QUINTIN  (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Saint Brieuc - Canton de Plélo.
Région Bretagne
 Population : 2.809 Quintinais en 2015.

 

D'une altitude de 154 à 220 mètres, et d'une superficie de 312 hectares,

la ville est traversée par la rivière le Gouët.

 

Etymologie : Quintin vient du breton « quistinic » (châtaigne) ou du nom d'un général romain, Quintinus.

 

 

La cité médiévale

 

 

Quintin, ville labellisée "Petite cité de caractère",

est connue comme la cité des tisserands, et doit sa fortune passée à l'industrie du lin.

Aux XVII° et XVIII° siècles, la toile se développe et les fabricants de la région excellent dans les toiles fines.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

Les remparts - Le gouët - La mairie.

Fief, baronnie, puis duché, la ville était enserrée dans des fortifications détruites lors des guerres de succession,

puis définitivement rasées lors des troubles de la Ligue.

 

Maisons à pans de bois ceinturant la place centrale, et la fontaine.

 

Maisons en pans de bois du XVI° siècle et demeures en granit des XVII° et XVIII° siècles, soulignent la richesse des négociants toiliers ayant fait la fortune de Quintin. Durant deux siècles, les fines toiles "Bretagne", fabriquées en lin, prisées des Espagnols, s'exportaient jusqu'aux Amériques.

 

Les négociants forment une riche bourgeoisie et deviennent des magistrats municipaux. Quintin est alors également un centre judiciaire important. La Révolution marque un terme à l'âge d'or. Certains mouvements essaient de redonner à l'industrie de la toile la place qu'elle occupait mais, au XIX° siècle, Anglais et Prussiens se partagent le marché alors que le coton remplace progressivement le lin. De sa période prospère, Quintin a hérité d'un marché animé et des artisans d'art à l'habileté reconnue : ébéniste, horlogerie, taille de la pierre ou encore poterie. La réputation de deux verreries a franchi les limites du pays.

 

Anciennes maisons du chapitre.

 

Les anciennes maisons des chanoines, du XVII° siècle.

Un chapitre d'une dizaine de chanoines était au service de la collégiale et de la chapelle d'Entre les Portes.

Ils habitaient les maisons aux portes sculptées dans la rue qui mène à la basilique.

 

La fontaine Notre-Dame

 

La fontaine Notre-Dame, du XV° siècle.

Elle se trouvait autrefois dans la chapelle Notre-Dame-d'entre-les-Portes.

 

La fontaine proche de la Basilique provient de la crypte de la chapelle Notre-Dame d'entre les Portes. Aujourd'hui détruite, cette chapelle servait encore au culte pendant les travaux de construction de la nouvelle église, entre 1883 et 1887. La statue de la Vierge, en pierre polychromée, est entourée d'anges et rappelle l'image de Notre-Dame des Vertus, rapportée de Palestine par Henri d'Avaugour, frère de Geoffroy Botrel et son compagnon à la croisade de 1250, Cette statue est conservée à la Basilique Saint Sauveur de Dinan.

 

Le château des XVII° et  XVIII° siècles

donnant sur un étang et un parc.

 

Le château de Quintin, (1645), édifié par le marquis de La Moussaye

sous la direction de Gabriel Androuet du Cerceau, architecte et reconstruit au XVIII° siècle.

 

La relative forte pente de la rivière du Gouët à cet endroit a été mise à profit pour créer un étang

qui servait de protection à la forteresse et de réservoir d'eau pour un moulin.

Au XX° siècle, ce moulin s'est mué en une centrale électrique

qui a fonctionné jusqu'après la Seconde Guerre mondiale.

 

Le château primitif qui aurait existé dès le XIII° siècle (reconstruit dans la seconde moitié du XV° siècle), et la ville de Quintin seront, après les attaques des ligueurs du duc de Mercoeur et les nombreux combats des royalistes entre 1589 et 1596, totalement détruits. Ce château est appelé le "Chastel Neuf" au XIII° et au XIV° siècle.

 

La basilique Notre-Dame-de-la-Délivrance et le château, avant 1970.

 

C'est en 1638 que le marquis de La Moussaye, de religion protestante, achète le comté de Quintin. Le marquis de La Moussaye est marié à Henriette de La Tour d'Auvergne, soeur de Turenne, récents propriétaires du fief de Quintin. Le marquis ordonne la destruction de la forteresse féodale, ancien château des Laval, et confie en 1639 à l'architecte Gabriel Androuet du Cerceau la construction du nouvel édifice qui commence dès 1643. Suite à de nombreuses discordes entre l'évêque et le marquis (l'évêque contestant le droit du marquis de nommer le clergé de sa seigneurie), la construction du château est arrêtée en 1666-1667 sur ordre de Louis XIV, laissant le château inachevé.

 

L'étang, le château et la tour des archives.

 

A partir de 1706, le duc de Lorge entreprend dans la cour la construction du troisième château, utilisant semble-t-il, des pierres de taille non employées restées sur le chantier de Quintin, ou même, faisant démolir, pour en récupérer les matériaux, les pavillons et les courtines dont la construction avait été interrompue. Le duc de Lorge marie ses deux filles, l'une à Renaud César, vicomte de Choiseul, fils du duc de Praslin, et l'autre, à l'un de ses parents, Jean Laurent de Durfort, marquis de Civrac, à qui il fait prendre le nom de comte de Quintin.

 

Evolution des différentes constructions du château.

Ce château s’élève sur les ruines du château des seigneurs de Laval, reconstruit en 1490 et détruit

à la fin du XVI° siècle par le duc de Mercoeur pendant les guerres de la Ligue.

Le marquis de la Moussaye (Henri, comte de Quintin) perdu de dettes, vend le 29 septembre en 1681,

la seigneurie de Quintin, à son cousin Maréchal de Lorge, Guy Aldonce de Durfort.

 

C'est à sa fille qu'il abandonne, en 1768, la terre de Quintin. Mais à sa mort en 1775, la succession donne lieu à un procès auquel met fin un arrêt du roi du 29 septembre 1778. Le Quintin reste aux Choiseul-Praslin, mais la seigneurie cesse d'être duché pour redevenir baronnie, tandis qu'une terre, située en Orléanais, est érigée en Duché de Lorge. Le vicomte de Choiseul-Praslin complète le château à partir de 1785 par l'aile nord abritant la cuisine et la salle à manger : un jardin en terrasse est prévue à l'emplacement de l'aile Est de l'ancien château.

 

Entrée du château et les bâtiments actuels côté de la cour d'honneur.

 

Le pavillon, construit par les La Moussaye est resté inhabitable. Ce château a vu passer de puissants seigneurs : les du Perrier (ou Perier ou Périer), Rohan, Rieux, Coligny, La Trémoille, La Moussaye, Lorge et Choiseul. La grande salle des caves (XVII° siècle) a abrité des prisonniers de guerre espagnols (en route pour le bagne de Brest) durant la guerre de Trente Ans, et à la suite de la bataille de Rocroi (Ardennes). Cette grande salle des caves a également servi de lieu de culte clandestin à la marquise de La Moussaye, fille du duc de Bouillon et soeur de Turenne. L'une des salles hautes de ce château servait d'atelier au maître-verrier H. de Sainte-Marie. Après la guerre, le comte Jean de Bagneux, propriétaire du château, en a fait transformer les jardins, pour les remettre en harmonie avec les bâtiments, par Jean Charles Moreux, architecte en chef des Monuments Historiques.

 

Louis Ferdinand Destouches, dit Céline.

 

Après la guerre, Louis-Ferdinand Destouches se fixe à Rennes et épouse Édith Follet,

la fille du directeur de l'école de médecine de Rennes, le 10 août 1919 à Quintin (Côtes-du-Nord).

Celle-ci donne naissance à son unique fille, Colette Destouches (15.16.1920 - 09.05.2011).

 

Louis Ferdinand Destouches, dit Louis-Ferdinand Céline, est né le 27 mai 1894 à Courbevoie, et mort le 1er juillet 1961 à Meudon, connu sous son nom de plume généralement abrégé en Céline. Il est un écrivain et médecin. Céline est l'un des écrivains les plus traduits et diffusés dans le monde, après Marcel Proust. Son œuvre est toutefois l'objet régulier de polémiques violentes, en raison de son antisémitisme haineux. Toutefois, son écriture particulière, son réalisme et son style en ont fait un écrivain très important.

 

Ü  Photo de Céline, Le Parisien.

 

Céline est issu d'une famille de petits commerçants et d'artisans. Ses parents s'installent dans le quartier de l'Opéra, à Paris, que Céline décrira comme « sa cloche à gaz », en raison de l'éclairage de la galerie par des becs à gaz. Son enfance lui inspirera des éléments de Mort à crédit. Son Voyage au bout de la nuit, qui paraît en 1932, lui vaut le prix Renaudot. Sa notoriété est fulgurante.


La période de la seconde guerre mondiale est tout aussi affligeante, puisque l'écrivain soutient publiquement la collaboration. Par exemple, il envoie de nombreuses lettres aux journaux collaborationnistes, et certaines sont publiées.

Cela explique que, mis au ban des personnalités respectables à partir de cette période et de la Libération, Céline s'exile en Allemagne puis au Danemark, avant de revenir en France. Il faut attendre l'année 1957 pour que "D'un château l'autre" le fasse revenir dans l'actualité littéraire. Il décède en 1961 d'une rupture d'anévrisme.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

http://www.tourismebretagne.com/
http://www.cites-art.com/
Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 21 octobre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville