SAINT GELVEN  (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Guingamp - Canton de Rostrenen.
Région Bretagne
 Population : 321 Saintgelvenois en 2015.

 

D'une altitude de 120 à 281 mètres, et d'une superficie de 1.748 hectares,

le village est traversé par le fleuve le Blavet, et le canal de Nantes à Brest.

 

 

Abbaye cistercienne Notre-Dame de Bon Repos

(1184 - XVIII° siècle)

 

 

Cette allée, bordée de tilleuls mène aux portes de l'abbaye.

 

Cette abbaye, fille de Savigny au diocèse d'Avranches, est fondée le 23 juin 1184 par Alain III, vicomte de Rohan. Elle a pris son nom de Bon-repos en fonction des circonstances de sa fondation. En effet, le vicomte Alain III de Rohan aurait eu une apparition de la Vierge alors qu'il sommeillait sur le site de ce futur édifice religieux. La Vierge lui aurait demandé une abbaye, Alain III de Rohan l'a construite.

 

L'arc en plein cintre est surmonté d'une fenêtre.

Le porche aussi appelé "la métairie de la porte", à double ouverture avec sa porte charretière

s'ouvre sur la cour des dépendances, et date du XIV° siècle.

 

Après les premiers siècles de grande spiritualité, l'ordre cistercien a connu une période de grande prospérité et une vie temporelle suivie d'années plus funestes jusqu'à la nomination de l'abbé Saint Geniès en 1683. Ce noble abbé commendataire n'a pas choisi de réparer l'abbaye délabrée du XIV° siècle, préférant bâtir un somptueux palais abbatial très en vogue au XVIII° siècle.

 

La cour des dépendances.

Le porche symbolise l'entrée sur le domaine monastique

et hébergeait le moine portier chargé de filtrer le visiteurs.

 

 

Les communs, englobant le châtelet d'entrée formaient une vaste équerre au nord.

 

Depuis la porterie, vues sur les ruines de l'abbatiale et le logis abbatial.

 

Le logis abbatial.

 

 

Du quadrilatère des bâtiments du XVII° siècle, il reste essentiellement une belle façade à trois avancées.

 

Vues sur l'ensemble monastique depuis les rives du fleuve Blavet.

 

À la Révolution française de 1789 les 4 derniers moines de l'abbaye de Bon Repos fuient vers l'Angleterre et laissent l'abbaye à l’abandon. Cette date marque la fin de la vie monastique au sein de cette dernière. En 1791 un inventaire est réalisé dans l'abbaye par les révolutionnaires, puis elle est vendue comme bien national, et achetée par un tisserand révolutionnaire, maire de Rostrenen, Julien Le Bris, qui y installera une manufacture de textile. Ce n'est qu'en 1796 qu'elle sera pillée, et non brûlée, par les chouans qui l'occuperont à plusieurs reprises comme caserne ou du moins comme refuge exceptionnel. Elle servit ensuite d'abris aux constructeurs du canal de Nantes à Brest, puis tomba pour de longues années à l'abandon. C'est en 1986 que l'association "Les Compagnons de l'Abbaye de Bon Repos" fut créée et le travail de restauration enfin commencé.

 

Le cloître.

 

C'est autour du cloître en anse de panier que s'organisait la vie de l'abbaye.

 

 

La particularité de ce cloître est son étage sur lequel repose la couverture.

La galerie de circulation haute desservait les dortoirs des moines et l'église abbatiale par l'escalier des mâtines.

(Toutes les arcades sont neuves, seuls deux piliers étaient encore debout en 1986).

 

La cuisine.

 

La cuisine était le point de jonction entre l'abbé et le reste de la communauté.

 

La cheminée conserve une pierre usée par les aiguisages de couteaux.

Le four est encore en place, ainsi que l'évier par lequel était évacué les eaux usées

qui se déversaient directement dans le Blavet. Le passe-plats s'ouvrait sur la dépense.

 

Des caves permettaient de stocker une partie de la nourriture, le vin et le cidre. Elles ont été restaurées dans les premières phases de travaux, entre 1889 et 1990. Les reprises de maçonnerie, charpente et couverture ont été faites en 1998.

 

La dépense ou garde-manger.

 

La pièce communique avec la cuisine par le passe-plats.

Elle possède également une cheminée, ce qui laisse à penser, que la pièce était plutôt le réfectoire des moines.

(Un garde-manger nécessite peu de lumière ou de chaleur, afin de conserver les denrées dans la fraîcheur).

 

Les chambres d'hôtes.

 

 

L'abbaye de Bon Repos recevait de nombreux hôtes.

Les chambres qui leur étaient destinées étaient confortables et lumineuses.

 

La reconstruction entreprise au XVIII° siècle ne se réfère plus du tout aux préconisations

de la Règle de Saint Bernard qui prônait rigueur, travail et pauvreté.

 

Découverte en 1990, cette dalle en schiste serait la pierre tombale d'un architecte,

décédé en cours de construction de l'église abbatiale au XIV° siècle. Elle est datée entre 1330 et 1380.

Les quatre outils du bâtisseur sont gravés sur cette pierre : équerre, marteau, tarière et compas.

 

Le pavillon d'angle.

 

Escalier en granit qui mène à l'étage et aux combles (restauré en 2002).

Escalier par lequel les moines rejoignaient les offices.

 

La salle pédagogique.

 

 

Ces salles étaient au XVIII° siècle les dortoirs des moines tous ouverts sur la galerie de circulation haute.

Aujourd'hui, elles sont converties en salles pédagogiques destinées aux enfants pour la réalisation d'ateliers.

 

Les combles.

 

La maquette réalisée par Jean Le Louellic représente le bâtiment tel qu'il fut en 1730.

 

Le balcon de Juliette et les latrines.

 

Ce balcon donne une superbe vue sur le cloître.

Les latrines correspondent aux commodités de l'époque.

Du premier étage au rez-de-chaussée, un conduit à l'intérieur du mur, permettait l'évacuation

des eaux usées à l'extérieur du monument en direction de la rivière du Blavet.

 

la chambre des Dames.

 

Logée dans le palais abbatial, cette pièce faisait partie des appartements privés,

réservés à la famille et aux amis de l'Abbé commendataire.

 

Vestiges de l'église abbatiale.

 

L'église à chevet plat est le centre de la vie monastique.

 

La simplicité des lignes, des fenêtres et des volumes

sont le reflet du silence imposé par la Règle pour laisser libre champ à la méditation.

 

Construite au XIII° siècle sur plan en croix latine, l'église abbatiale était très imposante.

Ses dimensions la classaient parmi les plus grandes abbatiales de Bretagne : 50 m de long par 40 m de large.

Il ne subsiste actuellement qu'une partie du transept sud, percé de fenêtres en ogive

ainsi que deux piliers, seules traces du Moyen Age encore visibles.

 

Elle fut commanditée par la famille de Rohan et leur servit de nécropole pendant de nombreux siècles.

Treize générations de Rohan y furent ensevelies ainsi que quelques épouses.

 

Chevet et abside modifiés au XVIII° siècle.

A gauche du transept : tombeau de la famille de Rohan :

Orgueilleuse devise des Rohan "Roi ne puis, prince ne daigne; Rohan suis".

Au transept, tombeau de Constance de Bretagne.

A droite du transept, tombeau de Père abbés. En blanc, tracé de la partie cristallisée.

 

 

En 2005 les murets sont remontés sur une hauteur de 30 cm

et permettent ainsi une lecture de l'emplacement des chapelles et des piliers.

 

Le mobilier de l'abbatiale fut dispersé à la Révolution dans diverses églises bretonnes : le lutrin (église de Quillio), les stalles (Abbaye de Boquen), les gisants (cathédrale de Tréguier), l'Arbre de Jessé (église de Saint Aignan).

 

L'ancien pigeonnier.

 

Le pigeonnier est le symbole de la puissance terrienne.

Chaque trou représente la possession d'un "journal" de terre, surface exploitable en une journée.

 

Le vieux pont.

 

Ce vieux pont qui avait 10 arches fut construit par les moines à la fin du Moyen Age,

en remplacement d'un pont gallo romain.

Sa construction fait suite au don par la famille de Rohan des deux rives du Blavet.

C'est aussi pour le monastère le moyen de contrôler l'axe de circulation commercial

et de percevoir dîmes avec autres droits de passage.

 

L'atmosphère de recueillement s'explique aussi par le paysage environnant

propice à la fois à la prière et à la vie économique du monastère.

 

Ainsi, la forêt, l'eau et les terres sont des éléments représentatifs des installations cisterciennes. Les moines défricheurs ont réussi à dompter des zones parfois hostiles (marécageuses, etc...) et permettre ainsi au monastère de subvenir à ses propres besoins, mais aussi de percevoir des rentes de leurs exploitations.

▪ La forêt de Quénécan permettait aux moines d'user d'un droit d'exploitation forestière aux fins de construction et de réparations de toutes les dépendances du monastère, mais aussi de chauffage.

▪ L'eau : sa présence est indispensable à la vie du monastère. Le Blavet (aujourd'hui canalisé par le canal de Nantes à Brest) alimentait un vivier et un moulin et permettait l'irrigation des cultures entourant le monastère par un ingénieux système de canalisations.

 

L'écluse sur le canal de Nantes à Brest.

 

Ce canal à petit gabarit relie les villes de Nantes et de Brest et emprunte les vallées de l'Erdre, de l’Isac,

de l’Oust, du Blavet (qu’il rejoint à Pontivy), du Doré, du Kergoat, de l’Hyères et de l’Aulne.

Ces rivières sont reliées par trois canaux de jonction franchissant des lignes de partage des eaux.

Sa construction remonte à la première moitié du XIX° siècle et sa longueur totale est de 364 km.

 

De l’Erdre à l’Aulne, le canal mesure 364 km, mais seulement 20 % de sa longueur (soit environ 73 km)

est artificiel. Huit cours d'eau sont canalisés pour l’alimenter, ou aménagés pour les rendre navigables,

devenant les ramifications d’un assez surprenant réseau navigable breton.

 

 

Si le lac de Guerlédan a recouvert le canal de Nantes à Brest sur quelques kilomètres,

il n’en reste pas moins les 364 autres kilomètres pour découvrir le canal et ses écluses.

 

La construction du Canal de Nantes à Brest est décidée, au XIX° siècle afin d’éviter, pour le transport de marchandises, la voie maritime et le blocus des Anglais de cette époque. Un ouvrage de cette ampleur mettra plus de 20 ans à voir le jour. La Grande Tranchée de Glomel, creusée par 600 forçats entre 1832 et 1836 permettra la mise en circulation de transports de marchandises sur l’ensemble du canal. Une autre œuvre singulière, unique en son genre sur le canal permettra un passage difficile : l’écluse double de Coat-Natous à Mellionnec. La création d’une voie navigable intérieure permit alors d’améliorer l’économie centre-bretonne.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

Brochure "Abbaye de Bon Repos", 30 pages,

Patrick Huchet, Editions Ouest-France, 2009

Dictionnaire des églises de France, Bretagne, Volume IVa

Dépliant 3 volets "Visite de l'abbaye", remis à l'accueil

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 octobre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville