PERROS-GUIREC   (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Lannion - Canton de Perros-Guirec
Région Bretagne
 Population : 7.288 Perrosiens en 2015.

 

 

Eglise Saint-Jacques

 

 

Une première chapelle fut édifiée sur le site

et marquait le haut vallon où Saint Guirec était venu chercher un abri pour son monastère.

Cet édifice primitif de style roman était de forme rectangulaire, bâti au XII° siècle.

Il comprenant une nef avec deux bas-côtés.

 

Ce saint, auquel paroisse et commune doivent une partie de leur nom, est l'un des moines venus de l'autre côté de la Manche pour christianiser la Bretagne, alors nommée Armorique. La tradition le dit "abbé et affirme qu'il a débarqué à Ploumanac'h (Poul Manac'h : le marais du moine). Son monastère, qui assurait le service religieux en dépendance de l'évêché de Dol, est resté dans le souvenir. Seul le nom de "rue de l'abbé", le rappelle encore.

 

La façade ouest est dominée par un clocher massif, sur lequel s'appuie un porche, tous deux du XIV° siècle.

 

L'ancienne chapelle est agrandie au XIV° siècle. Elle est prolongée d'une nef et une grande fenêtre est ouverte au fond de l'abside. Par devant, on lui ajoute la base d'une tour qui reste inachevée et abrite un grand porche, en remplacement du petit porche roman qui est alors replacé sur l'entrée sud.

 

Sur le clocher, un  dôme surmonté d'une petite flèche polygonale a été ajouté en 1669.

 

Le dôme, de style florentin, est posé sur une tour octogonale, agrémentée de huit pinacles de style renaissance bretonne. La base du clocher du XIV° siècle est construite en granit de l'Ile Grande. Etayée par quatre contreforts, elle abrite sur son côté nord un portail du plus pur gothique rayonnant, s'appuyant sur une colonne médiane. Quelques pierres de taille issues de l'ancienne entrée du XII° siècle sont conservées en appui des arcatures.

 

Entrée sud, et le porche roman replacé à cet endroit au XIV° siècle.

 

Au-dessus de la porte, dans le tympan, l'image du Christ en gloire,

vêtu d'une longue tunique et levant la main pour bénir.

Autour de lui, l'Aigle, symbole de Saint Jean et le Lion, symbole de Saint Marc,

laissent supposer que sur le linteau refait, étaient autrefois figurés les deux autres évangélistes :

Saint Luc et Saint Matthieu.

 

L'église a été agrandie au milieu du XX° siècle au cours duquel ont été construits

de nouveau bras du transept et une sacristie plus spacieuse, qui s'ouvre sur la nef.

 

La nef romane était éclairée par de hautes fenêtres, maintenant murée.

 

Le portail ouest du porche et intérieur du porche. Statue de Saint Jacques.

 

Ce porche est le lieu où se réunissait dès le XIV° siècle, à la fin de la messe, le "général" de la paroisse (conseil municipal actuel). Les fabriciens, responsables de la vie économique, siégeaient sur les deux bancs de pierre et débattaient publiquement des affaires de la ville et de l'église.

 

La nef du XIV° siècle.

 

Ancienne mesure à blé du XIV° siècle

L'orgue a été réalisé en 1996-1997 par Yves Fossaert, facteur d'orgues à Mondeville, en région parisienne.

Sa bénédiction a été faite par Mgr Fruchaud, évêque du diocèse, et son inauguration, le 20 juillet 1997.

 

A l'entrée du choeur et autour des fonts baptismaux, vitraux modernes de l'atelier Le Guevel.

 

Fonts baptismaux du XVII° siècle, situés à gauche de l'entrée, avec cuve octogonale en granit rose.

Statue de Saint Jean Baptiste, du XVII° siècle, en bois polychrome.

Le bénitier en granit, décoré de 4 personnages grossièrement taillés est du XII° siècle,

de l'époque de la partie romane de l'édifice.

 

Nef romane de 6 travées, conservée à peu près intacte. Toute l'église est charpentée,

la partie romane avec un lambris en plein-cintre, un berceau brisé couvre la partie gothique.

 

L'église se compose de deux nefs : la première du XII° siècle, la seconde du XV° siècle,

terminée par un chevet plat remanié au XVII° siècle.

Le bandeau d'étage est recoupé par des colonnettes adossées prenant appui sur les chapiteaux

de chaque pilier par un simple bandeau en incision, encadré par deux tores.

