QUINTIN  (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Saint Brieuc - Canton de Plélo.
Région Bretagne
 Population : 2.809 Quintinais en 2015.

 

Vue aérienne avant 1970 : la ville, la basilique et l'étang.

La basilique est accolée au parc du château.

 

 

Basilique néo-gothique Notre-Dame de la Délivrance,

du XIX° siècle.

 

 

La Basilique Notre-Dame de Délivrance (1879-1887), édifiée sous la direction

des architectes Baillargé et Théodore Maignan (1825-1894) à l'emplacement de l'ancienne Collégiale.

 

La basilique actuelle, ouverte au culte en 1887, a remplacé une collégiale de la fin du XIV° siècle,

à l'emplacement de la chapelle du château de Quintin.

Le nouvel édifice est de dimensions imposantes : la nef mesure 76 mètres de long,

la hauteur sous voûte de 16 mètres et le coq du clocher s'élève à plus de 75 mètres.

 

Cette chapelle avait accueilli, en 1250, la relique de la Ceinture de Notre-Dame, apportée de Terre Sainte par le seigneur de Quintin, Geoffroy Botrel. Il était parti avec son frère Henri d'Avaugour, seigneur de Dinan, en croisade avec le roi Saint Louis. L'expédition fut désastreuse et le roi fait prisonnier.

 

Sur le tympan de la façade est représenté Geoffroy Ier Botrel en armure, la Vierge au centre

et Robert de Saintonge, le patriarche de Jérusalem, ainsi qu'évêque de Nantes.


Geoffroy et Henri firent le voeu d'entrer au couvent s'ils échappaient à la mort. A leur retour, ils réalisèrent leur promesse : Henri fit de son château de Dinan un monastère (aujourd'hui, école des Cordeliers), Geoffroy devint aussi franciscain après avoir déposé dans la chapelle de son château la relique de la Ceinture de la Vierge qui lui avait été confiée par le Patriarche de Jérusalem. La chapelle du château, trop étroite, devra très rapidement être remplacée par une collégiale au début du XV° siècle.

 

De l'ancienne collégiale, on n'a pas conservé,

le chevet et la tour qui ne se trouvaient plus dans l'axe de la nouvelle construction.

Les balustres de la tour ont été utilisés pour aménager les escaliers du terre-plein situé au nord de la Basilique.

 

Au milieu du XIX° siècle, l'état de délabrement de la collégiale était devenu inquiétant et, il fut décidé, en 1864, de la rebâtir. Des événements retardèrent la réalisation du projet : une épidémie de choléra, la chute du commerce de la toile qui faisait la richesse de la ville, la guerre avec l'Allemagne .... Enfin, en 1883, la première pierre du nouvel édifice est posée et, en même temps, commence la démolition de la collégiale.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef et le portail occidental. La nef avec bas côtés est de cinq travées.

 

Les orgues et la Vierge du porche.

En 1789, la statue ancienne fut détruite. Un Quintinais réussira à sauver la tête de la Vierge,

et elle a été intégrée dans cette nouvelle statue.

 

Elle a été appelée longtemps la Vierge du tronc, puis la Vierge de la quenouille (les apprenties fileuses venaient lui offrir leur première quenouille). La statue était placée dans l'ogive au revers du tympan du grand portail. Elle fut mise à la place actuelle après le couronnement, en 1934.

 

Depuis le portail occidental, vue sur la nef et le choeur.

 

Bénitier provenant de l'ancienne collégiale,  un coquillage géant de la mer de Java.

 

Fonts baptismaux avec cuve en granit du XIV° siècle, provenant de l'ancienne collégiale,

dessin de Jeanne Manivel et réalisation de Jean Le Lousse, sculpteur local, 1921.

La cuve octogonale est décorée sur le bombé supérieur de quadrilobes,

s'inscrivant dans un cercle et sur les faces avant, d'arcatures ogivales.

 

Le dessous, dans chaque angle, une tête d'homme. Sur le panneau où s'appuie la vasque

est sculpté un trilobe. En dessous, on trouve une tête semblable aux six autres.

Le pédicule est constitué de huit colonnettes reposant sur un socle octogonal.

 

La symbolique de l'octogone dans les baptistères au IV° siècle : sa forme se situe entre le carré imparfait, symbole de la terre, et le parfait rond, symbole du Ciel. (Extrait d'une étude faite par Gilles Potier, parent de la dessinatrice Jeanne Manivel).

 

Le choeur avec déambulatoire sur lequel s'ouvre une vaste chapelle absidale.

Les sièges des stalles sont du XVII° siècle.

 

Chaire à prêcher du XVIII° siècle, provenant de l'ancienne collégiale.

 

Grand Christ en croix de la fin du XIX° siècle, oeuvre de Charles Foulonneau, 1895.

Cette croix était portée en procession le soir du vendredi saint.

La procession a été instituée par Saint Vincent Ferrier (1350-1410).

 

 

Statues de Saint Jean Evangéliste en apôtre, présentant le calice, et l'archange Saint Michel,

oeuvres de Charles Foulonneau, 1895.

 

Les vitraux des bas-côtés représentent des scènes de la vie de la Vierge et différentes dévotions à Notre-Dame.

 

Les vitraux de la chapelle absidiale regroupent, autour de Notre-Dame de Délivrance, Saint Joseph, l'ange Gabriel, un ange porteur du blason de Quintin et des personnages liés à l'histoire de la relique et du pèlerinage.

 

Statues de Sainte Marie Madeleine, et d'une pietà en bois polychrome du XVI° siècle.

(Le mot pietà désigne une statue ou un tableau représentant la Vierge

tenant sur ses genoux le corps du Christ détaché de la croix).

 

Chapelle de Saint Thuriau et sa statue, située au nord.

Christ sur son linceul, du XVII° siècle.

 

Statues de Marie Marguerite Alacoque, et Jeanne d'Arc.

Les vitraux ont été réalisés par l'entreprise Magen-Clamens & Bordeau d'Angers,

à l'exception du vitrail du vœu de 1939-1945.

 

 

Les vitraux qui entourent le choeur racontent l'histoire de la relique.

 

Le choeur et les fresques.

 

Le beffroi (ou tintinabulum), insigne des églises qui ont le titre de basilique.

 

 

Les gisants des seigneurs de Quintin.

Retournés face contre terre, ils servaient de seuils aux portails de l'ancienne collégiale.

 

L'histoire de la relique est présentée à travers quatre fresques :

 

▪ La première fresque représente la cérémonie de la remise de la relique par Robert de Saintonge à Geoffroy Ier Botrel.
▪ Les deux fresques à droite représentent le retour de croisade de Geoffroy Ier Botrel à Quintin.
▪ La dernière fresque raconte l'incendie de 1600. Cet incendie a été déclenché par un chanoine qui avait oublié d'éteindre sa chandelle, avant de s'endormir dans la sacristie.

 

La dévotion à Notre-Dame de la Délivrance.

 

Fragment de la Ceinture de la Vierge.

La relique de la ceinture est un fin réseau de lin, à mailles inégales, dont il ne reste qu’un fragment d'environ

8 cm de côté. La relique porte les traces de l'incendie de 1600 mais elle avait été déjà réduite par le don

d'une partie à la bienheureuse Françoise d'Amboise, épouse de Pierre II, duc de Bretagne.
Cette portion de la relique fut déposée à la cathédrale de Nantes et,

au moment de la révolution, transférée à l'église d'Ancenis.

 

Très vivante après l'arrivée de la relique à Quintin, la dévotion de Notre-Dame a connu des moments de moindre intensité, encore que les familles ont toujours fait appel à la Vierge de Quintin pour demander une heureuse naissance. Remise en honneur après la révolution et surtout après le voeu en 1871, cette dévotion se manifeste tout particulièrement le jour du Pardon, mais aussi par de nombreux passages individuels ou en groupe à la basilique, par les demandes de rubans bénis ayant touché la relique, par la confrérie et un courrier abondant qui multiplie les appels à l'intercession de Marie pour les familles.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

Dépliants 4 pages "La Basilique N.D. de Délivrance", remis à O.T. de Quintin

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 21 octobre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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