TREGUIER   (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Lannion - Canton de Tréguier.
Région Bretagne
 Population : 2.470 Trécorrois en 2015.

 

D'une superficie de 152 hectares et d'une altitude de 0 à 66 mètres,

la ville est la capitale historique du Trégor.

 

Avant 1970, vues sur la ville et l'ancienne cathédrale.

 

En forme de croix latine bien orientée, la cathédrale comprend une nef de sept travées, flanquée au nord et au sud d'un bas côté, un transept à deux croisillons et un choeur comprenant trois travées sensiblement barlongues et un rond-point polygonal, entouré d'une carole sur laquelle s'ouvrent onze chapelles. Sur le bas côté nord, donne la chapelle du duc, que fit construire Jean V en vue de sa sépulture près du tombeau de saint Yves et où il fut inhumé en 1451.

 

 

L'ancienne cathédrale gothique Saint Tugdual

 

 

La cathédrale Saint-Tugdual était primitivement sous le vocable de saint André.

C’est le monument le plus important des Côtes-d'Armor et l'un des plus beaux de Bretagne.

La cathédrale Saint Tugdual a été érigée en basilique mineure en 1947.

 

Les dimensions principales : longueur totale de l'édifice  : 75 m.
Largeur de la nef d'axe en axe des piliers : 8,50 m. Largeur totale de la nef et de ses bas côtés

(entre nus intérieurs) : 17,35 m. - Largeur totale du transept : 39,50 m. - Hauteur sous clef : 18 m.

Les matériaux utilisés sont : la pierre de Caen et du schiste pour la tour romane,

et le reste de l'édifice est composé de granit rose et gris provenant de trois carrières différentes,

Ile-Grande, Pleumeur-Bodou et Pluzunet.

 

Un premier édifice fut détruit par les invasions normandes et remplacé en 970, par une cathédrale totalement reconstruite au XII° siècle et dont il subsiste une tour, la tour d'Hastings, à l'extrémité du croisillon nord. En 1339, l'évêque Richard du Perrier entreprit une nouvelle cathédrale, endommagée par les Anglais en 1345. La construction reprit immédiatement. Le choeur et le transept furent terminés vers 1425, le porche sud en 1432.

 

Les bas-côtés sont régulièrement contrebutés de contreforts à pinacles qui forment des arcs-boutants.

 

La cathédrale fut pillée par les Ligueurs en novembre 1589, puis en 1590, 1591 et 1592. Pendant la Révolution, la cathédrale fut saccagée par les soldats du Bataillon d'Etampes, qui détruisirent les tombeaux de Saint Yves et de Jean V, les vitraux, les statues et les orgues. Elle fut transformée en temple de l'Etre Suprême. La restauration de l'édifice, devenue simple église paroissiale, commença en 1841.

 

La flèche fut élevée sur la tour sud en 1785.

Le choeur est entouré d'une couronne de treize chapelles rayonnantes, séparées par des contreforts

décorés de niches à dais qui servent de départ à des arcs-boutants à double volée

appuyés sur un pilier intermédiaire surmonté d'un pinacle à statuettes.

 

La nef se termine par un pignon étayé de contreforts

et percé d'une grande baie au-dessus d'un porche en contrebas.

La toiture, construite en retrait, est précédée d'une balustrade à  quadrilobes.

Le porche de la nef s'appelle le Porche du Peuple.

 

Le portail d'entrée est encadré de deux contreforts terminés par un clocheton ajouré carré,

et deux niches trilobées. Un réseau à quadrilobes s'appuie sur une colonnette médiane.

 

A l'intérieur, les murs latéraux sont décorés de pilastres tréflés de longueurs différentes, dont les chapiteaux servaient de socle à deux rangées de statues aujourd'hui disparues. Les deux portes géminées ouvrant sur la nef sont séparées par un trumeau à colonnettes orné d'une statue sous un dais à pinacles.

 

Le porche du transept s'appelle, porche des cloches.

La tour romane, dite Hastings est carrée, étayées de contreforts.

Ses trois étages sont délimités par un bandeau. Les ouvertures, deux sur chaque face,

sont en plein cintre à double rouleau. Une tourelle d'escalier s'accole à l'est.

 

Très peu saillant, le porche est protégé par une voussure en arc brisé décorée de quadrilobes.

Aux archivoltes du portail intérieur, qui sont très décorées,

les statuettes des vingt-quatre vieillards encadrent le Christ en majesté.

 

Le porche occidental est terminé lorsque Charles de Blois vient en pèlerinage à la cathédrale en 1356. Ce porche des Ladres, nom attribué à la porte était réservée aux lépreux (à qui l'accès à l'intérieur était interdit). Au-dessus, une rosace, puis une balustrade ornée de deux chouettes aux angles, coiffent le porche.

 

Le portail lui-même se compose de deux portes en arc brisé redentées, avec, au trumeau,

une statue de Notre-Dame de la Clarté surmontée d'une arcature aveugle.

 

La tour du carré du transept, appelée Tour du Sanctus, est peu élevée.

Sa flèche d'ardoises polygonale est précédée d'une balustrade trilobée.

Chaque face est percée d'une baie en arc brisé à remplage trilobé.

 

La tour du carré du transept sud, ou Tour neuve, est à trois étages comme la tour d'Hastings. Ses baies pratiquées au 3° étage, sont très ornées : ébrasement à colonnettes, arcatures décoratives, gâbles à redents et fleurons. Une balustrade précède la flèche polygonale de granit, très élancée et percée de petites ouvertures géométriques.

 

 

Les toitures et le couronnement des tours sont soulignés par une balustrade à quadrilobes.

 

Les trois tours de la cathédrale vues du cloître.

 

La nef.

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental.

 

Le buffet d'orgues provenant de l'abbaye de Bégard.

La nef comprend sept travées voûtées sur arcs d'ogives et présentant chacune en élévation trois étages :

grandes arcades, triforium et fenêtres hautes.

 L'étage des fenêtres hautes possède une coursière traversant les piliers, et celle, au-dessous du triforium,

d'une frise représentant, tantôt en creux et tantôt en relief, des quatrefeuilles, des rosaces

et des feuillages se retournant le long du pignon ouest.

 

Bas-côté sud, et les enfeus.

 

 

Le bas-côté sud, présente trois enfeus. Les chevaliers sont revêtus de l'armure du XV° siècle.

 

Dans le bas-côté nord, l'enfeu de Jean de Lantillac.

Statue d'un Saint homme et du Christ aux liens.

 

La chapelle des fonts.

 

Fonts baptismaux à deux cuves du XIV° siècle.

 

Christ du XVIII° siècle, provenant de l'église de Trémel.

 

La chaire à prêcher date du XVII° siècle.

A son sommet se trouve l'Ange du jugement dernier avec sa balance.

Le panneau en bois sculpté du XVII° siècle représente Saint Jean rédigeant l'Apocalypse.

 

Légende du panneau de St Jean : "Un signe apparut dans le ciel : une femme ! Le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et 12 étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et va enfanter. Un énorme dragon s'apprête à dévorer son enfant aussitôt né...".

 

Groupe statuaire de saint Yves entre le riche et le pauvre, du XV° siècle.

 

Le transept.

 

 

De formes losangées, les piles du carré du transept se composent d'un faisceau de colonnettes rondes

à chapiteau circulaire élancées d'un seul jet sous la voûte, qui est percée d'un gros oculus,

décorée de fresques du XV° siècle, représentant des anges tenant des phylactères, en tons ocrés.

 

Le mausolée néo-gothique de Saint Yves (1890).

 

Le Duc Jean V fit construire cette chapelle pour y être enterré à côté de Saint Yves :

une dalle indique l'endroit de sa sépulture.

 

Le tombeau de Saint Yves est élevé à l'endroit où Saint Yves fut inhumé le 21 mai 1303.

Le monument actuel date de 1890. Il a remplacé le tombeau construit par le Duc Jean V

et qui fut détruit à la Révolution en 1794.

 

Les sculptures du tombeau représentent les saints bretons et les familiers de Saint Yves.

 

La chapelle au Duc .

 

Cette chapelle s'ouvre dans le bas-côté nord, au niveau des trois dernières travées,

par trois arcs qui reposent sur des piles polygonales. Trois travées  de voûtes d'ogives

la recouvrent, retombant sur des faisceaux de cinq colonnettes.

