LÉHON  (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Dinan - Canton de Dinan.
Région Bretagne
 Population : 3.072 Léhonnais en 2015.

 

D'une superficie de 473 hectares, et d'une altitude de 7 à 132 mètres,

la ville est traversée par le canal d'Ille-et-Rance, alimenté à la hauteur du bourg par un ruisseau.

 

Etymologie : Léhon vient, semble-t-il, d'une déformation de "Leon", ou du breton « lean » (moine),

indiquant la fondation du monastère au IX° siècle.

 

 

Léhon, labellisée depuis 2003, "Petite cité de caractère"

 

 

Cette bourgade a le privilège de l'âge sur Dinan.

C'est ici que les moines fondèrent l'abbaye Saint Magloire au IX° siècle.

La position stratégique du lieu, sur une butte escarpée  où la Rance se rétrécit, incite les moines à s'y installer

et les seigneurs de Dinan a y construire une forteresse en bois qui sera remplacée au XII° siècle

par un château en pierre dont sept tours en ruine subsistent aujourd'hui.

 

Le château du XII° siècle.

 

Le château est mentionné dans l'histoire pour la première fois en 1034,

lors de la guerre d'héritage qui opposa Alain et Eudon, fils du duc de Bretagne Geoffroy 1er.

 

Bâtie sur un éperon rocheux, la forteresse de Léhon défendait l'entrée de la vallée de la Rance.

 

En 1168, le château est assiégé par le roi Henri II d'Angleterre, puis rasé en 1169, selon les conditions du traité de paix conclu entre le roi de France Louis VII et Henri II, roi d'Angleterre. En 1359, la ville de Dinan et le château de Léhon sont assiégés par les Anglais commandés par le duc de Lancastre. A la fin du XIV° siècle, après le traité de Guérande qui met fin aux hostilités franco-anglaises, les places fortes de Léhon et Dinan sont rendues au duc de Bretagne. En 1490, le château de Léhon est complètement ruiné.

 

La forteresse rebâtie au XIII° siècle par Pierre Mauclerc est celle dont on voit aujourd'hui les restes :

une enceinte à peu près carrée flanquée à chaque angle de tours rondes.

Le fief appartenait alors à Gervaise de Dinan comme l'attestent les nombreux actes portant son sceau.

 

Au XVII° siècle, le roi Louis XIII donne à Charles Bruslart, prieur commendataire du couvent de Léhon les ruines du vieux château, dont une partie des pierres serviront aux travaux de réfection du monastère. La municipalité de Léhon a depuis les années 1990 fait réhabiliter les tours et courtines.

 

Le bourg historique.

 

Dès le XIX° siècle, les Léhonnais ont pris conscience de la valeur de leur patrimoine en péril,

et ont alors entrepris, avec l'aide de la municipalité, sa restauration.

 

La place située près de l'ancienne abbaye Saint Magloire, et l'escalier d'accès au bourg.

 

 

La mairie, des XVII°-XIX° siècles et le calvaire du Saint Esprit, du XIV° siècle.

 

Le calvaire du Saint-Esprit est érigé près d'une ancienne chapelle du même nom et aujourd'hui disparue. On attribue sa construction au duc de Lancastre, présent lors du siège de Dinan en 1357. Le calvaire est restauré au XIX° siècle. Il mesure sept mètres de haut. Au sommet se trouve plusieurs sculptures : Dieu le Père soutenant le Christ et le couronnement de la Vierge. L'assise figure la Trinité.

 

Ces maisons étaient occupées par des métiers de l'artisanat :

tissage de toile à voile, tannerie, forge, petits commerces.

L'atelier était situé en rez-de-chaussée (photo de droite, contre l'escalier).

 

Grâce à sa situation en fond de vallée, le bourg a conservé son apparence originelle,

qui lui confère aujourd'hui sa précieuse authenticité.

 

Photo de droite, un grenier-séchoir, utilisé par les lavandières ou tanneurs.

Certaines maisons, aux corniches moulurées et linteaux sculptés,

marquent une certaine aisance financière pour les XVII°-XVIII° siècles.

 

Le vieux pont aux ânes sur la Rance.

 

La Rance et le chemin de Dinan-Rennes, depuis l'origine de Léhon,

favorisent le commerce et les échanges.

 

 

Le pont de Léhon, du XVII° siècle et restauré en 1946.

Au XIX° siècle, la révolution industrielle et le viaduc détournant la circulation entre Dinan et Rennes

ont conduit au déclin le bourg. Les marchands et artisans ont depuis déserté le bourg en lui ôtant toute son activité.

 

La Rance, entre Dinan et Léhon.

 

La Rance est un fleuve côtier qui prend sa source dans les Côtes-d’Armor à Collinée, dans les monts du Méné,

monts érodés de 100 à 300 m d’altitude, puis atteint la mer 106 Km plus loin en Ille-et-Vilaine

dans la baie de Saint-Malo. Son cours est de 102 km.

 

L'écluse, entre Dinan et Léhon.

 

Le bassin de la Rance couvre une superficie de 1084 km², à la fois sur le département des Côtes-d’Armor et de L’Ille-et-Vilaine et comprend 90 communes. Le cours de la Rance est canalisé depuis l’écluse du Châtelier jusqu’à Evran. Ensuite la partie canalisée rejoint l’Ille en amont de Hédé. (D'où le nom du canal d'Ille et Rance). 197 rus, ruisseaux et rivières s’écoulent dans ce bassin hydrographique. Les principaux affluents de la Rance sont le Frémur, le Néal, le Linon et le Guinefort.

L’estuaire de la Rance est une ria (ou Aber dans le Léon) : c'est une vallée fluviale remontée par la marée. Il s’étend entre l’écluse du Châtelier et Dinard-Saint-Malo sur une vingtaine de kilomètres.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et organisée par l'université Inter Ages, antenne de Granville

Photos, Chantal Guyon, le 19 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville