PLEUMEUR-BODOU  (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Lannion - Canton de Perros-Guirec.
Région Bretagne
 Population : 4.012 Pleumeurois en 2015.

 

D'une superficie de 2.671 hectares, et d'une altitude de 0 à 102 mètres,

la ville est située sur les bords de la Manche.

 

Etymologie : Pleumeur-Bodou (Plebe magna Podou) signifie « Grande paroisse dans les Bois »

ou « Grand paroisse de Bodou ou Bodo ».

Il s'agit, semble-t-il, d'un moine venu de Bretagne insulaire au VI° siècle.

 

Avant 1970, la ville et la cité des Télécoms.

 

 

La cité des Télécommunications

 

 

C'est le plus grand parc européen consacré aux télécommunications.

 

Vues aériennes du site, avant 1970.

 

Entrée du musée, le monolithe de granit, oeuvre de Jacques Bosser (photo du centre).

 

Cette oeuvre témoigne la matière et la force terrestre :

▪ Sur son côté, des signes Celtiques ont été gravés, qui nous parviennent en ces lieux, au travers du temps.

▪ Faisant face, un bloc parallélépipédique en dural, représente la maîtrise technique de l'homme dans ses réalisations, oeuvres d'esprit. Matière et esprit se fondent en une ligne qui mène à une petite colonne également en dural, figure de l'homme, de sa force et de sa fragilité, de son savoir, de sa mémoire, de son devenir.

▪ Des confins de l'univers arrivent des sons, échos des tempêtes solaires ou de folle ronde des pulsars aux allures de métronomes. L'homme a su capter, écouter et analyser ces ondes électromagnétiques, ces signaux lointains, traces des cataclysmes d'où nous sommes issus.

 

Le radôme.

 

Entrée du musée, et le radôme.

 

Le radôme a été construit dans le cadre d'une convention entre la France et la NASA pour abriter une gigantesque antenne mobile à cornet et réflecteur d'environ 30 m de haut. Il est constitué d'une sphère souple faite de couches de Dacron et de caoutchouc synthétique (Hypalon). La sphère est maintenue grâce à la pression de l'air qu'elle contient.

 

Entrée du radôme.

Le radôme a été mis en service en juillet 1962 :

par ses antennes, des images et des sons de télévision ont pu transiter pour la première fois

de Andover, aux Etats-Unis, à Pleumeur-Bodou, via le satellite Telstar.

Date de mise hors service : 1985.

 

Hauteur de l'antenne cornet : 34 mètres - Longueur de l'antenne cornet : 54 mètres
Diamètre base du radôme: 54 mètres - Diamètre de la sphère enveloppante : 64 mètres
Surface réflecteur : 360 m² - Gain réception : 57 dB à 4 170 MHz10
Gain émission : 59,5 dB à 6 390 MHz - Température de bruit au zénith : 32 kelvin, radôme sec (0,86478 dB)
Poids : 340 tonnes - Matériau constituant : alliage aluminium-magnésium.

 

Plunnett Milton est l'architecte qui a conçu le radôme, la société américaine Bird Air Inc. l'a construit (enveloppe). Un premier radôme provisoire d'un poids de 7 tonnes fut posé en 1962, radôme qui se déchira au cours d'une tempête un mois après sa pose. Un second radôme provisoire fut donc posé en avril 1962, dans l'attente de la pose du radôme définitif (actuel), fin juillet 1962.

 

 

L'antenne cornet PB1.

 

L'enveloppe est «sur-pressurisée» en cas de tempête, afin de mieux résister au vent. L'enveloppe pèse 27 tonnes, et reçoit 6 tonnes de peinture à l'Hypalon, régulièrement (tous les 5 ans) pour entretien. La dernière couche de peinture en juin 2017 devrait permettre d'allonger cet espacement à 10 ans.

 

Sous le radôme, présentation en son et lumière, des grands exploits de la conquête spatiale,

ainsi que l'historique de ce site exceptionnel.

 

Les antennes.

 

Le site avant 1970.

 

Le jardin des sciences et ses antennes.

 

Avant 1970 et en 2017, le menhir inauguré par Charles de Gaulle, en 1962.

 

Le musée des Télécommunications.

 

Entrée du musée, et côté permettant l'accès au radôme.

 

Plans du radôme et du musée.

 

L'histoire des communications.

 

Du télégraphe Chappe à Internet, cette exposition présente les découvertes

et les inventions qui ont ouvert le monde aux télécommunications.

 

 

 

 

 

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(01) Claude Chappe (1763-1805) : Transmettre l'information à distance : du sémaphore à l'avènement du réseau.

1794 : Alors que la France révolutionnaire est en guerre, la première ligne de télégraphie optique est installée entre Lille et Paris. Les messages sont acheminés de tour en tour régulièrement espacées. Les bras articulés qui les surmontent indiquent le message codé à transmettre. Le 1° signal codé renvoyait à un dictionnaire préétabli. Le second à la ligne à lire dans une page de ce même dictionnaire. Un code efficace des lignes à longue distance : le 1° réseau de télécommunications était né.

 

(02) Samuel Morse (1791-1872) : l'électricité réinvente la télégraphie.

1837 : Alors que la télégraphie électrique est déjà une réalité en Angleterre, un chercheur américain, Samuel Morse, invente un code fait de traits et de points. L'information est transmise sur des distances de plus en plus longues à un rythme qui s'accélère sans cesse. Grâce aux lignes terrestres qui parcourent le continent européen, et aux câbles sous-marins qui franchissent les océans, les principaux centres d'intérêts de la planète seront reliés. Ce réseau télégraphique, renouvelé et modernisé, sera le principal moyen de communication à longue distance jusque dans les années 1950.

 

(03) Guglielmo Marconi (1874-1937) : le télégraphe sans fil.

1899 : Quatre ans après ses premières expériences, l'italien Marconi réussit la première communication télégraphique transmanche par ondes hertziennes. Son système est rapidement adopté par les marines britannique et italienne : la TSF est une technologie adoptée en quelques années par les flottes civiles et militaires

 

(04) Auguste Lumière (1862-1954) et Louis Lumière (1864-1948) : le cinéma.

1895 : dans le salon Indien, les Parisiens assistent aux premières représentations du cinématographe. Pour la première fois, un public peut contempler une représentation en mouvement de la réalité. L'appareil mis au point par les frères Lumière permet d'enregistrer les images animées, mais également de les projeter. Au cours du XX° siècle, le cinéma sera sonore au milieu des années 1920, et deviendra une industrie mondiale dominée par les grands studios basés à Hollywood.

 

 

 

 

 

 

 

 

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(01) Hermann Hollerith (1860-1929) : gérer automatiquement l'information.

1890 : Pour le recensement, l'administration américaine adopte la machine à statistiques mise au point par Hollerith. Un plus grand nombre d'informations est pris en compte et l'énorme masse est traitée en 3 mois au lieu de 2 années initialement prévues. La "Tabulating Machine Co" est fondée un peu plus tard pour développer ce premier système électromécanique de traitement de l'information. Cette société deviendra IBM qui donnera l'information mondiale jusqu'aux années 1980.

 

Les données sont transmises sur une carte perforée. Celle-ci est introduite dans la machine, munie de tiges reliées à un compteur. Lorsqu'une tige est face à un trou, il y a un contact électrique et l'information est comptabilisée. Une carte perforée, un contact électrique... les bases de la mécanographie sont posées et préfigurent l'informatique.

 

(02) Lee de Forest (1873-1961) : la naissance de l'électronique.

1906 : Après de longues expériences, l'Américain Lee de Forest met au point la lampe triode. Il pense avoir un détecteur d'ondes électromagnétiques, mais la petite lampe démontrera au fil des années des propriétés qui en feront un objet fondamental dans le développement des télécommunications dès la Première Guerre mondiale. L'audion est un détecteur, mais également un émetteur d'ondes. Plus que tout, il permet d'amplifier et est utilisé dès 1915 pour réaliser la première liaison téléphonique entre New York et San Francisco.

 

A partir de la triode se développe l'électronique des tubes à vide qui permet le développement des télécommunications de la radio, de la télévision, puis de l'informatique dans la première moitié du XX° siècle.

 

La triode est dérivée de la diode de Fleming, mise au point en 1904. La grille placée entre l'anode et la cathode permet de contrôler le flux d'électrons. De Forest baptisera cet élément "control grid" (grilles de contrôle). L'obtention d'un vide véritable dans la lampe permit de faire considérablement évoluer ses possibilités et performances.

 

   

 

 

 

 

 

 

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(01) George Eastman (1854-1932) : la photographie pour tous.

1888 : en mettant au point la pellicule souple et en l'installant dans un appareil simple et relativement peu encombrant, l'américain Eastman pose la base d'un système qu'il développe et commercialise sous la marque Kodak. Le slogan "Vous appuyez sur le bouton, nous nous chargeons du reste", résume l'esprit de ce qui est plus qu'un objet technique, un véritable système commercial. Kodak deviendra une entreprise mondiale développant le marché de la photographie populaire tout au long du XX° siècle.

 

(02) Thomas Edison (1847-1931) : enregistrer et écouter le son.

1877 : l'inventeur américain enregistre sa propre voix et l'écoute quelques instants plus tard, en utilisant un dispositif qu'il dénommera "phonographe". Il pense avoir trouvé un appareil susceptible d'enregistrer les conversations téléphoniques. Mais ce sera essentiellement le domaine musical qui donnera à cette invention tout son intérêt. Avant la Première Guerre mondiale, les "rouleaux" en permettant la diffusion des chansons et de courts morceaux musicaux, remportent un énorme succès. Au cours du XX° siècle, les galettes de cire, puis le microsillon donneront à l'industrie du disque une ampleur mondiale.

 

Le dispositif est composé d'un cylindre d'acier recouvert d'une feuille en étain et d'une aiguille qui grave, puis lit les sons recueillis ou diffusés par un cornet acoustique. Ce premier modèle, de médiocre qualité, sera au fil des ans suivi de nombreux autres, auxquels Edison apportera toutes sortes de perfectionnements.

 

Les câbles sous-marins.

 

Un câble sous-marin est un câble posé sur le fond marin,

destiné à acheminer des télécommunications ou à transporter de l'énergie électrique.

 

La plupart des télécommunications mondiales transitent par des câbles sous-marins, qui sont au nombre de 263 (en 2014). Le câble évite la perte de temps induite par la distance nécessaire pour effectuer une transmission par satellite (0,24 seconde dans le cas d'un aller-retour vers un satellite géostationnaire). En 2013, environ 99 % du trafic intercontinental, données et téléphone, sont transmis sous les océans.

Ces câbles sont un enjeu stratégique et géopolitique. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont en position de lire au moins un quart des échanges transatlantiques, et peuvent s'opposer à l'installation de câbles qu'ils n'ont pas la possibilité de contrôler dans l'Atlantique comme dans le Pacifique.

Les câbles sous-marins sont mis en place et maintenus par des navires câbliers, après reconnaissance bathymétrique pour repérer le trajet idéal (le plus court, mais sans risque pour le câble). Par des faibles profondeurs, et lorsque la nature du fond le permet, les câbles sont généralement ensouillés à l'aide d'un outil marin de type charrue à soc creux afin de minimiser les risques de crochage par le train de pêche des chalutiers. Les câbles ont en général un diamètre de 69 mm et pèsent environ 10 kg/m, même si des câbles plus légers et plus fins sont utilisés pour les sections en eaux profondes. (Sources wikipedia).

 

Une large place est réservée dans le musée à la conquête spatiale,

avec présentation de diverses expositions, très intéressantes.

 

Naissance et évolution du C.T.S.

(Centre de Télécommunications par satellite de Pleumeur-Bodou).

 

Ce centre de communications par satellite est la station terrienne à l'origine

de la première transmission télévisée en mondovision entre les Etats-Unis et la France.

 

Premières images télévisées reçues en direct à Pleumeur-Bodou,

le 11 juillet 1962, par l'antenne sous le radôme, grâce au satellite Telstar 1.

 

Les antennes du CTS sont, pour la plupart, désignées par les lettre "PBD", et parfois "PB".

 

Le numéro qui suit les lettres correspond aux constructions successives de ces antennes. D'autres antennes portent le nom des programmes pour lesquels elles ont été utilisées. Ces antennes mesuraient jusqu'à 32,5 mètres de diamètre.

 

Les liaisons assurées par le CTS à travers le monde.

 

Les antennes du CTS permettaient d'établir des communications téléphoniques

et d'assurer les transmissions des reportages télévisés vers le monde entier.

 

( vert) Système Intelsat Atlantique : Pour communiquer avec les pays situés dans la partie Ouest du monde.

(orange) Système Intelsat Indien : pour effectuer des liaisons avec les pays situés dans la partie Est du monde (Asie, Australie...)

▪ (rouge) Système Télécom 2 (système français appartenant à France Télécom), pour effectuer des liaisons avec les DOM-TOM (Réunion, St Pierre et Miquelon...).

▪ Système Immarsat : pour communiquer avec tout ce qui est mobile (navires, avions, trains, plateformes pétrolières...), également utilisé par les reporters dans des lieux où il n'y a pas d'infrastructures de télécommunications (reportages de guerre, Paris-Dakar...)

 

Fermeture et réhabilitation du site du CTS.

(Fermeture du centre en mai 2003).

 

Une révolution technologique, marquée par l'évolution des câbles sous-marins en fibre optique,

explique l'arrêt du CTS,

les transmissions par satellite étant devenues moins utilisées pour les communications téléphoniques.

 

L'antenne PBD8

 

Septembre 2006-2007 : Lannion Trégor Agglomération (LTA) devient propriétaire d'une partie de l'ex-CTS, qui est alors renommée "Pôle Phoenix". Plusieurs bâtiments sont démantelés, mais trois antennes sont conservées afin de sauvegarder la mémoire de ce site. Aujourd'hui, le pôle Phoenix accueille des jeunes entreprises innovantes dans le domaine des technologies.

 

Le planétarium, dans le parc du Radôme.

 

Le planétarium présente l'univers par thématiques pour expliquer les phénomènes astronomiques.

Il ouvre le chemin des planètes, des étoiles, à travers le temps et l'espace,

milliards de monde ignorés, distances et durée inconcevable.

 

Le village gaulois, situé dans le parc du Radôme

 

Entrée du village gaulois.

 

Le village (parc de loisirs)  est né en 1986 pour procurer à l'association MEEM les fonds nécessaires à des actions de développement en Afrique. Le choix du site fut motivé par le prix des terrains. Trois hectares de friches agricoles étaient disponibles dans le fond d'une vallée où coulait un ruisseau et où existait une fontaine d'eau pure et intarissable. Le choix du thème (village gaulois) fut motivé par l'intérêt que suscitent nos ancêtres et pour le caractère peu onéreux de sa construction. C'est un lieu respectueux de l'environnement, de la biodiversité et des personnes.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.levillagegaulois.org/

Panneaux explicatifs présentés dans le musée

Livre "Radôme, des hommes à l'écoute du monde"

Stéphanie Stoll, Editions Apogée, 2012

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 27 octobre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville