TREGASTEL  (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Lannion - Canton de Perros-Guirec
Région Bretagne
 Population : 2.429 Trégastellois en 2015.

 

 

Moulin à marée Tourony

 

 

Un premier moulin à mer fut construit sur la petite digue reliant les communes

de Perros-Guirec et de Trégastel dès 1375. Le moulin actuel le remplaça en 1764.

Son activité s’arrêta en 1932, à la mort du dernier meunier.

 

Le Trégor, en 1810, comptait 390 moulins à eau (et mer) et 44 moulins à vent

pour le seul arrondissement de Lannion. Ce phénomène est perceptible autour du port de Ploumanac’h

où l’on trouve six moulins dans un rayon d’un kilomètre. Ce sont tous des moulins à céréales

contrairement aux moulins de l’intérieur souvent spécialisés dans le lin et le papier.

 

Le moulin fonctionnait grâce au flux et au reflux de la marée ;

il servait à moudre du grain, mais aussi à teiller du lin et à écraser du sel.

 

Le moulin ne pouvait fonctionner que si les coefficients de marées étaient de 70 ou plus. Ici, en Bretagne,

l’amplitude des marées est très importante. Il y a deux marées basses et deux marées hautes par jour.

 

La retenue d'eau, et de l'autre côté de la route, le moulin à marée.

La digue est un élément important du moulin. Elle sert à créer le bassin de retenue d’eau

pour le fonctionnement du moulin. La digue du moulin, initialement submersible, doit dater du XIV° siècle.

 

 Dans ce moulin, le parcours de l’eau ne fonctionnait que dans un seul sens.

 

L’eau entrait à marée montante par les portes à mer (canalisations aménagées dans la digue pour permettre à l’eau d’entrer dans le bassin, les « portes » ne s’ouvrant que d’un côté). L’eau ressortait par les coursiers (autres canalisations réglables pour contrôler la vitesse de rotation des meules) et actionnait les roues à aubes du moulin.


Les roues dégagées par la marée tournaient à mi-marée. Le moulin commençait donc à fonctionner trois heures après le début de la marée basse et trois heures après le début de la marée haute. Ce qui procurait, deux fois par jour, six heures de travail.

 

Les mécanismes ont été partiellement restaurés : trémies, meules, axes et couronnes de transmission...

A l’étage, l’histoire du moulin est présentée sous forme de tableaux.

 

La roue à aube entraine le rouet. Celui-ci actionne la lanterne. Dans son centre, se dresse le grand fer dont la tête, enserrée dans le hérisson (ou anille, sorte de croix percée installée entre les deux meules) entraîne la meule courante. Si la meule est bien équilibrée, elle restera parfaitement horizontale. Les deux meules ne se touchent jamais. Le grain versé dans la trémie entre ainsi au cœur de la meule par l’œillard (trou percé dans la meule courante). Le grain est écrasé entre les deux meules. Ainsi est fabriquée la farine qui s’écoule dans le boisseau. La farine est montée à l’étage dans la bluterie où la farine blanche est séparée du son.

 

Depuis sa création, ce moulin fut de nombreuses fois laissé à l’abandon. Le problème des premiers moulins

à marée résidait dans le manque de solidité des édifices. En effet, la pression exercée par l’étang de retenue,

avait parfois comme conséquence d’emporter le moulin, par effet de succion à marée descendante.

 

Sur le moulin actuel, des contreforts ont été construits sur la partie aval du cours d’eau (du côté du port)

et consolident la structure du moulin et l’empêchent d’être emporté.

 

 

Depuis le moulin, vue sur le port de Ploumanac'h.

Lors de la première guerre mondiale, le moulin a été réquisitionné par l’armée française pour fournir

de la farine aux soldats. La production de farine était, de fait, interdite à la vente pour les Trégastellois.

 

Dès 1375, il fut établi que le droit de pêcherie était un élément à part entière du moulin. Il fut clairement défini que le seigneur Bryant de Lannion possédait un droit de pêche dans l’étang. Durant sa période d’activité (1900-1932), Toussaint Le Brozec, meunier, avait lui aussi le droit de pêcherie dans l’étang mais il n’était pas autorisé à vendre son poisson car il ne possédait pas de licence de marin-pêcheur.


Selon la tradition orale, au milieu du XXème siècle, l’étang était encore le lieu d’une pêche collective à l’époque estivale. L’étang était vidé et de nombreux poissons restaient prisonniers, les habitants de la région pêchaient et se distribuaient le poisson que le meunier n’avait pas le droit de vendre. C’était là une des grandes fêtes de l’année.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

http://www.tregor.fr/

Synthèse d'après le texte de Hervé Le Goff (Les Cahiers du Trégor n° 13, 1985, p. 16)

et les travaux de l'association pour la sauvegarde

du moulin de la vallée de Traouiero.

Panneaux explicatifs présentés sur le site

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 octobre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville