ROUGEMONT  (Doubs)

Région Bourgogne-Franche-Comté.

Arrondissement de Besançon - Canton de Baume-les-Dames
 Population : 1.168  Rubrimontains en 2016.

 

D'une superficie de 1.833 hectares, et d'une altitude de 245 à 305 mètres,

le village est bordé par la rivière le Drigeon,

et situé à la limite du Doubs et de la Haute-Saône, dans la vallée de l’Ognon.

Il est labellisé "Petite cité de caractère".

 

La commune de Rougemont est, depuis 1973 constituée du bourg de Rougemont

auquel se sont associés les trois villages voisins de Chazemot , Montferney et Morchamps.

 

Etymologie : Provient du latin mons, mont, et ruber, rouge.

 

Vues avant 1970 : le bourg, le couvent des Cordeliers et l'église paroissiale.

 

L’histoire de la famille de Rougemont est connue depuis le XI° siècle. D’après Castan, en 1039, au sacre de Hugues 1er archevêque de Besançon, les seigneurs de Rougemont étaient parmi les premiers dans l’église de Besançon, derrière le comte de Bourgogne et les Montfaucon. Ils jouèrent un rôle important dans l’histoire de la Franche-Comté.

 

Cette province qui appartint tour à tour, selon les alliances ou les mariages, à la Bourgogne, à la Flandre au Saint Empire Germanique et enfin à la branche espagnole des Habsbourg, n’a été définitivement française, qu’à partir de 1678 (traité de Nimègue) Les sires de Rougemont possédaient une vaste baronnie.

 

 

Rougemont :

petite cité comtoise  de caractère
 

 

Rougemont a été pendant plusieurs siècles un des principaux sites fortifiés de Franche-Comté.

Un château fort, visible de très loin, se dressait au sommet de la Citadelle.

Il défendait le passage, sorte de cluse, entre le Doubs et l’Ognon.
Jusqu’au XVI° siècle, elle était entourée de remparts,

aujourd’hui, presque entièrement disparus, qui longeaient son paisible ruisseau, le Drigeon.

 

De 1090 à 1289, les Rougemont furent vicomtes héréditaires de Besançon dont la prérogative essentielle était le droit de justice. Le dernier des seigneurs de Rougemont fut Thiébaud qui fit construire le Couvent des Cordeliers. A la suite de mariages ou alliances diverses, la seigneurie de Rougemont passa ensuite, successivement, dans les familles de Chalon, de Rye, de Poitiers, de Labaume Montrevel et enfin Vorget (qui fit construire le château moderne devenu maison de retraite).

 

La mairie, halle aux grains, lavoir et la fontaine.

 

La mairie a été construite au XIX° siècle, en pierre jaune.

Elle abrite également le musée municipal qui présente des collections minéralogiques et paléontologiques

constituées à partir de découvertes faites dans la région.

 

La fontaine, bâtie entre 1830 et 1850, en pierre et bronze.

Elle présente une colonne cannelée haute. Son eau qui sort de la gueule des hydres,

est essentiellement destinée à la consommation ménagère et à l'abreuvement des chevaux.

 

La halle aux grains.

Ce bâtiment, avec le lavoir, fait partie de l'ensemble de la mairie.

 

La halle aux grains du rez-de-chaussée de l’Hôtel de ville, devenue trop petite, fut remplacée par ce bâtiment, œuvre de l’architecte Painchaux. A l’origine, elle était surmontée d’un lanterneau (démoli au milieu du XX° siècle en raison de son mauvais état) et abritait des alvéoles séparés par 8 énormes piliers de pierre qui supportaient une magnifique charpente. Lors de la construction du grand magasin voisin, l’architecte des bâtiments de France a souhaité que la toiture de ce nouveau bâtiment rappelle l’ancien toit de la halle aux grains avec son lanterneau).

 

Le lavoir a été construit selon l'architecture des impluviums antiques.

Sa charpente de bois est supportée par des poutres verticales en bois

qui reposent sur des socles de pierre (pour les isoler de l’humidité).

Il permet la récupération des eaux de pluie grâce à ses quatre pans de toit.

Autrefois, il était alimenté aussi par les eaux de la fontaine de la place. Aujourd'hui, il sert de lieu d'exposition.

 

Fontaine du XIX° siècle, anciennes maisons de vignerons - Croix du XVI° siècle, en pierre.

 

La croix, avec son fut constitué de deux pièces, est à peu près octogonal. Le Christ est couronné d'épines et, à ses pieds, supportée par deux cul-de-lampe en saillie, Sainte Madeleine agenouillée, les cheveux épars. Une Vierge à l'enfant est au revers de la croix.

 

Eglise paroissiale de la Nativité de Notre-Dame.

 

 

L'église paroissiale était la chapelle du château et trouve vraisemblablement son origine

dès la fin du IX° siècle, puisqu'elle fut la chapelle des seigneurs de Rougemont.

 

 

Le clocher-porche comtois surmonté d'un dôme à l'impériale, est recouvert de tuiles vernissées.

L'église est devenue paroissiale vers 1460, en remplacement de l'église de la Sainte Trinité de Rougemontrot.

Au temps des seigneurs, le sanctuaire était à l'actuelle entrée.

 

Composée de deux corps de bâtiments de forme et d'époque différentes :

▪ l'un de style ogival datant du XV° siècle, comprend un porche et deux chapelles. C'est ce qui reste de l'ancienne chapelle du château féodal.

▪ l'autre comprend trois nefs, une nef centrale et deux nefs latérales, à l'extrémité desquelles se trouvaient deux chapelles construites en 1733-1734.

 

Le presbytère, en pierre, bâti entre le XV° et XVIII° siècles.

Il se distingue des constructions anciennes qui l'environnent par sa tourelle du XV° siècle

où se conjuguent escalier à vis et colombier.

 

Maison vigneronne d'autrefois, transformée en musée.

 

Les pièces du musée sont entièrement reconstituées

et retracent la vie quotidienne des petits vignerons de 1880 à 1920.

 

Cette maison, construite vers 1779, sur le lieu de l'ancien château féodal "La Citadelle"

est appuyé contre un vestige de l'enceinte fortifiée de la Basse-cour.

 

Les caves voûtées sont bâties sur la roche qui affleure le sol :

l'une est consacrée au travail en cave du vigneron et de ses outils agraires,

la seconde, à la "lessive aux cendres". Le grenier sert de salle d'exposition du Musée.

 

Le blason de la ville représente les armes de la famille de Rougemont.

 

La vigne à Rougemont.

 

Rougemont a toujours été un pays de culture et jusqu'à la fin du XIX° siècle, la culture principale était celle de la vigne. Elle occupait une grande partie du territoire et constituait plus de 60% de l'activité du village. Un peu après 1880, le phylloxéra fit son apparition et plus de la moitié du vignoble fut détruit, la production réduite d'autant. Le chemin de fer achemina ensuite les vins du midi, à moindre coût et de qualité égale, ce qui entraîna, petit à petit, la disparition du vignoble.

 

L'ancien couvent des Cordeliers.

 

La construction du couvent des Cordeliers est achevée en 1455, sur la Citadelle, à l'Est du château.

Les religieuses doivent l'abandonner au cours de la Révolution Française.

 

Le marquis de Moustier, propriétaire des lieux en 1929, lui donne une nouvelle affectation :

l'ancien couvent devient une maison d'enfants atteints de débilité ou menacés de tuberculose.

A côté de la chapelle du couvent qui devient au XV° siècle, la seconde chapelle des Chevaliers de Saint Georges,

se trouve l'ancienne gentilhommière de Philibert de Mollans, rénovée en 1929.

 

Photo de droite, la maison de Philibert de Mollans, en pierre et bois, du XV° siècle.

avec sa séduisante galerie sur colonnes.

C'est l'ancien château, très remanié, le tout formant le quartier dit "de la citadelle".

 

Fontaine du XIX° siècle et maisons vigneronnes.

 

Le château Vorget.

 

Le château Vorget, transformé en maison de retraite.

Il a été construit au milieu du XVIII° siècle (1760-1765) par François Joseph VORGET qui avait acheté

au Marquis Charles-Antoine de LA BAUME-MONTREVEL, dernier seigneur de Rougemont, sa terre de Rougemont

et ses droits seigneuriaux qui en dépendaient. Cette vaste propriété est traversée par un ruisseau.

 

La porte du vieux moulin, XV° et XX° siècles.

 

Vue aérienne avant 1970 : Porte du vieux moulin, et sur sa droite l'ancien hôpital

 

Jusqu'au XV° siècle, le bourg est, en partie, ceint de murailles fortifiées.

Celles-ci partent de l'à-pic du château, côtés Nord-Est, et joignent les portes de la cité.

Il ne reste à présent de cet ensemble que cette porte, près du vieux moulin.

Elle est reconstruite dans son état actuel au début du XX° siècle.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.rougemont.fr/
Panneaux explicatifs présentés à travers le village

Dépliant-plan "Rougemont, cité comtoise de Caractère"

Conseil Général de Franche-Comté, remis en mairie

"Le patrimoine des communes de Franche-Comté"

Tome II, Editions Flohic, 2002

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 22 juin 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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