 

▪ Photo de gauche, le bas-côté sud, réalisé après le retour de la Première croisade, avec les restes de la chapelle effondrée lors du tremblement de terre de 1091. Les colonnes sont de section carrée, entourées de huit colonnettes engagées. Les chapiteaux sont du XII° siècle. Les voussures des travées du XI° siècle, récupérées dans les décombres et remontées.

▪ Photo de droite : le bas-côté nord du XI° siècle. Les colonnes qui le séparent de la nef sont cylindriques, en granit rose.

 

 

L'iconographie des chapiteaux est assez énigmatique et les scènes sont difficiles à identifier.

Toutefois, on reconnaît Adam et Eve, le Sacrifice d'Abraham, un homme combattant un ours,

des oiseaux affrontés buvant dans un calice.

Des motifs géométriques (spirales, roues) rattachent cet ensemble aux sculptures.

Les bases des colonnes sont aujourd'hui enterrées et il faudrait les dégager d'un bon demi-mètre

pour retrouver le rythme primitif. Certains chapiteaux sont celtiques.

 

La nef gothique est séparée de la nef romane par un arc-diaphragme. Elle se compose de cinq travées,

séparées de collatéraux par une série d'arcs brisés retombant sur des piles rondes.

 

Le grand Christ en croix de la poutre de gloire est de la fin du XV° siècle.

Les statues de la Vierge et de Saint Jean sont d'un style plus récent.

La piéta, à la croisée de la partie romane et de la partie gothique, oeuvre d'un sculpteur local

de la fin du XVI° siècle, est en bois verni,

Statue de Notre-Dame de Lourdes (XX° siècle), placée dans l'embrasure nord d'une fenêtre du XI° siècle.

 

Le choeur.

 

L'autel est le meuble où se déroule la célébration de l'Eucharistie.

Il se tient au milieu du choeur et bénéficie du meilleur éclairage. Vers lui se tournent tous les regards.

L'ambon et les stalles furent introduits dans l'église vers 1985, par le recteur Michel Mallégeant.

 

Le retable du XVIII° siècle.

Statues du XVIII° siècle, en bois polychrome : de Saint Jacques le Majeur,  et Saint Guirec.

 

Au XVI° siècle, un nouvel agrandissement : on ajoute deux travées de style Renaissance Bretonne, qui constituent aujourd'hui le choeur de l'église. Le chevet plat est orné d'une maîtresse vitre du même style. Les deux nouveaux piliers sont monolithes, en granit de la Clarté.

 

Transept nord du XX° siècle.

 

Au milieu du XX° siècle, l'église paroissiale se trouvant à nouveau trop petite, un nouvel agrandissement est décidé. Deux transepts seront construits à partir de 1951 sur les plans de l'architecte Jean Gélis. Il a fallu abattre une partie des deux murs nord et sud, et leurs ouvertures, pour accrocher ces deux nouvelles constructions de style néo-roman, mêlant structures de béton et murs de granit rose.

 

Le Christ aux outrages, de la fin du XV° siècle, placé près de la porte de la sacristie.

Siège du célébrant, du XVII° ou XVIII° siècle.

Le clerc qui préside l'assemblée des fidèles ou l'Eucharistie occupe ce siège placé dans le choeur de l'église.

 

Statues : Notre-Dame du Foyer, du XVII° siècle.

Saint Jacques le Majeur, en bois verni du XX° siècle.

Sainte Catherine d'Alexandrie, à la tête couronnée comme une reine, du XVI° siècle, en bois polychrome.

Saint Laurent, en dalmatique de diacre, son gril à la main, semble être du XVI° siècle, en bois polychrome.

 et Saint Yves, à la croisée, est du XVIII° siècle, en bois polychrome, sur un socle roman du XII° siècle.

Saint Yves est le saint patron des membres de la Justice et patron secondaire du Trégor.

 

Les transepts.

 

Le transept construit en 1958.

Le chemin de croix est l'oeuvre de Marcel Le Toiser, 1954.

Vitraux modernes du transept, dus au maitre verrier, Hubert de Sainte-Marie.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée du site

Eglise St Jacques", brochure de 44 pages,

Claude Berger et Jean Le Rétif, Roudenn Grafik, 2013

Dictionnaire des églises de France, Bretagne, Volume IVa

Editions Robert Laffont, 1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 octobre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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