 

Le gisant contemporain de Jean V, duc de Bretagne, de facture maniériste, en marbre blanc, a été replacé

sur le tombeau qui fait face au tombeau de Saint Yves refait en 1890, dans le bas-côté nord.

 

Chapiteaux et culots de voûtes sculptés.

 

Statue d'une Vierge à l'enfant, en bois.

 

Collatéral sud et chapiteau sculpté à figure humaine.

Statues : Saint Yves, du XVI° siècle - Vierge à l'enfant - Saint Paul et Saint Pierre.

 

Chapelle du Rosaire et des Trépassés.

 

 

Chapelle Notre-Dame de Bonsecours.

 

 

Statues de Saint Abbé et de Saint Loup.

 

Chapelle Saint François d'Assise.

 

Statues de Sainte Bernadette et Saint homme.

 

Chapelle Saint André.

 

 

Chapelle Sainte Croix.

 

Pietà du XV° siècle - Statue de Sainte Véronique.

 

Chapelle Sainte Philomène.

 

Statue d'une Vierge à l'enfant du XVII° siècle.

 

Le déambulatoire.

 

Dans le déambulatoire, autour du choeur, onze chapelles accueillaient les dépouilles des évêques et des

seigneurs comme en témoignent les armes encore visibles sur des sculptures endommagées à la Révolution.

(Autels, retables et tableaux ont été détruits à la hache par le bataillon d'Etampes le 4 mai 1794).

 

La salle du Trésor et les reliques de Saint Tugdual.

 

 

La salle du Trésor et statue de Saint Tugdual.

Le Trésor de la cathédrale comporte le crâne de Saint Yves dans un reliquaire

porté en procession jusqu'au Minihy-Tréguier, le jour du grand pardon.

Il est conservé dans la sacristie, tout comme un feuillet du bréviaire de Saint Yves et un manuscrit du XV° siècle.

 

Chapelle Sainte Anne.

 

 

Les vitraux d'origine ont tous été détruits sous la Révolution.

Les vitraux actuels sont dus à M. Hubert de Sainte-Marie de Quintin et datent des années 1970.

Les vitraux du bas-côté bord représentent des scènes de l'Ancien Testament,

ceux des bas-côtés sud, des scènes du Nouveau Testament, et ceux du chevet de la vie des Saints.

 

 

Le choeur.

 

 

Le choeur, de conception anglo-normande, témoigne de l'influence du gothique rayonnant,

première époque, qui s'étend du XIII° siècle à la fin du XIV° siècle.

 

Le carré du transept et le choeur. Statues de Saint Yves et de Saint Tugdual.

 

Le maître-autel monumental, dont commande avait été passée au maître lavallois Tugdual Caris en 1639

et qui avait échappé à la destruction des patriotes, fut remplacé au milieu du XIX° siècle

par le maître-autel actuel, transformé récemment. Les trois statues qui l'ornaient,

dues au ciseau de François Fortin, maître sculpteur parisien, ont également disparu.

 

Le pavillon et le tintinnabulum.

 

Le titre de basilique est honorifique et donné par le Pape à une église où l'on vient spécialement en pèlerinage, soit pour honorer Jésus, la Sainte Vierge, ou vénérer les reliques d'un Saint, comme sont Tugdual et Saint Yves à Tréguier.

▪ Le pavillon, sorte de parasol jaune et orange (anciennes couleurs pontificales) est surmonté d'une croix. Ce dernier est à moitié ouvert lorsqu'il s'agit d'une basilique mineure, et totalement déployé pour une basilique majeure.

▪ Le tintinnabulum : clochette suspendue dans un encadrement de bois appelé beffroi que l'on portait autrefois en procession.

 

Les quarante-six stalles sont les vestiges du mobilier du choeur.

Réalisées en 1509, par deux menuisiers trégorrois qui ont donné libre cours à leur imaginaire

à travers des sculptures d'un réalisme saisissant.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée du site

Dictionnaire des églises de France, Bretagne, Volume IVa

Editions Robert Laffont, 1968

Brochure "Cathédrale de Tréguier", Chanoine Yves Thomas

Editions Lescuyer, 48 pages, 2014

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 24 octobre 2017

 

 

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