconnus, 1.251 sépultures sont ornées de stèles musulmanes.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

Après les hostilités, il existait dans le Doubs, la Haute-Saône, les Vosges, la Côte-d'Or, de petits cimetières établis par l'Etat Civil Miliaire aux Armées où reposaient les corps des combattants de la 1° Armée Française tombés en 1944 dans les combats livrés avant la Libération de l'Alsace. Leur entretien s'avérait difficile à cause de la dispersion et leur aménagement rudimentaire.

 

Entrée de la nécropole.

 

Dès 1950 le projet d'agrandir un de ces cimetières le mieux situé et d'y regrouper les corps exhumés des autres sites fut retenu. Le petit cimetière de Rougemont fut choisi. De plus, le général de Lattre de Tassigny avait lors de la bataille, établi son P.C. non loin de-là, au château de Moustier.

 

En 1951, le génie militaire procède aux travaux de terrassements.

Les opérations d'exhumations et d'aménagement durèrent de 1952 à 1958.

 

Les corps non restitués aux familles furent ré-inhumés dans la nouvelle nécropole nationale. Ils provenaient de Rupt-sur-Moselle, Bussang (Vosges), de Pont-de-Roide, Ornans, Besançon, Pontarlier, Maîche (Doubs), de Lure, de Villersexel,  (Haute-Saône) et Roye où était inhumé le général Brosset. L'ornementation florale termina la réalisation, entretenue à perpétuité aux frais de la Nation.

 

Les nombreuses stèles musulmanes.

 

Le cimetière militaire de Navenne (Haute-Saône) n'a pas été désaffecté, ni ses corps regroupés. Ses tombes constituent toujours un carré militaire dans le cimetière communal. Une majorité de combattants, dont beaucoup de musulmans de la 1° Armée Française y reposent.

 

La libération de la Franche-Comté, 1944.

 

Depuis la Provence, la 1° Armée Française du général de Lattre de Tassigny poursuivit

la 19° Armée Allemande en retraite, de part et d'autre du Rhône, puis de la Saône.

Au centre progressait la 7° Armée Américaine du général Patch

qui prit Besançon, franchit le Doubs pour atteindre Luxeuil et Lure, en Haute-Saône.

 

Sur le flanc droit, les Français livrèrent le combat très dur de Mouthe (Doubs) le 4 septembre, puis ils prirent Pontarlier le 5. Ensuite, ils foncèrent vers Maîche et Morteau. De violents combats se déroulèrent à Baume-les-Dames contre les chars Panther de la 11° Panzer. Le contact fut enfin établi avec le maquis du Lomont, 2.500 F.F.I. animés par le commandant Paul qui tenaient tête à l'ennemi depuis le 17 août. Sur le flanc gauche, Dijon fut libérée le 11 septembre par la 1° D.B. du général Touzier et Vigier, dont d'autres éléments avançaient vers le plateau de Langres.

 

L'offensive alliée vers le Rhin, septembre - novembre 1944.

 

Un avion léger de reconnaissance atterrit près de Sombernon (Côte-d'Or) y amenant un officier de liaison de la 2° D.B. porteur de comptes rendus signalant la présence proche à Châtillon-sur-Seine de la droite de la Force d'invasion alliée partie de Normandie. Ainsi, les Français de Leclerc étaient à 50 km des Français de De Lattre.

 

Le lendemain, la jonction fut réalisée à Montbard (Côte-d'Or) ou fusiliers marins de la 1° D.F.L. rencontrèrent le 1° Spahis Marocains de la 2° D.B. Le 13 septembre, Langres (Haute-Marne) fut prise par le général Sudre. Puis la 1° D.B. s'infléchit vers l'Est.

 

Après la rencontre des forces venues de Normandie et de Provence, l'Armée Française constitua la droite du front allié, du Nord de Lure à la frontière Suisse, avec objectifs : Belfort, Mulhouse et le Rhin. Tout de suite, elle se heurta, dès le 20 septembre, aux positions ennemies défendant Belfort. Le front se stabilisa. Une offensive générale fut prévue par le commandant en chef allié, le général Eisenhower, pour le mois de novembre.

 

Le 13 novembre 1944, le général de Gaulle et le 1° ministre anglais, sir Winston Churchill, arrivés en train à Besançon, rejoignent le secteur français pour assister aux opérations.

 

Le 14 novembre, la 1° Armée Française attaqua. Les 5° D.B. et la 2° D.I. Marocaine livrèrent de rudes combats à Ornans et à Arcey, ainsi que le 1° corps d'armée du général Béthouart aux prises avec l'ennemi dans la boucle du Doubs, surtout à Ecot où la bataille s'avéra très dure.

 

Au soir du 17 novembre, la rupture des positions allemandes était réalisée. Montbéliard, Héricourt étaient libérées. L'offensive continuait irrésistiblement vers Belfort et Altkirch.

 

Le 20 novembre, le général Brosset se tuait à Champagney, près de Belfort d'un accident de jeep. Son corps fut conduit à l'église de Lure où se déroulèrent ses obsèques.

 

Le monument aux morts, Guerre 1870-1871, de Rougemont.

 

Avant la Première guerre mondiale, les soldats ne pouvaient pas être inhumés dans des tombes individuelles,

faute de pouvoir être formellement identifiés ; c’est également au terme de ce conflit

que de très nombreuses communes érigèrent des monuments aux morts.

 

Par le traité de Francfort qui mit fin à la guerre de 1870-1871, les gouvernements français et allemands

s'engagèrent (article 16 du traité) à entretenir les tombes des militaires ensevelis sur leur territoire respectif.

 

Apparus après la guerre de 1870-1871, les monuments aux morts ont été élevés dans leur grande majorité à la suite de cette guerre.


Ces monuments sont moins nombreux : certainement d’abord parce qu’il y a eu moins de morts. La répartition des pertes est très différente de celle de la Grande Guerre. Cela expliquera que les monuments sont placés dans les grandes villes, ou dans les chefs-lieux de canton, rarement dans les villages.


Ensuite, parce que la guerre a été une guerre perdue, celle du Second Empire ; le phénomène d’appropriation par les citoyens est moins fort que ce que l’on mesurera quelques décennies plus tard.

 

La loi du 4 avril 1873 ordonne aux communes d’inhumer dans leur cimetière tout militaire tombé sur leur territoire et de leur accorder une concession à perpétuité. Une dépêche ministérielle fixe à 2 mètres carrés la surface à céder à l’État pour cette inhumation. L’État surveille de près la façon dont la tombe est organisée et fait poser des grilles en fonte.

 

La notion de “Mort pour La France” a été précisée dans la loi du 2 juillet 1915 modifiée par celle du 28 février 1922. à l’honneur du nom de celui qui a donné sa vie pour le pays, un titre clair et impérissable à la gratitude et au respect de tous les Français”.

 

Ce titre figure sur les actes de décès des militaires et civils tués à l’ennemi ou morts dans des circonstances se rapportant à la guerre. Seule cette mention permet l’inscription des noms sur les monuments aux morts communaux et elle ne peut figurer sur une stèle que si elle a été accordée à la personne à qui elle rend hommage.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.rougemont.fr/

https://www.defense.gouv.fr/

http://www.souvenir-francais-doubs.fr/

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 22 juin 2017

 

 

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