BESANÇON  (Doubs)
Arrondissement de Besançon - Canton de Besançon.
Région Bourgogne-Franche-Comté.
 Population : 116.990 Bisontins en 2014.

 

 

Hôpital Saint Jacques et son apothicairerie

 

 

Dès le XII° siècle, les établissements hospitaliers et les asiles se sont multipliés à Besançon,

toujours créés et gérés par l'Église.

Au fil des ans, les établissements se regroupent ou ferment.

En 1571, un traité rétablit l'hôpital Saint-Jacques pour les malades et les indigents.

Il sera géré par la municipalité jusqu'en 1666, puis pris en charge par un directoire.

 

Les chanoines du chapitre de l’église collégiale de Sainte-Madeleine décident en 1182

de créer l'hôpital Saint-Jacques-des-Arènes à Besançon avec quatorze lits

(adjointe à l'église Sainte-Madeleine et greffée sur les ruines des Arènes de Besançon)

avec l'accord du pape Lucius III pour construire une maison hospitalière

en vue de l’accueil des pèlerins qui se rendent au pèlerinage de Rome,

de Saint-Jacques-de-Compostelle et de Jérusalem.

 

En 1436 l'endroit change de vocation pour être rattaché à l'Ordre des hospitaliers

du Saint-Esprit pour y abriter désormais des malades, des vieillards et des voyageurs.

 

La grille en ferronnerie est réalisée par le serrurier Nicolas Chapuis en 1703.

 

(Remplacée depuis par une copie, la grille originale a été stockée à la Citadelle dans le hangar aux palissades du front Saint-Étienne). On peut y lire une inscription latine au-dessus de la porte tirée des psaumes «Tibi derelictus est pauper. Orphano tu eris adjutor» (c’est à toi qu’est abandonné le pauvre. Tu seras le secours de l’orphelin).

 

Une réforme de 1666 confie la gestion des soins aux religieuses de Beaune.

Enfin, en 1686 l'archevêque de Besançon Antoine-Pierre de Grammont demande

la construction d'un nouvel hôpital Saint-Jacques plus grand,

près de l'actuelle promenade Chamars. Les travaux s'opèrent de 1686 à 1703.

 

Cours d'Honneur de l'hôpital Saint-Jacques.

 

La structure devient par lettre patente du roi Louis XIV un hôpital général. À la fin des travaux, Besançon possède l'un des plus beaux hôpitaux du royaume. Jusqu'en 1956 cet hôpital fut la maison-mère des soeurs hospitalières de l’Ordre de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, issues des hospices de Beaune. Il devient par la suite un CHU.

 

Situé au 1° étage de l'hôtel-Dieu, dans l'aile Saint Joseph,

se trouve un musée contenant un ancien bloc opératoire classé M.H. depuis 2012.

 

Il s'agit du seul bloc opératoire moderne conservé en France. Conceptualisé par André Walter, un franc-comtois, en 1935, ce lieu n'a finalement été inauguré qu'en 1959. La salle comporte des objets montrant les progrès de la médecine. Une mise en scène avec des mannequins permet de montrer au public les étapes d’une anesthésie.

 

Le cloître.

 

C'est dans cet hôpital que s'est orchestré le 31 janvier 1847 la première anesthésie à l'éther sous la direction du chirurgien Victor Corbet. L'ancien bloc opératoire où s'est produit cette avancée fait désormais partie du Muséum d’Anesthésie et des Techniques Médico-chirurgicales, crée à l'initiative d'Alain Neidhardt, ancien professeur du CHU de 1976 à 2000.

 

Statues : Saint Jacques le Majeur dans la cour de l'hôpital, du XVIII° siècle,

sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, et de Saint Joseph.

Accès à l'ancienne pharmacie dont la porte est dominée par Dieu le Père au geste protecteur.

 

Un buste en bronze d'Anne Biget (sœur Marthe) dévouée toute sa vie aux malades et prisonniers amenés à Besançon par les guerres de la Révolution et de l’Empire dont les mérites furent reconnus par l’Europe entière est placé dans une niche entre les grilles et la porte. Elle fut décorée par l’empereur d’Autriche, le roi de Prusse, l’empereur de Russie et le roi Louis XVIII.

 

L'apothicairerie.

 

L'hôpital possède une des plus belles apothicaireries (pharmacies anciennes) de France.

 

La « pharmacie de Gascon » (du nom de son fondateur) est constituée de deux salles séparées par un corridor :
▪ L’apothicairerie, avec des frises présentant des peintures imitant le marbre, des boiseries rehaussées d’or, des étagères, rayonnages, placards, tiroirs et vitrines décorées de pilastres sculptés, et une belle collection de faïences à décor bleu et fleurs jaunes des ateliers de Lyon, Nevers, de la fin du XVII° siècle.
▪ Une salle de préparation (cuisine) où les apothicaires préparaient les potions, onguents, pilules, etc... avec alambics, chaudrons, grande cheminée, poêle en faïence... L'apothicairerie fut léguée à l'hôpital par son fondateur en 1692.

 

Apothicaireries de l'hôpital avec collection de faïences datant du XVII° et XVIII° siècle

constituée vers 1680 par l’apothicaire Gabriel Gascon.

 

Les salles d'exposition du Musée sont dédiées à d'illustres Francs-Comtois : Xavier Bichat, Pierre-François Percy, Georges Cuvier, Louis Pasteur, Pierre Huguenard, ainsi que Jean Victor Corbet qui eut le mérite d'introduire à Besançon l'anesthésie générale aux vapeurs d'éther sulfurique en janvier 1847, trois mois après la première anesthésie homologuée au monde, au Massachusetts General Hospital de Boston.

 

La salle d'honneur de l'hôpital, avant 1950.

 

Avant 1950, Autel dit du plafond. Cette chapelle qui servait à l’Office destiné aux malades des quatre anciennes salles se croisant en ce lieu

et dédiées aux Saints Bernard, Denis, Charles et Joseph.

L'ancienne et la  nouvelle cuisine.

 

L’hôpital Saint-Jacques fut jusqu’en 1956 la maison-mère des sœurs hospitalières

de l’Ordre de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, issues des hospices de Beaune.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://patrimoine-hospit.blogspot.fr/
Photos de l'apothicairerie : https://commons.wikimedia.org/
du 03.11.2013, Arnaud 25 (fermée lors de mon passage)
https://www.chu-besancon.fr/museum/

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, René Bulle & Chantal Guyon, 19 juin 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

50660 - Lingreville