TREGUIER   (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Lannion - Canton de Tréguier.
Région Bretagne
 Population : 2.470 Trécorrois en 2015.

 

D'une superficie de 152 hectares et d'une altitude de 0 à 66 mètres,

la ville est la capitale historique du Trégor.

Tréguier est le seul groupe cathédral complet de Bretagne, et perd son statut d’évêché en 1790.

 

 

La cité épiscopale

 

 

Pendant neuf siècles, Tréguier est le siège d'un évêché.

La présence de l'évêque permet le développement d'une vie religieuse importante

qui se lit encore aujourd'hui dans le paysage urbain.

Outre les nombreuses maisons de chanoines, s'implantent également plusieurs couvents.

 

Le vieil évêché,

appelé primitivement Maison de Kéroffret

 

Façades côté rue et côté cour et les toitures. « Le Vieil Evêché », est un vestige de l'ancien palais épiscopal

si l'on se réfère à son historique affiché en façade.

Au XVII° siècle, l'hôtel a été construit à l'emplacement des dépendances de l'ancien palais épiscopal.
 Les bâtiments sont de nos jours transformés en logements.

 

De Saint Tugdual à Monseigneur Le Mintier, 80 évêques se sont succédés avec une interruption de 90 ans, quant à la fin du IX° siècle, l'évêque dut s'enfuir devant les envahisseurs normands. Le diocèse connut des périodes fastes durant le règne du Duc Jean V.

 

 

De cette demeure épiscopale, bâtie en 1432 par l'évêque Pierre Piédrec, détruite en 1592

lors des guerres de la Ligue, il reste ce joli porche gothique flamboyant, vestige de l'édifice primitif.

 

L'ancien évêché, des XVII° - XVIII° siècles.

 

C'est le dernier palais épiscopal construit par l'évêque Adrien d'Amboise, au début du XVII° siècle. Adrien d'Amboise (1551-1616), avait été aumônier du roi Henri IV à partir de 1594. Il le choisit comme évêque de Tréguier en 1604.

 

Au cours de l'histoire, l'ancien évêché a servi successivement d'ouvroir, de presbytère, d'hôtel central et est devenu aujourd'hui l'hôtel de ville. A l'étage, salle capitulaire dite d'Honneur, avec de très belles boiseries relatant l'historique d'évènements bretons ou trégorrois.

 

 

Les bâtiments actuels remontent au XVII° siècle, reconstruits en 1608 à la demande de l'évêque

Adrien d'Amboise. En 1700, l'évêque Olivier Jégou de Kervilio agrandit le palais en bâtissant,

au nord de l'escalier d'honneur, une aile destinée à contenir des remises à rez-de-chaussée

et la secrétairerie à l'étage. Il commença l'édification d'un nouveau bâtiment au nord du cloître,

mais le projet ne fut exécuté qu'en partie en 1794.

 

L'évêché se compose de trois ailes entourant la cour au nord de l'église. Le bâtiment nord se termine par deux pavillons carrés. Dans le pavillon ouest, se trouve le grand escalier d'honneur. Les ailes nord et Est étaient occupées par des logements. L'aile ouest était occupée par les communs. La salle Renan, ancienne salle synodale, conserve ses boiseries du début du XVII°.

 

Plaque commémorative : 500° Anniversaire de l'imprimerie à Tréguier (1485-1985).

 

Tréguier fut une des toutes premières villes de Bretagne à accueillir un atelier d'imprimerie. L'impression de la "Coutume de Bretagne" y fut réalisée en mai-juin 1485. C'est aussi à Tréguier que fut imprimé en 1499 le "Catholicon", premier dictionnaire français-latin-breton.

 

Le cloître de l'ancienne cathédrale Saint Tugdual,

inauguré en 1468.

 

Le groupe cathédral comprend la cathédrale Saint Tugdual, le cloître, le palais épiscopal et le cimetière.

A son emplacement se trouvait le monastère

qui aurait été fondé par Saint Tugdual, détruit lors des raids Vikings au IX° siècle.

 

La cathédrale, ainsi que le cloître ont été édifiés du XIV° au XV° siècles.

Loué aux marchands durant les foires, le cloître est alors une source de revenus pour le chapitre.

 

Le cloître à la forme d'un quadrilatère irrégulier : la galerie sud est interrompue par le choeur de la cathédrale.

Les 48 arcades qui le composent sont de style gothique flamboyant.

Chaque artère enserre deux arcs trilobés qui sont soutenus par la colonnette centrale :

un quadrilobe le surmonte, inscrit dans l'arc de l'ogive.

 

La flèche de la tour sud n'est, quant à elle, érigée qu'en 1785 grâce au don de Louis XVI

prélevé sur la loterie royale, d'où la présence du coeur, du trèfle et du carreau dans son ornementation.

 

De l'angle nord-est du cloître, on a une vue sur les tours et le chevet de la cathédrale.

 

Le calvaire a été placé au centre du jardin en 1938 et a remplacé une statue de Saint Yves.

Il provient du château de Keralio, en Plougrescant.

 

 

A l'origine, il n'y avait pas de gisants dans le cloître. Au XIX° siècle, ils se trouvaient dans la cathédrale.

Ernest Renan en parle, dans "Souvenirs d'enfance et de jeunesse" :

 

" Je me retrouvais moi-même quand j'avais revu mon haut clocher, la nef aiguë, le cloître et les tombes du XV° siècle qui y sont couchées. Je n'étais à l'aise que dans la compagnie des morts, près de ces chevaliers, de ces nobles dames, dormant d'un sommeil calme, avec leur levrette à leurs pieds et un grand flambeau de pierre à la main ".

 

La galerie qui s'appuie contre la sacristie est intérieurement plus travaillée que les autres :

quantité de petits personnages sont sculptés dans les encoignures.

 

Gisants : Guillaume Le Floch, abbé de Beaulieu, de 1406 à 1426.

Prêtre non identifié, provenant du prieuré Saint Pierre, Matignon, du XIV° siècle.

Abbé non identifié, Beaulieu, XIV° siècle.

 

On ne connaît pas l'origine de la plupart des sculptures qui ont été scellées dans les murs du cloître :

un bas-relief représente une scène de chasse : des chiens poursuivent un cerf, un sanglier et des renards.

 

Gisants : Guy Le Lyonnais, abbé de Beaulieu, puis chanoine de Rennes, Beaulieu, XVI° siècle.

Alain de Vitré, mort en 1377, seigneur de Vitré et sénéchal de Bretagne, Beaulieu, XIII° siècle.

 

La plupart des gisants ne sont pas d'origine trécorroise et proviennent de chapelles aujourd'hui détruites.

 

Gisants : Eon Gillebert, homme d'Armes, église Yffiniac, XV° siècle.

Hommes d'Armes, famille Bourné, église Lannebert, XVI° siècle.

Homme d'Armes, famille Bréhant, église St Michel, Saint Brieuc, XIV° siècle

 

Gisant : Homme d'armes, famille de Bois-Boissel, église St Michel, Saint Brieuc, XVI° siècle.

 

Gisants : Jeanne de Buchon, femme d'Eon Gillebert, église d'Yffiniac, XV° siècle.

Guillaume Boutier, abbé de Beaulieu de 1426 à 1468.

Homme d'Armes, famille Bois-Boisset, église St Michel, Saint Brieuc, XVI° siècle.

 

La Psallette.

 

La Psallette est fondée en 1443 pour initier les enfants de choeur à la pratique et à la connaissance de la musique sacrée.

Cette institution reconnue et rattachée à l'évêché de Tréguier est un privilège : il y en avait peu en Bretagne.

 

Le monastère des Augustines.

 

La ville, au XVII° siècle, à la demande de l'évêque accueille de nombreuses communautés religieuses

qui se chargent de l'enseignement des jeunes filles, du soin des malades ou encore de la charité.

 

Les Augustines, arrivées en 1654, prennent en main l'Hôtel-Dieu : l'hôpital fondé au début du XIV° siècle. On peut encore voir la chapelle construite au XV° siècle et la "maison des passants". Il s'agit de l'emplacement primitif de l'hôpital. En 1662, cet ensemble est agrandi pour accueillir les religieuses qui continuent d'exercer leurs offices jusqu'en 1995.

 

Le couvent des Soeurs de la Croix.

 

Les soeurs de la Croix arrivent à Tréguier en 1673

En 1672 elles font l'acquisition d'un vaste terrain pour bâtir leur couvent. Les bâtiments seront

fortement remaniés au XIX° siècle. Les soeurs avaient vocation à instruire les jeunes filles

et à accueillir des femmes en retraite spirituelle.

 

La chapelle des Paulines : installées en 1699, elles visitent les malades et tiennent un bureau de charité. Elles s'occupent de l'éducation des jeunes filles pauvres. Vers 1760 elle font bâtir un nouvel ensemble conventuel. A la Révolution les Paulines sont chassées. Au XX° siècle la municipalité y fonde une école supérieure de filles. Aujourd'hui la chapelle est réhabilitée en espace culturel.

 

Le séminaire, construit au XVII° siècle.

 

L'évêque Balthazar Granguier (1646-1679) fonda le séminaire diocésain,

ce qui valut au diocèse d'avoir un clergé instruit et à la hauteur de sa tâche.

Il sera fréquenté par Ernest Renan au XIX° siècle, et y recevra une éducation religieuse.

 

Devenu vétuste, l'édifice est reconstruit par l'architecte Henri Mellet en 1897.

 

La chapelle de style néo-roman édifiée dans des proportions monumentales a été réhabilitée

et accueille aujourd'hui dans une partie de la nef, le théâtre de l'Arche.

 

Cette partie des bâtiments est aujourd'hui occupée par le lycée public Joseph Savina.

 

Mgr Le Mintier fut le dernier évêque de Tréguier et dénonça avec force la constitution civile du Clergé qui supprimait certains diocèses pour en établir d'autres dans les limites des départements. Sommé, en 1791, de comparaître devant l'Assemblée Constituante, il préféra émigrer, à Jersey d'abord, puis à Londres où il mourut en 1801.

 

Lorsque soufflera le vent de la Révolution, qui fermera d'un coup la porte des couvents, dispersera les dignitaires de la cathédrale, les professeurs du collège clérical et du séminaire, Tréguier commencera petit à petit la perte de son prestige, tout en gardant en mémoire ce riche passé et en le mettant en valeur.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

http://www.actuacity.com/

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée des sites

Dictionnaire des églises de France, Bretagne, Volume IVa

Editions Robert Laffont, 1968

Brochure "Cathédrale de Tréguier", Chanoine Yves Thomas

Editions Lescuyer, 48 pages, 2014

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 24 octobre 2017

 

 

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