PLOUHA   (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Guingamp- Canton de Plouha.
Région Bretagne
 Population : 4.476 Plouhatins en 2015.

 

D'une superficie de 3.997 hectares et d'une altitude de 0 à 109 mètres,

Plouha est une commune du Goëlo, de l'ancien pays de Saint-Brieuc.

Depuis le XII° siècle, Plouha est connu comme la frontière linguistique du breton.

 

Etymologie : le nom de Plouha viendrait de l'ancien breton ploe qui signifie paroisse et de Zaz saint breton portant un nom biblique d'Adam, en gallois Adda. Ce nom aurait été porté par le saint ou chef ayant donné son nom à la paroisse au VI° siècle ou VII° siècle.

 

Le hameau de Kermaria et sa chapelle, avant 1970.

 

 

La chapelle Kermaria-an-Iskuit, du XIII° siècle

 

 

La chapelle a été fondée par Henri d'Avaugour.

Rescapé d'une croisade menée par le duc Pierre Mauclerc,

le comte de Goëlo manifeste ainsi sa reconnaissance à Kermaria-an-Iskuit" (Marie qui sauve").

Devant l'affluence des fidèles, la nef de la chapelle construite au XIII° siècle, est agrandie au XV° siècle.

La chapelle doit sa célébrité à la danse macabre, farandole dans laquelle les morts entraînent les vivants

et qui rappelle aux hommes du XV° siècle la brièveté de la vie et l'égalité devant la mort,

toutes conditions sociales confondues.

 

Au pignon ouest la porte principale de l'édifice en style gothique du XIII° siècle,

surmontée d’une verrière et du clocher édifiés au XVIII° siècle.

La chapelle est couverte d'une ample toiture moderne, en ardoise de Sizun,

avec un clocheton d'ardoises sur le pignon ouest, refait au XVII° siècle.

 

Le choeur, orienté à l'est, est à trois pans coupés.

 

Les pignons ne sont pas décorés, mais possèdent des gargouilles latérales du XVI° siècle.

 

Trois baies de la nef datent du XIII° siècle, avec des frontons triangulaires ou arrondis.

 

La chapelle privative et le porche sont du XV° siècle.

 

Le portail en forme d'ogive, s'appuie sur quatre colonnettes de chaque côté.

 

Au-dessus du porche, le balcon, protégé d'une balustrade quadrilobée, servait d'auditoire :

le seigneur y rendait la justice après l'office du dimanche.

On y conservait également les archives de la seigneurie.

A l'intérieur, sur des bancs de pierre, se réunissait le conseil de fabrique qui réglait la vie de la paroisse.

 

Le calvaire, édifié sur un socle carré.

 

Le porche.

 

La porte, qui donne accès à la chapelle est surmontée par une statue de la Vierge-Mère

polychromée et des voûtes peintes.

 

Les statues de bois des apôtres avec leurs attributs.

 

La nef.

 

Intérieur de la chapelle avant 1930.

 

Les quatre premières travées de la nef datent du XIII° siècle.

 

Aux piles rondes, succèdent les piles prismatiques de trois travées du XV° siècle.

Deux bas-côtés encadrent la nef lambrissée en berceau brisé.

Des arcs diaphragmes recoupent les collatéraux. Un escalier mène à la salle surmontant le porche sud.

 

La danse macabre.

 

La danse macabre visible sur les murs de la nef a été réalisée entre 1483 et 1501.

Badigeonnée de chaux au XVIII° siècle, elle a été retrouvée au milieu du XIX° siècle par Charles de Taillard,

l'un des descendants des seigneurs qui possédèrent Kermaria au XVI° siècle.

 

Cette danse s'inspire de la danse macabre peinte à Paris en 1425 sous les arcades du cloître

du Charnier des Innocents, dont les reproductions circulèrent dans toute l'Europe.

 

 

Les figures, qui se tiennent par la main, représentent des personnages vivants, de tous âges

et de toutes conditions sociales, séparés par des cadavres décharnés qui rythment la farandole.

La danse commence au sud (côté chapelle seigneuriale) et se termine sur la face nord.

Elle se compose d’une trentaine de personnages de 1,30 mètres de haut,

qui apparaissent selon un ordre social décroissant.

 

D'autres peintures sont encore visibles dans la chapelle, notamment une série de prophètes,

David, Isaïe, Zacharie et Elie (sous la danse des morts de la façade sud).

 

 

L'acteur, l'auteur chargé de rédiger les sentences inscrites sous chaque personnage, mène traditionnellement

la sarabande, mais son image a disparu ainsi que celles du pape et de l'empereur.

Sont visibles le cardinal, le roi, le patriarche, le connétable, l'archevêque, le chevalier et l'évêque (écuyer, l'abbé,

le bailli et l’astrologue, qu'on aurait dû trouver de chaque côté du vitrail, ont également disparu).

 

 

La danse reprend avec le bourgeois, le chartreux, le sergent. Viennent ensuite quatre personnages

qui ne sont pas séparés par des squelettes : le médecin avec sa fiole de médicament et la femme qui s'accroche

au bras de ses deux voisins, le mendiant et l'usurier. L'alternance reprend avec l'amoureux en pourpoint,

le ménestrel avec son biniou, le laboureur avec sa serpe et son hoyau,

et enfin le cordelier (l'image de l'enfant ayant également disparu).

 

La fresque du Dit des 3 morts et des 3 vifs.

 

Les sablières.

 

 

Elles sont sculptées, avec des têtes humaines, toutes différentes.

 

La nef a une voûte en bois de la forme d'une coque de bateau renversée et des poutres sculptées aux extrémités.

L'extrémité des poinçons de la charpente est décorée et reliée par une entretoise.

 

Le choeur.

 

Vue sur le choeur depuis le portail occidental et la nef.

 

Début d'un escalier de pierre qui donnait accès à une chambre, mise à la disposition des pèlerins de passage.

 

Retables d'albâtre du XV° siècle et d'origine anglaise

(Annonciation, Couronnement de la Vierge, Adoration des mages, l'Assomption, ..)

Boîte à crâne (crâne du seigneur de Lêzobré " Les Aubrays")

 

 

 

A la richesse de ses peintures, s'ajoute la richesse de la statuaire, composée de 33 statues en bois polychrome :

 

▪ Dans le bas côté nord : statues de Notre Dame du Bon Secours et de saint Maudez.

▪ Dans le collatéral sud : Saint Eloi et saint Rion.

▪ Dans le chœur : les statues de Saint Pierre et de Saint Paul, extraites du porche, Saint-Michel terrassant le dragon (en granit, XV° siècle) et sainte Berthe, à l'angle.

▪ Dans la chapelle seigneuriale : sur l'autel, une Vierge du XVI° siècle, chaussée de curieuses chaussures (sabots) présentant le sein à l'enfant Jésus, qui le refuse.

▪ Puis sur les murs : une Vierge assise, tenant un sceptre, réalisée au XIII° siècle, qui est sans doute la plus ancienne image de Marie vénérée à Kermaria.

▪ Lui succèdent les statues de Sainte Barbe, Sainte Catherine et Saint Joseph.

▪ Sur le mur opposé, les statues de Saint Dominique, Nicodème, Sainte Anne avec Marie et Jésus, Saint Claude et Saint Fiacre.

 

Grand Crucifix du XV° siècle. Statues : Saint Jean et Saint Eloi.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée du site

Dictionnaire des églises de France, Bretagne, Volume IVa

Editions Robert Laffont, 1968

Dépliant 3 volets "La chapelle de Kermaria"

réalisé par la mairie et l'Association des amis de la chapelle

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 24 octobre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville