FELLETIN  (Creuse)
Arrondissement d'Aubusson - Canton de Felletin.
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 1.691 Felletinois en 2015.

 

D'une superficie de 1.374 hectares, et d'une altitude de 459 à 685 mètres,

la ville est arrosée par la rivière Creuse, et située dans la haute vallée de la Creuse,

au pied du plateau des Millevaches.

 

Etymologie : Felletin est un nom de famille d'origine toponymique,

nom de localité et a du designer la personne originaire de ce lieu.

 

Vues sur la ville et l'église Sainte Valérie du Moutier, avant 1970.

 

Deux habitats qui se sont par la suite soudés, sont à l'origine de la ville de Felletin :

 

▪ Le premier s'est formé autour d'un château bâti sur la colline de Beaumont par les puissants vicomtes d'Aubusson.

▪ Le second s'est établi autour du prieuré fondé par les bénédictins de Chambon, près de la Creuse. Il y eut alors deux paroisses, celle de Beaumont et celle de Moutier. Sainte Valérie-du-Moutier est la seule église paroissiale de la ville née de la réunion des deux bourgades. Beaumont eut cependant une annexe dans l'intérieur de la ville, ainsi fut édifiée au XV° siècle, Notre-Dame-du-Château (chapelle d'un collège religieux au XIX° siècle). Il existe encore une chapelle des Pénitents bleus (XV° siècle).

 

 

Eglise romane Sainte Valérie du Moutier

 

 

De l'église romane du XII° siècle, édifiée à l'initiative des bénédictins venus de Champagne-sur-Voueize,

subsistent le choeur, le croisillon sud et son absidiole, ainsi que trois piliers du transept.

Le reste a été reconstruit dans un style flamboyant.

 

Les moines bénédictins de l'abbaye Sainte-Valérie de Chambon-sur-Voueize quittent le sanctuaire en 1581, peut-être à la suite de l'occupation de la ville par les troupes protestantes entre 1576 et 1580. En 1584, l'établissement est réduit à l'état de simple bénéfice.

 

Portail et clocher flamboyant. Le clocher est couronné par une balustrade ajourée.

 

Au XVIII° siècle l'état de l'église devient critique malgré quelques travaux qui y sont faits. Le 25 août 1776, l'état de l'église oblige l'évêque de Limoges, Louis Charles du Plessis d'Argentré, à la mettre en interdit. Des travaux sont entrepris en 1782. Le 23 juillet 1791, par décret royal, l'église du Moutier devient l'église principale de Felletin.

 

L'église a un plan en croix latine.

En 1950 les verrières des fenêtres hautes de la nef sont remplacées.

 

 

Le clocher carré à trois étages du XV° siècle, s'élève à l'ouest

 

Sous la corniche, des modillons romans sculptés.

Des chapelles sont placées sur les côtés et sont séparées par des murs placés au droit des contreforts.

 

Le portail flamboyant est percé au-dessous d'une rose, dans le croisillon nord.

 

La nef est voûtée d'ogive. La première travée est dominée par une tribune,

aménagée dans le clocher, abritant le grand orgue.

 

▪ Fonts baptismaux en pierre du XVI° siècle, décorés d'entrelacs végétaux.

Ils proviennent de l'église du château, et transporté en 1959 dans cette église, dans la chapelle nord,

sous la tribune. La grille qui ferme l'espace date du XIX° siècle.

▪ Statue de Saint Jean Baptiste, du XVII° siècle.

▪ Tableau des pèlerins d'Emmaüs (1848-1849), de Pierre Toussaint Lechevallier, d'après Rembrandt.

 

Statue de Saint Roch.

 

 

Peinture d'une chapelle de la nef, du XV° siècle.

 La nef était décorée de peintures dont on a retrouvé quelques traces au cours de la restauration de l'église

en 1991-1993, en particulier, saint Laurent et son martyre, saint Martin, à cheval, coupant son manteau.

 

L'église possède une seule nef et des chapelles latérales.

Des quatre piliers de la croisée, trois sont romans et un a été entièrement repris au XV° siècle.

 

 

Les arcs des voûtes gothiques des travées retombent sur des culots figurés.

 

L'orgue date du milieu du XIX° siècle et présente une particularité très rare :

le pédalier à l'allemande est lui-même transpositeur.

 

La nef est haute et étroite. Elle est constituée de trois travées en croisée d’ogives

délimitées par cinq doubleaux chanfreinés.

 

Pietà et chaire à prêcher.

 

La chapelle orientale du bras nord du transept, voûtée d'ogives date du XV° siècle.

Elle possédait un décor semblable à celui de la nef, qui subsiste sous l'actuelle peinture du XIX° siècle.

 

Le bras sud du transept est voûté en berceau en plein cintre. Il possède une chapelle dédiée à l'Immaculée Conception située dans l'absidiole est. La voûte est décorée par des anges datant du XIV° siècle. Dans ce bras a été placé en 1886 le retable du XVII° siècle provenant de la chapelle Sainte-Croix qui appartenait aux Pénitents noirs et se trouvait en face de l'église Notre-Dame-du-Château, démolie en 1805.

 

L'autel, le retable et le tabernacle datent de 1673.  L'estrade et les boiseries, sont du XIX° siècle,

en bois peint doré par François Duhamel.

 

Avant la restauration de 1989-1990, le tabernacle avait perdu ses trois petits frontons qui ont été reconstitués. L'estrade ainsi que les boiseries qui entourent la chapelle, dont beaucoup ont dû être refaites et les couleurs d'origine restituées en 1997, ont été construites en 1892 lors du réaménagement de cette chapelle.

 

Quatre statues datent du XVII° siècle, en bois peint, doré et argenté.

 

▪ La statue de saint au col décoré de coquilles, symbole traditionnel des pèlerins de Compostelle, qui représente sans doute Saint Jacques le Majeur.

▪ Les deux autres, modifiées au XIX° siècle, ont perdu leurs attributs et rend difficile l'identification.

▪ La femme portant une croix, symbole peut-être de l'église.

 

La chapelle des lissiers : vers 1892, cette chapelle fut dédiée au Sacré Coeur,

culte connaissant alors, avec les pèlerinages, un important regain d'activités.

Ce sont les ouvriers lissiers des manufactures de tapisseries de verdure qui décorèrent à la gouache cet ensemble, ainsi que la chapelle orientale du bras nord du transept.

Ces réalisations sont les uniques témoins de peintures murales monumentales de lissiers.

 

Les peintures représentent un décor de forêts, inspiré à la fois des cartons de tapisseries de verdure du XIX° siècle et par les épaisses forêts de la Creuse. Seule, la statue du Sacré Coeur apporte une tache de couleur jaune, ainsi que les dais néo-gothiques qui servent de cadre aux statues du XIX° siècle. Le réaménagement de cet espace dans son état actuel date du XIX° siècle.

 

Arc d’entrée de l’absidiole du transept sud, peintures datées de la fin du XIV° siècle
Statues : Sainte Marguerite d'Antioche et Saint Sébastien, du XIX° siècle.

 

Tableau de Notre-Dame de la Conception immaculée, d'Henri Jean Chasselat, 1866-1867.

 

Le bras sud du transept est voûté en berceau en plein cintre.

Il possède une chapelle dédiée à l'Immaculée Conception située dans l'absidiole est.

 

La voûte est décorée par des anges datant du XIV° siècle. Dans ce bras a été placé en 1886 le retable du XVII° siècle provenant de la chapelle Sainte-Croix qui appartenait aux Pénitents noirs et se trouvait en face de l'église Notre-Dame-du-Château, démolie en 1805.

 

A la voûte d'ogive du croisillon nord, une très belle clef représente Dieu le Père dans un quadrilobe ajouré.

Chapiteaux sculptés de feuillages et animaux.

 

Vue sur le choeur depuis le portail occidental.

Le chœur est couvert d'une voûte en berceau brisé. Il est éclairé par des fenêtres percées à différentes époques.

Seules la fenêtre située au-dessus de la porte de la sacristie et celle qui lui fait face sont romanes.

 

Le chœur est d'une grande profondeur pour recevoir une communauté monastique importante

alors que le reste de l'église recevait les paroissiens.

Les stalles actuelles datent du XIX° siècle.

 

 

Sur le retable, une Vierge à l'Enfant, avec deux grandes statues représentant sainte Anne, mère de Marie,

à gauche, et sainte Barbe, à droite. Une figure du Christ ressuscité se trouve au-dessus du tabernacle.

 

 

Le berceau de la tapisserie Marchoise

 

 

Le berceau de la tapisserie est la vieille rivale d'Aubusson.

 

La tapisserie de Felletin, antérieure à celle d'Aubusson, prend un rapide essor car elle est située, jusqu'au XVII° siècle, sur le grand axe Lyon-Saintes par Clermont-Ferrand et Limoges. Signe de l'importance de son trafic commercial, la ville obtient, en 1567, l'ouverture d'une Bourse consulaire.

 

Mais malgré la prospérité de la tapisserie, ses ambitions politiques sont déçues au cours du XVII° siècle : Felletin ne parvient pas à obtenir le titre de capitale de la Marche qu'elle revendiquait (c'est Guéret qui le lui a ravit en 1635) et ne reçoit le privilège de regrouper ses ateliers sous la désignation de "Manufacture royale" qu'en 1689, alors qu'Aubusson bénéficie de cette faveur dès 1665. Le déplacement vers le nord de la route Lyon-Saintes consacre l'avantage à Aubusson.

 

La manufacture Pinton maintient la tradition de la tapisserie dans la ville. Elle trouve place dans des ateliers construits en 1973, par l'architecte Jean Willerval. La plus grande tapisserie du monde (276 m² en deux panneaux) fut tissée de 1955 à 1962 à Felletin pour la cathédrale de Coventry sur un carton de Graham Suthertland.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://gallica.bnf.fr/
"Le canton de Felletin", Robert Guinot, Nouvelles Editions Sutton, 2005

Dictionnaire des églises de France, "Auvergne, Limousin, Bourbonnais"

Volume IIB, Editions Robert Laffont, 1966

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 24 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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