BESANÇON  (Doubs)
Arrondissement de Besançon - Canton de Besançon.
Région Bourgogne-Franche-Comté.
 Population : 116.990 Bisontins en 2014.

 

Avec les conquêtes de Louis XIV, Besançon, jusque-là espagnole, devient française,

mais le projet de construction de l'hôpital Saint Jacques est maintenu :

Louvois l'approuve en 1682 et le Roi soleil, qui vient dans la cité en 1683,

offre mille écus à l'archevêque pour sa construction.

Le nouveau bâtiment sort de terre en 1688.

 

 

Chapelle baroque Notre-Dame du Refuge

 

 

À partir de 1709, pour lutter contre la dépravation morale possible des jeunes filles,

conséquence de l'arrivée des étrangers (les Français de Louis XIV), on adjoignit un couvent,

mitoyen de l'hôpital, qui prit le nom de couvent du Refuge.

On y interna les "pénitentes" volontairement ou pas, dont les filles publiques.

En 1739, celui-ci s'enrichit d'une chapelle baroque.

 

La chapelle est édifiée entre les bâtiments de l'hôpital Saint Jacques

et l'hôtel de Montmartin. La première pierre fut posée le 17 mai 1709.

 

Le marquis Jean-Ignace Froissard de Broissia (1627-1694), maître des requêtes au Parlement de Franche-Comté créa en 1690 une Maison du Bon-Pasteur à Besançon, encouragé par l'archevêque Antoine de Grammont. Son intention était de combattre l'immoralité féminine, qui était confrontée aux nombreux militaires présents. (La ville était une importante place de garnison conquise par Louis XIV en 1674, définitivement annexée à la France en 1678 par le traité de Nimègue).

 

La façade est en retrait de la rue,

en rupture avec l'alignement rectiligne des autres édifices contigus.

Elle est scandée de pilastres composites entre lesquels s'ouvrent de grandes baies.

Le fronton triangulaire est denticulé, au-dessus de laquelle figuraient

les armoiries de Mgr de Moncley, et martelées à la Révolution.

 

La gestion de cet établissement est confiée à des religieuses du Refuge de Nancy (ordre fondé en 1631 à Nancy par Mme Elisabeth de Ranfaing) et en 1693, prend le nom de Monastère Notre-Dame du Refuge. Les deux premières religieuses (Marguerite du Saint Sacrement et Marie Colombe de Sainte Gertrude) s'installent en décembre 1691.

 

La chapelle est surmontée d'un très beau dôme en tuiles vernissées,

et possède une façade en courbe rentrante.

 

Trois architectes ont contribué aux plans et à l'exécution :

▪ Christophe André, un Nancéeen qui propose une chapelle en croix latine, au centre de 3 bâtiments parallèles reliés par des bâtiments perpendiculaires.

▪ Claude Antoine Aillet, qui modifie le plan de la chapelle en proposant une forme circulaire.

▪ Puis, Nicolas Nicole, un bisontin, plus de 20 ans après l'édification des bâtiments d'accueil.

 

 

Le passage du choeur est marqué par la barrière de communion

composée de balustres en bois et surmontée d'une tablette.

Maître autel de Jean Gerdolle (atelier lorrain, 1773) en bois doré.

 

Les dimensions de la nef centrale sont de 13 m par 11 m. Cette forme géométrique est une ellipse à deux foyers, typique du style baroque, mais différente d'un cercle, figure parfaite qui n'a qu'un centre. Ces 2 centres représentent la dualité de l'homme, sa bipolarité : le corps et l'âme, les conflits intérieurs chers aux hommes du siècle des Lumières, l'immanence et la transcendance, la raison et la foi.

 

Chaire à prêcher du XVIII° siècle, ornée de sculptures

 

Les chapelles latérales, avec retable en bois sculpté.

Très belle porte sculptée du XVIII° siècle

 

 

Cet ensemble d'ébénisterie de la fin du XVIII° siècle est de Pierre Faivre.

La tribune d'orgue est constituée de chaque côté d'une balustrade en doucine.

L'orgue, de facture romantique est signé Jean Baptiste Ghys de Dijon (1899).

Le buffet est de l'ébéniste bisontin Burgart.

Les statues représentent les 4 évangélistes avec leur symbole et sont de Michel Devosges.

 

L'élévation comporte trois niveaux superposés : le premier est scandé de pilastres composites encadrant des niches surmontées d'une corniche ovale à ressauts. Sur cet entablement débute le second niveau, celui du tambour percé de 8 fenêtres en plein cintre et rythmé par des pilastres portant la corniche supérieure. Les vitraux datent du XIX° siècle.

 

La coupole symbolise la voûte céleste.

Elle est presque circulaire et culmine à 26 mètres de hauteur. Elle est divisée en huit compartiments inégaux qui se réunissent en une couronne parfaitement ronde.

Ce cercle, figure idéale, tous ses points sont équidistants d'un point central unique,

n'a ni commencement ni fin, est le symbole de Dieu, transcendance suprême.

 

Divisée en 4 compartiments comportant chacun un médaillon représentant des anges

portant des fleurs ou des instruments de musique.

Dans le cercle central, une apogée, l'Assomption de la Vierge,

bras ouverts, portée par des anges. (Oeuvres du peintre Auguste Gardet (1863).

 

La chapelle des soeurs.

Rectangulaire, dont les 9 voûtes d'arêtes ornées en clé de voûte de rosaces peintes

sont soutenues par quatre colonnes toscanes sur piédestal.

Elles sont en pierre, galbées et monolithes.

 

La chapelle des pénitentes.

Egalement rectangulaire, avec un plafond soutenu par 2 poutres

portées par 8 colonnes doriques toscanes en bois.

 

L'institution

 

Certaines années, une centaine de jeunes femmes entraient dans l'établissement :

pour vol, désobéissance, libertinage ou placées là par leur famille,

par la police ou encore par lettre de cachet.

Les soeurs se recrutaient aussi bien parmi les femmes du peuple

que dans les plus grandes familles nobles de la province.

 

▪ 3 avril 1793 : les soeurs sont expulsées par les autorités révolutionnaires. Les bâtiments deviennent prison pour femmes suspectes, puis hôpital militaire pour les soldats de l'armée du Rhin. La chapelle sert alors d'entrepôt de grains et de fourrage.

 

▪ 1796 : elle est affectée au culte protestant pour des horlogers genevois accompagnant Laurent Mégevand (1754-1814) l'un des créateurs de l'industrie horlogère bisontine.

 

▪ 1802 : l'ensemble (résidences et chapelle) est annexé à l'hôpital après de longues négociations avec la municipalité. La chapelle est rendue au culte catholique.

 

▪ Depuis 1863, de nombreuses restaurations sont entreprises

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.patrimoine-histoire.fr/

Dépliant 3 volets remis à l'accueil

Brochure de 48 pages, éditée par la Ste d'Emulation du Doubs, 2013

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, René Bulle & Chantal Guyon, 19 juin 2017 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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