UZERCHE  (Corrèze)
Arrondissement de Tulle - Canton d'Uzerche
Région Nouvelle Aquitaine
 Population :  2.889 Uzerchois en 2015.

 

D'une superficie de 2.385 hectares, et d'une altitude de 270 à 441 mètres,

la ville est traversée par les rivières la Vézère et le Bradascou.

 

La ville, avant 1970, est classée parmi "les plus beaux détours de France" depuis 2010.

Elle est bâtie sur un éperon rocheux et contourne une boucle de la Vézère.

Les nombreuses tours à échauguettes et clochetons, lui a conféré le titre de "Perle du Limousin"

et a créé le dicton populaire "Qui a maison à Uzerche, a château en Limousin".

 

 

La cité médiévale

 

 

Enserré par la Vézère, l'éperon rocheux sur lequel se dresse l'ancienne ville murée

présente le front pittoresque de ses maisons nobles, dominé par le clocher de l'ancienne abbatiale.

 

A l'époque carolingienne, Uzerche devient chef-lieu de vicairie, circonscription administrative créée par Charlemagne, équipée d'un monastère, attestée dès le X° siècle. Au bas-Moyen Age, l'ancien castrum est occupé, sur le sommet de l'éperon, par une puissante abbaye bénédictine, important centre spirituel.

 

La porte Bécharie est la seule qui subsiste des neuf portes que comportait l'enceinte fortifiée de la ville.

Elle défendait les deux paroisses de Saint Nicolas et de Sainte Marie.

 

En aval de la porte, sur la gauche, les armes de la ville : "deux bouveaux de gueule

avec chef portant trois fleurs de lys ayant pour support des branches de chêne et de laurier".

Le roi Charles V permit à la ville d'ajouter à ses armes 3 fleurs de lys en souvenir de sa défense

contre les anglais en 1374. La ville devint "Uzerche la pucelle, la ville jamais prise".

 

Les deux bovidés figurant sur les armes de la ville sont sculptés sur un panneau de grès, et évoquent la tradition d'un long siège, faussement attribué aux Sarrazins. Menacés par la famine, les Uzerchois précipitèrent par-dessus la muraille les deux derniers animaux de boucherie afin de persuader l'ennemi qu'ils n'étaient pas à court de vivres. Découragé, ce dernier leva le siège.

 

De riches demeures du XVII° siècle ont,

pour la plupart de magnifiques portes et fenêtres sculptées dans le granite.

Ils sont les témoins de la richesse de certaines familles liées aux activités de la Sénéchaussée.

 

La ville murée est le siège d'une sénéchaussée qui exerce le pouvoir judiciaire : elle accueille artisans et commerçants. L'enceinte urbaine épouse les contours de l'éperon jusqu'à l'isthme qui relie celui-ci au plateau. La ville doit soutenir plusieurs sièges et les protestants la saccagent en 1579. A la Révolution, l'abbaye disparaît (elle ne comptait plus que 3 moines) ainsi que la sénéchaussée : la ville est réduite au rang de modeste chef-lieu de canton.

 

La maison Eyssartier : sa façade est un exemple d'architecture de style Renaissance

après une restauration contemporaine : fenêtres à meneaux, arc en accolade et anse de panier.

Cette maison fut le logis des Eyssartier, famille d'apothicaires pendant plusieurs générations,

comme en témoigne un écusson au mortier en façade.

 

L'hôtel de ville.

Cet immeuble imposant de style Renaissance construit sur l'emplacement d'une partie des bâtiments conventuels

se dresse comme un défi républicain, face au chevet de l'abbatiale.

 

Appelé dès 1878 par les voeux de la municipalité Eyssartier et créée par arrêté préfectoral le 27 août 1878,

l'Ecole Primaire Supérieure s'installe dans ses nouveaux locaux en 1907.

En 1928, l'E.P.S. comptait 159 élèves dont 116 pensionnaires, preuve de son rayonnement régional.

 

Le château Pontier, des XVI°-XVII° siècles.

Il fut la demeure des Consuls de la ville et présente deux tours en poivrière.

 

 

Panorama sur Uzerche surplombant la Vézère.

 

La maison de Tayac et son jardin.

Construite au XVI° siècle, avec sa tour en poivrière et une autre tour carrée.

Elle appartenait à la famille Gauthier qui participa activement à la Révolution, puis à l'Empire.

 

La vue panoramique (avant 1970) depuis le quartier Sainte-Eulalie,

permet de saisir l'ensemble de la cité murée.

 

L'élégant clocher roman de l'abbatiale Saint Pierre forme, dans la silhouette pittoresque de la petite ville, le sommet le plus élevé et le plus délicat de tout étagement de pignon et de tourelles accroché aux escarpements qui montent du fond de la vallée de la Vézère. Pour des raisons topographiques évidentes, les moines bénédictins avaient préféré ces hauteurs au voisinage trop proche de la fantasque rivière.

 

Jardins en terrasse près de la Vézère. Ces jardins, soutenus par des murs, sont une des spécificités uzerchoises :

fleurs, vergers et potagers prennent aujourd'hui encore place en contrebas de la cité.

 

Les fouilles archéologiques pratiquées sur l'éperon ont mis au jour un habitat gaulois du second âge du fer et des structures gallo-romaines qui s'échelonnent du 1° au IV° siècles. Dès la fin du V° siècle, la correspondance de Rorice 1er, évêque de Limoges, atteste l'existence d'un édifice paléochrétien. Les fouilles de la nef de l'ancienne abbatiale Saint Pierre ont permis d'en situer quelques vestiges. Un sou d'or frappé au VII° siècle prouve qu'une fortification mérovingienne existait alors en ces lieux.

 

Tout autour de la rivière Vézère, sauvage par endroit, se trouvent d'anciennes tanneries, moulins, carderies.

Avec ses berges ombragées, c'est le paradis des pêcheurs qui cohabitent avec les sportifs (canoë-kayak),

sans oublier la bonne chère, présente avec ses cèpes et girolles, boudins aux châtaignes, etc...

 

La Vézère prend sa source dans la tourbière de Longéroux, sur le plateau de Millevaches,

dans le Massif central en Corrèze, à 887 mètres d'altitude, sur la commune de Meymac.

Elle se jette dans la Dordogne en rive droite à Limeuil, à 50 mètres d'altitude.
Son principal affluent est la Corrèze, et la longueur de son cours d'eau est de 211,2 km.

 

Affluent de la rivière Dordogne, la Vézère est surtout connue pour sa vallée qui sur environ 50 km rassemble quelques uns des sites les plus riches et les plus célèbres de la préhistoire européenne, attestant de la présence de l'homme depuis plus de 400 000 ans, et son classement au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979, rassemblant 147 gisements remontant jusqu'au paléolithique et 25 grottes ornées.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.limousin-medieval.com/

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

Guide découverte "Le pays d'Uzerche", 52 pages, O.T. d'Uzerche

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 27 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville